L’Africain (titre original : ) est un roman américain d’Harold Courlander publié en . Cet ouvrage sur l’esclavage à l’époque contemporaine a valu à son auteur le prix du prix « Meilleur ouvrage pour jeunes adultes » de l’American Library Association en .
Résumé Hwesuhunu, un jeune Africain, est enlevé à sa patrie par des esclavagistes français et subit les terreurs de la traversée de l’Atlantique. Naufragé sur l’île de Sainte-Lucie, il est vendu en esclavage dans une plantation de Géorgie, avant de chercher sa liberté comme esclave fugitif.
Polémique Une polémique est née lorsqu’on s’est aperçu que l’auteur du roman à succès Racines, adapté par la suite en mini-série pour la télévision en 1977. avait été plagié de sections de l’Africain. Au printemps de 1977, alors que Racines avait atteint une célébrité nationale aux États-Unis, Courlander s’est aperçu que la partie décrivant la vie de Kounta Kinte était en réalité tirée de l’Africain. En 1978, il intente une action devant le tribunal de district du district sud de New York, accusant Alex Haley, l’auteur de Racines, d’avoir copié 81 passages de son roman. La note préparatoire au procès de Courlander dans le procès pour violation du droit d’auteur affirme que :
Racines reproduit, non seulement des idées, mais également des passages spécifiques de l’Africain. Le rapport soumis au tribunal fédéral par l’expert, le professeur d’anglais à l’université Columbia, Michael Wood, établit que :
Au cours d’un procès de cinq semaines devant le tribunal de district fédéral, le juge présidant la Cour de district des États-Unis, Robert J. Ward, a déclaré : Bien que des passages de l’Africain aient été retrouvés agrafés sur un manuscrit de Racines, Alex Haley a pourtant maintenu tout au long du procès n’avoir entendu parler de l’Africain que l’année suivant la publication de Racines. Il a spéculé que quelqu’un d’autre avait dû lui donner les passages photocopiés. Or, après le procès, Joseph Bruchac, instructeur d’histoire des minorités au Skidmore College, a affirmé, dans une déclaration sous serment, avoir recommandé la lecture de l’Africain à Haley, lors de la visite de ce dernier à Skidmore, en 1970. Bruchac se souvient être retourné chez lui, à de Skidmore, pour aller chercher son propre exemplaire afin de l’offrir à Haley, qui lui a promis de le lire
Après avoir commencé par rejeter l’accusation, Alex Haley a fini par publier une déclaration reconnaissant publiquement que le roman de Courlander avait été la source de Racines, ce qui, selon lui, devait être la faute de l’un de ses assistants. En échange de l’abandon de leur procès en plagiat, Haley a reconnu que 81 passages de Racines avaient été copiés dans l’Africain, et réglé l’affaire à l’amiable en dédommageant Courlander et de son éditeur à hauteur de (soit l’équivalent de $ millions de dollars en ). et une déclaration selon laquelle Dans une interview accordée, plus tard, à la BBC, le juge Ward a déclaré :
Courlander a, quant à lui, rédigé, en 1986, un article intitulé « Kunta Kinte’s Struggle to be African » (Les efforts de Kounta Kinte pour être africain) détaillant les différences entre le personnage de Kounta Kinte et les documents historiques concernant les Africains de la période précédant l’esclavage. Parmi les comportements non africains de Kounta, on relève des manifestations de colère et de rage aveugles, un sens de l’odorat presque animal, une pudibonderie et des actions inconnues dans la culture des Mandingues, et qui signalent les nombreuses déformations et ambiguïtés du roman d’Haley. Pour Courlander,
Haley dépeint, de façon presque insultante pour les Africains, les Mandingues de l’époque de Kounta comme des arriérés ignorant tout de l’Europe, alors que ceux-ci n’ignoraient rien des navires, des canons, des mousquets ou du verre, possédant des forgerons capables de fondre les métaux et de travailler l’or, l’argent le laiton et des artisans en mesure de fabriquer aussi bien les mousquets que la poudre à canon. Or Kounta est décrit par Haley comme n’ayant jamais vu un mousquet, un navire, un rasoir, un violon, un cheval ou même une conque, pourtant couramment utilisée en Afrique. Pour Coulander, loin d’augmenter la connaissance de l’Afrique et des Africains, Haley en offre une perception faussée, dégradée et dégradante, et il conclut :
Notes et références
Catégorie:Roman de langue anglaise Catégorie:Roman historique américain Catégorie:Roman américain paru en 1967 Catégorie:Roman historique portant sur l'histoire des États-Unis Catégorie:Roman se déroulant en Afrique Catégorie:Roman se déroulant en Géorgie (États-Unis) Catégorie:Roman sur l'esclavage