Inch'Allah : l'islamisation à visage découvert, sous-titré une enquête spotlight en Seine-Saint-Denis est un livre-enquête dirigé Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié chez Fayard en 2018.
Le livre a été pensé et dirigé par les deux journalistes d'investigation du quotidien Le Monde. Ils ont piloté une cellule d'enquête avec cinq étudiants du Centre de formation des journalistes. Les auteurs crédités en couverture ne rédigent que la préface, le corps du livre étant dû à des élèves en journalisme non rémunérés : Ivanne Trippenbach, Célia Mebroukine, Romain Gaspar, Hugo Wintrebert et Charles Delouche.
Le livre est construit autour de auxquelles les jeunes journalistes consacrent chacune un chapitre. Certaines personnes interrogées réfutent toutefois ensuite le portrait qui est dressé d'eux. C'est le cas de la directrice d'école Véronique Decker et d'une responsable administrative de l'université Paris-VIII, Martine Roman.
Critiques
Dans un article commun, Mediapart et le Bondy Blog jugent assez négativement le livre. Certaines informations présentées comme inédites sur un bar de Sevran ou la surveillance des employés de l’aéroport de Roissy ne le sont pas, regrettent des clichés ou des lieux communs, l'absence de portrait social de la Seine-Saint-Denis et des inégalités territoriales dont elle est l'objet, tout en appréciant certains passages : . Les faits rapportés à l'université Paris-VIII semblent émaner d'une conversation téléphonique tronquée avec une responsable administrative de l'établissement, Martine Roman, qui dénonce , non suivie d'une enquête de terrain.
Pour Faïza Zerouala et Nassira El Moaddem, de Mediapart, , Davet et Lhomme revendiquant de ne pas se faire . L’islam narré dans l'enquête est relié au sunnisme, mais ignore sa diversité : . Le mot « islamisation », privilégié par les auteurs à celui d’islamisme, est plus flou, ce qui permet .
Le journaliste des Inrockuptibles Pierre Bafoil relève lui aussi que des faits présentés comme inédits (comme le fait de pénétrer dans un dépôt de bus de la RATP) ont déjà été traités par d'autres journalistes : (le terme spotlight se veut une référence à l'enquête d'investigation menée dans les années 2000 par le quotidien américain The Boston Globe). L'authenticité du barbecue annuel des policiers du département à Vaujours où la viande halal dominerait et où des policiers auraient refusé tout contact avec des collègues féminines, rapporté dans la préface de l'ouvrage et dans laquelle les auteurs pensent voir une , est démentie tant par l'administration de la police que par les syndicats policiers et les familles des agents. L'hebdomadaire relève des faits préoccupants rapportés par l'ouvrage comme ces poupées sans visage car dans des locaux d'enseignement privés, mais regrette l'accumulation de faits de nature différente et sans mise en perspective ni contextualisation sociale : .
Le Point juge que l'ouvrage est instrumentalisé autant par ceux que l'on qualifie d' que ceux qu'on qualifie d'. Il relève néanmoins l'intérêt du témoignage de la préfète déléguée pour l'égalité des chances Fadela Benrabia, au sujet d'une forme de pression sociale : .
Ventes Moins d'un mois après la parution du livre, ce dernier aurait été imprimé à 50 000 exemplaires selon l'éditeur. Réédité cinq fois, il figurait alors parmi les 20 ouvrages les plus vendus.
Notes et références
Catégorie:Livre d'investigation Catégorie:Islam et société en France Catégorie:Seine-Saint-Denis Catégorie:Livre critique de l'islam