Le mokugyo (japonais ; ; coréen : mog-eo 목어 ; vietnamien : mõ), mot signifiant « poisson en bois », est un instrument de percussion en bois utilisé par les moines bouddhistes, et aussi par des laïcs, principalement dans le bouddhisme chán, zen, son ou encore Thiền. Venu de Chine, il a été introduit au Japon au .
Il est souvent utilisé lors de rituels impliquant la récitation de sutras et de mantras Le muyu est principalement utilisé par les bouddhistes de Chine et du Japon, ainsi que dans les autres pays de l'Asie de l'Est où le bouddhisme mahāyāna est implanté (Corée, Vietnam). Il se présente soit sous la forme d'une sorte de globe — avec en général des gravures qui figurent une tête de poisson — soit sous une forme de poisson à proprement parler.
On le trouve aussi dans le bouddhisme de la Terre pure , la psalmodie du nom du bouddha Amitābha. .
Légende On trouve différentes légendes autour de l'origine du mokugyo. En voici une : le moine Ryu Makimoto se rendant en Inde pour y acquérir des sutras rencontra sur sa route un fleuve en crue. Et il n'y avait à cet endroit ni pont ni barque pour passer sur l'autre rive. Un gros poisson qui nageait dans le fleuve proposa au pèlerin de le charger sur son dos afin qu'il puisse traverser la rivière. Il lui expliqua qu'il avait commis une faute grave dans une vie précédente et s'était trouvé réincarné sous forme de poisson. Il espérait que l'aide apportée au pèlerin l'aiderai à expier son méfait. Et il demanda au moine, au cas où il rencontrerait le Bouddha Shakyamuni, de lui demander de l'aider à trouver la voie du Bodhisattva. vignette|« Plus grand mokugyo du monde. Diamètre , Largeur . Bois de camphrier. Fabrication : plus de huit ans. » (Informations de la plaquette en jap, trad. translate.google). Temple Hase-dera à Kamakura. Le moine acquiesça à sa demande et passa pendant dix-sept ans en Inde, au terme de quoi, ayant réuni une belle collection de sūtras, il se mit en route pour la Chine. En chemin, il dut retraverser le fleuve, qui à nouveau était en crue. Ne sachant que faire, il vit le même poisson venir lui proposer son aide. Arrivé au milieu de la rivière, il lui demanda s'il était intervenu pour lui auprès du Bouddha Shakyamuni. Le moine ne put que lui répondre qu'il avait oublié sa promesse... Furieux d'entendre cela, le poisson précipita le moine et ses textes dans la rivière. Celui-ci dut son salut à un pêcheur qui passait par là et qui le sauva de la noyade. Mais les sutras, eux, avaient disparu.
Le moine rentra chez lui très en colère, et pour punir le poisson, il fit sculpter une tête de poisson dans du bois. Se remémorant son malheur, il se mit à frapper la tête du poisson avec un maillet... Et surprise ! à chaque coup, le poisson ouvrait la bouche et recrachait un caractère chinois provenant des textes qu'il avait avalés. Fou de joie, le moine se mit à le battre frénétiquement, si bien qu'au bout de quelques années il récupéra l'ensemble des sūtras qui avaient disparu dans l'eau.
Description vignette|Un mokugyo de très petite taille. L'instrument traditionnel mokugyo est produit en général à partir de bois de camphrier. Il s'agit d'un instrument de forme globulaire« Qui a la forme d'un globe, d'un globule ». CNRTL.fr , fait d'une seule pièce de bois dont le centre est évidé. Il présente sur sa surface des gravures qui suggèrent que l'instrument est un poisson ou un dragon. Généralement posé sur un coussin, on en joue en le frappant en cadence avec un maillet rembourré. Il accompagne la récitation de certains sūtra, en particulier le Sūtra du cœur (japonais : « Hannya Shingyo »), qui est chanté quotidiennement dans les temples zen et chan.
Il est originaire de la Chine des Ming () et a été introduit au Japon au milieu du par des moines du courant Ōbaku venus de Chine qui ont fondé au Japon la secte du zen ōbaku. Selon une tradition, sa forme de poisson vient de ce que cet animal ne ferme jamais les yeux, de jour comme de nuit, un image destinée à encourager les pratiquants zen à ne pas dormir et à méditer assidûment. Il peut aussi symboliser la richesse et l'abondance.
Le mokugyo est disponible en de nombreuses formes et tailles allant d'une quinzaine de centimètres de diamètre (par exemple pour un usage laïc devant un autel domestique) à et même parfois un peu plus pour les temples. Dans les temples chinois, le mokugyo est souvent placé à gauche de l'autel, près d'un bol en forme de cloche, qui est son pendant à percussion en métal. L'instrument est posé sur un coussin brodé pour qu'il ne soit pas abîmé quand il est utilisé ; en outre, cela évite des bruits de percussion désagréables. Le mokugyo peut aussi se présenter la forme d'un poisson allongé, suspendu dans une galerie ou une grande salle d'un temple.
L'instrument est classé dans la catégorie 111.231 du système Hornbostel-Sachs, soit celle des idiophonesPlus précisément : 111.23 Tubes à percussion. 111.231 Isolés (tambour à fente, cloche tubulaire). Source : « Classification Hornbostel – Sachs des instruments de musique » .
Exemples d'utilisation
Le mokugyo est aussi utilisé pour les funérailles. Durant cette cérémonie, les participants peuvent marcher en procession tout en faisant sonner des poissons en bois à un rythme lent et uniformeJames Blades, Percussion Instruments and Their History. Westport: Bold Strummer, 1992 . .p. 115-116 . On peut aussi frapper le mokugyo pour accompagner des invocations pour faire venir la pluie . Dans le confucianisme, le poisson en bois est frappé à des intervalles spécifiques pour indiquer les étapes des cérémonies au temple. Dans le bouddhisme, il est frappé lors de la récitation du nom de Bouddha.
Galerie
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Binzasara Hyōshigi Kokiriko Sanba Wood-block
Liens externes
Récitation de Maka Hannya Haramita Shingyo avec mokugyo « Des sons apaisants ! Fabrication d'un moktak pour moines. » [le moktak est une version réduite du mog-eo] .
Catégorie:Instrument de la musique japonaise Catégorie:Instrument de percussion Catégorie:Idiophone