Anthony Girard, né le à New York est un compositeur français.

Biographie Anthony Girard est né en 1959 à East Patchogue, aux États-Unis, dans l’État de New York, de parents français. Il commence à composer à l’âge de onze ans et pratique la guitare, de manière autodidacte. Il commence des études musicales à quatorze ans : piano, guitare, chant et écriture au Conservatoire Municipal de Saint-Cloud, puis composition au Conservatoire National de Région de Rueil-Malmaison auprès de Tony Aubin. Il obtient, avec ses premiers travaux, une Médaille d’Or de composition, le Prix André Jolivet et un Prix de la Sacem. En 1976, il commence un cursus de musicologie à la Sorbonne. En 1979, il est admis au Conservatoire National Supérieur de Paris où il obtiendra, de 1980 à 1985, cinq Premiers Prix (Harmonie, Contrepoint, Analyse, Orchestration et Composition), dans les classes de Jean-Claude Raynaud., , Claude Ballif et Serge Nigg. Il termine son cursus universitaire avec une Maîtrise, sous la direction de Danièle Pistone, et un Diplôme d’Études Approfondies.

De 1986 à 1988, il est pensionnaire de la Casa de Velázquez, à Madrid. De retour en France, tout en poursuivant ses activités de compositeur, il est nommé professeur-animateur à l’École Nationale de Musique de Notre-Dame-de-Gravenchon, puis conseiller aux études au Conservatoire National de Région de Rouen, où il est nommé directeur, en 1992. La même année, il obtient le Prix Paul Belmondo de l’Institut, pour l’ensemble de son œuvre. De 2000 à 2009, il est directeur du Conservatoire Darius Milhaud de Paris. Il est nommé ensuite professeur d’orchestration et d’analyse musicale au Conservatoire à Rayonnement régional de Paris et à l’École Normale de Musique de Paris. Depuis 2012, il enseigne également l’orchestration au Conservatoire National Supérieur de Paris.

Son activité de compositeur s’exerce dans plusieurs directions, comme en témoigne son catalogue qui compte en 2020 plus de 250 compositions. Ses œuvres sont éditées notamment par Billaudot, Symétrie, Agir éditions, À Cœur Joie, Delatour et Leduc, et font l’objet de nombreux enregistrements discographiques.

Il est également l’auteur de nombreux ouvrages : deux manuels d’analyse musicale, récompensés en 2002 et 2006 par un Prix de la Sacem, douze cahiers d’analyse musicale, plusieurs essais et de nombreux articles. En 2017, il crée, avec Philippe Malhaire, la revue d’esthétique et d’analyse musicale Pour les sonorités opposéesPour les sonorités opposées.

Esthétique

Années 1970 Aucune partition antérieure à 1980 n’est conservée dans son catalogue. Ses premiers essais sont marqués par la découverte de la poésie d’Henri Michaud, dès 1975, de Pelléas et Mélisande en 1976, de la Messe en Si en 1977, et du chant grégorien en 1979.

Années 1980 Ses premières partitions répertoriées s’inscrivent dans l’héritage harmonique de Ravel, et sont inspirées du monde de l’enfance (L’autobus enchanté, 1981). Durant ses années d’étude au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, son écriture devient plus chromatique sans cesser de cultiver une dimension harmonique et expressive. Ses recherches se tournent aussi vers une polyphonie plus abstraite (canons et miroirs des Onze pièces brèves, 1982) et s’inscrivent dans des formes instinctives, ludiques (Épilogue en trio, 1984) et oniriques (La Nuit, 1985). Dès la fin de ses études, il renoue avec une harmonie diatonique, à la faveur de son opéra de chambre Le valet de Cœur (1986) où son écriture s’épanouit dans un mélange d’humour, de tendresse et de déraison. Lors de son séjour à Majorque, en 1987, il se tourne vers un langage d’inspiration mystique (Chant d’amour à l’éternité, 1987), proche de la nature (Écouter le silence, 1987) et approfondit sa palette orchestrale (Vie nouvelle, 1988).

Années 1990 L’influence du minimalisme (Arvo Pärt, Steve Reich) et de la musique traditionnelle de l’Inde est sensible dans les œuvres de ces années-là, où apparaît la tentative de concilier une écriture de type répétitif avec une trame harmonique modale, inscrite dans l’héritage de l’École française (À ciel ouvert, 1991). La dimension mystique est manifeste dans le Requiem sur un poème de Walt Whitman (1993), et dans la cantate Croix de Lumière, commandée en 1996 pour l’inauguration de la cathédrale d’Evry. Comme une étoile du matin, pour orchestre à cordes (1988), œuvre distinguée en 2001 par le Grand Prix des Compositeurs, est caractéristique de son esthétique à ce moment de son parcours, où s’atténue peu à peu l’empreinte du minimalisme.

Années 2000 La poésie va exercer alors une influence de plus en plus importante sur son langage, sollicitant une écriture aux harmonies plus ambiguës, ouverte sur des émotions nouvelles. Ses poètes de prédilection se nomment Yves Prié (Le rêve est notre espoir, 1999), Heather Dohollau (Pour l’oiseau, 2000), Jean-Paul Hameury (Les âmes perdues, 2002) ou Anne Perrier (Ophélie, 2005). Il se tourne également vers le mythe d’Orphée pour une succession d’œuvres instrumentales et vocales (dont La voix lointaine d’Eurydice, 2001). Son écriture instrumentale s’enrichit elle aussi au contact de la poésie, et tente d’explorer toutes les facettes de la palette émotionnelle (Le cercle de la vie, 2007) avec une prédilection pour la lumière (Behind the light, 2005), mais aussi pour son versant opposé (Concerto pour piano « Derrière l’ombre des douleurs », 2009).

Son langage est désormais caractérisé par le désir de concilier une écriture en mouvement, portée par un flux continu, des trames harmoniques statiques, souvent voilées, et un déploiement formel de nature onirique qui alterne entre exubérance et introspection (Voyage au gré des illusions, 2011, Le tournoiement des songes, 2013, Effleurer le silence, 2014, Rire ou rêver ?, 2016).

Catalogue Cette liste regroupe les œuvres d’Anthony Girard d'après le catalogue établi par le compositeurFranchir l'horizon, introduction de Pascal Pistone, entretiens avec Pascal Pistone, Catalogue, Notices de présentation des œuvres, Chronologie, Aedam Musicae, 2016.

Une partie des partitions des œuvres d'Anthony Girard est éditée par les Éditions Billaudot.

Catalogue par genre

Orchestre symphonique Vie nouvelle, pour orchestre (1988) À ciel ouvert, pour orchestre (1991) Vingt-quatre préludes, pour orchestre (1992) Deux prières pour la fin de la guerre, pour orchestre (1995) Les âmes perdues, pour orchestre (2002) Portrait d’un chef d’orchestre, pour orchestre (2002) Danse avec des anges, pour orchestre (2007) Concerto pour piano « Derrière l’ombre des douleurs » (2009) Fuir dans l’impossible azur, Concerto pour petite clarinette et orchestre (2009) Cercles dans le ciel, pour petite clarinette et orchestre (2011)

Chœur et orchestre Requiem “Come lovely and soothing death”, pour solistes, chœur et orchestre — Walt Whitman (1993) Croix de lumière, pour solistes, chœur et orchestre (1996) Soleil d’Akhenaton, pour chœur et ensemble à vents (2000) Von Seelenground, Cantate - concerto pour violon, chœur d’hommes et orchestre à cordes — Maître Eckhart (2003) D’eau et de feu, pour orchestre et chœur (2009) Symphonie "La nuit — la neige — le silence", pour orchestre et chœur de chambre — Yves Prié (2013)

Orchestre d’harmonie Au-devant du soleil, pour euphonium ou saxhorn et orchestre d’harmonie (2021) Gaïa, pour orchestre d’harmonie (2006) Avec des ailes d’or, pour orchestre d’harmonie (2012) Le tournoiement des songes, concerto pour trompette et orchestre d’harmonie (2013) Spirales, concerto pour saxophone et orchestre d'harmonie (2016)

Orchestre de chambre La nuit, pour trompette et orchestre à cordes (1985) Pour la paix, pour violon, alto (ou hautbois) et orchestre à cordes (1989) Prélude à la vie éternelle, pour harpe et orchestre à cordes (1990) Magnificat, pour hautbois et orchestre à cordes (1991) Vers l’autre rive, pour guitare et orchestre à cordes (1991) Double concerto pour violoncelle, piano et orchestre de chambre (1992) Comme une étoile du matin, pour orchestre à cordes (1996) Le chant des amandiers en fleurs, pour orchestre à cordes (1997) Vers la simplicité, double concerto pour alto, piano et orchestre à cordes (1997) Six danses cruelles et lointaines, pour saxophone et orchestre à cordes (2000) Musica de la nada, pour orchestre à cordes (2000) L’échelle de la beauté, concerto pour violon et orchestre de chambre (2003) Un peu plus d’élan et d’innocence, pour piano, deux percussionnistes et orchestre à cordes (2004) Vers l’inconnu, pour deux percussionnistes et orchestre à cordes (2005) The last lullaby, pour deux violoncelles et orchestre à cordes (2007) Voyage au gré des illusions, pour harpe, violon et orchestre à cordes (2011)

Ensemble instrumental La nuit du troisième jour, Conte musical pour récitant et ensemble instrumental (1991) Over the tree-tops, pour ensemble de cuivres et timbales (1994) La voix lointaine d’Eurydice, pour ensemble instrumental (2001) La rose inaccessible, pour piano et ensemble instrumental (2005) Franchir l’horizon, concertino pour flûte (flûte-piccolo-flûte alto) et petit ensemble instrumental (2006) L’Aigle de la Providence, pour cor et ensemble instrumental (2009) Sérénade festive, pour ensemble instrumental et chœur ad libitum (2011)

Cantate L'autobus enchanté, pour soprano et quatre instruments — Jacques Charpentreau (1980) Chant d’amour à l’éternité, pour mezzo-soprano et cinq instruments (1987) La nuit l’hiver, pour violon, piano et chœur de chambre — Yves Prié (1998) Le rêve est notre espoir, pour soprano (ou ténor), violon, cor et piano — Yves Prié (1999) Chants d’exil, pour chœur et ensemble de cuivres et percussions — Jean-Paul Hameury (1999) Pour l’oiseau, pour soprano et ensemble instrumental — Heather Dohollau (2000) Mon cœur fait chanter des anges, pour chœur à voix égales et ensemble instrumental — Rilke (2003) Ophélie, pour mezzo-soprano, harpe et quatuor à cordes — Anne Perrier (2005) Orphée - la plénitude, cantate-ballet pour quatuor vocal et ensemble instrumental — Jean de Chauveron (2010) Orphée - le prologue, cantate pour 12 voix solistes et ensemble instrumental (2011) L'annonciation, scénette mystique pour deux voix de mezzo et orgue (2012) Éleusis, théâtre d’ombres pour mezzo-soprano, alto et petit orgue (2012) Une voix si lointaine, pour soprano, cor anglais et orgue — Jean-Paul Hameury (2014) Le désenchantement, pour soprano, contreténor et ensemble instrumental — Jean-Paul Hameury (2014) Orphée pour voix, hautbois et orgue — Jean-Paul Hameury (2015) Les vents, la houle, l'horizon, pour chœur, piano et percussion — Yves Prié (2016)

Opéra Le valet de cœur, opéra de chambre (1986)

Chœur/ensemble vocal Renonce à toute chose qui vient de la raison, pour douze voix solistes — Rûmî (1995) Le flambeau de l’éternité, sept poèmes pour chœur de chambre — Rûmî (1995) Litanies de Saint Michel, pour chœur, glockenspiel et orgue (1996) Kyrie Eleison, pour chœur à voix égales et petit orgue (1998) Prière au sommeil, pour ensemble vocal à voix égales — Philippe Desportes (1999) Tout un monde ardent, pour chœur à voix égales et harpe — Heather Dohollau (2007) Chemins couleur du temps, pour double chœur à voix égales, harpe et quatuor à cordes — Heather Dohollau (2010) Vivre ailleurs, trois poèmes pour chœur de chambre — Yves Prié (2015) Le sel de la terre, pour chœur de chambre (2016) Les dix commandements, pour chœur de chambre (2016) Belle rose de mai, pour chœur à voix égales et petit orgue — Nicolas Le Digne (2016) Invocation au Saint Esprit, pour chœur à voix égales et petit orgue (2016) Est-ce le vent qui souffle ?, pour chœur de chambre et piano — Jean de Chauveron (2017)

Musique de chambre, en duo Onze pièces brèves, pour hautbois et piano (1982) Gioco, pour violon et piano (1983) Vers le ciel, pour violoncelle et piano (1987) Litanies de minuit, pour violon et piano (1989)