Le Yantar est un navire océanographique collecteur de renseignements de Classe Kruys de la Flotte maritime militaire de Russie. Le navire est exploité par la Direction principale de la recherche sous-marine (GUGI)GUGI de la marine russe depuis 2015 et serait un navire espion. Son port d'attache est Severomorsk, où il est rattaché à la flotte du Nord. Un navire-jumeau de la classe 22010, Almaz, est également en construction.

Histoire Le Yantar a été conçu par le bureau de conception CMDB Almaz de l'United Shipbuilding Corporation à Saint-Pétersbourg. Le navire a été construit au chantier naval Yantar Shipyard de Kaliningrad. La coque a été posée le . Il a été lancé en et a terminé ses essais en mer en . Le navire a une longueur de et un déplacement complet de . Il utilise une propulsion diesel-électrique pour une vitesse maximale d'environ (). Il a officiellement un effectif de 60 personnes.

Le Yantar embarque des robots sous-marins autonomes. L'US Navy a déclaré que ces sous-marins étaient capables de couper des câbles à des kilomètres sous la surface de l'océan et seraient capables de fonctionner à des profondeurs allant jusqu'à .. Les submersibles de classe Konsul seraient le projet 16810, AS-37 Rus et le projet 16811, AS-39 Konsul .

Activités En 2015, le Yantar a été repéré au large des côtes de la baie de Guantanamo, à Cuba. A l'été 2016, il était au mouillage à l'extérieur de Nuuk, au Groenland.

En 2017, le Yantar était actif dans l'est de la Méditerranée, près d'un câble sous-marin reliant Israël à Chypre.. Il aurait également été utilisé pour récupérer du sur des avions Soukhoï Su-33 et Mikoyan-Gourevitch MiG-29 accidentés. Le , sur ordre du président russe Vladimir Poutine, le bâtiment et les spécialistes de l'unité de recherche et de sauvetage de la expédition de la marine russe ont été envoyés sur les côtes argentines à la recherche du sous-marin argentin disparu le .

Le , le navire a été repéré au large de l'Irlande à proximité de câbles de télécommunications., puis en septembre une de ses routes suit le trajet particulièrement complexe du câble « Atlantic Crossing-1 » [AC-1], lequel fait une boucle qui passe par l’Atlantique, la Manche, les Pays-Bas, le Danemark et la mer du Nord, puis par le nord du Royaume-Uni avant de revenir vers les États-Unis. Ensuite, on le localise à de très nombreuses positions qu'il serait fastidieux de dénombrer et de décrire année après année, dans ses pérégrinations au sein de l'ensemble des mers européennes ; en 2024 on le situe en mer d’Irlande.

Le , le navire a traversé le pas de Calais. Il se fait escorter hors des eaux françaises par un patrouilleur militaire d’alerte pour s’assurer qu’il ..

En , après avoir rejoint la frégate Amiral Golovko et le pétrolier-ravitailleur Vyazma en Manche, il éteint son AIS [Automatic Identification System], qui permet de localiser les navires, et met le cap vers la mer d’Irlande sous la surveillance du chasseur de mines britannique HMS Cattistock, rejoint par le patrouilleur . Il se rend au sud de l’île de Man, une zone traversée par une vingtaine de câbles sous-marins de télécommunications, des interconnexions électriques et des gazoducs reliant l’Irlande au Royaume-Uni. La marine britannique envoie alors sur place le bâtiment de surveillance des fonds marins RFA Proteus (en) et des avions de patrouille maritime P-8A Poseidon, l’Irlande le patrouilleur LÉ James Joyce et un CASA CN-295 de surveillance maritime. Ils sont secondés par l’USNS Bruce Heezen (en), un navire hydrographique américain.

Il se rend sur le lieu du naufrage de l’Ursa Major, lié au ministère russe de la Défense, coulé au large de l’Espagne après une explosion le suivant, sous la surveillance du commandement maritime de l’Otan, notamment par un avion de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale, jusqu'au . « Des militaires de haut rang » ont précisé à RFI que le , alors qu’il opérait au sud de la Sardaigne, une brusque émission de fumée à quelques longueurs devant son étrave l’a forcé à s’éloigner de la zone. La présence simultanée d’aéronefs militaires alliés à proximité du bâtiment incite à penser qu’il s’agissait d’une manœuvre d’intimidation destinée à contraindre le Yantar à cesser ses relevés.  Il rejoint ensuite la mer du Nord, surveillé par la frégate et le . Le ministre britannique de la Défense [MoD], John Healey, a lancé une mise en garde à la Russie. « Mon message au président Poutine est clair. Nous savons ce que vous faites, et nous n’hésiterons pas à prendre des mesures énergiques pour protéger le Royaume-Uni » « J’ai autorisé un sous-marin de la Royal Navy à faire surface près du Yantar, strictement à titre dissuasif, afin de lui montrer clairement que nous surveillions secrètement chacun de ses mouvements ». Il indique que la Royal Air Force va déployer des P-8A Poseidon ainsi que des avions espions Rivet Joint dans le cadre de l’opération Baltic Sentry, lancée par l’Otan à la suite des dommages infligés par le pétrolier Eagle S au câble électrique sous-marin Estlink 2 et à quatre câbles internet en .

Galerie

Voir aussi

Note et référence

Liens externes Yantar - Project 22010 class Yantar - Russian Navy

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