Le capitaine Antoine Biancamaria, né le à Avignon dans le Vaucluse, mort le en Algérie, est un officier de l'infanterie coloniale française.

Biographie

Enfance, famille et études Antoine Dominique Biancamaria naît le , en Avignon, dans le Vaucluse, où son père est capitaine au régiment d’infanterie avant d’être affecté au régiment d’infanterie en Corse. Son père est officier dans l'armée française durant la première et la deuxième guerre mondiale.

Il passe sa jeunesse à Ajaccio. Après de bonnes études primaires, il est admis sur concours au Prytanée national militaire de La Flèche en 1935. Il y poursuit ses études secondaires jusqu’à ce que l’école soit repliée en 1940 sur Billom (Puy de Dôme). Il quitte définitivement le prytanée en , et rejoint la Corse où il apprend que son père, commandant le bataillon du régiment d’infanterie, est en captivité en Allemagne depuis le . Le , il perd sa mère décédée après une longue maladie et reste seul avec son frère cadet d’un an, Jérôme et sa petite sœur Anne-Marie, jusqu’au retour de captivité de son père en . Il passe son baccalauréat de philosophie à Ajaccio en , et obtient une bourse pour suivre pendant l’année scolaire 1942-1943 les cours de préparation à l’école coloniale (devenue par la suite école d’outre-mer), au lycée Thiers à Marseille.

Seconde Guerre mondiale Le , grâce à l’action conjuguée de la résistance, et des premières forces françaises en provenance d’Afrique du Nord, la Corse devient le premier département français libéré.

La jeunesse Corse répond avec enthousiasme à la mobilisation. Antoine Biancamaria s’engage dans l’infanterie coloniale et part pour Alger où il est affecté au régiment de tirailleurs sénégalais pour son instruction militaire.

Nommé successivement caporal, caporal-chef et sergent, il est admis à l’école militaire interarmes de Cherchell en . Il sort aspirant en et rejoint aussitôt la 1ère Armée Française en Allemagne.

séjour en Indochine Affecté au régiment d’infanterie coloniale de la division d’infanterie coloniale, il embarque pour l’Extrême-Orient avec son régiment le .

Il participe à toutes les opérations de son unité en Cochinchine de à , et au Tonkin de à .

Nommé sous-lieutenant d’active le , il est rapatrié en après 27 mois de séjour.

Blessé au combat, il a obtenu cinq citations et reçoit le , la croix de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Il n’a pas 25 ans...

Tunisie Antoine Biancamaria est affecté du au au régiment de tirailleurs sénégalais en Tunisie.

séjour en Indochine Il est nommé lieutenant le et effectue un deuxième séjour en Extrême-Orient du au . Il rejoint le centre Annam, prend le commandement d’une compagnie du régiment d’infanterie coloniale.

La compagnie est spécialisée dans les raids en zone ennemie. Il est à nouveau blessé et obtient trois nouvelles citations dont une à l’ordre de l’armée.

Ecole d'état-major Après son rapatriement, il rejoint le régiment d’infanterie coloniale en région parisienne et prépare le concours d’entrée à l’école d’état-major dans laquelle il est admis de à .

De toute sa carrière courte mais très dense, ce sera la seule affectation en France métropolitaine. Il est promu officier de la Légion d’honneur le ; il a 31 ans.

séjour en Algérie A l’issue de son stage à l’école d’état major, il est affecté à l’état-major de la division d’infanterie aéroportée, et participe sous le commandement du général Gilles aux premières opérations de la guerre d’Algérie dans les Aurès en et .

Afrique subsaharienne Le , il est envoyé par voie aérienne à Dakar et est affecté à l’état-major de la brigade à Bamako. Il est nommé capitaine le . Il rejoint la brigade à Niamey, puis est envoyé dans l’est saharien, aux confins nigériens, à Dirkou, où il séjourne du au . Il est chargé de la construction d’une piste d’aviation qui est encore utilisée de nos jours et a notamment servi de base logistique lors des premiers rallyes Paris-Dakar.

séjour en Algérie Rapatrié en , il est affecté au régiment de parachutistes coloniaux (devenu R.P.I.Ma.), le .

Il prend le commandement de la compagnie du régiment. Il participe à toutes les opérations de son régiment en Algérie et a l’honneur d’être désigné pour défiler avec sa compagnie le à Paris.

Tué en opérations à la tête de sa compagnie le , déclaré « mort pour la France ». Il reçoit une citation à l’ordre de l’armée. Il a 36 ans. Il est proposé par son corps pour une promotion posthume, au grade de commandeur de la Légion d’honneur, mais considéré comme trop jeune, cette distinction lui est refusée.

Décorations le ; chevalier du (1 étoile) (1 palme, 7 étoiles) (1 palme)

avec agrafe "Algérie"

Reconnu « Mort pour la France »

Hommages

Promotion du capitaine Biancamaria vignette|Insigne de la 41e promotion de l'EMIA - Capitaine Biancamaria La promotion de l'École militaire interarmes (2001-2003) porte son nom.

Le chant de cette promotion est intitulé Capitaine Biancamaria.

Autre

Une rue porte son nom dans la ville de Vandœuvre. Du au , une exposition sur lui a eu lieu à St Cyr Coëtquidan. Son nom figure sur le monument aux morts de la ville de Villanova, en Corse. Il a défilé avec sa compagnie le à Paris. Son nom figure également sur la stèle commémorative de la guerre d'Algérie, à Ajaccio.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Troupes coloniales Prytanée national militaire Guerre mondiale Guerre d'Indochine Guerre d'Algérie

Liens externes

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