TDF ou Télédiffusion de France, est un opérateur privé d'infrastructure et une entreprise française du secteur numérique et audiovisuel. L'opérateur est principalement connu pour détenir et exploiter des sites de radiodiffusion et de télédiffusion. L'entreprise exploite particulièrement la radiodiffusion comme la FM ou le DAB, la télévision numérique terrestre, les réseaux terrestres privés professionnels comme les faisceaux hertziens, la couverture très haut débit mobile et le déploiement de la fibre optique. En 2002, l'entreprise devient privée et ne fait plus partie du service public français.
Historique Télédiffusion de France (1975-1987) En 1975Télédiffusion de France et la diffusion des chaines de télévision et de radio, l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) est divisé d'une part, en quatre sociétés nationales de programmes comprenant Radio France, TF1, Antenne 2 et FR3 et d'autre part, trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) comprenant la Société française de production (SFP) chargée de la production et de la création audiovisuelle, l'Institut national de l'audiovisuel (INA), chargée de la recherche et de la sauvegarde audiovisuelle et Télédiffusion de France (TDF), opérateur chargé de la gestion des émetteurs et de la diffusion.
Formé à partir du regroupement de la régie de diffusion et de la direction de l'action technique de l'ancien office, l'organisme chargé de la diffusion prend le nom de Télédiffusion de France et appelé couramment TDF, doté à sa naissance d'un réseau de liaisons hertziennes comprenant et un important parc immobilier et de sites de retransmission partout sur le territoire français métropolitain et outremer.
Dès le , Télédiffusion de France hérite du principal chantier en cours des services techniques de l'ancien organisme ORTF, l'achèvement de l'installation du réseau TV-3 (FR3). En 1975, TDF lance le chantier du nouveau réseau TV-1 en SECAM (TF1 Couleur) sur la bande UHF, représentant un investissement de de francs français.
Au cours du mois de , le gouvernement décide que le passage à la couleur de la première chaîne TF1 doit être effectué par duplication du premier et plus ancien réseau noir et blanc dans la bande UHF. Les pouvoirs publics approuvent le projet comprenant l'échelonnement des mises en service entre fin et jusqu'à . Le programme des réalisations de façon peut avancer substantiellement la date d'achèvement de ce réseau dès l'année 1978. Le projet d'accélération est aux Autorités de tutelle. Le montant des engagements prévus dans le projet de budget pour 1978, s'élève à de francs et en 1977, sont inscrits de francs. En 1977, la politique menée par l'Établissement public de diffusion et projetée en 1978 marque une certaine continuité dans la réalisation des objectifs décidés antérieurement, comme l'achèvement en 1977 du programme de mise en service de nouveaux émetteurs pour le troisième réseau de télévision France Régions 3 (FR3), la poursuite de la progressive résorption des zones d'ombre, la suite de la transition vers la télédiffusion en couleur de TF1, l'amélioration des conditions de réception radio en modulation d'amplitude dans le Sud-Est et la Corse ainsi que la poursuite des de l'extension des réseaux radiophoniques en modulation de fréquence des stations publiques (bande FM).
Au début de l'année, huit émetteurs sont mis en service sur le réseau 1 Bis TF1
Durant l'année, neuf émetteurs sont mis en service sur le réseau FR3 :
En radio, Télédiffusion de France termine l'installation des émetteurs FM de Radio France (de nouveaux émetteurs sont installés à Verdun, Mende et Vittel), tout en intervenant à partir de 1977, contre l'apparition et la croissance des nouvelles radios pirates. En application de la loi définissant le principe d'un monopole d'État contourné par les radios dites périphériques émettant hors du territoire national, Télédiffusion de France est notamment chargée du brouillage et du contrôle du spectre hertzien de la modulation de fréquence sur le territoire français.
Emetteur Ondes Longues et Ondes Moyennes Dans le but d'améliorer et de compléter la desserte de l'émetteur ondes longues d'Allouis dans le Sud-Est et en Corse où la réception s'est dégradée depuis la mise en service, à Roumoules (Alpes-de-Haute-Provence), trois grandes opérations d'équipement sont menées par Télédiffusion de France. Deux opérations sont mises en œuvre, l'une concernant la mise en place d'un nouvel émetteur onde moyenne de (deux fois couplés) au Réaltor, près de Marseille, représentant le premier émetteur de mis en exploitation en . L'autre pour la réalisation du programme d'équipement de la Corse en ondes Moyennes entre 1976 et 1979, comportant la réalisation deux émetteurs de et à Ajaccio et deux émetteurs de pour la ville de Bastia et des régions de Porto-Vecchio et d'Aléria mais toutefois, ces deux derniers sites ne vont jamais être activés. Ces deux émetteurs diffusent les programmes de France Inter et France Culture. Fin 1976, des émetteurs de à Ajaccio et à Bastia sont installés en remplacement des émetteurs de . En 1978, TDF prévoit la mise en service des deuxièmes émetteurs de d'Ajaccio et de de Bastia.
Libéralisation de la bande FM et abandon de l'ancien réseau TV Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en mai 1981, la situation devient favorable à la multiplication des « radios libres ». La première loi (Radio Libre) du (). portant dérogation au monopole d’État de la radiodiffusion (radios privées locales), sur Légifrance (consulté le ). proclame cette liberté de diffusion indépendante du monopole d'État. La deuxième loi concernant la bande FM datée du (). sur la communication audiovisuelle, sur Légifrance (consulté le ). proclame cette « liberté audiovisuelle » et tente de l'encadrer et de la contrôler du fait de la quantité limitée de fréquences disponibles. Ces changements sont accompagnés de la création du FSER (Fonds de soutien à l'expression radiophonique).
À la même période, le gouvernement Mauroy décide la reconversion de l'ancien Réseau TV-1 819 lignes sur la bande VHF que TDF est chargé de transformer en Réseau TV-4 à la norme L en 625 lignes pour la télédiffusion d'une nouvelle chaîne de télévision privée nationale, attribué sur décision de François Mitterrand au bénéfice du groupe Havas, pour la création de Canal+, le .
Édifiée de 1982 à 1986 sur la commune des Lilas pour prendre le relais des Buttes-Chaumont, la tour de Romainville constitue, sur le plan de son architecture comme sur celui de nombreuses l'un des symboles de l'expertise de TDF. En complément, TDF se dote d’un nouveau centre de recherche dans le domaine de la radiodiffusion. Il permet de compléter les moyens de recherche dont dispose l’établissement public, avec le Centre d’études et de recherche d’Issy-les-Moulineaux (Cerim) et celui partagé avec le CNET au CCETT, à Rennes. Après avoir envisagé plusieurs sites, la ville de Metz est choisie par TDF en , pour implanter le nouveau centre, intitulé Centre d'études et de recherche de Lorraine (Cerlor). Étroitement associée au Plan Câble lancé en , TDF intervient dans le domaine des études préalables et de la construction de têtes de réseau.
En , Télédiffusion de France opère la retransmission des quatre stations périphériques RTL, Europe 1, RMC et Sud Radio sur ses propres émetteurs dans la bande FM ainsi que ceux des deux nouvelles chaînes que le gouvernement Fabius vient d'attribuer à La Cinq et à la première chaîne musicale nationale française TV6, laquelle va cependant être suppprimée par le gouvernement Chirac en 1987, au profit de la chaîne généraliste privée M6.
TDF SA (1987-2004) vers la privatisation En , Télédiffusion de France change de statut et devient une société anonyme afin notamment de supprimer le financement de TDF par une partie de redevance audiovisuelle et permettre à la société de s'ouvrir à des investisseurs privés. Cette rupture succède à l'adoption d'une démarche commerciale vers 1983-1984 mais est consolidée par la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, dite « loi Léotard », aboutissant notamment au remplacement des autorités successives de la CNCL puis à la création du CSA. En 1991, le groupe France Télécom détient 100 % du capital de Télédiffusion de France SA et associe à partir de 1996 ses activités avec celle de Globecast au sein de la Division des entreprises audiovisuelles.
En 1993, l'inauguration de la Alliss avec le avec émetteur intégré baptisé « Volga » pour RFI est effectué. Plus économique en exploitation et pouvant être adapté à différents besoins de radiodiffusion, le nouveau système conçu et réalisé par l'industriel français Thomson, adopté par société de radiodiffusion internationale d'État RFI et exploité par l'opérateur de réseau TDF pour répondre à une mission considérée comme d'intérêt général. L'objectif consiste à développer la présence radiophonique internationale de la France. Ces dispositifs améliorent la réception et apportent à la retransmission en ondes courtes le confort de la puissance d'émission ainsi qu'une certaine souplesse d'exploitation. Le programme Alliss est achevé en 1997, avec la réalisation de géantes.
Le , TDF lance la première expérimentation en taille réelle de télévision numérique terrestre à Rennes. Le signal de lancement est donné depuis Paris, par la Ministre de la Culture et de la communication Catherine Trautmann, le secrétaire d'État à l'Industrie et le PDG de TDF, Bruno Chetaille. Le , TF1 signe un protocole afin de mener des expérimentations sur cette plateforme. Le multiplex retransmis comprend les cinq chaînes TF1, TF1 16/9, LCI, Odyssée et Shopping Avenue. Le 1999, France 2 et France 3 signent deux protocoles d'accord pour des expérimentations sur le deuxième multiplex, les opérations devant débuter courant , après l'obtention des autorisations administratives. Outre les programmes de France 2 et France 3 Sat, ce multiplex diffuse France 2.2 proposant certains programmes de France 2 à des heures décalées ainsi qu'une compilation des programmes régionaux de France 3. Il sert également à expérimenter Teleweb, le service de vidéo à la demande de la chaîne publique France 3. Le , le CSA accorde à TDF, un prolongement pour de l'autorisation de diffusion du premier multiplex sur la plateforme Bretagne. Le , le CSA accorde à TDF l'autorisation de retransmettre un deuxième multiplex sur la plateforme Bretagne. TF1 et France Télévision occupent dès lors pour une durée de trois mois, un multiplex chacun. Le , TDF commence la retransmission du multiplex de TF1 sur la plateforme Bretagne avec les chaînes en clair TF1, TF1 16/, Odyssée et LCI. Le , Arte/La Cinquième signe avec TDF le protocole d'expérimentation pour la même plateforme. Arte/La Cinquième vont exploiter leur propre multiplex, à partir de et peuvent ainsi tester leurs programmes et services à la norme numérique DVB-T. Le , TDF démarre en clair, la diffusion du multiplex occupé par le groupe public France Télévision, avec la chaîne nationale France 2, France 3 dans son édition régionale destinée à Rennes, le programme « France 3 Ouest » et plus tard, le service France 2.2.
Privatisation puis développements (depuis 2002)