Le régiment Royal est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1663, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : Création du régiment Royal : devient le d'infanterie de ligne

Mestres de camp et colonels : Louis, duc d'Arpajon : Charles Antoine du Châtelet, marquis de Pierrefitte : François Joseph de Blanchefort, marquis de Créquy : Benoît marquis de Calvo : Pierre René de Brisay comte d'Enonville : Louis François comte d'Aubigné de TignyC'était le neveu de madame de Maintenon : Jean-Baptiste Joachim Colbert de Torcy marquis de Croissy : François Michel César Le Tellier de Louvois marquis de Courtenvaux-Montmirail : Louis Félicien de Boffin d'Argenson marquis de Puysignieu : Charles Claude François marquis du Tillet : Louis Joseph comte de Mailly-Nesle : Charles Léon de Chavigny, marquis de Bouthillier : Guillaume Louis Camille d'Insenghien, comte de Gand Guillaume-Louis-Camille, comte de Gand sur senat.fr : Jean Charles de Myon : Charles Grangier de La Ferrière

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Origines Après la mort de Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, un édit du réunit le « régiment de l'Altesse », qui avait été levé par ce prince le , et le « régiment Royal », formé par le duc d'Arpajon en vertu d'une commission du .

La fusion fut complète. Le « régiment de l'Altesse » forma le du nouveau corps, et lui donna son ancienneté. Le régiment Royal forma le et céda son nom. Le régiment porta d'abord le titre de « régiment du Roi », et ce ne fut que le , que celui-ci reprit le nom « régiment de Royal ».

Régiment de l'Altesse (1644-1660) Pendant tout le règne de son frère, Gaston, duc d'Orléans, n'avait pas eu de régiment d'infanterie sous son nom. Ce prince, plutôt par faiblesse de caractère que par ambition, avait presque toujours pris parti avec les mécontents. Le cardinal de Richelieu ne pouvait donc point commettre la faute de lui laisser lever des troupes. Mais, en 1644, Richelieu et Louis XIII étaient morts, et Gaston était lieutenant général du royaume. Il leva à la fin de cette année un régiment d'infanterie, dont il donna d'abord le commandement à Henri François Alphonse d'Ornano, marquis de Sainte-Croix, et qui fut appelé « régiment de l'Altesse », à cause de ce titre que Gaston porta le premier en France, et que, plus tard, les princes du sang changèrent en celui d'altesse royale.

Colonels et Mestres de camps : Henri François Alphonse d'Ornano, marquis de Sainte-CroixNé en 1590 c'est le fils du maréchal Alphonse d'Ornano, 1645 : marquis de Vieuxpont† d'une balle reçue dans la vessie, blessure dont il mourut : François René du Bec-Crespin, marquis de Vardesmaréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : Gaston de Bellenger de Vautourneuxmaréchal de camp le , † : Jacques Johanne de La Carre, marquis de Saumerymaréchal de camp le , † : Charles Antoine du Châtelet, marquis de Pierrefitte

Guerre de Trente Ans Ce régiment débuta, dans le cadre de la guerre de Trente Ans, en Flandre en 1645, et se fit remarquer le au passage de la Colme, puis aux sièges de Mardyk, de Bourbourg et de Menin. Le , au siège de Mardyk, il attaqua la contrescarpe et le corps de garde établi dans la place d'armes.

En 1646, le régiment de l'Altesse prit part aux sièges de Courtrai Plan de la bataille de Courtrai en 1646, de Mardyk et de Dunkerque. Le régiment de l'Altesse eut l'honneur d'entrer dans Dunkerque avec les Gardes.

En 1647, il est à la prise de la Bassée et de Lens.

Il ouvre la campagne de 1648 par le siège d'Ypres puisse trouve ensuite à la célèbre bataille de Lens, à la prise de Furnes.

La Fronde En 1649 les troubles de la Fronde commencèrent. Le régiment de l'Altesse assista au blocus de Paris, et se signala le à l'attaque de Charenton, qui fut suivie de l'expédition sur Brie-Comte-Robert. Il marcha ensuite au secours de Cambrai, que les Espagnols espéraient reprendre à la faveur des discordes civiles, et contribua à la prise de Condé.

En 1650, le prince de Condé ayant été arrêté, son parti prit les armes et souleva la Bourgogne. Le régiment de l'Altesse fut envoyé, au mois de février, à Saint-Jean-de-Losne pour garder cette place. Il vint au mois d'avril au siège de Bellegarde, où le roi « admira sa belle tenue. » Il retourna ensuite dans les provinces du nord, porter secours à la ville de Guise, garda quelque temps Laon, fit le siège de Rethel, et prit part à la bataille livrée près de cette ville, où Turenne fut battu par le maréchal du Plessis-Praslin.

En 1651, le régiment de l'Altesse continua de servir, dans la Picardie et la Flandre.

En 1652, le duc d'Orléans, irrité du retour de Mazarin, sépara ses régiments de l'armée royale, et les envoya sur la Loire, à Cosne, pour couper le passage au cardinal. Cependant Mazarin trompa la vigilance de ses ennemis et rentra à la cour plus puissant que jamais. Le duc d'Orléans, suivant son habitude, fit sa paix , mais son régiment d'infanterie demeura dans l'armée des princes, et peu s'en fallut qu'au pont de Jargeau il ne s'emparât de toute la cour. Au combat du faubourg Saint-Antoine, Condé le plaça à la tête du faubourg, où il canonna l'armée royale avec deux petites pièces que Gaston lui avait données. En septembre, Louis XIV avait atteint sa majorité. Ce nouvel état de choses ne fut pas favorable au duc d'Orléans, qui fut obligé de se retirer dans son château de Blois. Pendant ce temps, le régiment de l'Altesse aidait le prince de Condé à s'emparer de Sainte-Menehould, et ce fut le lendemain de la prise de cette ville, au mois de novembre, qu'il quitta l'armée des rebelles pour rentrer au service du roi avec les régiments de Languedoc-Orléans, de Valois et de Langeron , qui appartenaient aussi à Gaston.

Guerre franco-espagnole En 1653, dans le cadre de la Guerre franco-espagnole, le régiment de l'Altesse est envoyé dans le Languedoc, et passe les Alpes avec le maréchal de Grancey. Le il se trouve au combat de la Roquette et y supporte le principal effort Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles, Tome 5, Combat de La Roquette, page 372Isaac de Larrey Histoire de France sous le règne de Louis XIV, Tome 1, page 304.

En 1656, on le trouve au siège de Valencia.

En 1657, il sert au siège d'Alexandrie. thumb|Uniforme et drapeau du régiment Royal en 1656. En , il entre dans le Plaisantin et s'empare, avec le régiment de Navarre, de Casalmaggiore. Le , il se couvre de gloire au passage de l'Adda, où il avait la tête de l'avant-garde. Ce fut sa dernière action de guerre.

Régiment Royal (1656-1660) Colonels et Mestres de camps : Louis, duc d'Arpajon

Guerre franco-espagnole Le régiment Royal, est levé en 1656, par Louis, duc d'Arpajon, qui se rend la même année à La Fère, où le roi le vit. Voici l'article de la Gazette de France, qui nous raconte la première entrevue du roi et de son régiment : .

En 1657, dans le cadre de la guerre franco-espagnole, le régiment Royal fait ses premières armes au siège et la prise de Montmédy sous le commandement du maréchal de Turenne. Il prend part, ensuite, aux sièges de Saint-Venant, de Wates et de Mardyk. Lorsque le régiment de Piémont se fut emparé de Bourbourg, il y fut envoyé, à la fin de septembre, avec le régiment anglais de Morgan pour en relever les fortifications.

En 1658, il commença la campagne en Lorraine, puis passa en Flandre au mois de juillet. Il se trouva à l'investissement de Gravelines, qui se rendit après 21 jours de tranchée ouverte. Il releva plus tard huit compagnies des Gardes-Françaises qui occupaient Menin, récemment conquis.

Le régiment resta en garnison dans cette ville jusqu'au , qu'il remit aux Espagnols en vertu du traité des Pyrénées. Ce fut alors que, conformément à l'ordonnance du , il fut réuni au régiment de l'Altesse sous le nom de Régiment Royal.

Régiment Royal (1660-1791)

Le « régiment Royal » présenta, pendant les premières années de son existence, une bizarrerie : il eut deux colonels et deux drapeaux blancs, tant que vécurent ensemble le duc d'Arpajon et le marquis de Pierrefitte, qui commandaient précédemment les régiments dont il fut composé.Toutefois, Louis d'Arpajon eut le pas sur Charles-Antoine du Châtelet, et commanda réellement le « régiment Royal » jusqu'à sa mort en 1679. Charles Antoine du Châtelet marquis de Pierrefitte devint alors seul colonel, et tout rentra dans l'ordre.

Après la fusion, courant 1660, le nouveau corps se rendit en Lorraine et ses deux bataillons furent mis en garnison à Nancy et Thionville.

En 1663, il servit à la prise de Marsal, seule place qui restât à Charles duc de Lorraine. Après cette campagne, il fut, comme les Vieux Corps, porté à quarante compagnies.

Expédition de Djidjelli En , les vingt premières compagnies se rendirent à Toulon avec le marquis de Pierrefitte, et s'y embarquèrent sur la flotte de François de Vendôme duc de Beaufort pour participer à l'expédition de Djidjelli. Le départ eut lieu le , et, après une courte relâche à Port Mahon, l'armée arriva le en vue de Djigelli, sur la côte d'Afrique. Après le débarquement, le régiment Royal fut chargé d'occuper le fort du Marabout, qui fermait l'entrée du port de Djigelli, et il y demeura jusqu'au rembarquement de l'expédition.

Rentré en France, il resta aux environs de Toulon jusqu'en , et se rendit alors au camp de Compiègne Les camps de Compiègne.

Guerre de Dévolution En 1667, dans le cadre de la guerre de Dévolution, le régiment Royal, attaché à la même brigade que le régiment d'Auvergne, prend part aux sièges de Charleroi, de Tournai et de Douai, qui firent peu de résistance, et à celui de Lille, où il partagea les travaux avec le régiment de Picardie.

Au début de 1671, quand Louis XIV acheta pour le régiment du Roi le rang du régiment de Saint-Vallier, le dernier des Petits Vieux, il voulut que le régiment Royal profitât aussi de cet avancement, et il lui donna le rang qu'avait auparavant le régiment du Roi, c'est-à-dire celui de l'ancien Lorraine, le rang Le régiment de Lorraine. Par la suite, le régiment Royal gagna encore un rang en 1678, quand le régiment écossais de Douglas repassa en Angleterre. Il devint alors le 13e et conserva ce rang jusqu'au dédoublement des vieux régiments, en 1776.

Guerre de Hollande En 1672, dans le cadre de la guerre de Hollande, le régiment Royal marche à la conquête de la Hollande et assiste aux sièges de Charleroi et de Doesbourg, au passage du Rhin et à la prise d'Orsoy et de Rheinberg. Quelques compagnies furent mises en garnison dans Doesbourg, Zutphen et Wesel tandis que le reste du régiment passa en Westphalie avec le maréchal de Turenne et contribua à la soumission d'Unna, Zoëster, Kamen et Altena.

En 1673, les deux bataillons furent employés au siège de Maastricht. Le régiment Royal y ouvrit la tranchée avec le régiment de Picardie dans la nuit du 17 au . À la pointe du jour, un détachement du régiment eut ordre d'attaquer une maison qui était près de la contrescarpe. Il y marcha à découvert et s'en empara après avoir tué une partie des défenseurs et fait le reste prisonnier. Après la prise de Maastricht, le régiment suivit le roi en Lorraine et resta quelque temps à Nancy, dont il releva les fortifications. Il eut ses quartiers d'hiver à Saint-Wendel.