vignette|droite|upright 1.2|L'hôtel de ville de Philadelphie (Pennsylvanie), siège du gouvernement de la ville-comté consolidée de Philadelphie.
Les autorités locales aux États-Unis () font référence à tous les niveaux de juridiction internes aux États ou aux territoires des États-Unis. Pour des raisons historiques, ces structures de gouvernement local sont très différentes d'un État à l'autre. Les deux niveaux administratifs les plus répandus sont : le comté et la municipalité. Dans certains États, les comtés sont divisés en townships, sorte de cantons. Il existe plusieurs types de juridictions de niveau municipal : la ville (city), le bourg (town), l'arrondissement (borough), le village. Toutes n'existent pas dans tous les États et tous les territoires ne font pas l'objet d'une administration municipale constituée.
Définitions Principe En application du dixième amendement de la Constitution des États-Unis, les États américains sont entièrement libres de définir leurs structures de gouvernement local, toute interférence fédérale étant proscrite en la matière.. Il existe en règle générale deux niveaux administratifs : celui des comtés et celui des municipalités, bien que, dans certains états, les comtés soient subdivisés en et que, dans certaines régions rurales ou même de banlieue, il n’y ait pas de gouvernement de niveau municipal, l’ensemble des pouvoirs étant alors regroupés au niveau du comté.
Types de collectivités locales Le Bureau du recensement des États-Unis (United States Census Bureau) procède au recensement des gouvernements tous les cinq ans pour compiler des statistiques sur l'organisation du gouvernement, l'emploi public et les finances publiques. Les catégories d'administration locale établies dans ce recensement des gouvernements constituent une base pratique pour comprendre l'administration locale aux États-Unis. Les catégories sont les suivantes : Gouvernements des comtés : ce sont des administrations locales définies par les constitutions et les lois des États. Les comtés et leurs éventuels équivalents forment le premier niveau de subdivision administrative des États. Tous les États sont divisés en comtés ou équivalents, bien que tous les comtés ou équivalents n'aient pas d'organe de gouvernement. Ceux-ci ont été éliminés dans le Connecticut, l’État de Rhode Island ainsi que dans certaines parties du Massachusetts. L'arrondissement non organisé (en anglais ) de l'Alaska ne dispose pas non plus d'un gouvernement de comté. En outre, un certain nombre de villes indépendantes et dans les villes-comtés consolidées, les administrations municipales remplissent à la fois le rôle des administrations de la ville et du comté. Dans les régions dépourvues de gouvernement de comté, les services sont administrés soit par le niveau inférieur (cantons () ou municipalités, soit par le niveau supérieur (l'État). Gouvernements des villes () ou des cantons () : ils sont définis par les constitutions et les lois de 20 États du Nord-Est et du Midwest afin d'administrer une région définie, en principe une subdivision géographique d'un comté. Selon les lois de l'État et les circonstances locales, un canton peut être incorporé ou non en une personnalité morale, et son degré d'autorité sur les services gouvernementaux locaux peut varier considérablement. Le US Census Bureau inclut dans cette catégorie les bourgs () des six États de Nouvelle-Angleterre et les cantons du New Jersey et de la Pennsylvanie, bien qu'il s'agisse légalement de municipalités, car leur structure n'est pas en rapport avec la concentration de population qui est typique des municipalités ailleurs aux États-Unis. En particulier, les bourgs de la Nouvelle-Angleterre ont considérablement plus de pouvoir que la plupart des autres cantons et fonctionnent souvent comme des villes sur le plan juridique, exerçant généralement la gamme complète des pouvoirs qui seraient répartis entre les comtés, les cantons et les villes dans d'autres États.. Le terme de « bourg » () est utilisé pour désigner un niveau de gouvernement local dans les États de New York et du Wisconsin. Les termes « bourg » () et « canton » () sont utilisés de façon interchangeable dans le Minnesota. Gouvernements municipaux : ce sont des administrations locales définies par les constitutions et les lois des États afin d'administrer une zone définie, correspondant généralement à une agglomération plutôt qu'à une subdivision d'un comté. Cette catégorie comprend les gouvernements désignés comme villes (), arrondissements (, sauf en Alaska), bourgs (, sauf au Minnesota et au Wisconsin) et villages. Ce concept correspond à peu près aux "corporations municipales" reconnues dans les statistiques du Census Bureau, bien qu'en soient exclues les bourgs de la Nouvelle-Angleterre, comme on l'a signalé plus haut. La taille des municipalités va de quasiment zéro (par exemple le village de Monowi, Nebraska, un seul résident) aux 8,5 millions d'habitants de New York). Dans la plupart des États, les administrations des comtés et les administrations municipales coexistent. Toutefois, dans certains États, une ville peut devenir indépendante de tout comté et fonctionner à la fois comme un comté et comme une ville, soit en se séparant de son ou ses comtés, soit en fusionnant avec un ou plusieurs comtés. Une telle ville peut alors être connue sous le nom soit de ville indépendante soit de ville-comté consolidée. Dans ce dernier cas, la ville et le comté existent nominalement, avec un gouvernement consolidé, alors que dans une ville indépendante, le comté a été purement et simplement supprimé.. Cette juridiction qui constitue l'équivalent d'un comté est comparable à une "" dans d'autres États comme le Connecticut, Rhode Island, dans certaines parties du Massachusetts, où les comtés n'existent que pour fixer les limites de certaines fonctions administratives de l'État ou à Porto Rico où il y a 78 municipalités et aucun comté. Gouvernements locaux à but spécial ou districts spéciaux : ce sont des entités comparables à des communautés de communes, destinées à administrer des services spécifiques tels que des écoles publiques, des hôpitaux, des services incendie, la gestion de l’eau ou des cimetières. Les deux types de districts spéciaux sont donc les districts spéciaux à finalité générale et les districts spéciaux scolaires.
Types d'organes directeurs La nature du gouvernement des comtés et des municipalités varie non seulement d'un État à l'autre, mais aussi d'un comté à l'autre et d'une municipalité à l'autre. Les électeurs locaux sont généralement libres de choisir le cadre de base du gouvernement à partir d'une sélection établie par la loi de l'État.
Dans la plupart des cas, les comtés et les municipalités sont gouvernés par un conseil, qui opère conjointement avec un maire ou président.
LInternational City/County Management Association (ICMA) a classé les formes d'organes directeurs des administrations locales en cinq catégories : maire + conseil () ; manager + conseil () ; commission () ; conseil de quartier (démocratie directe) () ; conseil de quartier représentatif ().
En plus des élections pour un conseil ou un maire, des élections ont souvent lieu pour des postes tels que les juges locaux, le shérif, les procureurs et d'autres fonctions.
Cas des réserves indiennes Bien que leur territoire soit théoriquement situé à l'intérieur des frontières d'États, les réserves indiennes fonctionnent en fait en dehors du contrôle de ces États. La réserve est habituellement dirigée par un conseil tribal élu qui supervise la fourniture des services locaux.
Conseils ou associations d'autorités locales Les grandes aires urbaines ou « régions métropolitaines » connaissent fréquemment six niveaux ou plus de districts spéciaux en plus de ceux de la ville et du comté (ou de la ville, du comté et du canton). De plus, elles regroupent souvent plusieurs comtés, plusieurs dizaines de villes et une centaine (ou plus) de districts spéciaux. En Californie, la complexité était telle qu'en 1963, l'Assemblée législative de la Californie a créé des Local Agency Formation Commissions dans 57 des 58 comtés de l'État, c'est-à-dire des organismes gouvernementaux pour superviser la formation et le développement ordonnés des autres organismes gouvernementaux. L'un des effets de cette extrême complexité est que les victimes de négligence de la part du gouvernement poursuivent parfois la mauvaise entité et ne réalisent pas leur erreur jusqu'après l'échéance du délai de prescription.
Parce que les efforts de consolidation directe se sont avérés vains, les collectivités locales américaines forment souvent des "conseils de gouvernement", des "conseils régionaux métropolitains" ou des "associations de gouvernements". Depuis la fin des années 1990, un mouvement, souvent appelé "nouveau régionalisme", accepte la futilité de rechercher des gouvernements régionaux consolidés et vise plutôt des structures régionales qui ne supplantent pas les gouvernements locauxOsborne M. Reynolds, Jr., Local Government Law, ed. (St. Paul: West, 2009), 30..
Statistiques En 2017, les États-Unis comptaient au total entités de gouvernement local, dont entités de compétence générale et dont districts spéciaux, dont districts scolaires, et autres districts spéciaux, chiffres stables par rapport au recensement de 2012Il y a un recensement des autorités locales tous les 5 ans...
Les entités de compétence générale se décomposent en comtés, villes et bourgs.
Historique Autonomie des colonies américaines À l'exception de la Géorgie, les colonies anglaises en Amérique du Nord ont été fondées soit par des sociétés privées, soit comme des entités féodales créées par des chartes royales. Dans les deux cas, le roi avait transféré sa souveraineté immédiate sur ces colonies soit au conseil d'administration de ces sociétés, soit aux propriétaires féodaux. La participation démocratique des colons aux lois les concernant a parfois été accordée d’entrée (cas du Maryland, de la Pennsylvanie, des Caroline du Nord et du Sud ou du New Jersey), mais elle a aussi du être arrachée sous la menace d’une émigration massive en cas de refus dans les cas de la Colonie de la baie du Massachusetts, de la Géorgie et de l'État de New York. Isolées loin de Londres dans un continent immense, les colonies se sont rapidement comportées comme des républiques ou des États quasi-indépendants et chacune d'entre elles a, en fonction des circonstances, adopté un mode de gouvernement propre, inspiré du Droit anglais.
Les Anglais ne font que quelques tentatives sporadiques pour placer leurs colonies américaines sous un contrôle plus étroit car, au début du , ils sont accaparés par la Révolution anglaise (1642-1649) et ses suites. Menées surtout dans les années 1670, ces tentatives sont anéanties par l'onde de choc de la Glorieuse Révolution (1688-1689) qui dépose Jacques II. La population de Boston se révolte à cette occasion et emprisonne le gouverneur britannique. Les autres colonies qui étaient passées sous le Dominion de la Nouvelle-Angleterre réinstallent rapidement leurs gouvernements précédents.
Autre effet de la Glorieuse Révolution, l'Édit de tolérance anglais de 1688 affirme la liberté de culte pour les chrétiens et imposait des limites à la Couronne. En même temps, John Locke fait paraître son deuxième "traité sur le gouvernement civil" (1690) qui théorise un gouvernement fondé non sur le droit divin mais sur le contrat, et qui affirme que le peuple, doté de droits naturels à la vie, à la liberté et à la propriété, a le droit de se rebeller lorsque les gouvernements violent ces droits.