Le régiment de Conti est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1684 sous le nom de régiment de Périgord devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : création du régiment de Périgord 26 avril 1775 : porté à 2 bataillons, il prend le nom de régiment de La Marche-Prince : prend le nom de régiment de Conti 1er janvier 1791 : Tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d'ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Conti devient le d'infanterie de ligne ci-devant Conti.

Colonels et mestres de camp Régiment de Périgord : Louis d'Ornaison, comte de Chamarandebrigadier le 30 mars 1693, maréchal de camp le 29 janvier 1702, lieutenant général le 10 février 1704, † février 1737 : Jean Noël de Barbezières, comte de Chémerault Notice Historique des Peintures et des Sculptures du Palaid de Versailles page 29 : Henri François de Lambert de Saint-BrisFils de Henri de Lambert, il est brigadier le 4 octobre 1705, maréchal de camp le 29 mars 1710, lieutenant général le 30 mars 1720, (°1677- †) : Jean de Gautier de BoissetNobiliaire universel de France, Tome 3, , page 179 († 03.11.1748)Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790 : Tarn, Supplément à la Série E-Communes, 1889, Volume 3, page 484 : Henri de Briqueville, marquis de La LuzerneLe grand dictionnaire historique, Tome 10, T-Z, page 5 des additions et corrections : Gabriel de Briqueville, chevalier de La Luzernefrère cadet du précédent, brigadier le août 1734, maréchal de camp le 20 février 1743, † 12 juin 1761 1734 : marquis d'Avaray : Louis, marquis de Mailly : Innocent-Marie de Wassinghac, chevalier, marquis d'ImécourtNobiliaire universel de France, volume , 1820, pages 343 et 344 : Corentin Joseph Le Seneschal de Kercado, marquis de Molac François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois : Dictionnaire de la noblesse page 533 : Louis François, marquis d'Esparbès de Lussan : Roger Valentin, comte de ClaracRoger Valentin, comte de Clarac, deviendra colonel du régiment de Maine en 1775. : Jacques de Vincent de Mauleon, comte de Causans Régiment de La Marche-Prince et Régiment de Conti 26 avril 1775 : Louis-François-Joseph de Bourbon-Conti, comte de la Marche 81e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Conti : François Joseph Pierre de Mondyon de SassayFrançois Joseph Pierre de Mondyon de Sassay avait été nommé major au corps le et lieutenant-colonel le . : Pierre Morand du Puch cadet : Joseph-Charles de MontredonJoseph-Charles de Montredon était lieutenant-colonel le .

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Ce régiment a été créé le sous le titre de la province de Périgord. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'il est devenu régiment de prince.

En 1684, le régiment est à 2 bataillons. Son uniforme comprend un habit, revers, veste et culotte blancs, parements, revers, et collet verts, patte ordinaires garnies de 3 boutons, les dessous de la manche et du parement fermé par 6 petits boutons, 6 petits autres au revers et 3 gros au-dessous, boutons blancs . Chapeau bordé de galon blanc. Drapeau rouge, vert et barré jaune Claude-Antoine Littret : Uniformes militaires, drapeaux, étendards et guidons, de tous les régiments de France, tant de la cavalerie que de l'infanterie, page 84.

Régiment de Périgord (1684-1775) Guerre de la Ligue d'Augsbourg Après quelques années passées dans les garnisons du Nord, il fut envoyé en 1690 à l'armée des Alpes, et il contribua beaucoup à la prise de Cahours Eléazar de Mauvillon : Histoire du prince Eugene de Savoye, Volume 1 page 113 durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Le , il combattit avec une grande vigueur autour de l'abbaye de Staffarda. Il était à l'extrême droite de la 2e ligne, derrière le régiment de Granceydevenu régiment de Soissonnais. Il suivit ce corps dans sa belle charge à travers les marais, et prit trois canons à l'ennemi. Le régiment de Périgord contribua la même année a la soumission de Saluces, de Barge et de Suze Jules Michelet : Précis de l'histoire moderne page 294.

En 1691, il servit aux sièges de Villefranche, de Montalban, de Nice, de Veillane, de Carmagnola et du château de Montmélian.

En 1692, il est appelé à l'armée de Flandre et se trouve à la prise de Namur, à la bataille de Steenkerque et au bombardement de Charleroi.

Le , il quitta les Pays-Bas avec le dauphin pour se rendre sur le Rhin.

A la fin de 1694, il retourna en Piémont et fut mis au mois de novembre en garnison à Pignerol, ou il est resté jusqu'en 1696. Cette année, on l'employa au siège de Valenza Siège de Valence par le Duc de Savoie : [estampe] Montalègre. Graveur, et lorsque les préliminaires de la paix, Victor-Amédée II, furent signés avec le duc de Savoie, il passa en Catalogne.

Il contribua sur ce nouveau terrain à la défaite du prince de Hesse-Darmstadt, et, le , il eut l'honneur d'ouvrir la tranchée devant Barcelone à l'attaque de gauche et se signala à ce siège par sa brillante valeur.

Guerre de Succession d'Espagne Au mois de , le régiment de Périgord reprit encore une fois la route de l'Italie dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne.

En 1701, il était de la brigade de Royal-Vaisseaux et se fit remarquer au combat de Chiari.

Il participa, en 1702, à la défaite des Impériaux à Santa-Vittoria, et servit aux sièges de Luzzara, de Guastalla et de Borgoforte.

L'année suivante, il est à la déroute du général Staremberg près de Stradella, au combat de Castelnuovo de Bormida, à la prise de Nago et d'Arco dans le Trentin et à la prise d'Asti et de Villanova d'Asti dans le Montferrat

En 1704, il fait les sièges de Verceil et d'Ivrée et commence celui de Verrue Plan de Verrue, attaquée par l'armée du roy commandée par Mgr le duc de Vendosme.

Le , ses grenadiers soutiennent ceux du régiment de Piémont à l'attaque du fort de l'Isle, dont la prise amène enfin capitulation de Verrue puis combat, en août, à Cassano .

En 1706, il se trouve au siège et à la bataille de Turin, après laquelle il ne compte plus que 142 hommes sous ses drapeaux.

En 1707, le régiment de Périgord se rend à l'armée d'Espagne. Il fait d'abord partie du corps assemblé dans la Navarre puis joint plus tard l'armée de Philippe duc d'Orléans, et contribue, au mois d'octobre, à la prise des villes et château de Lérida.

Employé à la même armée en 1708, il est détaché le du camp de Ginestar pour aller chasser l'ennemi de Falcete. Il y avait là fantassins et miquelets et 400 chevaux. Arrivé devant Falcete, le 2 à cinq heures du matin, avec quelques autres troupes, « Périgord » attaque sur-le-champ l'ennemi, lui tue 500 hommes, fait 600 prisonniers, dont 33 officiers, et se saisit de tout le bagage. Il se rend de là au siège de Tortose, où il monte plusieurs gardes de tranchée avec les régiments de Normandie et de La Couronne. Au mois de septembre, il est encore détaché du camp d'Agramont, pour courir sus aux miquelets, et au mois d'octobre il s'empare d'Ager.

Il sert encore en Catalogne en, 1709 sous le maréchal de Bezons qui garde la défensive.

En 1710, il est dirigé sur l'armée du Dauphiné et il revient à la fin de cette année en Espagne pour participer au . Renvoyé en Dauphiné après la prise de cette place, il reste au camp du Sauze d'Oulx pendant les deux campagnes suivantes.

En 1713, il se rend sur le Rhin, où il est rallié par un 2e bataillon, créé le , qui était resté jusque-là dans les garnisons de Flandre et d'Alsace, et qui avait servi en 1708 à la défense de Lille. Tous les deux prirent part aux sièges de Landau et de Fribourg.

En 1715 le 2e bataillon reformé servit à compléter le 1er bataillon.

Guerre de la Quadruple-Alliance Engagé dans la guerre de la Quadruple-Alliance, le régiment a fait la campagne de 1719 contre l'Espagne et s'est trouvé aux sièges de Saint-Sébastien, de Fontarabie et d'Urgell.

Guerre de Succession de Pologne En 1733, Stanislas Leczinski avait été élu roi de Pologne. L'Autriche et la Russie s'opposèrent à l'élévation du beau-père de Louis XV, firent réunir une nouvelle diète qui donna la couronne à l'électeur de Saxe, et envoyèrent en Pologne une armée qui eut bientôt forcé Stanislas à se renfermer dans la ville de Dantzig, où il fut aussitôt assiégé. C'est la guerre de Succession de Pologne. On jeta les hauts cris à la cour de France, et le cardinal de Fleury se vit obligé de faire quelque chose pour calmer l'irritation des partisans de la guerre.

En 1734, il envoya au secours de Stanislas une petite escadre portant les trois régiments d'infanterie de Périgord de La Marche et de Blaisois, en tout hommes placés sous le commandement du brigadier de Lamotte de Lapeyrouse. Cet officier, auquel peut-être le cardinal de Fleury avait recommandé la prudence, ayant reconnu à son arrivée en vue de Dantzig, qu'il s'agissait, pour pénétrer dans la place, de percer avec trois bataillons une armée de Russes bien retranchés, se résolut à aller attendre de nouveaux ordres dans le port de Copenhague. Il y avait alors près de la cour de Danemark, en qualité d'ambassadeur de France, un jeune seigneur breton plein de feu et de générosité, qui avait pris fort à cœur la cause de Stanislas, qui était aussi celle de la France : c'était le comte de Plélo. Indigné de la mesquinerie du secours fourni par Fleury, et plus encore de la circonspection de de Lamotte de Lapeyrouse, il prend sur lui d'agir, et s'empare du commandement de l'expédition, décidé à secourir Dantzig ou à périr. Parti de la rade de Copenhague le , les Français arrivent le 23 dans celle de Dantzig, mais, en entrant dans la Vistule, ils trouvent l'armée russe établie entre le rivage et la ville et doivent renoncer pour le moment à entrer dans la place. Ils débarquent sans opposition et campent à Farhwasser, sous le canon du fort de Wechselmunde, à l'embouchure du fleuve. Le 27, malgré les renforts que les Russes avaient encore reçus, Plélo veut essayer de s'ouvrir un passage. Il se précipite avec ses trois bataillons, le régiment de Périgord en tête, sur les retranchements, force trois lignes, et tombe criblé de balles, au moment où il atteignait les glacis de Dantzig. Sa mort jette l'irrésolution dans le cœur de ses soldats qui se retirent sous Wechselmunde. Ce faible corps, bloqué dans un marais et séparé de la flotte qui l'avait amené, se trouve bientôt dans la position la plus périlleuse. Il résiste cependant à trois attaques des Russes, et se voit enfin contraint à capituler le . Les hommes qui restaient de l'expédition obtinrent les honneurs de la guerre et d'être transportés aux frais de la Russie dans un port de la Baltique. Le roi Stanislas parvint à s'échapper sous un déguisement et Dantzig ouvrit ses portes le 28. La dernière partie de la capitulation fut interprétée avec la plus insigne mauvaise foi par le général russe, comte de Munnich. En demandant à être conduits dans un port de la Baltique, les Français avaient entendu évidemment un port neutre, d'où ils pussent ultérieurement regagner la France. Ils étaient montés sans défiance, le 26, sur des bâtiments russes : le général Munich, après la capitulation de Dantzig, les fit transporter à Cronstadt, et la cour de Saint-Pétersbourg, sous prétexte que des vaisseaux français avaient capturé des navires russes, les interna dans la Livonie, pour être traités en prisonniers de guerre jusqu'à l'arrangement des différends. L'impératrice Anne les renvoya en France au mois d'octobre.Telle fut l'issue de cette première rencontre entre les Russes et les FrançaisLouis Susane : Histoire de l'ancienne infanterie française Tome 7 pages 118 à 121.

Guerre de succession d'Autriche

En 1741, à l'ouverture de la guerre de succession d'Autriche, Périgord fit partie de l'armée du Bas-Rhin, marcha en Westphalie et fut cantonné à Osnabrück.

Il ne quitta cette ville qu'au mois d' pour se rendre sur le théâtre de la guerre.