La chapelle Notre-Dame de Polignan est un édifice religieux catholique située à Gourdan-Polignan, en France.

Le retable triptyque du maître-autel. et les vantaux du portail. sont classés au titre d'objet des monuments historiques de France..

Présentation La chapelle est située dans le département français de la Haute-Garonne, en vallée de la Garonne, dans le Comminges. La chapelle est attenante au lycée Paul-Mathou..

Historique Légende de la Vierge noire Près de l'actuel lycée technique se trouvait une ferme, parmi les bœufs, un mangeait beaucoup moins que les autres mais était plus gras. Chaque jour, il sortait de l'étable et alla toujours vers le même buisson. Par curiosité, le fermier décida d'aller voir ce qui se trouvait dans ce buisson, et découvrit une statue d'une Vierge noire avec l'enfant Jésus que léchait tendrement le taureau.

Le fermier eut alors l'idée de l'apporter au curé de Huos (certaines disent au curé de Gourdan) et la plaça dans son église. Pendant la nuit, la statue retourna dans ce buisson fait de ronces et de cailloux.

Elle fut rapportée une seconde fois dans l'église et attachée avec des chaînes, mais la nuit suivante, la statue retourna à sa place favorite. Le curé et les villageois conclurent que la Vierge Marie voulait qu'à cet endroit soit construit un oratoire ou une chapelle. Aujourd'hui, cette chaîne est encore suspendue au mur derrière la statue.

Origine de l'actuelle chapelle Le document le plus ancien retrouvé parle de l'existence d'une chapelle en 1361, il est écrit « qu'un legs de quatre livres de cire a été fait à l'hôpital et à la Chapelle Sainte-Marie de Polignan ». Il y avait alors au un hôpital et une chapelle à cet endroit, mais on ne peut savoir depuis combien de temps avait été construite la chapelle.

Le Pouillé Commingeois (Bulletin philologique et historique) de 1387 décrit une chapelle délabrée et sans revenus.

D'importantes informations sur l'histoire de la chapelle ont été trouvées dans le Testament de noble Espagnolet de Mauléon, Seigneur de Gourdan en 1548. Sur ce document, le seigneur de Gourdan demande : "qu'il soit dit un trentenaire de messes dans son église, la chapelle de Polignan". On peut donc conclure que la chapelle lui appartient. Il demande aussi que " ladite église et chapelle soit au plutôt achevée pour la gloire de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie". Il ordonne aussi que "les offrandes et rentes provenant du champs à proximité de la dite église soint affectés à ces travaux". Lui-même "donne la somme de cinq cents escus pour achever sa chapelle l'église de Polignan et veut que l'église soit voûtée". Son blason sera mis sur la voûte ainsi qu'aux autres lieux remarquables.

C'est donc vers 1550 que la chapelle actuelle fut reconstruite par les deniers de la famille Binos (successeur d'Espagnolet), seigneur de Gourdan. Sur les clefs de voûte de la nef principale sont marqués la date de 1551 avec le nom d'Espagnolet et le blason de la famille Binos : « levrette de sable au collier d'or », la litre seigneuriale se voyait avant la restauration moderne.

La chapelle et le couvent Cordeliers Un document de 1611 appartenant aux Franciscains décrit la donation de la chapelle et du terrain appartenant à « Messire de Binos » aux Cordeliers de Valcabrère de la Province de Toulouse, avec l'accord du curé de la paroisse M. Lestrade. Les Cordeliers de Valcabrère établirent alors un couvent près de la chapelle, mais les évêques du Comminges n'étaient pas d'accord sur leurs droits de possession.

Vers 1630, Donnadieu de Griet se félicite de récupérer la chapelle et dit : "Dieu nous a fait la grâce de recouvrer depuis peu de jours une église qui avait été occupée par des religieux, où nous espérons faire quelque chose pour Dieu". Donnadieu de Griet y établit des prêtres pour y découvrir les ordinants en attendant qu'un séminaire puisse être fondé. Il en fait sa maison presbytérale, et y réunit des conférences ecclésiastiques. Cependant, le couvent et la chapelle restent en possession des Cordeliers jusqu'à la Révolution. Une dévotion particulière des peuples était toujours faite certains jours de l'année à la Sainte Vierge en ces temps-là.

Lors de la Révolution, il y eut un inventaire dressé selon les décrets de l'Assemblée nationale par M. Lay maire de Gourdan et M. Barre conseiller du roi. En 1791, un cordelier de Mirande, Pierre Dumas devient acquéreur du couvent de Polignan. La chapelle resta fermée le temps de la Révolution jusqu'au rétablissement du culte en 1802, les offices furent alors très fréquentés. Les frères Dumas établirent un collège ecclésiastique dans le couvent en y faisant venir des professeurs et une cinquantaine de jeunes gens dans pendant quelques années.

En , l'ancien couvent et les dépendances sont vendus à l'abbé De Latour-Landorthe.

La chapelle et le Petit Séminaire de Polignan En , l'abbé De Latour-Landorthe donne à l'archevêque de Toulouse la chapelle, le couvent et les terres adjacentes pour la fondation du Petit Séminaire de Polignan qui remplace l'ancien couvent des Cordeliers. En , le cardinal de Clermont-Tonnerre annonce l'ouverture prochaine du séminaire. À la place du couvent est alors construit le bâtiment en pierre taillée (l'actuel lycée technique Paul-Mathou).

La chapelle est fermée au public par M. Sourrieu (premier supérieur de Polignan), et est seulement ouverte deux jours par an, le (Nativité de la Vierge Marie) et le Jeudi Saint.

N'acceptant pas l'interdiction d’accès à la chapelle, la population manifeste son mécontentement et provoque des dégradations au porche lors d'une émeute. M. Véziat (successeur de M. Sourrieu) ouvre alors la grande porte au public et démolit le porche endommagé. Pour permettre aux séminaristes d'étudier en tranquillité, M. Véziat a l'idée de diviser la chapelle en trois parties, suivant les trois nefs : il les sépare entre elles par des lambris en bois de 3 mètres de hauteur. Ainsi le côté sud, dédié à saint Joseph, est réservé aux domestiques ; le côté nord, dédié à saint Louis-de-Gonzague (patron des séminaristes), est autorisé aux fidèles extérieurs ; la nef centrale et le chœur sont réservés aux activités du séminaire.

Le décor des murs de la chapelle sont réalisés par M. Bernard de Luchon sous la direction de M. Perrin (supérieur de 1842 à 1869).

Le séminaire compte jusqu'à vers 1870. Grâce à ses succès universitaires, on le définit comme « une manufacture de bacheliers ». De lui sont sortis des sujets brillants : des cardinaux et des évêques, comme le cardinal Sourrieu, Dubreuil, Bélaval, Touzet ; des maréchaux de France et des officiers supérieurs, comme le maréchal Foch, le général Anglade ; des savants, comme Filhol et Estinès ; des artistes, comme Bouéry et Larrieu ; des archéologues comme Anthyme Saint-Paul., etc. La modicité de la pension et la très sérieuse formation qui était donnée permit à toutes les modestes familles du Comminges d'y faire étudier leurs fils. Le séminaire fournit au Comminges et à la France de nombreux prêtres, médecins, officiers, professeurs, magistrats, fonctionnaires.

En 1905, le Petit Séminaire de Polignan n'a plus que et restera en fonction jusqu'à la loi de séparation des Églises et de l'État en 1906.

Le bâtiment reste inoccupé pendant quelques années jusqu'à devenir hôpital militaire pendant la guerre de 1914, avant de devenir collège et lycée technique. Le séminaire répondait à un tel besoin qu'en 1912, un nouveau séminaire fut établi au nord de l'ancien sous la protection de Germain, archevêque de Toulouse.

Après la guerre, la chapelle est rouverte au culte et à la dévotion mariale.

Elle fut affectée au département de la Haute-Garonne, et reste encore aujourd'hui la propriété du Conseil départemental de la Haute-Garonne, situation rare pour un monument de ce type.

En 1930, un séminaire fut aménagé à l'hôtel de Lassus de Montréjeau grâce à l'aide du maréchal Foch (ancien élève du Petit Séminaire de Gourdan) et de la famille de Lassus. L'école prit le nom de Notre-Dame du Comminges et resta ouverte jusqu'en 1981.

Lors de la rénovation du lycée technique Paul Mathou par le Conseil Régional de Midi-Pyrénées dans les années 1990, l'extérieur de la chapelle avait aussi été remis en état.

La chapelle au Au début du , la chapelle n'est ouverte que quelques fois par an, pour des visites guidées ou pour les plus importantes fêtes mariales du calendrier liturgique catholique :

les Journées européennes du patrimoine ; la fête de la Nativité de Marie, célébrée le (lorsque le 8 coïncide avec le dimanche) ; la Solennité de la Sainte Marie Mère de Dieu, célébrée le .

Statue de Notre-Dame de Polignan Au début du a eu lieu un échange de la statue originale de Notre-Dame de Polignan avec une réplique. La statue originale se trouverait à Marssac-sur-Tarn chez la famille Greschny. Le , Nicolaï Greschny affirmait à M. Yves Marc, rédacteur au journal La Dépêche du Midi : « Voici l'original de Notre-Dame de Polignan, une magnifique Vierge noire du . Je l'ai achetée dans une vente aux enchères. Celle que l'on voit à la chapelle de Gourdan, n'est qu'une copie ».

À la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État, le retable, les bas-reliefs des frontispices, ainsi que la statue originale de Notre-Dame de Polignan furent enlevés et cachés pour échapper à la spoliation. Après ces moments difficiles, le retable fut remis en place mais non les bas-reliefs des frontispices ainsi que la statue originale de Notre-Dame de Polignan qui disparurent sans laisser de traces, une copie de la statue fut alors faite pour la remplacer.

Peinture sur les arcs gothiques de la voûte du chœur Les bas-reliefs des frontispices ayant disparu, le supérieur du séminaire fit peindre trois scènes de la vie de Marie sur les arcs gothiques de la voûte du chœur : la Pentecôte, le couronnement de la Vierge et les noces de Cana. Vers 1920, furent peints sur toute la voûte centrale des anges portant des phylactères avec les litanies de la Vierge Marie.

Description Extérieur Les dimensions de la chapelle sont de 20 mètres de longueur et de 17 mètres de largeur.

Au-dessus du portail de la chapelle, on peut voir deux pierres avec les inscriptions gravées suivantes :

La première pierre date de la reconstruction de la chapelle au XVIe siècle, deux croix entourent le monogramme IHS (abréviation de Jésus en grec), et le monogramme Marial composé des lettres A et M entrelacées, initiales de l’Ave Maria. La seconde pierre (de couleur différente) a été ajoutée au XVIIe siècle, on peut y lire un message en ancien français avec la date de 1613 : Ici est la maison de Dieu et la porte du ciel, les justes y entreront.

Sur la gauche sur portail, un visage souriant est gravé sur une pierre. Sur les vantaux en bois sont présentés en demi-relief : saint Jean l'évangéliste, la Vierge Marie avec l'enfant Jésus, un Christ "aux outrages" et saint Vincent patron de Gourdan.

Sont classés au titre objet des monuments historiques :

Les 2 vantaux en bois du portail datant du .

Intérieur La longueur de la nef principale est de 12 mètres, sa largeur est de 7 mètres.

Partie arrière Une croix en pierre datant de la construction de la chapelle était placée en haut du toit. Elle a été remplacée par un carillon dans les années 1950 pour sonner les angélus. Ce carillon a été offert par une habitante du village qui avait une grande dévotion pour Notre-Dame de Polignan, elle offrit cette cloche à condition qu'elle sonne les angélus. Le curé de Gourdan, l'abbé Bertrand Ricaud fait enlever la croix en pierre et mis à la place le campanile actuel. Lors de son installation, la cloche fut baptisée par l'archevêque de Toulouse Gabriel-Marie Garrone, en cette journée était organisée une fête.

Partie avant - La nef Les peintures des voûtes ont été faites par les frères Lasseran dans les années 1920.

Les peintures représentent des anges portant des phylactères des litanies de la Vierge Marie.

Les clés de voûte