Les Autochtones au Canada sont les premiers occupants du territoire qui constitue de nos jours le Canada et leurs descendants. Les fouilles archéologiques récentes démontrent des vestiges datant de . Parmi ces peuples, certains auraient rejoint le continent en traversant le détroit de Béring à partir de la Sibérie orientale en Asie pour se rendre en Alaska.
Le gouvernement du Canada reconnaît trois groupes d'Autochtones : les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Selon le recensement de 2021, il y aurait environ 1,8 million d'Autochtones au Canada, soit 5 % de la population totale du pays.. Parmi eux, 58 % sont membres des Premières Nations, 34,5 % sont métis et 3,9 % sont Inuits. En 2017, les Affaires autochtones et du Nord Canada reconnaissent environ au Canada.
Depuis la colonisation européenne des Amériques, de nombreux autochtones ont été victimes d'assimilation culturelle forcée avec l'interdiction de pratiquer leurs religions et leurs cultures traditionnelles ainsi que la séparation des familles et l'envoi forcé de leurs enfants dans des pensionnats pour autochtones.
De nos jours, ils ont des problèmes socio-économiques importants. Plusieurs vivent sous le seuil de pauvreté et ils sont surreprésentés au sein de la population carcérale du pays.
Leur reconquête d'identité face à la violence colonialiste est en émergence et soutenue par plusieurs groupes canadiens. Les peuples autochtones sont néanmoins encore victimes de racisme et de colonialisme[C'est-à-dire ?].
Histoire Paléolithique vignette|gauche|Une pointe de flèche de la période Clovis vignette|droite|Carte montrant chacune des trois phases de la première colonisation de l'Amérique
Selon les études archéologiques et génétiques, les Amériques ont été les derniers continents du monde à connaître une habitation humaine.. Durant la glaciation du Wisconsin, il y a à , le niveau de la mer baissant a permis aux humains de traverser la Béringie, un pont terrestre entre l'Alaska et la Sibérie orientale.. Puisque l'Alaska était dégagée de glace à cause des faibles précipitations de neige, une petite population a pu s'y établir. Cependant, l'inlandsis laurentidien couvrait la majeure partie du Canada, confinant ces nouveaux habitants nomades à l'Alaska pendant plusieurs milliers d'années..
Les suggèrent que les premiers habitants des Amériques partagent tous la même population ancestrale qui s'est développée en isolation, .... En combinant ses résultats avec les études archéologiques, on conjecture qu'il s'agit de la population de la Béringie qui a été isolée de à ... Il y a environ , les glaciers commencèrent à fondre, permettant ainsi aux humains de se déplacer vers le sud et l'est au Canada et plus loin en Amérique...
Les premiers habitants de l'Amérique du Nord arrivèrent au Canada il y a au moins , ., ... L'hypothèse la plus probable est que ces premiers habitants ont pénétré en Amérique en poursuivant des mammifères du Pléistocène tels que des castors géants, des bisons des steppes, des bœufs musqués, des mastodontes, des mammouths laineux et des caribous anciens.. Des recherches archéologiques au Yukon, dans une région qui n'a pas été touchée par les glaciations quaternaires, ont montré qu'il y a une présence humaine au Canada depuis environ ., ..
Ère précolombienne
Le climat en Amérique du Nord s'est stabilisé il y a environ pour ressembler aux conditions climatiques que l'on y retrouve de nos jours. Cela a permis les migrations et l'augmentation des populations humaines en Amérique, .. La grandeur et la variété des climats, de l'écologie, de la végétation, de la faune et des divisions des masses terrestres ont fait émerger des divisions culturelles et linguistiques parmi ses premiers habitants.
Le Nord-Ouest du territoire qui forme aujourd'hui le Canada était occupé par les peuples na-dénés à partir du millénaire . Ils sont les ancêtres des peuples de la famille des langues athapascanes. Les peuples Hurons-Wendats s'établirent dans le territoire qui forme de nos jours le Sud de l'Ontario le long de la vers le et millénaire , principalement entre le lac Simcoe et la baie Georgienne. À partir du et du millénaire , plusieurs différentes cultures amérindiennes se développèrent autour de la chasse aux bisons dans l'Ouest canadien. La côte ouest, à partir du au millénaire , a vu le développement de différentes cultures basées autour de la pêche au saumons. À la même époque, les Nuu-chah-nulth de l'île de Vancouver commencèrent à chasser les baleines..
Ère de la colonisation européenne
Assimilation forcée vignette|droite|Étudiants d'un pensionnat autochtone à Regina en Saskatchewan en 1908 Après la guerre de conquête par les Anglais au , le gouvernement du Canada encourageait l'assimilation des Autochtones à la « culture canadienne ».. Cette stratégie a atteint son point culminant à la fin du et au début du avec une série d'initiatives ayant pour but l'assimilation et la subjugation complètes des Autochtones. Ces politiques étaient rendues possibles grâce à des lois telles que l'Acte pour encourager la civilisation graduelle et la Loi sur les Indiens qui promouvaient des idéaux européens tels que le christianisme, la vie sédentaire, l'agriculture et l'éducation formelle. Bien que la christianisation des Autochtones au Canada ait commencé dès l'arrivée des premiers missionnaires chrétiens dans les années 1600, elle est devenue plus systématique sous le régime britannique avec l'adoption de la Loi sur les Indiens en 1876 qui introduisait de nouvelles sanctions pour ceux qui ne se convertissaient pas au christianisme. Par exemple, la législation empêchait les Autochtones qui ne sont pas chrétiens à pouvoir témoigner ou avoir une cause entendue dans une cour et ils ne pouvaient pas consommer d'alcool. Lors de l'amendement de la Loi sur les Indiens en 1884, des pratiques religieuses traditionnelles telles que le potlatch ont été interdites. D'autres amendements en 1920 interdisaient aux autochtones reconnus par la loi de porter des costumes traditionnels ou d'effectuer des danses traditionnelles dans le but de mettre fin à toutes les pratiques qui n'étaient pas chrétiennes, ..
Une autre stratégie du gouvernement canadien était de rendre les Autochtones sédentaires. Il croyait ainsi qu'ils seraient plus faciles à assimiler. Par exemple, au , le gouvernement a commencé à appuyer la création de village fermier modèle afin d'encourager les Autochtones à s'établir et à commencer à pratiquer l'agriculture. Cette stratégie se révéla être un échec.. Le gouvernement se tourna donc vers la création de réserves indiennes établies selon la Loi sur les Indiens de 1876. La création des réserves était accompagnée de lois restreignant les activités des Autochtones telles que l'interdiction des boissons alcooliques, des restrictions sur éligibilité au vote lors de l'élection des conseils de bande, la réduction de la taille des territoires de chasse et de pêche et l'interdiction d'Autochtones reconnus par la loi de visiter d'autres groupes autochtones sur leurs réservesLoi sur les Indiens, gouvernement du Canada..
Grâce à la Gradual Civilization Act de 1857, le gouvernement canadien encourageait les Amérindiens à s'affranchir, c'est-à-dire d'enlever toutes distinctions légales entre les Autochtones et les autres sujets canadiens. En s'affranchissant, un Autochtone ainsi que sa famille, perdait tout titre autochtone. L'intention était que les Autochtones deviennent ainsi « moins sauvages » et « plus civilisés », ..
La dernière stratégie du gouvernement pour assimiler les Autochtones était le système des pensionnats autochtones établi selon la Loi sur les Indiens. L'intention était que les enfants sortent ainsi de leurs communautés « sauvages » pour devenir des « citoyens civilisés », .. De 1847 à 1996, le gouvernement du Canada, en partenariat avec l'Église catholique, a opéré résidentielles à travers le pays pour les enfants autochtones qui étaient forcés de quitter leurs maisons.. En 2008, le Premier ministre Stephen Harper s'est officiellement excusé au nom du gouvernement du Canada et de ses citoyens pour les pensionnats autochtones.. Entre la fin du et 1996, ce sont plus de enfants autochtones qui ont été placés de force dans ces pensionnats religieux. La directrice de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada indique que « Plusieurs des enfants envoyés aux pensionnats étaient emmenés sans que leurs parents le sachent. Ils jouaient dehors, par exemple, et ils étaient enlevés puis envoyés aux pensionnats. Certains ne revenaient jamais ».
En outre, entre les années 1960 et 1980, enfants autochtones ont été enlevés de leur famille et placés dans des familles non autochtones dans le cadre de la rafle dite des « Sixties Scoop ».
Revendications accentuées et décolonisation progressive Durant le dernier quart du , les revendications autochtones deviennent plus visibles dans les médias allochtones. On retient par exemple les actions militantes de Mary Two-Axe Earley des années 1960 aux années 1980. Les films de la réalisatrice Alanis Obomsawin. La publication en 1976 du roman autobiographique de la cheffe innue An Antane Kapesh. Les résistances très médiatisées de la Crise d'Oka de 1990. De même, on note la dénonciation par les femmes autochtones de leur faible présence médiatique lors de la Marche Du pain et des roses en 1995.
Ce genre de revendications, qui peuvent être analysées comme tenant d'un mouvement de décolonisation, s'accentuent au et ont de nombreuses répercussions. Ainsi, en 2008, la Commission de vérité et réconciliation du Canada est mise en place. En 2012, le Mouvement Idle No More est lancé. En 2015, la table est mise pour que la juge en cheffe de la Cour suprême, Beverley McLachlin affirme publiquement que les politiques canadiennes des et siècles relatives aux peuples autochtones visaient à commettre un génocide culturel..
En 2021, les corps anonymes de centaines d'enfants autochtones sont retrouvés sur les sites d'anciens pensionnats catholiques du Canada. Cette découverte a pour effet d'indigner communément les majorités autochtones et allochtones et d'illustrer, aux yeux de plusieurs, la validité des dénonciations autochtones. Le 26 juillet 2021, Mary Simon est la première personne d'origine autochtone à occuper le poste de gouverneure générale du Canada.
La même année de nombreuses femmes autochtones accèdent à des postes de pouvoir au sein de leurs propres nations. Ainsi, Mandy Gull-Masty, Kahsennenhawe Sky-Deer et RoseAnne Archibald sont respectivement nommées à la tête de la nation crie, du Conseil mohawk de Kahnawake et de l'Assemblée des Premières Nations, ce qui préluderait à d'importants changements..
Groupes constitutionnels La constitution de 1982 divise les peuples autochtones au Canada en trois groupes : Premières Nations ou Indiens de l'Amérique du Nord, Inuit, Métis. Ces trois groupes sont reconnus par la Loi constitutionnelle de 1982..
Premières Nations vignette|droite|Un danseur durant le pow-wow de la nation odawa en 2014
Les Premières Nations sont les Autochtones prédominant en Amérique du Nord au sud de l'Arctique. Elles représentent 64 % de la population autochtone du Canada. Elles se répartissent en de langues et de cultures différentes. En 2017, il y a plus de et autres gouvernements des Premières Nations reconnus par Affaires autochtones et du Nord Canada à travers le pays. Environ la moitié de ceux-ci se trouvent en Colombie-Britannique et en Ontario.. La grande majorité des Premières Nations ont un territoire dont l'usage leur est réservé appelé « réserve indienne ». Cependant, de nos jours, la majorité des membres des Premières Nations vivent en milieu urbain et non pas sur une réserve..
Inuits vignette|droite|Traîneau traditionnel dans le village inuit de Kinngait