Jamal Jaafar Mohamad Ali al-Ibrahim, dit Abou Mehdi al-Mouhandis (, Abou Mehdi l'Ingénieur), né le à Bassorah et mort assassiné le à Bagdad, est un homme politique et un militaire irakien et iranien.
Biographie Guerre Iran-Irak Jamal Jaafar Mohamad Ali al-Ibrahim naît en 1954 à BassorahHala Kodmani, Abou Mehdi Al-Mouhandis, l'autre victime du raid contre Soleimani, Libération, 3 janvier 2020., d’un père irakien et d’une mère iranienne, tous les deux de confession chiite duodécimain.
Dans sa jeunesse, il devient ingénieur et rejoint le parti politique islamiste chiite Dawa. Il s'exile au Koweït en 1980, après l'interdiction de Dawa et d'autres partis religieux par Saddam Hussein.
Le , il aurait été impliqué dans des Géraud Bosman-Delzons, Al-Mouhandis, fidèle lieutenant du général Soleimani jusque dans la mort, RFI, 3 janvier 2020.. Il fuit le pays et est condamné à mort par contumace.
En 1987, il est nommé haut commandant au sein des brigades Badr, une milice islamiste chiite irakienne qui combat dans le camp iranien lors de la guerre Iran-IrakQui est Abou Mehdi al-Mouhandis, l’homme de l’Iran à Bagdad tué cette nuit par les Américains ?, Ouest-France avec AFP, 3 janvier 2020..
Conflits irakiens thumb|Qassem Soleimani et Abou Mehdi al-Mouhandis en 2017.
Abou Mehdi al-Mouhandis regagne l'Irak en 2003, après la chute de Saddam Hussein. Notoirement hostile aux Américains, il participe rapidement à la mise en place d'une nouvelle milice islamiste chiite pro-iranienne : les Kataeb HezbollahStanislas Poyet, Les Kataeb Hezbollah, la milice pro Iran qui combat les États-Unis en Irak, Le Figaro, 3 janvier 2020.. En 2005, il est brièvement député au Conseil des représentants. En 2009, al-Mouhandis et les Kataeb Hezbollah sont officiellement classés comme par les États-Unis, qui les accusent de trafic d’armes, d'attentats contre des ambassades occidentales et de tentatives d'assassinat. À cette période, al-Mouhandis obtient également la nationalité iranienne.
En 2012, les Kataeb Hezbollah interviennent dans la guerre civile syrienne où elles combattent pour défendre le régime de Bachar el-Assad.
En 2014, lors de la seconde guerre civile irakienne, les milices chiites se rassemblent au sein des Hachd al-Chaabi afin de combattre l'État islamiqueIrak: le Hachd al-Chaabi, supplétif crucial mais parfois encombrant, AFP, 25 octobre 2017.. Abou Mehdi al-Mouhandis en devient le numéro 2, derrière Faleh al-Fayadh, conseiller à la sécurité nationale, mais il est considéré comme le véritable chef et homme fort du Hachd. En juillet, al-Mouhandis proclame son allégeance à Qassem Soleimani, le commandant en chef de la Force Al-Qods, les forces spéciales du Corps des Gardiens de la révolution islamique.
Selon Phillip Smyth, spécialiste des groupes chiites armés, Abou Mehdi al-Mouhandis . Pour Michael Knights, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, Abou Mehdi al-Mouhandis est des gardiens de la révolution en Irak, il est et il a .
Mort
Le , 36 roquettes s'abattent sur la base K1 à Kirkouk, où sont présents des militaires américains. Un sous-traitant américain est tué dans l'attaque. Le , les États-Unis ripostent en bombardant cinq sites tenus par les Kataeb Hezbollah, dont trois dans l'ouest de l'Irak et deux dans l'est de la Syrie, tuant au moins 25 combattants de la milice et faisant 51 blessésHélène Sallon, Risque d’escalade entre les Etats-Unis et les milices chiites en Irak, Le Monde, 30 décembre 2019.Irak : les représailles américaines font 19 morts, Le Point avec AFP, 30 décembre 2019.Frédéric Autran, Irak : derrière les frappes américaines, l’ombre du conflit avec l’Iran, Libération, 30 décembre 2019.. Abou Mehdi al-Mouhandis promet alors des représailles. Le , al-Mouhandis fait une dernière apparition publique au sein du cortège funèbre qui s'en prend ensuite à l'ambassade des États-Unis à Bagdad: des milliers de miliciens et de partisans des Kataeb Hezbollah pénètrent dans l'enceinte de l'ambassade américaine« Mort à l’Amérique » : des manifestants attaquent l’ambassade américaine à Bagdad après des raids, Le Monde avec AFP et Reuters, 31 décembre 2019.. Le , le président américain Donald Trump menace l'Iran, affirmant tenir ce pays comme étant pleinement responsable des précédentes attaquesAprès l'attaque de l'ambassade des États-Unis à Bagdad, Donald Trump menace l'Iran, L'Express avec AFP, janvier 2020..
Le , Abou Mehdi al-Mouhandis se rend à l'aéroport international de Bagdad pour accueillir le général iranien Qassem Soleimani. Les deux hommes et plusieurs miliciens trouvent la mort dans la frappe ciblée d'un drone américain.
Le , des dizaines de milliers de personnes, dont le Premier ministre Adel Abdel-Mehdi et des chefs du Hachd, participent à ses obsèques.. Le 5, sa dépouille est portée au mausolée de l'imam Ali à Nadjaf en présence d'une immense fouleIrak : ferveur aux funérailles du chef paramilitaire al-Mouhandis, Le Figaro, 5 janvier 2020.. Le , décrété jour férié, des millions d’Iraniens manifestent dans différentes villes du paysMarée humaine dans les rues de Téhéran pour un dernier hommage au général Soleimani, Le Monde, 6 janvier 2020.
Références
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