L'action des entreprises sur le réchauffement climatique comprend un éventail d'activités liées au réchauffement climatique et l'influence des entreprises sur les décisions politiques concernant la réglementation, comme le protocole de Kyoto ou l'accord de Paris. Les grandes multinationales ont joué et, dans une certaine mesure, continuent de jouer un rôle important dans la politique climatique, en particulier aux États-Unis, par leur lobbying auprès du gouvernement et par le financement des négateurs du réchauffement climatique. Les entreprises jouent également un rôle clé dans l'atténuation du réchauffement climatique, en investissant dans la recherche et la mise en œuvre de nouvelles énergies et de mesures d'efficacité énergétique.

Historique aux États-Unis

Lobbying contre la réglementation Aux États-Unis, en 1989, les industries pétrolières et automobiles et la National Association of Manufacturers ont créé la Global Climate Coalition (GCC) pour s'opposer aux mesures de lutte contre le réchauffement climatique. En 1997, l'industrie finance un spot publicitaire de de dollars à l'approche du vote du Sénat américain qui adopte alors à une écrasante majorité une résolution contre la ratification du protocole de Kyoto .

En 1998, le New York Time publie une note de l'American Petroleum Institute (API) décrivant une stratégie visant à faire de "Industrial Group Plans to Battle Climate Treaty", The New York Times, March 26, 1998. Accessed 26 June 2018. Also available here and here La note a été comparée à une note de la fin des années 60 de la compagnie de tabac Brown and Williamson, qui expliquait:

L'ancien économiste de la Banque mondiale, Herman Daly, suggère que le néolibéralisme et la mondialisation provoquent . Cet environnement économique contemporain permet aux entreprises hostiles à l'action contre le réchauffement climatique de délocaliser leurs activités dans des États qui ont moins de réglementations basées sur le climat.

Néanmoins, depuis 1989, certaines sociétés pétrolières et automobiles auparavant négatrices, comme Royal Dutch Shell, Texaco et BP, ainsi que Ford, General Motors et DaimlerChrysler, ont changé de position à mesure que le consensus politique et scientifique grandissait, avec la création du protocole de Kyoto et la publication des différents rapports du GIEC. Certains d'entre eux se sont joints au Center for Climate and Energy Solutions (anciennement le Pew Center on Global Climate Change), une organisation à but non lucratif visant à soutenir les efforts de lutte contre le changement climatique mondial.

Coalition mondiale pour le climat La Global Climate Coalition (1989-2002) regroupe des entreprises principalement américaines qui s'opposent à une action immédiate pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle finance des voix négationnistes parmi la communauté scientifique et combat le protocole de KyotoRevkin, Andrew C. Industry Ignored Its Scientists on Climate, The New York Times. April 23, 2009..

En 2000, ces entreprises deviennent la cible d'une campagne nationale de désinvestissement avec l'organisation Ozone Action et commencent à quitter la coalition qui se dissout en 2002.

Prise de conscience Depuis 2000, le Carbon Disclosure Project travaille avec de grandes entreprises et des investisseurs et publie les émissions des plus grandes entreprises. En 2007, le CDP a publié les émissions de 2400 grandes sociétés. Les investisseurs institutionnels impliqués gèraient 41 billons de dollars d'actifs combinés.

Le World Business Council for Sustainable Development, une association de 200 multinationales, a appelé en 2007 les gouvernements à se mettre d'accord sur des objectifs mondiaux et suggère qu'il est nécessaire de réduire les émissions de 60 à 80% par rapport aux niveaux actuels d'ici 2050.

En 2017, après l'élection de Donald Trump, une partie du monde des affaires manifeste son soutien à l'accord de Paris. Au moment où celui-ci annonce son intention de quitter l'accord de Paris, 125 villes, 9 États, 902 entreprises et investisseurs, et 183 universités américaines forment We Are Still In pour assurer les engagements des États-Unis en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre .

Partenariat américain pour l'action climatique Le US Climate Action Partnership (USCAP) est formé en dans le but principal d'influencer une réglementation visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les premiers membres sont General Electric, Alcoa, Natural Resources Defence Council, etc., et ils sont rejoints en par ConocoPhilips et AIG.

Industrie de l'énergie

ExxonMobil ExxonMobil a fourni un financement substantiel à une série d'organisations négatrices du réchauffement climatique. Mother Jones dénombre 40 organisations financées par ExxonMobil qui ont cherché à saper les principales découvertes scientifiques sur le changement climatique mondial ou ont entretenu des liens avec un petit groupe de scientifiques climatosceptiques. Entre 2000 et 2003, ces organisations ont reçu plus de 8 millions de dollars de financement.

ExxonMobil influence la politique énergétique de l'administration Bush, y compris sur le protocole de Kyoto grâce à 55 millions de dollars dépensés en lobbying depuis 1999 et à des contacts directs entre l'entreprise et les principaux politiciens. C'était un membre éminent de la Global Climate Coalition. Il a également investi 100 millions de dollars dans le Projet mondial sur le climat et l'énergie, avec l'université Stanford, et d'autres programmes dans des institutions telles que le Massachusetts Institute of Technology, l'université Carnegie-Mellon et le Programme de recherche et de développement sur les gaz à effet de serre de l'Agence internationale de l'énergie.

Certaines activités d'Exxon sur le changement climatique ont suscité de vives critiques de la part de groupes environnementaux, notamment des réactions telles qu'un dépliant produit par la campagne Stop Esso, disant "N'achetez pas E $$ o", et mettant en vedette une main de tigre mettant le feu à la Terre. Les émissions de dioxyde de carbone de l'entreprise en 2004 sont supérieures de plus de 50% à celles de son rival britannique BP, bien que la production de pétrole et de gaz de la firme américaine ne soit que légèrement supérieure.

Selon une étude réalisée en 2004 à la demande des Amis de la Terre, ExxonMobil et ses prédécesseurs ont causé de 4,7 à 5,3% des émissions mondiales de dioxyde de carbone d'origine humaine entre 1882 et 2002. Ces études pourraient constituer la base d'une éventuelle action en justice .

BP

BP a été membre de la Global Climate Coalition, qu'elle a quitté en 1997 et a déclaré que le réchauffement climatique était un problème qui devait être résolu, bien qu'il se soit ultérieurement joint à d'autres pour faire pression sur le gouvernement australien pour qu'il ne signe pas le protocole de Kyoto à moins que les États-Unis ne le fassent. En 2005, BP envisageait de tester la séquestration du carbone dans l'un de ses gisements de pétrole en mer du Nord, en y injectant du dioxyde de carbone (et en augmentant ainsi les rendements).

La division américaine de BP est membre du .

En , BP annonce son retrait de trois groupements industriels américains l'American Fuel and Petrochemical Manufacturers (AFPM), la Western States Petroleum Association et la Western Energy Alliance en raison de divergences sur le réchauffement climatique.

Koch Industries Entre 1997 et 2008, Koch Industries a fait don de près de 48 millions de dollars à des groupes d'opposition au climat. Selon Greenpeace, Koch Industries est la principale source de financement du climatosceptiscisme.

Autres American Electric Power, présenté par l'activiste Bill McKibben comme , a déclaré en 2005 que les objectifs de réduction du carbone . La société s'est plainte que «les incertitudes sur le coût du carbone» rendaient très difficile la prise de décisions concernant l'investissement en capital.

En , l’entreprise Teck Resources annonce qu’elle abandonne son méga-projet d’exploitation des sables bitumineux Frontier, dans le nord de l’Alberta, au Canada. Son président explique qu'un débat à propos du réchauffement climatique et du rôle que le Canada doit jouer pour y faire face doit avoir lieu. Pour lui, les investissements risquent de se faire rares si le Canada n'a pas une position claire par rapport à son développement économique.

Transport Une grande partie des émissions de dioxyde de carbone est due au transport. Plusieurs sociétés développent des versions électriques pour les automobiles, les scooters ou les vélos.

Le transport rapide automatisé applique les principes d'ingénierie des systèmes pour réduire la consommation d'énergie, éliminer les embouteillages et produire un substitut acceptable pour remplacer les voitures. L'ULTra d'Advanced Transportation Systems, par exemple, est opérationnel depuis 2011 à l'aéroport d'Heathrow.

Secteur de l'assurance En 2004, Swiss Re, deuxième société mondiale de réassurance, a prévenu que les coûts économiques des catastrophes liées au climat menaçaient d'atteindre 150 milliards de dollars par an en dix ans.

En 2006, Lloyd's of London a publié un rapport mettant en évidence les dernières avancées scientifiques et les implications pour le secteur de l'assurance .

Swiss Re a déclaré que si les communautés côtières de quatre États de la côte du Golfe choisissaient de ne pas mettre en œuvre de stratégies d'adaptation, elles pourraient voir les dommages annuels liés au changement climatique bondir de 65 % par an pour atteindre 23 milliards de dollars d'ici 2030. , a déclaré Mark D. Way, responsable du développement durable de Swiss Re pour les Amériques US Gulf Coast could face average annual losses of up to US$23 billion by 2030 and cumulative economic damages of $350 billion from climate risks, says Swiss Re research; 20 October 2010A City Prepares for a Warm Long-Term Forecast in The New York Times May 2011.

Médias

Gestion financière Lors du Forum économique mondial de Davos en 2020, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, explique que les banques centrales doivent montrer la voie et modéliser le coûts des modifications environnementales et de leur atténuation. Banques, comptables, entreprises et agences de notation doivent s'éloigner des prévisions trimestrielles et moyen terme et commencer à penser sur un horizon de 30 ans. Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor des États-Unis, rejette cette idée au nom des incertitudes et des futur gains technologiques possibles .

Jim Cramer, dans MadMoney sur CNBC, déclare que les combustibles fossiles sont maintenant finis, c'est le même phénomène que le tabac, et les désinvestissements sont en cours. Certains stocks de combustibles fossiles présentent des opportunités d'achat intéressantes, mais le désir des gestionnaires et des fonds d'éviter le secteur du fait des exigences des jeunes activistes du climat l'incite à se tenir à l'écart.

Pour David Fickling, les marchés d'actions restent dominés par la prise de risque et la recherche de gains rapides. Mais les énergies fossiles étant une industrie intensive en capital, il s'agit d'emprunts qui sont influencés par une grande prudence. Les investisseurs publics représentent déjà 77 % du financement des centrales au charbon en Asie, d'après Fitch.