La tentative de coup d'État de 1962 au Ceylan (également connue sous le nom de coup d'État des colonels) était un coup d'État militaire manqué à Ceylan (Sri Lanka). Un groupe d'officiers chrétiens de l'armée et de la police prévoyait de renverser le gouvernement du Premier ministre Sirimavo Bandaranaike dans la nuit du . Ce coup fut organisé par le colonel (commandant adjoint de la ), le colonel , (commandant de la Ceylon Volunteer Force), le contre-amiral (ancien capitaine de la Royal Ceylon Navy), (Inspecteur Général adjoint de la police (DIG)), (Inspecteur Général adjoint de la policeà la retraite) et (directeur adjoint de l'aménagement du territoire). Il devait avoir lieu dans la nuit du , mais fut finalement annulé : le gouvernement obtint des informations dans l'après-midi et procéda à l'arrestation des présumés chefs du complot. Ces arrestations visèrent notamment des dirigeants clés.

Plus tard, il fut révélé que le coup d'État avait le soutien de plusieurs anciens hommes d'État J R Jayawardene of Sri Lanka. A Political Biography Volume II: From 1956 to His Retirement by de Silva, K M; Wriggins, Howard, pp.114-116 (Leo Cooper) et mit en évidence le conflit entre les élites anciennes et nouvelles au Sri Lanka après son accession à l'indépendance.

Contexte Ceylan était devenu indépendant de la Grande-Bretagne en 1948. Cet événement fut notamment marqué par son changement de nom, le Ceylan devenant le Dominion de Ceylan, pour souligner le début de l'autonomie obtenu par la population locale. Cependant, une grande partie de la direction politique, gouvernementale et militaire du pays fut transférée des Britanniques à l'élite chrétienne ceylanaise, qui accéda à des postes de pouvoir en grande partie en raison de son éducation et de sa religion. Une conséquence directe était que toutes les hautes fonctions de l'État étaient détenues par ces élites de facto.

En 1956, Solomon Bandaranaike, un anglican qui s'était converti au bouddhisme, fut élu à l'issue d'un mouvement nationaliste au sein duquel il recueillit le soutien de la majorité bouddhiste cinghalaise du pays. Cette dernière était considérée comme défavorisée par rapport à la minorité chrétienne. Comme promis lors des élections, Bandaranaike a commencé une rapide de toutes les parties du gouvernement. Cette promesse aboutit à l'adoption du controversé Sinhala Only Act, qui remplaçait la langue officielle, alors l'anglais, par le cingalais. Dans le même temps, il supprima la dernière des bases militaires britanniques à Ceylan et fit évoluer la nation vers une forme d'économie socialisteThe RAF and RCyAF - A parting of the ways.

Avant ces changements, le corps des officiers de l'armée était composé aux trois cinquièmes de chrétiens, d'un cinquième de tamouls et d'un dernier cinquième de burghers. Bandaranaike s'efforça d'équilibrer ces proportions en augmentant le nombre d'officiers bouddhistes cinghalais. Après avoir envoyé à la retraite l'|inspecteur général de la police (IGP) pour avoir refusé d'exécuter ses ordres parce qu'il les considérait illégaux, Bandaranaike nomma un fonctionnaire bouddhiste, , du Department of Settlement Lands (département du logement), à la place de trois autres officiers supérieurs de la police qui étaient chrétiens. Cette promotion provoqua beaucoup de ressentiment parmi les officiers supérieurs de la police, qui s'y opposèrent avec la menace de leur démission, menaces qui furent par la suite retirées.

En 1959, Bandaranaike fut assassiné, ce qui entraîna une période de troubles politiques. Sa veuve, Sirima Bandaranaike, devint la chef de son parti politique et obtint la majorité au Parlement, devenant ainsi la première femme Premier ministre au monde en 1960. Elle poursuivit la politique de son mari, avec et comme proches conseillers.

En 1961, le ressentiment s'accumulait chez les chrétiens qui estimaient être systématiquement écartés des postes à responsabilité. Le régime semblait cibler les communautés minoritaires en prenant le contrôle et en renommant les écoles catholiques, alors que dans le même temps certaines des écoles anglicanes élitistes ne subissaient pas le même sortCatholics Protest Ceylon Plan To Take Over Church Schools, The Blade (Toledo Blade), Accessed 05-09-2015Coup Theories and Officers' Motives: Sri Lanka in Comparative Perspective, Donald L. Horowitz, p.133 (Princeton Legacy Library) When the 'nobodies' made their mark Sunday Times Retrieved 05 October 2015. A ce stade, de nombreux chrétiens quittaient Ceylan pour majoritairement rejoindre le Royaume-Uni. L'économie du pays se dégrada : le coût de la vie augmenta et le chômage aussi.

Le coup d'État militaire du général Ayub Khan au Pakistan inspira alors un groupe d'officiers désenchantés.

En , le Parti fédéral lança un Satyagraha (mouvement de protestation pacifique tel que ceux que Gandhi mena) contre la politique linguistique du gouvernement. Le gouvernement répondit par l'envoi d'unités de l'armée dans le district de Jaffna et déclara l'état d'urgence en utilisant le Public Security Act (loi sur la sécurité publique). Plusieurs dirigeants tamouls furent arrêtés en vertu de l'état d'urgence et le Satyagraha s'arrêta. L'état d'urgence resta en place jusqu'en . Il permit au gouvernement de conserver des unités de volontaires (réservistes) mobilisées et d'utiliser ces unités pendant les grèves syndicales et les troubles civils. En 1961, les unités de volontaires furent placées en congé obligatoire non payé, ce qui réduisit les dépenses de l'état tout en maintenant ces unités plus rapidement rappelable en cas de mobilisation. En , Felix Dias Bandaranaike, secrétaire parlementaire du ministre des Affaires extérieures, donna l'ordre aux commandants des services de se préparer à une série de grèves et d'émeutes provenant de la gauche et des syndicats. Effectivement, le gouvernement retarda les augmentations salariales sur la base de deux rapports concernant les ports et la fonction publique. S'ensuivirent plusieurs grèves des travailleurs portuaires et du Ceylon Transport Board (service de bus Sri Lankais) en novembre et , suivies d'une grève générale. La Force Volontaire de Ceylan fut déployée et rétablit une grande partie des services. Le , le Dr déclara au Parlement que Felix Dias Bandaranaike prenait des dispositions pour gouverner le pays avec l'armée et la marine. Cette idée fut poursuivie le d'une déclaration de : selon lui, la tournure des événements était favorable à la création d'un régime militaire permanent sur l'île. Le , Wijeyananda Dahanayake affirmait dans une déclaration que quelqu'un au sein du gouvernement se préparait à mettre en place une dictature militaire.

Événements

27 janvier 1962 Les premiers signes d'une menace de renversement du gouvernement apparurent le samedi . Ce jour, l'Inspecteur général de la police Walter Abeykoon, qui se trouvait au pont du Club de l'Orient, reçut la visite de . Ce dernier s'était rué à Colombo depuis Ambalangoda après avoir reçu un appel sa fille Maya.

Tôt ce jour-là, le gendre de Kularatne, , alors surintendant de la police (SP) à Colombo et responsable de la police de la ville, s'était promené le matin à Galle Face Green avec , l'inspecteur général adjoint de police. Dissanayake profita de cette promenade pour approcher Senanayake et demander son aide dans le cadre d'une opération secrète qui devait avoir lieu cette nuit-là. En tant que chef de la police de Colombo, sa coopération était vitale pour la réussite de l'opération.

De retour chez lui, Senanayake était inquiet et confia à son épouse Maya Senanayake les détails qui lui avaient été communiqués par Dissanayake. Immédiatement, Maya Senanayake appela son père Kularatne, qui était député et fondateur du Sri Lanka Freedom Party. Kularatne partagea avec Abeykoon toutes les informations qu'il avait. Abeykoon appela et informa le chef du Département des enquêtes criminelles et retourna à son jeu de bridge.

S.A. Dissanayake était Inspecteur Général adjoint de la police (Département d'investigations criminelles) et frère jumeau de Cyril Dissanayake. À l'époque, le Département d'investigations criminelles était chargé de tâches afférentes à la sécurité intérieure. S.A. Dissanayake comprenant la gravité de la situation, en discuta avec , surintendant de la police au Département d'investigations criminelles. En raison de la nature de la menace et ne connaissant pas l'étendue du complot, tous deux décidèrent d'en référer à Felix Dias Bandaranaike. Felix Dias était le ministre des Finances et le secrétaire parlementaire de la Défense et des Affaires extérieures. Neveu du Premier ministre, il était à l'époque son principal conseiller. Les agents du Département d'investigations criminelles s'entretinrent avec le ministre à son domicile à 19h00, et les policiers donnèrent au ministre l'ensemble des informations portées à leur connaissance. Felix Dias Bandaranaike voulut agir rapidement pour arrêter le coup d'État potentiel et rejoignit la résidence officielle du Premier ministre, Temple Trees avec les deux officiers.

L'information fut un choc pour le Premier ministre. Sous la direction de Felix Dias Bandaranaike, tous les commandants de service, le général de division , le commodore , le commodore de l'air et l'inspecteur général de la police M.F.W. Abeykoon furent conviés à Temple Trees pour une réunion d'urgence.

Stanley Senanayake fut également convoqué à Temple Trees et fut interrogé par Felix Dias Bandaranaike et des agents du Département d'investigations criminelles pour qu'il leur révèle tout ce qu'il savait. Une liste des membres potentiels du coup d'État fut dressée et Felix Dias Bandaranaike convoqua à Temple Trees tous les officiers subalternes de la police et de l'armée qui étaient sous les ordres des chefs du coup d'État. Ils y furent interrogés personnellement par Felix Dias Bandaranaike et le Département d'investigations criminelles. Il fut révélé que le volet militaire du coup d'État était dirigé par le colonel Fredrick C. de Saram (cousin de S.W.R.D. Bandaranaike) et par le colonel , commandant de la Force des volontaires. Côté police, le complot était mené par l'Inspecteur Général adjoint de la police et (Inspecteur Général adjoint de la police à la retraite) était responsable de la coordination entre les services. Le coup d'État avait été planifié par de la fonction publique de Ceylan et soutenu par le contre-amiral ], récemment capitaine de la marine à la retraite et frère du colonel Maurice de Mel. Le coup d'État devait être exécuté par des troupes du 3e régiment d'artillerie de campagne et du 2e régiment antiaérien volontaire de l'artillerie de Ceylan (l'implication de la quasi-totalité du corps d'officiers de ces régiments fut ensuite démontrée), le 2e régiment de terrain, les Ceylon Engineers (corps d'ingénieurs de Ceylan), le 2e Régiment de transmissions des volontaires, le corps de transmission de Ceylan, ainsi que les voitures blindées de la troupe Sabre du corps blindé de Ceylan.

Le capitaine Nimal Jayakody et le capitaine Tony Anghie du 3ème régiment d'artillerie de Ceylon étaient membres du premier groupe d'élèves officiers de l'armée de Ceylan et avaient été formés à la Royal Military Academy SandhurstAnother reunion.