La famille d'Averhoult (ou d'Avroult, Averhoud, Averoult…) est une famille éteinte de la noblesse d'Artois dont les premiers membres sont à l'origine des marchands du nom Le Wale, établis à Saint-Omer, où ils font partie du magistrat de la ville. Après avoir reçu par alliance la seigneurie d'Avroult au , la famille en porta le nom.

On retrouve ses membres au service des rois de France, des ducs de Bourgogne, des empereurs d'Autriche et des ducs de Lorraine, dans l'Église et dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'un d'eux périt à la bataille d'Azincourt en 1415.

Histoire Origine contestée Selon un mémoire cité par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, la famille remonterait à un Charles de Bretagne, dit le Grand, duc de Bretagne marié en 1192 à la fille de Helduin, comte de Roucy et qui aurait eu trois fils dont Jean, duc de Bretagne après son père et un autre Jean, dit de Bretagne, premier seigneur d'Averhoult, marié à une fille du seigneur de RethelFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, tome 2, 1863, pages 109-116..

Toutefois, ni ce Charles de Bretagne dit le Grand, ni ses deux fils Jean, n'apparaissent dans la liste des ducs de Bretagne, et cette origine n'a pas été confirmée par d'autres historiens. Dans la généalogie de la famille dressée par d'Hozier en 1670, celui-ci parle de cette origine bretonne comme d'une tradition de famille recueillie par les hérauts des Pays-Bas, mais sans aucun fondement ou du moins sans aucune preuveRené marquis de Belleval, Azincourt, volume 5, J.-B. Dumoulin, 1865, page 138..

Pour expliquer la présence de l'hermine dans les armes de la famille d'Averhoult, une source affirme qu'un d'Averoult aurait épousé une fille d'un duc de Bretagne, mais sans en apporter la preuveBulletin du Comité flamand de France, 1906, p. 484, lire en ligne..

Origine établie Selon l'historien Alain Derville, les d'Averhoult sont à l'origine des marchands, s'appelant Le Wale, établis à Saint-Omer, ayant suivi un parcours classique pour l'époque en devenant vers 1300 chevaliers et seigneurs d'Avroult. Ils vont en prendre le nom au fil du tempsAlain Derville, « Pots-de-vin, cadeaux, racket, patronage : essai sur les mécanismes de décision dans l'État bourguignon », dans Revue du Nord, Année 1974, , p. 361.. Vers 1320, le chef de la famille d'Avroult est Monseigneur Nicole le Wale, († 1363), chevalier, sire d'Avroult, lequel, dans d'autres textes, se dénomme Nicole d'AvroultFrançois-Joseph Robert, , p. 9.. Il est bourgeois, échevin des francs alleux à Saint-OmerBulletin historique trimestriel de la Société des antiquaires de la Morinie, Années 1938-1945, cité dans la bibliographie, p. 117..

La famille d'Averhoult a possédé la seigneurie d'Avroult du au . À la fin du , le domaine est devenu l'apanage des puînés de la maison de Licques.

L'orthographe des membres de la famille d'Averhoult varie selon les époques, les auteurs et les localisations des ressortissants de la lignée : souvent dits d'Avroult pour la branche aînée restée en Artois, le nom devient plus systématiquement d'Averhoult chez ceux établis en Champagne Ardennes.

Les d'Averhoult d'origine font partie du magistrat (instances dirigeantes) de la ville de Saint-OmerM. Prevost, cité dans la bibliographie., plusieurs d'entre eux sont bourgeois de Saint-Omer, échevins, mayeur (équivalent de maire), juré, aux . La famille a fondé dans l'église Saint-Denis de Saint-Omer la chapelle de la sainte famille, également dénommée chapelle d'AvroultFrançois-Joseph Robert, cité dans la bibliographie, .. Au , un descendant, Philippe François, prince de Rubempré, en finance la rénovationFrançois-Joseph Robert, cité dans la bibliographie, .. Les vitrages et pierres sépulcrales étaient alors aux armes de la maison d'Avroult.

Un descendant meurt à la bataille d'Azincourt en 1415.

Des d'Averhoult sont retrouvés au service des rois de France, des ducs de Bourgogne, des Habsbourg, des ducs de Bouillon, des ducs de Lorraine.

Des membres de la famille occupent des fonctions de dignitaires d'Église : abbés, abbesses, prieurs, chevalier de malte (ordre de Saint-Jean de Jérusalem)…

Les d'Averhoult se répartissent dans différentes provinces de la France d'Ancien Régime.

La branche la plus importante prospère en Champagne, incluant l'ancienne région Champagne-Ardenne. Certains d'entre eux se convertissent au protestantisme ce qui les amènera à quitter la France après la révocation de l'édit de Nantes. Ils sont retrouvés jusqu'aux Pays-Bas à la fin du où ils se mettent au service des Provinces Unies, puissance alors hostile à la France. En revanche, on retrouve un arrière-petit-fils, Jean Antoine d'Averhoult, revenu en France au moment de la Révolution française, député puis président de l'Assemblée nationale législative.

La généalogie de la famille a été dressée en vue d'obtenir les preuves de noblesse devant l'intendant de Champagne et certifiée véritable par Antoine-Louis Lefebvre de Caumartin, intendant de Flandre, le , par Louis Pierre d'Hozier le , et légalisée par les prévôts des marchands et échevins de Paris et par l'ambassadeur de Hollande les 13 et .

La famille d'Averhoult s'est éteinte à la fin du Henry de Woelmont, Notices généalogiques, volume 2, 1923, page 29..

Branches Branche aînée La branche d'Artois, souche de la famille, demeure la branche aînée.

Du , plusieurs seigneurs d'Avroult, également échevins ou mayeurs de Saint-Omer, sont inhumés dans un des caveaux de l'église Saint-Denis de Saint-OmerFrançois-Joseph Robert, cité dans la bibliographie, p. 12..

La famille se met au service des ducs de Bourgogne, puis des Habsbourg, assurant notamment la fonction de gouverneur de Saint-Omer et de Hesdin. Cette branche s’éteint à la fin du ], ..

Branche de Champagne-Ardennes Ce rameau est fondé au . Plusieurs membres de la famille se convertissent au protestantisme.

Au , la branche de Champagne fait ses preuves de noblesse devant Louis-François Le Fèvre de Caumartin, intendant de Champagne.

Des descendants de cette branche sont encore mentionnés au .

Branche de Normandie Également fondée au , cette branche demeure au dans la généralité de Rouen. Connus sous le nom des seigneurs de Montaine et Crosmesnil, des descendants ont été maintenus dans la noblesse le .

Branche des Pays-Bas Cette branche est fondée à la fin du . Elle provient de la décision d'Anne Didier, veuve de Jean VI d'Averhoult, fils de Jean V et de Madeleine de Boham, de gagner cette région en 1691 avec ses quatre enfants en bas âge pour pouvoir observer la religion réformée (calviniste) qu'elle avait embrassée, au prix de l'abandon des biens de ses enfants.

Un descendant de cette branche, Jean Antoine d'Averhoult (Utrecht 1756-Sedan 1792) revenu en France au moment de la Révolution française, est élu député à l'Assemblée nationale législative et président de cette assemblée. Il meurt dernier de son nom.

Armes La famille d'Averhoult a pour armes « D'or à trois fasces de sable, au franc-canton d'hermines avec différentes variantes, comme « D'or et de sable de six pièces au canton d'hermines dont la bordure est engrêlée de gueuleFrançois-Joseph Robert, cité dans la bibliographie, p. 10. » ou encore « D'or à trois fasces de sable, au franc-canton d'hermines à la bordure engrêlée de gueules ». La commune d'Avroult, fief initial de la lignée, a repris ces dernières armes par délibération datant de 1995. Les armoiries de cette famille sont également retrouvées dans celles de l'ancienne commune d'Inghem, inspirée d'un de ses seigneurs et bienfaiteurs, membre du lignage.

Personnalités Branche aînée

David d'Avroult, seigneur d'Averhoult, (Avroult), et d'Helfaut du fait de son épouse Isabeau de Saint-Omer (maison de Saint-Omer), est échevin de Saint-Omer vers 1270François-Joseph Robert, cité dans la bibliographie, p. 8.. Il est le premier représentant avéré de la famille. Nicolas d'Avroult, ou Nicole Le Wale, mort en 1363, et son épouse, décédée en 1366, possédaient leur pierre tombale dans l'église Saint-Denis de Saint-Omer dans la chapelle Saint-JacquesA. Dusautoir, cité dans la bibliographie, p. 23. devenue par la suite la chapelle de la sainte famille ou chapelle d'Avroult et finalement du RosaireA. Dusautoir, , p. 72.. En 1367 et 1377, David II d'Avroult († 1380), fait partie du magistrat de Saint-Omer. Écuyer du roi, il est échevin et un des dix jurés de la ville. Il a épousé Marie de Neveline. La pierre tombale du couple, une grande pierre bleue de la fin du , se situait dans la chapelle Saint-Jacques de l'église Saint-Denis. En 1912, elle avait été disposée dans le dallage sous le porche de l'église, ou encastrée dans le mur septentrional. Guillaume d'Avroult, écuyer, fils de David et d'Isabeau de Saint-Omer, seigneur d'Avroult, d'Helfaut, et de Morquines (Marquion), échevin de Saint-Omer en 1384, se marie avec Marguerite de Crésecques. En 1407, il donne à l'église Saint-Denis de Saint-Omer une rente annuelle de trente livres foncières puis dix livres en supplément pour que soient célébrées des messes en sa mémoire. Cette donation initiale sera complétée par la suite pour que se tienne une cérémonie le jour de l'anniversaire de son décès (il meurt un ). À encore lieu par la suite une donation supplémentaire de quinze livres de rente sur deux maisons pour honorer la mémoire de son fils Guillaume. Une inscription dans l'église rappelle ces intentionsFrançois-Joseph Robert, , p. 13.. Jean d'Avroult, (†1409), chevalier, seigneur d'Avroult, Helfaut, Guillaucourt, est échanson du duc de Bourgogne. Avec son épouse Jeanne de Cercus (Sercus?), décédée en 1412, ils ont offert un triptyque, portant leurs armes, représentant une descente de croix, placée dans la chapelle Saint-Jacques. Aléaume d'Avroult, en tant qu'échevin, est signataire de plusieurs chartes (keures) en 1412 à Saint-Omer. Il a pris pour épouse en 1412 ou 1413 Mahaut de Fiennes, laquelle reçoit de son frère Colart de Fiennes à l'occasion de son mariage 80 livres parisis de rente héritable sur des terresMémoire de la société des antiquaires de la Morinie, Année 1935 p. 1020, lire en ligne..