vignette|redresse|Joseph Granié, Marguerite Moreno (vers 1899), Paris, musée d'Orsay. Marguerite Moreno, nom de scène de Lucie Marie Marguerite Monceau, est une comédienne et actrice française née le dans le et morte le à TouzacActe de naissance sur archivesenligne.paris.fr (acte , image 7). (Lot).
Biographie vignette|redresse|Marcel Schwob, premier mari de Marguerite Moreno, par Félix Valloton (vers 1898). Fille de Pierre Monceau, professeur de mathématiques, et de Charlotte Lucie Moreno, Marguerite Moreno étudie en pension à Paris et en BretagneMarguerite Moreno, Souvenirs de ma vie, préface de Colette, introduction de Robert Kemp, Éditions de Flore, 1948. Réédité par les Éditions Phébus, 2002., puis elle entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Gustave Worms. Engagée à la Comédie-Française en 1890, elle côtoie sur scène Charles Le Bargy, Mounet-Sully, Julia Bartet, Coquelin cadet, Paul Mounet. Elle est alors . Elle crée Le Voile de Georges Rodenbach en 1893 et dit des vers à la demande de Robert de Montesquiou pour l'inauguration du Monument à Marceline Desbordes-Valmore à Douai en 1896. Le peintre Lucien Lévy-Dhurmer et le sculpteur Jean Dampt fixent ses traits spirituels et sa coiffure en bandeaux typique de la fin de siècle ainsi que son costume de béguine de Bruges dans la pièce de Rodenbach. Confidente de Stéphane Mallarmé, elle ne parvient pourtant pas à le convaincre de monter Hérodiade. C'est elle qui organise en 1898 les funérailles du poète à l'église et au cimetière de Samoreau près la Seine où il avait une maison de campagne.
Elle rencontre l’écrivaine Colette, comédienne comme elle, « en 1894 ou 95 ? » lors d’un déjeuner chez Catulle Mendès, de qui elle est alors la maîtresseOlivier Barrot et Raymond Chirat, Noir & Blanc, 250 acteurs du cinéma français 1930-1960, Flammarion, 2000 , .. Celle avec qui elle correspondra toute sa vie et près de qui elle habitera régulièrement mentionne aussi la présence du fils de Moreno, mort d’une méningite à l’âge de trois ans après une naissance difficile qui aurait été « bien près d’ôter la vie en naissant à une mère si frêle».
La même année (1895), Marguerite Moreno rencontre l'écrivain et poète Marcel Schwob auquel l'unit une passion dont témoigne une extraordinaire correspondance conservée à la bibliothèque municipale de Nantes. Ils se marient en Angleterre, le . Malade, Schwob meurt cinq ans plus tard, en 1905 à l'âge de 37 ansBiographie de Marcel Schwob..
vignette|redresse|gauche|Marguerite Moreno,Album Mariani, 1896.
En 1903, Marguerite Moreno quitte la Comédie-Française et rejoint le théâtre de Sarah Bernhardt, puis plus tard le théâtre Antoine. Pendant sept ans, elle dirige à Buenos Aires la section française du conservatoireCette période lui inspire un récit romancé, Une Française en Argentine, publié en 1914. Elle se remarie en 1908 avec l'acteur Jean Daragon. mais elle perd son second époux au début des années 1920. Quand éclate la Première Guerre mondiale, elle s'active à l'hôpital militaire de Nice.
Dès 1915, elle découvre le cinéma et, pendant la période du muet, elle joue notamment dans Vingt Ans après d'Henri Diamant-Berger où elle campe la reine Anne d'Autriche (1922), donne la réplique à Maurice Chevalier dans Gonzague et Le Mauvais Garçon du même réalisateur (1923), et figure dans Le Capitaine Fracasse d'Alberto Cavalcanti (1929). Sur les conseils de son amie l'écrivaine Colette, elle se tourne vers les rôles comiques et, en 1929, elle remporte un grand succès sur scène dans Le Sexe faible d'Édouard Bourdet ; elle y joue (rôle qu'elle reprendra au cinéma dans la version filmée par Robert Siodmak en 1933). vignette|redresse|La Source bleue dans le Lot, près de laquelle était située la maison de Marguerite Moreno.
Au début de l'entre-deux-guerres, elle s'installe dans sa propriété du Lot, rénovée pour elle grâce à son cousin Pierre MorenoPierre Moreno sur La Comédie musicale en France., un de ses proches, lui aussi comédien et souvent son partenaireMarguerite Moreno, , Éditions Phébus, 2002, note de l'éditeur.). Sa carrière se partage dès lors entre théâtre et cinéma et, selon O. Barrot et R. Chirat, . Elle apparait ainsi dans Un trou dans le mur de René Barberis (1930), Tout va très bien madame la marquise de Henry Wulschleger (1936), La Fessée de Pierre Caron (1937) ; mais elle est aussi dirigée, entre autres, par Raymond Bernard (Les Misérables, dans le rôle de la Thénardier, avec Harry Baur et Charles Dullin, 1934), Sacha Guitry (Faisons un rêve, Le Roman d'un tricheur et Le Mot de Cambronne en 1936, Les Perles de la couronne en 1937, Ils étaient neuf célibataires en 1939, Donne-moi tes yeux en 1943), Marcel Pagnol (Regain avec Fernandel en 1937, La Prière aux étoiles en 1941, film inachevé), Christian-Jaque (Carmen en 1942, Un revenant en 1946 avec Louis Jouvet), ou encore Claude Autant-Lara (Douce en 1943). En 1945, aux côtés de Jouvet, elle triomphe au théâtre dans le rôle d'Aurélie de La Folle de Chaillot, écrit pour elle par Jean Giraudoux.
Son dernier film, L'assassin est à l'écoute, sort quelques semaines après sa mort en 1948, d'une pneumonie..
Sa maison La Source bleue à Touzac (Lot) est un domaine aujourd'hui transformé partiellement en maison d'hôte par ses héritiers.
Hommages vignette|redresse|Obsèques de Marguerite Moreno à Touzac, en . Photographie d'André Cros, Archives de Toulouse. Paul Valéry considérait qu'elle était la seule à savoir dire des vers et l'invitait à en réciter lors de ses cours au Collège de France.
Sur elle, Paul Léautaud a écrit : et .
Dans le récit de ses dernières années Le Fanal Bleu (1949), Colette lui rend hommage, et consacre un chapitre à leur amitié, évoquant leur rencontre, datée de « 1894 ou 95 ? » en présence de Catulle Mendès, les cafés chez le couple préparés par ce dernier, les soirées dans leur loge au théâtre ou au cabaret Chez Tonton, les apparitions de la comédienne dans Le Phalène, Le Dieu vert, La Dernière Nuit de Don Juan, ou encore son triomphe dans La Folle de Chaillot — où Marguerite ajoute avec humour qu’ « entre les représentations, on [lui] apporte des enfants à bénir », ses années à Nice comme infirmière de guerre, puis en Argentine, ses amours avec Marcel Schwob et Jean Daragon, les années de voisinage avec l’écrivaine pendant la guerre, leur amitié avec Musidora, Annie de Pène et sa fille Germaine Beaumont…
Moreno y est décrite comme une figure fascinante, « respectée de tous » et profondément nomade, aux nombreux admirateurs — de sa carrière théâtrale comme cinématographique.
Publications Une Française en Argentine, fronstipice de H.S. Ciolkowski, Georges Crés éditeur, 1914. La Statue de sel et le bonhomme de neige : souvenirs de ma vie et quelques autres, Flammarion, 1926. Le Moderne savoir-vivre, Société parisienne d'édition, 1930. Souvenirs de ma vie, préface de Colette, introduction de Robert Kemp, Éditions de Flore, 1948.
Filmographie vignette|redresse|Suzy Vernon et Marguerite Moreno (1934), photographie de l'agence Meurisse.
1911 : Un marié qui se fait attendre de Louis Gasnier 1915 : Debout les morts ! de Henri Pouctal, Léonce Perret et André Heuzé 1916 : Paris pendant la guerre de Henri Diamant-Berger 1922 : Vingt Ans après d'Henri Diamant-Berger : la reine Anne d'Autriche 1922 : Le Mauvais Garçon d'Henri Diamant-Berger : la mère 1923 : Gonzague d'Henri Diamant-Berger : Madame Durand 1923 : L'Accordeur d'Henri Diamant-Berger, court métrage sonorisé en 1933 1924 : L'Emprise d'Henri Diamant-Berger 1929 : Le Capitaine Fracasse d'Alberto Cavalcanti 1930 : Paris la nuit d'Henri Diamant-Berger 1930 : Paramount on Parade de Charles de Rochefort 1930 : Cendrillon de Paris de Jean Hémard 1930 : Un trou dans le mur de René Barberis 1930 : Chérie de Louis Mercanton 1930 : Dans une île perdue d'Alberto Cavalcanti 1930 : Amies de pension (anonyme) court métrage 1930 : Bouton d'avril (anonyme) court métrage 1930 : Ce qu'on dit, ce qu'on pense (anonyme) court métrage 1930 : Elle veut faire du cinéma d'Henry Wulschleger, court métrage 1930 : Cinopolis de José-Maria Castellvi et Francisco Elias (version espagnole du film précédent) 1930 : El mejor es reir de E. W. Emo et Florián Rey 1930 : Le Sexe fort (anonyme) 1931 : À mi-chemin du ciel d'Alberto Cavalcanti 1931 : Marions-nous de Louis Mercanton : 1931 : Miche de Jean de Marguenat 1931 : Sola de Henri Diamant-Berger : Ellane 1931 : Conférence sur la beauté de Louis Mercanton, court métrage 1931 : Un joli succès de Louis Mercanton, court métrage 1931 : La Peur des histoires (anonyme) court métrage 1931 : Le Dandy masqué d'André Chotin, court métrage 1931 : Le Mille pattes de Jean de Marguenat, court métrage 1931 : La Tournée Verdure d'André E. Chotin, court métrage 1932 : Le Cordon bleu de Karl Anton 1932 : Le Chasseur de chez Maxim's de Karl Anton 1932 : Cognasse de Louis Mercanton 1932 : Mon cœur balance de René Guissart 1932 : La Poule de René Guissart 1932 : Une petite bonne sérieuse de Richard Weisbach et Marguerite Viel, court métrage 1932 : L'Agence O'Kay d'André E. Chotin, court métrage 1932 : Madame Salamandre, voyante de Jean Margueritte, court métrage 1933 : Rien que des mensonges de Karl Anton 1933 : Paris-Deauville de Jean Delannoy : la duchesse de Latour Lupé 1933 : Pour être aimé de Jacques Tourneur 1933 : Primerose de René Guissart 1933 : Le Sexe faible de Robert Siodmak : la comtesse Polacchi 1934 : Casanova de René Barberis 1934 : Les Misérables de Raymond Bernard ; film en 3 époques : Une tempête sous un crâne, Les Thénardier et Liberté, liberté chérie : La Thénardier 1934 : L'Aristo d'André Berthomieu 1934 : La Reine de Biarritz de Jean Toulout 1934 : Voilà Montmartre de Roger Capellani 1934 : Pierrot mon ami de Jaquelux, court métrage 1935 : Bourrachon de René Guissart 1935 : Les dieux s'amusent de Reinhold Schünzel et Albert Valentin 1935 : Jim la Houlette d'André Berthomieu 1935 : Train de plaisir de Léo Joannon 1935 : La Marraine de Charley de Pierre Colombier 1936 : Tout va très bien madame la marquise d'Henry Wulschleger : la marquise de Ploevic 1936 : Le Coupable de Raymond Bernard 1936 : Faisons un rêve de Sacha Guitry 1936 : Le Roman d'un tricheur de Sacha Guitry 1936 : Le Mot de Cambronne de Sacha Guitry, court métrage 1936 : Mes tantes et moi d'Yvan Noé 1936 : Jeunes Filles de Paris de Claude Vermorel 1936 : Radio de Maurice Cloche, court métrage 1937 : Boulot aviateur de Maurice de Canonge : Cléopâtre de la Béraudie 1937 : Ces dames aux chapeaux verts de Maurice Cloche 1937 : Gigolette d'Yvan Noé 1937 : La Dame de pique de Fedor Ozep 1937 : La Fessée de Pierre Caron 1937 : Quatre Heures du matin de Fernand Rivers 1937 : Regain de Marcel Pagnol 1937 : Les Perles de la couronne, film de Sacha Guitry et Christian-Jaque, rôle de Catherine de Médicis 1938 : L'Accroche-cœur de Pierre Caron 1938 : Les Femmes collantes de Pierre Caron 1938 : Barnabé d'Alexander Esway 1938 : La Chaleur du sein de Jean Boyer 1938 : Eusèbe député d'André Berthomieu 1938 : J'étais une aventurière de Raymond Bernard 1938 : La Route enchantée de Pierre Caron 1938 : Le Danube bleu d'Emil-Edwin Reinert 1938 : Derrière la façade de Georges Lacombe et Yves Mirande 1939 : Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry 1939 : Le Château des quatre obèses d'Yvan Noé 1939 : Jeunes Filles en détresse de Georg Wilhelm Pabst : Madame Vuilliard 1939 : Ma tante dictateur de René Pujol 1939 : En correctionnelle de Marcel Aboulker, court métrage 1940 : Les Surprises de la radio de Marcel Paul 1941 : L'Étrange Suzy de Pierre-Jean Ducis 1941 : La Sévillane d'André Hugon 1941 : La Prière aux étoiles de Marcel Pagnol (film resté inachevé) 1942 : Le Camion blanc de Léo Joannon 1942 : Secrets de Pierre Blanchar 1942 : Carmen de Christian-Jaque 1943 : La Collection Ménard de Bernard Roland