La lutte () est une épreuve gymnique figurant au programme des Jeux olympiques antiques à partir des jeux de Le vainqueur recevait une couronne d'olivier.
Épreuve
La lutte est une des épreuves les plus importantes des Jeux olympiques antiques. Elle apparaît lors des 18 jeux de ; elle est alors la seule épreuve à ne pas être une course, avec le pentathlon introduit lors de ces mêmes jeux. En 632 av. J.-C. une épreuve de lutte pour « enfants » fut ajoutée au programme olympique.
Les épreuves se déroulaient le jour des Jeux les premiers siècles. À partir du , elles sont probablement passées le jour. Elles avaient lieu sur un espace dédié appelé skamma, comme le pugilat et le pancrace, probablement aménagé sur le stade, mais aucune trace n'en a été retrouvée. Les adversaires étaient tirés au sort par paire. Il y avait deux séries de lettres inscrites chacune sur un objet ressemblant à un gros haricot. Les lutteurs prenaient une lettre au hasard : ceux qui avaient tiré la même s'affrontaient : alpha contre alpha ; bêta contre bêta ; etc. Si les sportifs étaient en nombre impair, celui qui n'avait pas d'adversaire était dit « éphédros » (« reste assis ») et attendait le tour suivant.
Au début du combat, les deux lutteurs sont debout, face à face, d'où parfois le nom alternatif de l'épreuve : orthopálê. Leurs fronts se touchent. Leurs mains sont jointes. La technique de Léontiscos de Messana, victorieux deux fois au , qui retournait les doigts de ses adversaires juste avant le début du combat, a été ensuite interdite. Cette position de départ est appelée « systasis » (littéralement « debout ensemble »). L'objectif est de mettre l'adversaire au sol. Les lutteurs tentent alors d'attraper leur adversaire par les épaules ou la taille pour trouver le point de levage. Le lutteur qui renverse son adversaire est alors autorisé à mettre un genou à terre. La victoire est acquise lorsque les épaules de l'adversaire ont touché trois fois le sol.
Un lutteur victorieux sans avoir affronté son adversaire était dit , littéralement « victoire sans poussière ». Une légende rapporte que lors de Jeux, peut-être en , Milon de Crotone aurait remporté la couronne olympique sans avoir à affronter qui que ce soit ; ses adversaires ayant préféré déclarer forfait plutôt que l'affronter.
Un lutteur qui remportait le même jour lors des mêmes jeux la lutte et le pancrace était considéré comme « successeur d'Héraclès (). Celui-ci lors des premiers Jeux qu'il aurait refondés aurait en effet remporté et la lutte et le pancrace. L'athlète était aussi dit « paradoxonikès », « vainqueur extraordinaire », 197b.. Seuls huit lutteurs au cours de l'histoire des Jeux ont réussi cet exploit : Kapros, fils de Pythagore, d'Élis (), Aristoménès (?) de Rhodes (156 av. J.-C.), Prôtophanès de Magnésie (), Straton, fils de Khorragos, d'Alexandrie (68 av. J.-C.), Marion, fils de Marion, d'Alexandrie (52 av. J.-C.), Aristéas (ou Ménandre) de Stratonicée (13 ), Nicostratos d'Aigéai (Cilicie) (37 ) et Dionysos, fils de Sotes, de Séleucie (149 ).
Un lutteur qui en plus des Jeux olympiques remportait une couronne aux trois autres jeux de la « période » () (les jeux isthmiques, les jeux néméens et les jeux pythiques) dans l'espace d'une olympiade (les quatre ans d'une édition des Jeux olympiques à la suivante) était dit « periodonikès ».
Vainqueurs connus