Le Ñ, ñ ou n tilde, aussi appelé la eñe, egne (, nom féminin) est une consonne utilisée en aragonais, asturien, basque, breton, espagnol, galicien, guarani, hassanya, karone, tagalog, wamey, wolof En espagnol, il est utilisé pour représenter un son palatal nasal dont le symbole dans l'alphabet phonétique international est [ɲ] (comme le français ). Il est aussi utilisé dans le digramme de l’alphabet des langues d’Angola.

Utilisation En français, est principalement utilisé dans quelques mots d’emprunt et n’est souvent pas considéré comme faisant partie de l’alphabet. Il n’est par exemple pas admis comme faisant partie des « voyelles et consonne accompagnées d’un signe diacritique connues de la langue française » dans la circulaire du 23 juillet 2014 relative à l’état civil adopté par le ministère de la Justice de France. Cependant, comme le confirme l’Académie française, le tilde a été utilisé comme signe abréviatif en français jusqu’au ; il figure aussi dans tous les grands dictionnaires généralistes du français du (Robert, Hachette, Larousse, Trésor de la langue française), notamment dans le mot d’origine espagnole « cañon ».

En espagnol Le ñ est la quinzième lettre de l'alphabet espagnol, entre le N et le O dans l'ordre alphabétique. Il est une lettre à part entière, l'alphabet castillan comportant vingt-sept lettres (non vingt-neuf car le ch et le ll sont des digrammes exclus de l’alphabet depuis 2010)Real Academia Española (Académie royale espagnole), Respuestas a las preguntas más frecuentes, s.v. Exclusión de los dígrafos ch y ll del abecedario, 2010..

Historiquement, le ñ représentait deux N : « nn » : le tilde sur le « n » étant le raccourci sténographique pour le deuxième « n ». Par exemple, le mot año (année) vient du latin .

Étant une lettre typiquement espagnole, le Ñ est souvent utilisé comme le symbole de cette langue : l'Institut Cervantes l'a incorporé dans son logo.

En français

En ancien et moyen français, le tilde appelé tiltre en français, servait d'une part à l'abréviation : , d'autre part comme barre de nasalité :

En français moderne, Pierre-Claude Boiste est le premier lexicographe à inclure le mot tilde dans son dictionnaire publié en 1800. Il consacre l'existence du ñ : Les écrivains romantiques comme Alfred de Musset remettent le ñ à la mode : On trouve uniquement le ñ dans quelques mots d’origine espagnole : cañon, señor, señora, señorita, doña, piraña. Le rapport de 1990 sur les rectifications orthographiques recommande la francisation et donc de ne pas utiliser le ñ. Il figure aussi de manière résiduelle sur des patronymes tels que Guyñemer (l’acte de naissance de Georges Guyñemer, le , en est une illustrationActe de naissance (acte du 27 décembre précisant « né le 24 décembre courant »), .).

Dans les autres langues

Le ñ est également présent dans les alphabets breton, wolof, aragonais (Grafía de Uesca de 1987), asturien, basque, galicien et guarani.

En France, la circulaire Taubira de juillet 2014 proscrit l'utilisation du ñ, ainsi que d'autres lettres accompagnées de signes diacritiques dits « de langue étrangère » ou « non connues de la langue française », dans les prénoms déclarés, les noms de familles ou toutes autres indications contenues dans les actes de l'état civil. L'un des arguments utilisés contre l'utilisation du ñ dans l'état civil est que l'ordonnance de Villers-Cotterets de 1539 ne l'autorise pas. En effet, l'orthographe n'y est pas évoquée, mais le ñ est lui-même utilisé dans cette ordonnance royale, que la Révolution française a abolie comme les autres.

Ainsi, le prénom breton Fañch, plusieurs fois refusé depuis la publication de la circulaire en 2014, a été à nouveau refusé par l'état-civil d'Angers dix ans après, en janvier 2024 au point que plusieurs élus s'en sont émushttps://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/prenom-fanch-un-senateur-sollicite-le-garde-des-sceaux-pour-faire-cesser-ce-contentieux-sterile-256236dc-b12d-11ee-bd08-22c85604ac0a.

En breton En breton, il est utilisé aux s comme signe abréviatif. Au le grammairien Le Gonidec l'utilise comme en espagnol (koaña = koagna (souper). Ce n'est que depuis 1907 que la graphie mise au point par Émile Ernault l'utilise pour marquer la nasalisation des voyelles a, e et i, comme dans les verbes (être), (manger) ou le pronom personnel (il, lui), ainsi que le prénom Fañch, ce qui a précipité l'affaire Fañch.

En 2023 un monument est construit à Landerneau pour honorer le ñ interdit dans les prénoms bretons par la circulaire Taubira de 2014..

Usage en informatique

Dans Unicode, le n tilde fait partie du bloc supplément latin-1, Ñ a pour point de code U+00D1 et ñ U+00F1. Ces deux caractères sont nommées respectivement et supplément Latin-1 sur le site d’Unicode.. Le n tilde peut aussi être composé à l'aide du diacritique tilde « ̃ » U+0303. précomposé (supplément latin-1) : formes représentations chaînesde caractères points de code descriptions capitale Ñ U+00D1 lettre majuscule latine n tilde minuscule ñ U+00F1 lettre minuscule latine n tilde décomposé (latin de base, diacritiques) : formes représentations chaînesde caractères points de code descriptions capitale U+004EU+0303 lettre majuscule latine ndiacritique tilde minuscule U+006EU+0303 lettre minuscule latine ndiacritique tilde

En HTML, il existe les codes : capitale Ñ : Ñ et &209; et Ñ minuscule ñ : ñ et &241; et ñ.

Entrée au clavier Sur les dispositions de clavier possédant un tilde mort, comme l’azerty ou le qwertz, en saisissant le tilde mort puis n ou N. Sur les claviers espagnols, le caractère étant plus fréquent dans la langue, la touche Ñ est présent en accès direct à droite de la touche L. droite|50x50px

Par la méthode de saisies par numéro de caractère : pour ñ et pour Ñ.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Classement alphabétique en espagnol N̰ (N tilde souscrit)

Catégorie:Lettre N diacritée Catégorie:Orthographe de l'espagnol Catégorie:Orthographe du breton