Le changement climatique en cours a un impact sur les droits humains du fait des conséquences sur la santé, sur les sécurités de base comme l'eau, l'alimentation, le logement Depuis une vingtaine d'années, du fait de plaintes déposées auprès de différentes instances des droits de l'homme, s'est développé un cadre conceptuel et juridique prenant en compte les droits de l'homme dans leur relation avec le réchauffement climatique. Ce cadre est utilisé par des gouvernements, des organisations des Nations unies, intergouvernementales et non gouvernementales, des défenseurs des droits de l'homme et de l'environnement, et des universitaires pour guider la politique nationale et internationale sur les changements climatiques dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et des principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme.

Les phénomènes environnementaux mondiaux concernés sont entre autres l'élévation du niveau de la mer, la désertification, les augmentations de température, les événements météorologiques extrêmes et les changements dans les précipitations sont susceptibles de porter atteinte aux droits humains. Les mesures d'adaptation et d'atténuation prises par les gouvernements en réponse à ces phénomènes sont également concernées.

Historique En 2005, la militante inuite Sheila Watt-Cloutier a déposé une plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l'homme pour obtenir réparation « des violations des droits de l'homme résultant des effets du réchauffement climatique et du changement climatique causés par les actes et absences d'actes des États-Unis ». La plainte a été rejetée, mais la Commission a invité et entendu des témoignages sur la relation entre les droits de la personne et le changement climatique de représentants des Inuits en 2007.

La même année, la Déclaration de Malé sur la dimension humaine du changement climatique mondial a mentionné explicitement (et pour la première fois dans un accord international) que , et a appelé le système des droits de l'homme des Nations unies à s'attaquer à la question de toute urgence..

En 2008, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies (CDH) a adopté à l'unanimité la résolution 7/23, reconnaissant que en citant la Charte des Nations unies, la Déclaration universelle des droits de l'homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le CDH a réaffirmé et développé ces déclarations avec les résolutions 10/4 du et 18/22 du .

En 2009, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) a publié une étude analytique identifiant des droits spécifiques et des groupes de personnes susceptibles d'être affectés par les perturbations climatiques. Le rapport s'appuyait sur les contributions d'une trentaine de pays ainsi que de dix agences des Nations unies et de dizaines d'autres organisations. Il a identifié les personnes déplacées, les conflits et les risques de sécurité ainsi que les atteintes aux droits des peuples autochtones, des femmes et des enfants comme des préoccupations majeures.

En 2010, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques a repris à son compte des éléments d'analyse du CDH identifiant la relation entre les droits de l'homme et le changement climatique dans son rapport sur la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de 2010 à Cancún, au Mexique. Le rapport sur les résultats de la Conférence soulignait que « les Parties devraient, dans toutes les actions liées au changement climatique, respecter pleinement les droits de l'homme ».

En 2012, le CDH a établi un mandat sur les obligations en matière de droits de l'homme relatives à la jouissance d'un environnement sûr, propre, sain et durable.

En 2014, les 78 titulaires de mandat au titre des procédures spéciales des Nations unies ont publié une déclaration conjointe à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme, appelant les États à intégrer leurs obligations existantes dans le cadre des droits de l'homme dans les négociations sur le changement climatique.

En , a été mis en place un rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'environnement, une extension du mandat de l'ancien expert indépendant sur les obligations en matière de droits de l'homme liées à la jouissance d'un environnement sûr, propre, sain et durable. Avant la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 à Paris, le Rapporteur spécial a informé les États qu'ils devraient veiller à ce que leurs obligations en matière de droits de l'homme englobent la perspective appropriée du changement climatique lors de la négociation d'accords futurs.

Laccord de Paris, tel qu'adopté le est le premier accord climatique de reconnaître la pertinence des droits de l'homme, en déclarant :« Les Parties devraient, lorsqu'elles prennent des mesures pour lutter contre le changement climatique, respecter, promouvoir et prendre en compte leurs obligations respectives en matière de droits de l'homme, de droit à la santé, de droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation de vulnérabilité et le droit au développement, ainsi que l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l'équité intergénérationnelle. »

Influence des stratégies de déni (dénialisme)

Le droit à une information vraie et transparente sur le climat (notamment protégé par la Convention d'Aarhus) est malmené par certains acteurs qui profitent des réseaux sociaux pour désinformer ; face aux modèles, données et rapports du GIEC qui montrent la réalité et l'accroissement du réchauffement climatique, d'importants lobbys (dont ExxonMobil) ont développé un stratégie d'influence et de fabrique du déni (« climatodénialisme »). Cette stratégie a été sciemment organisée pour, dans un premier temps, au moyen des techniques éprouvées de propagande, faire croire aux décideurs et au grand public qu'il n'y a pas de réchauffement ; puis, faire croire que ce réchauffement n'est pas grave et/ou qu'il n'a pas d'origine anthropique ; puis que le lien de causalité entre l’utilisation d'énergies fossiles et le réchauffement n'est pas démontré, puis que l'humanité pourra trouver des solutions technologique et/ou dans la finance verte (géoingénierie, pompage du atmosphérique). Plusieurs études montrent qu'en dépit des preuves et faisceaux d'indices scientifiques, au début des années 2020, le narratif climato-dénialiste et la désinformation climatique se sont poursuivis, notamment sur twitter ; l’activité (en ligne notamment) de groupes dénialistes semble même avoir augmenté, alors que les émissions de continuaient à augmenter et que les grandes compagnie pétro-gazière comme BP engrenaient des bénéfices annuels records.

Des statistiques sont analysées en France par les plateformes Climatoscope et Politoscope qui étudient notamment le traitement de l'information et la circulation des infox via les tweets selon des méthodologies mises au point au CNRS, au CAMSCAMS = Centre d'analyse et de mathématique sociales [unité mixte EHESS–CNRS (UMR 8557)] et à l’Institut des systèmes complexes de Paris, en cherchant à distinguer les messages authentiques de fervents supporters d'une idée, des prosélytismes et de certaines formes de dénialismes viraux propagés en ligne par des bots (compte automatisés) et/ou par des acteurs payés pour le faire. Ces analyses montrent que l'astroturfing, méthode d'influence consistant à fabriquer une foule d'avis factices pour faire croire qu'un grand nombre de personnes, ou une majorité, soutient une idée ou une cause reste très utilisé, dont pour propager le dénialisme climatique. L'intelligence artificielle est utilisée pour créer de faux messages dénialistes, mais elle peut aussi contribuer à différencier les avis réels de la population d'un . En attribuant un à un compte . Il a ainsi été démontré que le a évolué, s'est trouvé de nouveaux fronts et s'est même accru en france en dans certains réseaux sociaux (twitter notamment), alors même que le monde vivait des températures record, des événements extrêmes ; et alors que la COP27 était marquée par la présence d'environ 600 délégués des lobbys des industries fossiles, et alors que la guerre russo-ukrainienne montrait la dépendance de l'Europe au gaz.

Des chercheurs du CNRS, du CAMS et de l'EHESS comme David Chavalarias (directeur de recherche, spécialiste du prosélytisme et lobbyisme en ligne et des informations trompeuses et données dites toxiques), Paul Bouchaud, VictorChomel (Polytechnicien et auteur d'une thèse (2022) intitulée « Beyond Fake News : une approche structurelle et dynamique de l’analyse de la désinformation en ligne et de la manipulation de l’opinion publique »)Victor Chomel (2022) “Beyond Fake News : a structural and dynamic approach towards analyzing online misinformation and manipulation of public opinion”. EN. Computational Social Sciences. Paris : Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales, oct ou encore Maziyar Panahi (spécialiste de l'IA et du Big Data, Responsable de la plateforme Multivac) ont proposé de nommer ceux qui continuent à rejeter les principales conclusions de la science du climat et des rapports du GIEC (reflétant l’état des connaissances issues des sciences du climat et du changement climatique) pour .

Réchauffement climatique et évolution du droit des droits de l'homme Le réchauffement climatique affecte tout le système environnemental, mais a également un impact sur les aspects sociaux, économiques, politiques, culturels et juridiques des sociétés du monde entier. Selon le Conseil des droits de l'homme, les obligations en matière de droits humains contribuent à renforcer l'élaboration de politiques tant internationales que nationales dans le domaine du changement climatique. La protection de l'environnement n'est généralement pas incluse dans les traités relatifs aux droits de l'homme. La protection de l'environnement découle plutôt des droits que ces traités protègent, tels que les droits à la vie, à l'alimentation, à l'eau et à la santé.

La Déclaration de Stockholm de 1972 a servi de base à l'élaboration d'un droit de l'homme à la qualité de l'environnement.

Droits mis en cause par le réchauffement climatique La plupart des déclarations internationales sur les droits de l'homme et le changement climatique ont mis l'accent sur les effets négatifs potentiels du réchauffement climatique sur les droits à la vie, à l'alimentation, à l'eau, à la santé, au logement, au développement et à l'autodéterminationSee Malé Declaration, n.4; UNHRC Resolution 18/22, n.7; A/HRC/10/61, n.8; FCCC/CP/2010/7/Add.1, n.10..

Droit à la vie