Le chancelier de Savoie, parfois dit grand chancelier, est un grand officier du comté, puis surtout du duché de Savoie, nommé par les princes de Savoie et chargé de l'administration savoyarde. Il ne doit pas être confondu avec le chancelier du conseil comtal.

Histoire Les comtes Humbertiens, devenus de Savoie, dans le contexte de la création d'un État et d'une cour itinérante, ont recours à un personnage, appartenant à l'Hôtel comtal et ayant la responsabilité de la rédaction et du scellement des actes, le chancelier. (présentation en ligne).. La première mention d'un chancelier comtal est un certain Mathieu, qui occupe cette fonction auprès du comte Amédée III, en 1129.. Un second, Richard, est chancelier du comte Humbert III, vers l'an 1173, puis Maurice en 1189, au début du règne de Thomas . Le rôle du chancelier au cours des reste limité.. Les comtes font le choix de recourir à des pour la rédaction des actes et des (garde-scel) pour sceller les expéditions. À la suite de Demotz, le médiéviste Nicolas Carrier souligne que . Ainsi, le comte Thomas supprime l'office et son fils, Pierre II, le confie à un laïc juriste. Pour Bernard Demotz (2000) la disparition du chancelier correspond au désir des comtes d'éviter

L'expansion territoriale au cours du implique la mise en place, l'institutionnalisation, d'une organisation territoriale alors que jusqu'à présent les comtes s'appuient principalement sur l'échelon local. La Chancellerie devient un rouage important de cette administration centrale naissante où l'usage de l'écrit et des supports sur des parchemins se développent. Le nombre de secrétaires augmentant, le recours à un supérieur pour superviser l'ensemble devient nécessaire.

La charge de Chancelier redevient officielle à partir de l'année 1330, le plus précisément, sous le règne du comte Aymon, où le chancelier est défini comme le . Jean de Méry, un juriste, prend la place occupée jusque-là par des clercs et obtient rapidement la place de ainsi qu'un droit de regard de plus en plus important sur l'ensemble des actes signés et scellés. François Capré de Megève (1620-1706), secrétaire d'État et maître ordinaire en la Chambre des comptes du duc de Savoie, indiquait que le chancelier ne commence formellement à être chef de la justice qu'en 1350..

Les Statuts de Savoie de 1430 confirment le rôle du chancelier comme chef du conseil résident ducal.. Au cours du règne du duc Emmanuel-Philibert de Savoie, l'office se maintient, demeurant , selon Perret.. C'est au cours de cette période où il est d'usage de parler de grand chancelier. On observe par ailleurs, que désormais l'office est, depuis le , tenue par des Piémontais. Il faut attendre 1580 pour qu'il passe à nouveau à un Savoyard, Louis Milliet.

Avec le transfert de la capitale politique savoyarde de Chambéry à Turin, en 1563, le siège de la Chancellerie est également déplacée, même s'il reste une petite chancellerie à Chambéry. Le président du Sénat de Savoie se substitue au chancelier pour cette partie du duché.

Attributions Personnage clef de la Cour savoyarde, acteur majeur dans les décisions tant politiques, diplomatiques que judiciaires, responsable de la Chancellerie, Castelnuovo (2011) considère cet officier comme . Il est le second personnage de l'État. Le chancelier tout comme les officiers auprès du prince sont nommés pour une durée limitée et ils sont révocables.

L'historiographe Samuel Guichenon (1660) apportait une définition du rôle du chancelier, citée notamment par l'historien Roger Devos (1985). ou encore le médiéviste Guido Castelnuovo (2011). :

Le chancelier acquiert sa dimension de grand officier au cours des , jusque-là leur pouvoir était limité. Il faut attendre l'année 1330 pour que son rôle acquière une nouvelle dimension, avec le développement de l'usage des sceaux sur les actes en partance de l'Hôtel du prince. Il est désormais Il contrôle tous les actes et il est responsable de l'ensemble des notaires-secrétaires du comte. Il est aussi parfois chargé de diriger le Conseil du comte, voire parfois . Il reçoit ainsi ceux des juges ainsi que des principaux fonctionnaires avant leur entrée en fonction.

Si le chancelier possède le sceau, il n'en est pas le seul dépositaire. Le comte possède Certains membres de la famille comtale, la comtesse ou encore les frères du comte, ou encore le chancelier du Conseil résident et les juges possèdent également le leur.

Chanceliers de Savoie Samuel Guichenon () produit une liste, d'après le Catalogue des chanceliers de Savoie de Louis della Chiesa, conseiller du duc Charles-Emmanuel et sénateur au Sénat de Turin, du milieu du à 1658. La liste est complétée et amendée par les études récentes.

Les noms et/ou informations en italique sont ceux donnés par Guichenon (Guich.).

: Mathieu ; : Richard ; : Maurice ; … 1323 : Pierre Morros, de Chambéry ; 1323 — 1330 : Jean de Méry (de Meria/de Meyria), Savoie propre, savant jurisconsulte.. ; — (attesté) : Guichard Tavel (Tavelli), de Genève, ancien juge de Belley-Novalaise., donné en 1350 par Guich.. ; 1344/46 — ap. 1351 : Georges (de/du) Solier, d'Ivrée, tombé en disgrâce. ; 1348 : Jacques Bruyse (non confirmé par les études récentes) ; 1352 — 1362 : Jean (de) Ravais ( de Ravays), de Belley ; 1362 — 1391 : Girard d'Estrées., de Bresse ; 1391/92 — 1402 : Jean de Conflans, branche de la famille de Duin. ; 1399 : Hugues de Lucinge (non confirmé par les études récentes) ; 1402 — 1404 : Antoine de Challant, du Val d'Aoste.. ; 1404 — 1406 : Guillaume de Challant, frère du précédent. 1408 — 1413 : Guichard (Guillaume ?) (de) Marchand (Marchant). ; 1418 — 1424 : Jean de Beaufort. 1440 — 1444 : Pierre (de) Marchand ; 1452 : Jacques de la Tour, de Mondovi (Montdevis) ; Le chevalier Guillaume de Bolomier (), maître des requêtes de Savoie est parfois donné comme chancelier ou vice-chancelier. L'historien Cibrario a démontré le contraire. (absent de la liste de Guichenon) 1455 — 1456 : Jacques , comte de Masin ; 1458 : Guillaume de Scandillan, de Vercel ; 1460 : (Romagnano), seigneur de Saint-Victor et comte de Polenzo ; 1462 — 1464 (1467 ?) : Jean de Compey, abbé commendataire, futur évêque. ; 1467 : , évêque de Lausanne ; 1469 — 1471/72 : Humbert Chevrier (parfois de Chévrier), ancien président du Conseil résident. ; — 1482 : Pierre de Saint-Michel (que Guichenon fait succéder à Cloppet), citoyen de Genève. ; — début 1483 : Jean Cloppet ; — 1495 : Antoine Champion, évêque de Mondovi ; 1495 — 1500 : , évêque de Mondovi, puis président de la Bresse. ; 1524 — 1525 : Gabriel Villany de Laudes ; — 1532/35 : Jérôme (Jéromin) d'Ajassa (de Aiazza/Agaciis), de Verceil ; — 1570 : Jean-Thomas de Langusque/Langosce (Langosco), comte de Stroppiane (Stroppiana), de Verceil ; 1570 : (1510-1589). ; — : Louis Milliet ; 1599 — 1602 : Dominique Belly, seigneur de Grinsana, comte de Bonuicino, d'Albe ; — 1624 : François Provana de Carignan (1551-1625), comte de Collegno.. ; 1624 — 1651 : Jean-Jacques Piscina, comte de la Coste, de Saluces ; 1652 — 1658 : Charle-François (1628-1699), comte de Morozzo et de la Roche de Basile/Roque de Baldisser ;

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . . .

Articles connexes Histoire de la Savoie au Moyen Âge Histoire de la Savoie de 1416 à 1792

Liens externes