Le titre de grand maître international (GMI), créé en 1950, est utilisé aussi bien au jeu d'échecs qu'au jeu de dames, ou plus récemment au xiangqi, pour récompenser la performance d'un joueur de haut niveau, après avoir réussi un certain nombre d'épreuves codifiées (généralement l'accomplissement d'une norme et d'une performance Elo), ou lors d'un succès dans un tournoi important (si non titré auparavant). Il est supérieur au titre de maître international. Certains titres de grand maître sont aussi accordés de manière honorifique : ce sont des « grands maîtres honoraires ».

Il existe différents titres de grand maître international :

Aux échecs : Grand maître international (ou « grand maître du jeu d'échecs ») mixte (GMI) ou féminin (GMF), titre décerné par la FIDE d'après les résultats dans les compétitions à cadence classique et détaillé dans cet article. Le terme de « grand maître international du jeu d'échecs » regroupe également les titres de : Grand maître international d'échecs par correspondance, décerné par l'ICCF, Grand maître international pour la composition échiquéenne, décerné par la FIDE sur proposition de la Commission permanente pour la composition échiquéenne, Grand maître international de résolution de problèmes d'échecs (ou « grand maître international solutionniste. »), décerné par la FIDE sur proposition de la Commission permanente pour la composition échiquéenne,

Aux dames : le titre de « grand maître international du jeu de dames » est décerné par la Fédération mondiale du jeu de dames.

Grand maître du jeu d’échecs Grand maître international (GMI) Le titre de grand maître international du jeu d’échecs a été créé en 1950. Il est décerné aux maîtres d’échecs de classe mondiale par la Fédération internationale des échecs (FIDE). À part le titre de « champion du monde », « grand maître » est le plus haut titre qu’un joueur d’échecs puisse obtenir.

Le titre est décerné à vie. L'abréviation officielle de la FIDE est « GM », mais on trouve également dans la littérature échiquéenne l’abréviation « GMI ». La FIDE décerne également les titres de « MF » et « MI » qui signifient maître FIDE et maître international.

Les titres de GM, MI, et MF sont ouverts aux hommes et aux femmes. Des titres séparés pour les femmes, « GMF » (grand maître féminin), « MIF » (maître féminin) et « MFF » (maître FIDE féminin) sont également décernés.

Grand maître féminin (GMF) Le titre de « grand maître féminin » (GMF) a été créé en 1976. Il représente un niveau inférieur à celui de « grand maître international » (mixte). En , il y avait « grands maîtres internationaux » (GMI) dont 24 femmes, et 254 « grands maîtres féminins » (GMF). En 1991, Susan Polgar devint la première femme à obtenir le titre de GMI dans les mêmes conditions que les hommes (auparavant, Nona Gaprindashvili en 1978 et Maia Tchibourdanidzé en 1984 avaient déjà obtenu ce titre de grand maître avant elle en tant que championnes du monde), et aujourd’hui la plupart des meilleures joueuses mondiales ont le titre de GMI (parmi les joueuses ayant atteint un classement Elo de plus de , seulement deux joueuses n'ont pas le titre mixte de grand maître international : Alisa Galliamova et Anna Zatonskih).

La plupart des joueuses qui ont le titre de « maître international » (mixte) ont aussi le titre de grand maître féminin. Concernant le jeu d'échecs, sur la plupart des listes de joueurs dont celle de la FIDE et d'organisateurs de tournois, la mention « g » (grand maître international) ou « wg » (grand maître international féminin : « w » pour « woman ») figure respectivement en regard du nom du joueur ou de la joueuse.

Statistiques vignette|gauche|Nombre de joueurs recevant le titre de grand maître international par année de 1950 à 2011. vignette|Nombre cumulé de joueurs ayant reçu le titre de grand maître international de 1950 à 2011. En 1972, il y avait seulement 88 grands maîtres internationaux dont 33 soviétiques. En , ils étaient . L'augmentation est due d'une part à la facilité de voyager, qui permet de participer plus facilement à des tournois à normes, et d'autre part à l'inflation du classement Elo. Le titre de GM garde un prestige certain, car il représente un très haut niveau de performance. Le niveau MI correspond aux 0,06 % des meilleurs joueurs du monde. Un GMI est parmi les 0,02 %Le nombre de joueurs affiliés est estimé à , il y a et dans la liste FIDE en mars 2010..

Obtention du titre Les critères d'obtention du titre ont varié dans le temps. Aujourd'hui, la FIDE impose la réalisation d'au moins deux normes avec un minimum de 27 parties FIDE Handbook B.1, Requirements for the titles designated in 0.31. (en général, trois normes sont nécessaires pour arriver aux 27 parties).

Sauf exceptions, les normes sont réalisées dans des tournois d'au moins neuf rondes. Pour réaliser une norme, le joueur doit réaliser une performance Elo de ou plus, affronter des joueurs appartenant à au moins deux fédérations différentes de la sienne, trois d'entre eux doivent déjà être grands maîtres et la moitié doit disposer d'un titre FIDE. Une condition supplémentaire est que le joueur atteigne un classement Elo de .

Bien que cela soit plus rare, il est aussi possible d'obtenir le titre avec un seul résultat, par exemple : la victoire au championnat du monde junior, championnat du monde féminin, championnat du monde senior, la qualification aux huitièmes de finale de la coupe du monde.

Histoire L'expression fut utilisée pour la première fois en 1838Jérôme Maufras, Que sais-je ? , Le jeu d'échecs, 2005, , page 22.. Toutefois, il n'était pas encore question de classer les joueurs entre euxJérôme Maufras, , page 22..

Ostende 1907 : premier « tournoi de grands maîtres » vignette|Le tournoi d'Ostende de 1907, remporté par Siegbert Tarrasch face à cinq autres joueurs désignés comme des « grands maîtres » (Großmeister en allemand). La première utilisation du terme de « grand maître » dans un tournoi d'échecs eut lieu en 1907, lors du tournoi d'Ostende.. Le tournoi était divisé en différentes sections : plusieurs tournois pour amateurs, un « tournoi de maîtres », avec trente participants, remporté par Ossip Bernstein et Akiba Rubinstein, et le « tournoi de grands maîtres » (Großmeister en allemand).

Le tournoi de grands maîtres était un tournoi à quatre tours.

Selon Ossip Bernstein, le tournoi de grands maîtres était réservé aux joueurs qui avaient remporté plusieurs tournois internationauxAnne Sunnucks, The Encyclopaedia of Chess, second edition, Robert Hale, 1976. : Siegbert Tarrasch, vainqueur avec 12,5 points sur 20, avait remporté les tournois de Breslau 1889, Nuremberg 1890, Dresde 1892, Leipzig 1894, Vienne 1898 et Monte Carlo 1903 ; Carl Schlechter, deuxième à un demi-point de Tarrasch, 12 / 20, vainqueur de Vienne 1897 et 1904 ainsi que d'Ostende 1906 ; David Janowski, - avec 11,5 / 20, avait remporté auparavant Monte Carlo 1901, Hanovre 1902 et Barmen 1905 ; Frank Marshall, - avec 11,5 / 20, avait remporté les tournois de Cambridge Springs 1904 et de Nuremberg 1906 ; Amos Burn (58 ans) : 8 / 20, avait gagné à Londres 1887, Amsterdam 1889 et Cologne 1898 ; Mikhaïl Tchigorine (56 ans) : 4,5 / 20 ; Tchigorine avait remporté les tournois de New York 1889 et Budapest 1896.

Distinction entre « grands maîtres » et « simples maîtres » (1925)

droite|vignette|De gauche à droite : Lasker (assis à gauche), Alekhine, Capablanca, Marshall et Tarrasch (assis à droite), les cinq finalistes du tournoi de Saint-Pétersbourg. En 1925, Eugène Znosko-Borovsky écrivait dans un article de la revue belge L'ÉchiquierEdward Winter, A Chess Omnibus, .Georges Bertola, « 1925 : du titre de grand maître à l'échiquier de Lancel » in Europe échecs , mai 2012. :

La légende du tournoi de Saint-Pétersbourg Selon Frank MarshallEn 1942, Frank Marshall écrivit dans ses mémoires My Fifty Years of Chess : ., le titre de « grand maître » aurait été décerné pour la première fois en 1914 par le tsar Nicolas II, qui aurait récompensé les cinq finalistes du tournoi de Saint-Pétersbourg, qu'il avait personnellement financé. Les récipiendaires en auraient été : Emanuel Lasker (vainqueur du tournoi), José Raúl Capablanca, Alexandre Alekhine, Siegbert Tarrasch et Frank Marshall.

Cependant l'historien des échecs Edward Winter a montré que la référence la plus ancienne à cette anecdote est dans un article publié aux États-Unis en 1940D'après l'historien des échecs Edward Winter, la source la plus ancienne est un article de juin 1940, écrit par Lewis Taylor dans The New Yorker. Edward Winter, Kings, Commoners and Knaves, ; A Chess Omnibus, .. Aucune trace antérieure n'a pu être trouvée.

Les premiers grands maîtres internationaux (1950) La fédération soviétique des échecs avait créé le titre de grand maître soviétique dans les années 1930. En 1950, la FIDE créa le titre de « grand maître international » et l'octroya à 27 joueurs.

Sur les 27 titulaires, 11 étaient soviétiques, dont un seul né avant 1900 : Grigory Levenfish (né en 1889), Les dix autres soviétiques avaient moins de quarante-cinq ans : Viatcheslav Ragozine (né en 1908), Salo Flohr (joueur tchèque né en 1908, naturalisé soviétique depuis 1942), Mikhaïl Botvinnik (né en 1911, champion du monde depuis 1948), Andor Lilienthal (joueur hongrois né à Moscou en 1911, naturalisé soviétique depuis 1939), Igor Bondarevski (né en 1913), Alexandre Kotov (né en 1913), Paul Keres (né en 1916, soviétique depuis l'annexion de l'Estonie en 1939), Issaak Boleslavski (né en 1919), Vassily Smyslov (né en 1921), David Bronstein (né en 1924, 26 ans).

Une bonne partie des grands maîtres occidentaux étaient en fin de carrière : Jacques Mieses (né en 1865 en Allemagne, naturalisé britannique, il mourut en 1954), Géza Maróczy (Hongrie, né en 1870, il mourut en 1951), Oldrich Duras (Tchécoslovaquie, né en 1882), Akiba Rubinstein (né en Pologne dans l'Empire russe en 1882, il avait cessé toute compétition depuis 1932), Ossip Bernstein (né en 1882 en Russie, installé en France), Milan Vidmar (Yougoslavie, né en 1885). Borislav Kostić (Yougoslavie, né en 1887), Xavier Tartakover (né en 1887 en Pologne dans l'Empire russe, naturalisé français), Ernst Grünfeld (Autriche, né en 1893), Friedrich Sämisch (Allemagne, né en 1896),

Seuls six des grands maîtres non soviétiques de 1950 étaient nés après 1900 : Max Euwe (Pays-Bas, né en 1901, champion du monde de 1935 à 1937), Gideon Ståhlberg (Suède, né en 1908), Miguel Najdorf (né en Pologne dans l'Empire russe en 1910, naturalisé argentin), Samuel Reshevsky (né en Pologne en 1911, naturalisé américain), Reuben Fine (États-Unis, né en 1914), seul joueur né en dehors de l'Europe, il cessa de participer à des tournois après 1951Garry Kasparov, My Great Predecessors, part IV, Everyman Chess, 2004, ., László Szabó (Hongrie, né en 1917). Les trois plus jeunes grands maîtres de 1950, Bronstein (né en 1924), Smyslov (né en 1921) et Boleslavski (né en 1919), étaient soviétiques.

Efim Bogolioubov (Allemagne, né dans l'Empire russe en 1889) ne reçut le titre qu'en 1951 car, en 1950, la fédération allemande n'avait pas encore rejoint la fédération internationale. Il mourut l'année suivante, en 1952.

Années 1950 et 1960

De 1950 à 1969, la Fédération internationale décerna le titre à 101 joueurs (27 en 1950 ; 38 de 1951 à 1960 et 36 de 1961 à 1969)Les dates sont données suivant la source : . Note : la date donnée peut différer de celle du congrès où la Fédération internationale a confirmé l'attribution du titre de grand maître. :