La rue de la Nuée-Bleue (en alsacien : Blöjwolikegass) est une rue de la ville de Strasbourg, en France.
Situation et accès Située au nord de l'Ellipse Insulaire (ou Grande Île), elle relie le quai Kellermann à la place BroglieMaurice Moszberger (dir.), « Rue de la Nuée Bleue », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), .
Origine du nom La rue devrait son nom à une auberge, À la Nuée-Bleue, qui se trouvait en 1690 à l'emplacement de l'actuel , mais d'autres explications ont été avancées.
Historique Au fil des siècles, sa dénomination change à plusieurs reprises, notamment à l'occasion des deux guerres mondiales :
1400 : Am Rossenmerket (au Marché-aux-chevaux) 1700 : Gulden-Gasse (rue du Gulden ou Florin) 1700 : Weinsticher-Gasse (rue des Taste-vin) 1735 : Weinsticherstubgasse (rue du Poêle des Gourmets) 1765 : rue de la Tribu des Gourmets vignette|La rue en 1830. 1738 : rue de la Nuée Bleue 1793 : rue d'Yverneau 1817 : rue de la Nuée Bleue, Blauwolken-Gasse 1872 : Blauwolkengasse 1918 : rue de la Nuée Bleue 1940 : Blauwolkengasse 1945 : rue de la Nuée-Bleue
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|upright|Commerces au en 1898. vignette|upright|Ancien hôtel de police au . vignette|upright|Tête de lion au . 2 : Proche d'un bras de l'Ill, face au pont du Faubourg-de-Pierre, cet immeuble fait l'angle avec le du quai Kellermann. Il abrite un magasin de mobilier contemporain. 3 : Cette maison de fond de cour, datée de 1295 par dendrochronologie, a été remaniée au pour devenir un presbytère protestantle Dictionnaire du patrimoine, </ref>, qui abrite toujours au l'administration de la paroisse de l'église Saint-Pierre-le-JeuneSecrétariat . L'édifice a fait l'objet d'une restauration en 2003. L'église elle-même se trouve à proximité immédiate de la rue, mais domiciliée sur la place Saint-Pierre-le-Jeune. 5 et 7 : Situées aux angles de l'impasse de la Corneille, les deux maisons datent du . Gustave Doré est déclaré né le au Henri Leblanc, Catalogue de l'œuvre complet de Gustave Doré : illustrations, peintures, dessins, sculptures, eaux-fortes, lithographies, Paris, 1931, , et Jean-François Barbier décédé au également, mais la numérotation ayant changé dans l'intervalle, il pourrait s'agir de l'emplacement de l'actuel . 6 : En 1898, l'immeuble abritait les bureaux de la société A. & E. Kuhff & Co, marchands de vins en grosImage'Est , ainsi qu'un magasin d'articles techniques. : Le général et ancien ministre Marie-Georges Picquart est né dans cette maison le Christian Vigouroux, Georges Picquart : dreyfusard, proscrit, ministre. La justice par l'exactitude, Dalloz, 2009, . 11 : Ancien commissariat central de Strasbourg, l'édifice fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1937, remplacé par une inscription plus globale en 2013. Un chantier de transformation de l'ancien hôtel de police en un hôtel de luxe a été lancé en 2018« Derrière le « décor », les volumes du futur hôtel rue de la Nuée-Bleue prennent corps », Dernières Nouvelles d'Alsace, 24 janvier 2020. 13 : À l'angle du de la rue du Tribunal, cet immeuble, détruit lors des bombardements de 1870, a été reconstruit dans un style éclectique, avec, notamment, une tour d'inspiration RenaissanceAdolphe-Auguste Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque depuis son origine jusqu'en 1870, Imprim. alsacienne, 1894, . 14 : Les sept travées de cette façade néoclassique sont animées par un oriel situé au dessus de l'entrée. La porte et les fenêtres du rez-de-chaussée sont surmontés de cartouches figurant des têtes de lionCollectif, Strasbourg de la Grande Ile à la Neustadt - Un patrimoine urbain exceptionnel, Lieux dits éditions, 2013, . Ancien siège du Crédit industriel d'Alsace et de Lorraine (CIAL) transféré au Wacken, l'immeuble abrite une agence du CIC. 15 : Le bâtiment, conçu par les architectes Jules Berninger (1856-1926Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol 3, ) et Gustave Krafft, a été érigé en 1914. 16 : Due à Armand Richshoffer (1859-1937Notice de Théodore Rieger, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 31, ), cette maison éclectique date de 1906. 17 et 19 : C'est là que se trouve le siège des Dernières Nouvelles d'Alsace (fondées en 1877 sous le nom de Neueste Nachrichten). Le , Heinrich Ludwig Kayser y a transféré son imprimerie depuis le Finkwiller. Auparavant, en 1855, le « 17, rue de la Nuée Bleue », Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le et le siècle avait été entièrement reconstruit par le docteur Mathieu Hirtz, qui fonda la maison de santé de la Toussaint. Au résida pendant quelque temps une branche de la famille Zorn, dite « de Plobsheim », puis des barons d'Oberkirch y vécurent au Dominique E. Wirtz-Habermeyer, Histoire des Dernières nouvelles d'Alsace, La Nuée Bleue, 1987, .En 1906, les architectes Heinrich BackesNetDBA et Otto Zacher remanient l'ensemble.En 1920, le journal fonde les éditions La Nuée Bleue, qui adoptent le nom emblématique de la rue.Dans la cour d'honneur se trouve depuis 1932 une fontaine sculptée par René Hetzel, portant l'inscription « Une première lecture ».En 1904, Ettore Bugatti s'est installé dans une chambre au dernier étage du , alors Hôtel de Paris, appartenant au père de son associé, Émile Mathis, où il dessine les plans de la future HermèsL'Ebé Bugatti, L'épopée Bugatti, La Table ronde, 1966, .
23 : L'édifice, qui était le siège de la corporation des vignerons, est doté d'une façade du , avec des pignons crénelés chaperonnés médiévaux. Il a abrité plusieurs galeries d'art, Bader-Nottin, qui y ouvre vers 1899 un salon d'art patronné par la Revue alsacienne illustrée<ref>Anne-Doris Meyer, « Le marché de l’art à Strasbourg pendant le Reichsland », in Revue d'Alsace, , 2012, ; puis Aktuaryus (1920-2006Julie Carpentier, « La galerie Aktuaryus tourne la page », DNA, 3 juin 2006).
25 : L'ancien hôtel d'Andlau, reconstruit en 1732, fait l'objet de deux classements au titre des monuments historiques en 1921 et 1991 et d'une inscription en 1991. Il abrite aujourd'hui le siège du port autonome de Strasbourg. 27 : immeuble du dont la cage d’escalier est inscrite aux monuments historiques depuis 1988. 29 : Une Vierge dans une niche orne ce bâtiment du . vignette|upright|Immeuble à l'angle de la place Broglie. 31 : L'immeuble, réalisé par Berninger et Krafft en 1900, fait l'angle avec le 1 de la place Broglie. Doté d'un oriel qui s'approprie les formes végétales de l'Art nouveauR. Recht, Connaître Strasbourg, op. cit., , il a fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques en 1975.
Références
Voir aussi
Bibliographie Élisabeth Loeb-Darcagne, Sept siècles de façades à Strasbourg, I.D. L'Édition, Bernardswiller, 2012, 176 p. Maurice Moszberger (dir.), « Rue de la Nuée Bleue », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), « Rue de la Nuée-Bleue », in Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, 1998 (nouvelle édition remaniée),
Articles connexes Liste des voies de Strasbourg Rue du Fort (Strasbourg)
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