Lise Bissonnette est une auteure, journaliste et gestionnaire québécoise, née le . à Rouyn en Abitibi-Témiscamingue.
Biographie Lise Bissonnette est fille de commerçant modeste et sixième d’une famille de sept enfants...
À l'âge de 15 ans, elle est admise comme pensionnaire à l'école normale Saint-Joseph de Hull où elle entreprend un brevet A en vue de devenir enseignante. Elle fréquente la bibliothèque d'Ottawa, construite par Andrew Carnegie, qu’elle juge mieux pourvue que la bibliothèque de son enfance à Noranda. Elle confiera plus tard que c'est dans cette bibliothèque qu'elle découvre l'immensité des possibilités de la lecture. Durant ses études, elle s'implique au sein du journal étudiant de son collège, puis au dans l’association de la Presse étudiante nationale (PEN). Elle rejoint plus tard le prestigieux journal étudiant Le Quartier latin où elle occupe les fonctions de rédactrice en chef adjointe et éditorialiste durant ses études universitaires.
Après avoir accompli ses études en pédagogie et en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal (1965-1968), elle entreprend un doctorat en France (1968-1969), d’abord, à l’Université de Strasbourg, puis à l’École des hautes études commerciales de Paris. Recrutée par le Comité exécutif de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour collaborer à la définition des objectifs académiques de l’institution, elle suspend ses études doctorales en 1970 pour se consacrer à plein temps à la coordination de la Famille des arts et de la Famille de la formation des maîtres.
Carrière journalistique vignette|gauche|redresse|Lise Bissonnette, photographiée en 1993 Lise Bissonnette commence sa carrière de journaliste en 1974 pour le quotidien national Le Devoir pour lequel elle sera nommée, plus tard, première femme à devenir directrice (1990-1998).
Jusqu’en 1985, elle occupera successivement les postes de correspondante parlementaire à Québec et à Ottawa, éditorialiste, puis rédactrice en chef. Pour des raisons politiques, elle quitte ses fonctions en 1986, et fait sa marque à titre de journaliste indépendante. Sa signature apparaît notamment dans les pages du magazine L’Actualité et des quotidiens Le Soleil et le Globe & Mail. Son public est large, sa parole est directe, et ses idées controversées à propos de l’éducation, de la condition féminine et de l’indépendance du Québec alimentent sans cesse le débat public.
À la suite d'une offre professionnelle de reprendre les rênes du journal Le Devoir, Lise Bissonnette s’attaque à relever le quotidien, alors au bord de la faillite : recherche de financement massif, déménagements des locaux au centre-ville de Montréal et refonte du contenu du journal seront les principaux changements qu’elle a apportés.
Elle est la première directrice du Devoir à se prononcer en faveur de l’indépendance du Québec. Cette ligne éditoriale du quotidien reste inchangée jusqu’à ce jour.
De 2016 à 2022, elle signe une chronique politique quotidienne à Midi info, sur les ondes de Radio-Canada.
Direction de la Grande Bibliothèque Parmi les chevaux de bataille de la journaliste, la démocratisation de la culture trouve une place de choix. Lise Bissonnette signe plusieurs éditoriaux dans lesquels elle en appelle de la création d’une Grande Bibliothèque (GB) et participe aux discussions sur l’avenir à donner à la Bibliothèque de Montréal. Lucien Bouchard, alors premier ministre du Québec, la mandate en tant que présidente-directrice générale de mener à bien ce projet de société.
Sa nomination suscite la controverse: d’aucuns déplorent qu’elle ne soit pas bibliothécaire de formation, comme la Corporation des bibliothécaires du Québec, tandis que d’autres dénoncent le gigantisme de sa vision du projet, qualifiée de «mitterrandiste». Lise Bissonnette bénéficie néanmoins de l’appui indéfectible de Louise Beaudoin, alors ministre de la Culture et des Communications.
De la supervision de l’imposant chantier de construction à l’organisation de services, en passant par la vision à donner à ce lieu de vie qu’elle souhaite rassembleur et chaleureux, Lise Bissonnette sera une figure majeure de cette nouvelle institution.
Durant la présidence de Lise Bissonnette, l’institution de la Grande Bibliothèque se transforme. D’abord, par la fusion entre GBQ et la Bibliothèque Nationale du Québec (BNQ) par la Loi sur la Grande Bibliothèque de 2003, puis par la fusion de la BNQ avec les Archives nationales en 2006 pour former Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Bien que ces initiatives émanent des gouvernements péquiste, puis libéral, la présidente accueille d’un bon œil la réunion de ces institutions, y voyant la possibilité de démocratiser l’accès au patrimoine documentaire du Québec en un univers intégré.
Lise Bissonnette réussit à imposer sa vision au projet de création de la Grande Bibliothèque, malgré l’adversité dont font preuve le gouvernement, l’opinion publique et même parfois ses propres collègues.
On lui doit l’emplacement de la Grande Bibliothèque dans le Quartier latin, alors que les administrateurs de la BNQ et un rapport de la Société des infrastructures du Québec lui auraient préféré l’îlot Balmoral, dans les environs de la Place des Arts. C’est également elle qui défend la tenue d’un concours international d’architecture pour le bâtiment de la Grande Bibliothèque et obtient de faire augmenter le budget octroyé à sa construction.
Lise Bissonnette a su faire triompher sa vision d’une Grande bibliothèque abritant sous le même toit la collection nationale et les documents de prêt et de référence; les chercheurs et les lecteurs de la population générale. Cette cohabitation marque l’originalité de l’institution.
Soucieuse que BAnQ ne desserve pas que les Montréalais, mais bien l’ensemble de la population québécoise, Lise Bissonnette entreprend plusieurs tournées régionales à travers le Québec durant sa présidence. L’importante architecture numérique de BAnQ a été conçue dans l’objectif de rendre les ressources de la Grande Bibliothèques disponibles aux Québécois des régions éloignées, sans qu’ils aient besoin de se déplacer pour les consulter.
Dès son ouverture, la fréquentation de la Grande Bibliothèque excède toutes les attentes et consacre le succès du projet. Selon Lise Bissonnette, cette affluence démontre l’insuffisance des autres bibliothèques publiques partout au Québec, qui sont trop petites et ne peuvent accueillir un volume suffisant d'ouvrages. La Grande Bibliothèque aurait ainsi contribué à stimuler le réaménagement et la création de bibliothèques publiques sur le territoire québécois dans les dernières décennies.
Après 11 ans à la tête de cette institution, elle quitte ses fonctions en 2009 pour se consacrer à un doctorat en lettres qui sera publié en 2016. Malgré son départ, elle n’hésite pas aujourd’hui encore à commenter et à critiquer les transformations de la Grande Bibliothèque depuis sa création.
En , elle signe une lettre ouverte pour dénoncer le projet de construction d’un poste d’Hydro-Québec sur un terrain adjacent à BAnQ, y voyant un mépris à l’égard des bibliothèques lui rappelant les difficultés rencontrées lors de la planification de la Grande bibliothèque. Face à un concert de protestations, Hydro-Québec révise par la suite l’emplacement prévu pour le poste.
Carrière en gestion et administration En 2011, elle accepte un mandat de la Régie des installations olympiques, pour faire des recommandations sur l'avenir du Parc olympique.
En 2013 et jusqu'en 2018, elle est nommée présidente du conseil d'administration de l'UQAM.
En mémoire de ses réalisations, le fonds d’archives Lise Bissonnette (CLG66) est conservé au centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Carrière littéraire En 1991, avec son texte « Robes » publié dans l’ouvrage collectif Avoir 17 ans (nouvelles), Lise Bissonnette fait ses débuts en littérature non journalistique. Elle est à ce jour, co-auteure de onze ouvrages, deux recueils d’articles, deux essais, trois nouvelles et quatre romans. À trois reprises, elle sera nommée finaliste pour le prestigieux prix littéraire du Gouverneur général du Canada.
Vie privée Lise Bissonnette a partagé sa vie avec Godefroy-M. Cardinal, professeur en sciences de l’éducation et membre fondateur de l’UQAM, décédé en 2022.
Elle habite le quartier Ahuntsic, à Montréal. Sa demeure, surnommée «La Flouve», une petite maison ancestrale de 1811 agrandie d’une extension moderne, est un projet réalisé par l’architecte Pierre Thibault à la demande de Bissonnette et de Cardinal.
Publications 1987 : 1991 : 1992 : Aussi : au Seuil, Paris, 1993 Aussi : en édition limitée (épuisée), avec sérigraphies de Laurence Cardinal, aux Éditions de la Canoterie, Québec, 1992, 1 portefeuille (56 p., feuilles de pl.) : ill. (1 en coul.) : 45 centimètres. (en cahiers dans un emboîtage). 1993 : 1995 : 1996 : 1997 : 1998 : 1998 : 2001 : 2001 : 2002 : 2004 : 2005 :
2006 : 2016 :
2026 : Lise Bissonnette, Guylaine Beaudry, Carol Couture, Marie D. Martel, Gilles Gallichan et Jean-François Palomino, BAnQ : Visions pour une institution phare, [Montréal], PUM, 2026, 195 p.
Distinctions vignette|Lise Bissonnette recevant un doctorat honorifique de l'Université d'Ottawa, en juin 2011 1986 : Docteur honoris causa, de l'Université Concordia 1988 : Docteur honoris causa en lettres, de l'Université Laurentienne 1992 : Docteur honoris causa en éducation, de l'Université de Sherbrooke 1993 : Membre de l'Ordre des francophones d'Amérique 1994 : Membre de la Société royale du Canada 1996 : Intronisée au Panthéon du journalisme canadien 1996 : Docteur honoris causa en éducation, de l'Université Laval 1998 : Chevalier de l'ordre de la Pléiade, de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie 1998 : Médaille de l'Académie des lettres du Québec 1998 : Officier de l'Ordre national du Québec 2000 : Officier de la Légion d'honneur, de France 2003 : Docteur honoris causa en lettres, langues et communications, de l'UQAM 2004 : Membre de l'Académie des lettres du Québec 2006 : Docteur honoris causa en éducation, de l'Université de Montréal 2007 : Prix Réalisations 2007 du Réseau des femmes d'affaires du Québec 2007 : Docteur honoris causa en lettres, de l'Université McGill 2009 : Prix Fleury-Mesplet 2009 : Prix Hommage 2009, de l'Institut d'administration publique de Québec (IAPQ) 2010 : Prix Georges-Émile-Lapalme 2011 : Doctorat honorifique de la faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa. 2016 : Commandeure de l'Ordre de Montréal 2016 : Prix Judith-Jasmin Hommage, qui honore l’ensemble d’une carrière journalistique remarquable, par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) 2019 : Parmi les portraits des vingt-et-une Montréalaises exceptionnelles qui se démarquent sur les plans social, scientifique et culturel
Notes et références
Bibliographie
Pascale Ryan, Lise Bissonnette. Entretiens, Montréal, Éditions du Boréal, 2023 Denis Goulet, Bibliothèque et Archives nationales du Québec : un siècle d'histoire, Montréal, Fides, 2015
Liens externes
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