Les apparitions mariales de Green Bay désignent les apparitions de la Vierge Marie qui se seraient produites au début du mois d', et plus particulièrement le , dans la ville de Champion (Wisconsin, États-Unis), à proximité de la ville de Green Bay. Ces apparitions ont été observées par une seule voyante, Adèle Brise, une émigrante venant de Belgique, âgée de 28 ans.
Ces événements n'ont pas été examinés par les autorités de l’Église catholique à l'époque. À la suite de ces événements, la voyante se lance dans une action de formation et d'éducation tant scolaire que spirituelle des enfants de la région. Elle est rejointe par d'autres compagnes et fonde une école qui perdurera durant plus d'un siècle. Une petite chapelle et un petit sanctuaire sont créés progressivement sur le lieu des supposées apparitions, sans intervention de l’Église locale.
En 2009, , évêque de Green Bay, ouvre une enquête canonique en vue d'examiner et éventuellement reconnaître les apparitions. Après un rapport positif de la commission d'enquête, l'évêque reconnaît officiellement, au nom de l’Église catholique survenues en 1859. Aujourd'hui le sanctuaire marial a été classé comme par la conférence des évêques catholiques des États-Unis. Cette apparition mariale est la première et la seule à avoir été officiellement reconnue comme authentique, par l’Église catholique, aux États-Unis.
Récit des événements Le contexte
Les apparitions surviennent un an après les apparitions de Lourdes à Bernadette Soubirou, dans une zone agricole des États-Unis, au Nord de Chicago, à proximité du lac Michigan. La région vit essentiellement de l'agriculture et de l'exploitation forestière des grandes forêts d'épineux qui sont exportés par flottaison sur les rivières et le lac..
Adèle Brise est née en Belgique en 1831. Avec ses parents, elle immigre dans le Wisconsin en 1855. Une forte communauté de colons belges est installée dans cette région des États-Unis..
Les apparitions
Premières apparitions Au début du mois d'À noter que le journal le Catholic Herald, dans son article de 1935, indique que la première apparition se serait produite le 15 août (jour de la fête de l'Assomption de la Vierge Marie), et sur l'année 1858, alors que toutes les autres sources indiquent l'année 1859, et les premiers jours d'octobre. Nous supposons qu'il s'agit d'une coquille dans cet article., Adèle Brise, âgée de 28 ans, se rend à Robinsonville (aujourd'hui Champion) en portant un sac de blé. La ville est distante de 4 miles (environ ). Sur son chemin, Adèle indique avoir vu , au sourire radieux, debout entre deux arbres (un tsuga et un érable). Adèle décrit la femme comme .... Effrayée, la jeune femme s'éloigne et l'apparition disparaît, sans qu'elles aient échangé une parole. Lorsqu'elle parle de cette vision à sa mère, celle-ci ne la prend pas au sérieux.
Le dimanche suivant, le , Adèle se rend à la messe dans la paroisse de , distante de . En chemin, au même endroit que précédemment, elle revoit . Adèle tombe alors à genoux et devient extrêmement pâle. Sa sœur et une autre femme qui marchent avec elle ne voient rien et ne comprennent pas son attitude. Après la messe, la voyante réussit à s'entretenir avec le curé de la paroisse, et lui raconte sa vision et sa frayeurCertains récits rapportent que la jeune femme craignait qu'il ne s'agisse (qui avait besoin de prières pour aller au Paradis).. Elle lui demande conseil et quelle attitude tenir si cela se reproduit. Celui-ci lui dit alors que si elle revoyait l'apparition, elle devrait lui demander: .
Dernière apparition
Ce même jour, le , en rentrant chez elle après la messe, la voyante passe devant les deux arbres en compagnie de ses amies. Adèle voit à nouveau l'apparition sur ce même lieu. Elle tombe à genoux. Ses amies la voient s'agenouiller, mais ne voient pas . Adèle pose alors la question que lui avait indiqué son curé. Et la voyante dit que lui répond : . Puis l'apparition ajoute .
Une des femmes qui accompagne Adèle lui demande alors à qui elle parle car elle ne voit personne. La voyante se tourne vers ses amis et leur annonce : . La voyante rapportera ensuite que la Vierge se retourne alors vers ses amies, les regarde gentiment et dit: . Un dialogue se met en place entre la voyante et l'apparition : - demande la Vierge. - répond la voyante. - - répond Adèle. - .
L'apparition disparaît, Adèle indique à ses compagnes que la Vierge lui demande de faire une neuvaine pour la conversion des pécheurs, puis de s'atteler à travailler pour les âmes des colons qui abandonnent leur religion dans ce nouveau pays et dont les enfants sont élevés sans éducation chrétienne ni connaissance des mystères de la foi.
Suites et conséquences de l'apparition Fondation de l'école thumb|L'église et l'école qui la jouxte (en 2010). Adèle Brise commence alors à se rendre de maison en maison pour enseigner les enfants sur les bases de la foi chrétienne, et leur apprendre des prières. Elle prépare les enfants pour leur première communion et encourage leurs parents à retourner à la messe, sans quoi . Très vite, elle est rejointe par des jeunes femmes qui l'aident dans sa tache d'enseignement. Ces femmes entrent progressivement dans le Tiers-Ordre franciscain.
Lorsque la nouvelle se répand qu’Adèle Brise aurait vu la Sainte Vierge, la plupart des gens croient à son récit. Mais certains considèrent qu'il s'agit d'une illusion et qu'elle est folle. Des gens de plus en plus nombreux viennent l'écouter. La jeune femme est complètement transformée : d'une , elle est devenue .
Durant plusieurs années Adèle se trouve en butte au clergé local qui fustige ses déclarations d'apparition, disant qu'il s'agit d'un mythe. Mais Adèle persiste et continue de raconter ses apparitions à un public toujours plus nombreux. Elle est même menacée d'excommunication par l’Église catholique si elle persiste à parler de ses visions. Mais cela n'arrête pas la jeune femme : elle poursuit à témoigner de sa vision de la Vierge Marie, et continue son travail d'éducation envers les enfants. En 1861 elle construit une école et une nouvelle chapelle sur le terrain donné par un voisin. Une communauté de laïques franciscaines s'installe à côté de l'école pour l'aider à l'enseignement des enfants. Régulièrement des pèlerins malades se rendent sur place et se déclarent guéris .
Lors de l'incendie de PeshtigoL'incendie de Peshtigo va faire et ravager près de ., en 1871, Adèle refuse de quitter la chapelle, malgré l'incendie qui s'approche dangereusement. Elle organise une procession et des prières dans le petit sanctuaire avec les personnes qui y ont trouvé refuge. Alors que toute la région est détruite par les flammes, le terrain sur lequel est bâti le sanctuaire ainsi que les bâtiments qui le composent, et tous les habitants qui y sont réfugiés sont préservés des flammes. En 1880, une nouvelle chapelle est construite en brique, sur le lieu même de l'apparition.
Sœur Adèle, comme les gens l'appellent, décède le . Elle est enterrée dans le cimetière, à proximité de la chapelle du sanctuaire.
Reconnaissance par l’Église catholique thumb|David L. Ricken, en 2012. En 2009, , évêque de Green Bay, fait ouvrir une enquête canonique sur les survenues en 1859 sur le site du sanctuaire de Notre-Dame du Bon-Secours. La présumée voyante, Adèle Brise, étant décédée depuis plus d'un siècle, la commission s'attache à , et de vérifier leur cohérence avec la .
Cette commission est composée de trois théologiens dont les noms n'ont pas été publiés. Mais le vicaire général du diocèse a déclaré que tous les trois avaient une expertise en théologie mariale et . Le vicaire a ajouté que . Dans son enquête, la commission a pris en compte lui permettant de conclure que le témoignage donné par Adèle Brise sur sa vision de la Vierge Marie était crédible. Pour établir cette conclusion, la commission s'est basée sur les directives établies par le Vatican en 1978 concernant le discernement des apparitions mariales
Sur la base des conclusions de la commission, le mercredi , jour de la fête de l'Immaculée Conception, David L. Ricken donne l'approbation officielle de l'Église pour les apparitions mariales qui ont eu lieu en à Champion dans le Wisconsin. Cette annonce est faite dans le sanctuaire de Notre-Dame du Bon-Secours, devant plus de 250 invités. David L. Ricken lit le décret officiel proclamant l'authenticité des apparitions : . L'évêque a également publié un second décret, approuvant formellement le sanctuaire en tant que sanctuaire diocésain...
Le , la conférence des évêques catholiques des États-Unis déclare le petit sanctuaire marial de Champion..
À ce jour (2020), cette apparition mariale est la première et la seule à avoir été officiellement reconnue comme authentique, par l’Église catholique, aux États-UnisSur tout le continent américain, les seules autres apparitions mariales reconnue officiellement sont les apparitions mariales de Notre-Dame de Guadalupe, qui auraient eu lieu à Mexico en 1531..
Sanctuaire de Notre-Dame de Bon-Secours thumb|La chapelle du sanctuaire, construite en 1942.
Quelque temps après la dernière apparition, une première chapelle est construite en bois par Lambert Brise, le père d’Adèle Brise, sur le site même de l'apparition. Cette chapelle mesure 10 pieds sur 12 (soit par ).. Adèle fait construire une petite école à côté de la chapelle pour enseigner les enfants de la région. Par la suite un petit couvent sera construit également sur ce lieu. En 1861, Mme Isabella Doyen fait don des 5 acres (soit ) entourant la chapelle, et une nouvelle église en bois, plus grande ( par 12,2) est construite en remplacement de la chapelle initiale (devenue trop petite). Cette église porte l'inscription , donnant au sanctuaire son nom actuel. Elle a une capacité d'environ 100 personnes.
thumb|Le chemin de croix sur le site du sanctuaire. Le site devient un lieu de pèlerinage populaire et l'église devient bientôt trop petite pour accueillir les pèlerins qui s'y rendent. Une nouvelle église en brique est construite en 1880 et consacrée par l'évêque , le second évêque du diocèse catholique de Green Bay. Les arbres entre lesquels la Vierge serait apparue sont abattus et l'autel de la chapelle est placé sur le lieu même de . En 1885, Adèle reçoit des dons qui lui permettent de construire une nouvelle école et un couvent à proximité de l'église, afin d'accueillir les enfants de la région et d'assurer leur instruction religieuse et scolaire. En plus des salles de classe, l'école intègre une salle de jeu, un salon, un dortoir et une cuisine (pour les enfants).
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Notre-Dame de Bon Secours Sanctuaire National de Notre-Dame de bon secours Jean-Pierre Pernin
Liens externes
du sanctuaire. Récit historique par la Société d'Histoire du lieu. L'histoire de l'apparition sur le site du sanctuaire. du diocèse de Green Bay.
Bibliographie .
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