vignette|Urne de vote pour l'élection présidentielle américaine de 2020. Les tentatives de renversement des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020 font référence aux nombreuses actions entreprises par Donald Trump (Parti républicain), président des États-Unis sortant, ses avocats et ses partisans en vue de retourner les résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020 qu'il perd face à Joe Biden (Parti démocrate). Refusant de reconnaître sa défaite, alléguant de façon mensongère que ce sont des fraudes et irrégularités dans le processus électoral qui ont permis la victoire de son adversaire, il affirme que la sienne aurait par conséquent été . Donald Trump revendique à de nombreuses reprises une victoire .

Les tentatives de Trump et de ses alliés de conserver le pouvoir malgré la défaite se manifestent dès le soir des élections par de multiples allégations, accompagnées après la proclamation des résultats d'une très largement rejetés à travers le pays (jusqu'à la Cour suprême), de théories du complot, de pressions sur les officiels républicains dans les États-clés où Joe Biden l'a emporté, et des manifestations de partisans de Trump autour du slogan « Stop the Steal! » ("stoppez/arrêtez le vol" en français).

Si ces allégations infondées échouent à convaincre la justice, elles jettent le doute dans l'esprit de millions d'Américains, conduisant certains d'entre-eux à se lancer à l'incitation du président Trump à l'assaut du Capitole le , au moment où le Congrès procède à la certification des votes du collège électoral, dans le but de bloquer cette étape finale du processus électoral de 2020. La Chambre des représentants vote la mise en accusation et une nouvelle procédure de destitution contre Donald Trump en qui voit son acquittement.

En , la justice fédérale américaine inculpe Donald Trump pour « Complot contre les États-Unis ». Celle de l'État de Georgie où la pression de Trump et de ses partisans a été particulièrement forte, l'inculpe le même mois en compagnie de dix-huit co-accusés pour notamment « fausses déclarations et faux documents, usurpation de fonction publique, faux et usage de faux, pressions sur des témoins... »

Description Durant plusieurs jours après la tenue de l’élection présidentielle américaine de 2020, aucun vainqueur n’est annoncé, en raison notamment de l’importance du vote par correspondance. Les médias annoncent finalement la victoire de Joe Biden quatre jours après le scrutin.

L'équipe de campagne de Donald Trump et ses avocats contestent dès lors les résultats de l'élection, notamment dans les États-clés, où le président sortant aurait dû « retourner » dans quatre d’entre eux pour être réélu« Présidentielle américaine : malgré son retard de 7 millions de voix, Trump aurait pu l’emporter en « retournant » 32 507 voix dans quatre Etats-clés », Le Monde, 4 janvier 2021. Le président refuse ainsi de concéder sa défaite, affirme qu'il a largement gagné l'élection et que sa victoire lui a été volée ; le slogan « stop the steal » devient le cri de ralliement de ses centaines de milliers de partisans. Soixante requêtes sont déposées auprès de multiples tribunaux locaux, nationaux et fédéraux et de multiples accusations et allégations sont proférées au cours de conférences publiques ou de déclarations, par Trump, ses avocats et ses partisans. Au , seule une des 60 requêtes auprès des tribunaux a été gagnée, toutes les autres ont été perdues ou rejetées..

Grâce à ses allégations accréditées par l'écosystème médiatique qui le soutient, des membres de son gouvernement, de nombreux républicains de la Chambre des représentants, quelques sénateurs, et constamment répétées, des dizaines de millions d'Américains croient que l'élection a été truquée et volée à Trump., appuyés par les tweets du président à l'attention de ses 88 millions d'abonnés, qui répète quasi quotidiennement les mot (« truqué/trafiqué ») et .. Aucune preuve n'étaye pourtant ces allégations, comme le déclare notamment après enquête le ministre de la justice Bill Barr, instantanément renvoyé de son poste par Trump.. , le directeur de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA), qui a souligné que celle du , est lui aussi directement limogé par Trump..

Début janvier, en particulier le , jour où le congrès doit entériner les votes des grands électeurs du , les manœuvres et allégations connaissent leur apogée avec des appels de Trump à son vice-président Mike Pence d'entraver cette procédure en . et à ses partisans de marcher sur le capitole.. Le New York Times indique, dans un article intitulé « 77 jours : la campagne de Trump pour retourner les élections » :

Antécédents Allégations sur les résultats de 2012 et 2016 Lorsque les résultats de l'élection présidentielle de 2012 ont été publiés, annonçant la victoire de Barack Obama, Donald Trump considère déjà que les électeurs républicains ont été floués et publie sur son compte Twitter des appels à refuser le résultat :

Lors des primaires républicaines, alors que Ted Cruz l'a devancé dans l'Iowa, Trump se déclare victime d'une fraude .

Des observateurs notent que lors de la campagne de 2016, Trump n'a jamais voulu dire qu'il aurait accepté les résultats, eut-il perdu.... En contradiction avec les chiffres officiels (Hillary Clinton, qu'il a battue par 306 à 232 au collège électoral, l'a devancé de 2,8 millions de voix et deux points de pourcentage au niveau du vote populaire), il affirme qu'il . En accord avec cette allégation, il refuse de certifier le décompte des voix populaires en évoquant le fait que 3 millions d'immigrés illégaux auraient voté pour Clinton..

Une administration sous contrôle Peu avant les élections de 2020, en , Trump signe un décret qui institue une nouvelle catégorie d'employés fédéraux, l'annexe F. Celle-ci comprend tous les fonctionnaires de carrière dont le travail inclut l'« élaboration de politiques ». Concrètement, cela a pour effet que ces employés ne bénéficieront désormais plus des protections caractéristiques de la fonction publique contre des licenciements arbitraires [c.à.d. en raison de divergences politiques], mais seront soumis aux mêmes règles que les personnes recrutées pour des postes purement politiques. La nouvelle qualification pourrait s'appliquer à des milliers d'experts non partisans, tels que des scientifiques, qui conseillent les personnes nommées pour des raisons politiques et qui dirigent leur ministère.. Les chefs de toutes les agences fédérales reçoivent alors l'ordre de communiquer, avant le , une liste de postes pouvant être reclassés dans l'annexe F. Ainsi, l'Office of Management and Budget présente-t-elle en novembre une liste qui comprend 88 % de ses effectifs.. Les organisations d'employés fédéraux et les démocrates du Congrès cherchent sans succès à faire annuler l'ordre par des procès ou des projets de loi. Les démocrates de la Chambre soulignent dans une lettre que ce décret risque d’..

Mise en cause de la légitimité de Kamala Harris En , dès que Joe Biden fixe son choix sur Kamala Harris pour qu'elle soit sa co-listière, Trump met en doute le fait qu'elle soit née sur le sol américain, et donc qu'elle ait la nationalité américaine. Les observateurs rappellent qu'il avait, de la même manière, mis en cause le lieu de naissance de Barack Obama, alléguant qu'il était né au Kenya et n'était donc pas légitime pour être élu président des États-Unis..

Défiance exprimée avant la publication des résultats de 2020 Dans les mois qui précèdent l'élection de début novembre, Trump exprime à de multiples occasions sa défiance vis-à-vis du vote par correspondance, alors même qu'il avait l'habitude de voter par correspondance lors des élections précédentes... Fin juillet, il suggère de reporter l'élection présidentielle, afin de garantir l'intégrité du scrutin. Des parlementaires républicains désapprouvent et plusieurs experts du droit déclarent que cette manœuvre nécessite de modifier la loi fédérale de 1845 par un improbable vote bipartisan du Congrès... Il déclare à plusieurs reprises, et ce dès le mois d'août, qu'il est impossible qu'il perde cette élection, qu'.. En octobre, Trump tweete

Les analystes prévoient qu'une très faible proportion des électeurs républicains votera par correspondance, l'inverse étant vrai pour les démocrates. Dès lors, au moment du décompte, on peut anticiper que, du fait que les votes par correspondances sont dépouillés après les votes en personnes, des États paraissent avoir été gagnés par Trump avant que le décompte des votes par correspondance n'inverse le résultat. Les analystes s'attendent à ce qu'une défaite attribuable à ces votes par correspondance soit accusée d'être frauduleuse par Trump. En octobre, Steve Bannon lance une campagne nationale avec pour thème « Le complot pour voler 2020 »..

Contexte médiatique Des observateurs notent que depuis plusieurs années les grands médias américains ont progressivement abandonné la recherche de neutralité pour prendre des postures partisanes, soit pro-républicain et pro-Trump, soit pro-démocrate et anti-Trump. Sandrine Cassini pour le journal Le Monde note que .. Jim Bittermann considère que le virage des médias nationaux date des années Reagan, lorsque celui-ci a aboli une loi demandant aux médias un traitement équitable des différentes thèses. L'analyse révèle que ce virage partisan est rémunérateur pour les médias, même s'il entraîne une polarisation des audiences. Selon l'analyse du Monde, la France n'est pas à l'écart de cette tendance, avec l'émergence de CNews qui met en avant des polémistes professionnels tel qu'Éric Zemmour. Ce contexte médiatique amplifie la polarisation de la population, chacun n'étant exposé qu'aux thèses auxquelles il adhère déjà.

Victoire de Biden et thèses défendues Lors de la nuit de l'élection, Donald Trump déclare qu'il a gagné, dénonçant sans preuve des .. Comme le comptage des votes a démarré par les bulletins déposés le jour même dans l'urne, avant de se poursuivre par le dépouillement des votes par anticipation très largement utilisés par les électeurs démocrates, le président monte directement au créneau le lendemain : , écrit-il dans un tweet immédiatement effacé par Twitter avec le « Very Strange » écrit en lettres capitales.. Il répétera de nombreuses fois au cours des deux mois suivants cette allégation selon laquelle son avance a disparu « par magie ». Cette tactique du camp Trump avait été décrite comme probable par Serge Halimi en octobre, l'évolution du score à la fin du décompte étant parfaitement prévisible. Trump affirmera à des nombreuses reprises qu'il a en fait obtenu une victoire écrasante (I won by a landslide, en français "J'ai gagné haut la main"). Le , les médias américains annoncent la victoire de Joe Biden. Le , le Collège électoral officialise le score de 306 grands électeurs à 232 en faveur du candidat démocrate, qui devance par ailleurs son adversaire de plus de 7 millions de voix au niveau du vote populaire (51,4 % à 46,9 %)..