Nicolas Boindin, né le à Paris où il est mort le , est un écrivain et dramaturge français.

Biographie Il entre d'abord dans le corps des mousquetaires, mais sa mauvaise santé l'en fait sortir bientôt. Comme son père Nicolas Boindin avant lui, il devient alors procureur des Trésoreries de France, charge qui lui laisse tout loisir de s'occuper de littérature.

Parmi les comédies qu'il compose, trois sont jouées au Théâtre-Français : Les Trois Gascons, Le Bal d'Auteuil et Le Port de mer. La première, écrite en collaboration avec Antoine Houdar de La Motte, connaît une quinzaine de représentations. La seconde, qui amuse pourtant bien les Parisiens, est rapidement frappée d'interdiction, ayant déplu à la mère du régent, qui trouve indécentes les agaceries réciproques auxquelles se livrent deux jeunes filles déguisées en hommesAntoine-François Delandine, Bibliothèque de Lyon. Catalogue des livres qu'elle renferme dans la section du théâtre, Paris, Renouard, .

Dans ses mémoires, Nicolas Boindin parle de cette interdiction et de ses motifs : . La troisième, qui est selon Voltaire , obtient un succès honorable et restera au répertoire pendant plus de cent ans.

C’est néanmoins en ville, bien plus que sur scène, que se forge la réputation de Boindin. Pour le voir et l’entendre, une seule adresse : le café Procope.

Chamfort a raconté que Boindin, qui professait ouvertement son athéisme, avait imaginé un jargon particulier pour pouvoir discuter tranquillement de philosophie et de religion avec les habitués du Procope. L'âme était appelée « Margot », la religion « Javotte », la liberté « Jeanneton » et Dieu « M. de l'Être ». Un homme de mauvaise mine les aborda un jour et leur demanda : , répliqua DiderotVictor Du Bled, La Société française du , série, Paris, Perrin, 1900-1913, . La réplique est attribuée par d'autres sources à Boindin lui-même..

En 1706, Boindin entre à l'Académie royale des inscriptions et médailles, dont il devient membre associé en 1712. Il y fournit quatre mémoires, dont un sur le théâtre des anciens. Il est nommé censeur royal par le chancelier Pontchartrain. Entre 1717 et 1719, il publie deux séries de Lettres historiques sur les théâtres parisiens. Il a de plus hautes ambitions, mais le cardinal de Fleury met son veto à l'entrée de ce libre-penseur à l'Académie françaiseMaurice Barthélemy, Documents historiques. La Libre-Pensée et ses martyrs, petit dictionnaire de l'intolérance cléricale, Paris, Librairie de propagande socialiste et anticléricale, 1904, ..

Lorsqu'il meurt d'une fistule, en 1751, le curé de Saint-Nicolas-des-Champs lui refuse d'abord la sépulture, mais sa famille obtient de le faire inhumer incognito, à trois heures du matin. On a trouvé, après sa mort, deux écrits de lui sur « l'affaire des couplets », qui avait valu son bannissement à Jean-Baptiste Rousseau, mais qui n’a jamais été tirée au clair.

L'auteur de sa notice dans le Répertoire du Théâtre-Français jugea son œuvre en ces termes :

Œuvres Théâtre Les Trois Gascons, comédie en 1 acte, avec Antoine Houdar de La Motte, Paris, Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain, . Le Bal d'Auteuil, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain, . La Matrone d'Éphèse, comédie, avec Antoine Houdar de La Motte, 1702. Le Port de mer, comédie en 1 acte et en prose, Paris, Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain, . Le Petit-Maître de robe, comédie en un acte et en prose, 1753. Mémoires Lettres historiques à Mr D*** sur la nouvelle Comédie italienne, dans lesquelles il est parlé de son établissement, du caractère des acteurs qui la composent, des pièces qu'ils ont représentées jusqu'à présent, et des aventures qui y sont arrivées, 1717-1718 Texte en ligne : ] Lettres historiques sur tous les spectacles de Paris, 1719, . Mémoire pour servir à l'histoire des couplets de 1710, attribués faussement à M. Rousseau (par N. Boindin). Le véritable paquet adressé à M. Boindin et, par conséquent, le vrai corps du délit, 1752, . Mémoires pour servir à l'histoire du célèbre Rousseau, où l'on prouve que les fameux couplets qui lui ont été faussement attribués sont réellement de La Motte, Saurin et Malafer. Nouvelle édition, augmentée du vrai caractère de Rousseau, en deux lettres de M. Racine et une de M. l'abbé d'Olivet, 1753. Discours sur la forme et la construction du théâtre des anciens, 1761. Œuvres réunies Œuvres de théâtre, 1746 Texte en ligne Œuvres de monsieur Boindin, 2 vol., 1753, .

Notes et références

Sources biographiques . Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du , vol. II, 1868, .

Liens externes

Catégorie:Écrivain français du XVIIIe siècle Catégorie:Dramaturge français du XVIIIe siècle Catégorie:Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres Catégorie:Naissance en mai 1676 Catégorie:Naissance à Paris au XVIIe siècle Catégorie:Décès en novembre 1751 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès à 75 ans