La de circulation est une unité militaire française.
Lors de la réorganisation de l'Armée de terre en 1984, la Division Blindée de Strasbourg est dissoute et son escadron de circulation (le EC) fait mouvement vers Auxonne pour devenir l'escadron de circulation de la force d’action rapide. Arrivé à Auxonne le , il prend le l'appellation de Escadron de Circulation et hérite des traditions de la Compagnie de Circulation Routière ( CCR). L'escadron de circulation et d'escorte du Régiment du Train d'Auxonne est actuellement porteur des traditions de la CCR.
Historique et filiation de la Compagnie de Circulation Routière
Cet historique ne traite que du passé de l'unité sous son appellation de Compagnie de Circulation Routière sous laquelle elle s'est brillamment comportée en Cochinchine et a gagné la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec étoile d'Argent.
1945 - Création à Saint-Raphaël (Var) du de circulation routière ( DCR) affecté à la Division d'Infanterie Coloniale ( DIC) qui fait mouvement vers l'Indochine. 1946 - Le est créé à Saïgon, à partir du DCR 61, la Compagnie de circulation routière, elle est stationnée à l'hippodrome de Phu-To 1954 - Le la CCR devient CCR 1955 - À sa création le Groupement de circulation routière 603 intègre la CCR qui devient 2/603 1956 - Le GCR est dissous à Constantine après son transfert en Afrique du Nord et la 2/603 devient alors CCR 1963 - La CCR devient CCR au puis elle est rapatriée en métropole avant d'être dissoute en décembre au camp de Sissonne (Aisne). 1984 - Le le Escadron de circulation devient EC et hérite des traditions de la CCR d'Indochine, stationné à Auxonne. 1991 - Le le Escadron de Circulation, successeur de la Compagnie de Circulation Routière, est dissous. Le , le Régiment du Train change de structure, et crée, en lieu et place du EC. dissous, le Escadron de Transport.
Les commandants d'unité
1946-1947 : lieutenant Vignardou (Mort au combat) 1947-1949 : capitaine Jais 1949-1950 : capitaine Mazeiraud 1950-1951 : capitaine Reynaud 1951 : capitaine Latry 1951-1952 : capitaine Paillot 1952-1953 : capitaine Esvan 1953-1954 : lieutenant Thevenet 1954 : capitaine Thevenet
1984-1985 : capitaine B. Steinmetz 1985 : capitaine E. Segura
Étendard
Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'Armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007:
Indochine 1946-1954
Décorations Sa cravate porte la croix de guerre TOE avec une étoile d'Argent.
Devise
"Toujours plus haut" Missions de la Compagnie de circulation routière de 1946 à 1954 En , la CCR rejoint le corps expéditionnaire chargé de récupérer les provinces rétrocédées par le Siam. À cette occasion, elle assure la protection de nombreux convois et effectue des reconnaissances de type cavalerie légère.
En , de retour à Saïgon, après avoir laissé son deuxième peloton détaché au Cambodge, la CCR prend à son compte le contrôle et la régulation de la circulation civile et militaire du Sud de l'Indochine : autour de Saïgon vers Ban Me Thuot, Dalat et Mỹ Tho et autour de Phnom Penh vers Kampot, Siem Riep, Kompong Cham et Phu Lam, autour de Phnom Penh à Neak Luong, Kompong Cham et Kompong Luong.
Ces postes isolés ainsi que le P.C. de la Compagnie installé à l'hippodrome de PhU To seront très souvent attaqués jusqu'en 1954 ; à chaque fois, l'assaillant sera repoussé. En plus de ces missions extérieures, la CCR participe aux patrouilles de sécurité de jour comme de nuit à l'intérieur de l'agglomération de Saigon-Cholo. Elle assure, en outre, de nombreux piquets d'honneur et escortes d'autorité (Haut Commissaire, Général commandant supérieur du Cambodge…)
Son activité principale, la plus dangereuse et la plus délicate à l'époque, était la participation au guidage, à la défense et la sûreté des convois. La Compagnie y a payé un lourd tribut. Le , son premier commandant d'unité, le Lieutenant Vignadou ainsi qu'un sous-officier, chef de peloton, et 5 conducteurs disparaissaient dans une embuscade à Mỹ Tho ; le , une patrouille en escorte de convoi submergée par le nombre des assaillants laisse 4 morts et 2 blessés.
À la suite de l'embuscade meurtrière de la Lagna, où la CCR a 4 tués, le , le commandement s'oriente vers une nouvelle solution. Au lieu des convois escortés, on décide d'une technique nouvelle : celle de la « route gardée ». L'effectif des postes est renforcé afin de permettre une surveillance mobile des itinéraires, par ailleurs les convois sont formés et mis en route à partir de gares routières (la CCR en tient 4 : Biên Hòa, Bencat, Thu Dau Mot puis après le départ de la CCR de Saigon).
Les distances entre véhicules étant augmentées (), l'accompagnement par un élément de circulation devient indispensable pour assurer la police des convois. La CCR accompagne les colonnes vers Vinh Long jusqu'à Mỹ Tho, vers Dalat jusqu'à Dinh Quan et vers Ban Me Thuot jusqu'à Bu Dangs Rey l'accompagnement était alors pris en charge par la CCR.
Du fait des effectifs peu importants d'une compagnie, de la zone de responsabilités très étendue, de l'insécurité permanente et des missions nombreuses (reconnaissances, fléchage, surveillance, accompagnement, contrôle et régulation, service des gares routières à quoi il faut ajouter patrouille en ville, piquets d'honneurs et escortes), le personnel de la CCR a été soumis à rude épreuve. Malgré tout, leurs missions ont toujours été remplies et leur comportement a toujours été exemplaire, aussi la compagnie s'est elle vue récompensée en 1953 par l'attribution d'une Croix de Guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures avec étoile d'Argent (texte de la citation à l'ordre de la Division).
La fin des hostilités voit l'afflux de réfugiés du Tonkin. Après tant de combats, l'unité se dévoue totalement à sa nouvelle tâche toute humanitaire : accueillir cette foule désemparée et déracinée, diriger ces pauvres gens sur des foyers provisoires et leur donner un premier réconfort.
Le , la CCR devient CCR. En dépit des difficultés de toutes sortes, tant au combat qu'en effectifs, qu'en matériel, la CCR est fière d'avoir rempli sa tâche jusqu'au bout, consciente d'avoir en même temps que toutes les unités d'Indochine, participé à l'œuvre gigantesque de civilisation et de pacification que la France a entreprise dans ses possessions d'Extrême-Orient.
Journal de marche et des opérations de 1946 à 1954 Année 1946 1946 : Le , le Détachement de la circulation routière de la d'infanterie coloniale embarque à Marseille pour l'Indochine. L'arrivée des premiers éléments se fait le à Saïgon. Le , tous les éléments du DCR ont rejoint leur unité. Ce jour-là, le DCR de la DIC est constitué en Compagnie et devient la Compagnie de circulation routière. C'est à partir du que la CCR devient Compagnie autonome. À cette date, l'unité est commandée par le lieutenant Vignardou ; son adjoint est le sous-lieutenant Lallart. Le , la CCR remplace dans ses positions la CCR partant pour le Laos et le Cambodge (gares routières, patrouilles de jour et de nuit). Elle assure le service d'ordre au Port. Le , elle repasse sous les ordres de la DIC. Du 6 au , elle repasse ses consignes de circulation de Saïgon-Cholon à la CCR (fléchages d'itinéraires, liaisons). Durant cette année, la CCR assure essentiellement des patrouilles de police de la route et de sécurité ainsi que de missions de jalonnement, de service d'ordre de reconnaissance et de contrôle.
Année 1947 1947 : En février, elle participe aux opérations des provinces rétrocédées au Cambodge. On lui confie la circulation de l'axe Saïgon-Dalat. Par ses postes fixes de Baqueo Binh Loi, Phu Lam, Neak Luong, Kompong Luong, elle contrôle toutes les principales routes d'Indochine Sud et y régule tout le trafic routier dans ses principaux axes : Saïgon vers Mỹ Tho et Dalat, Phnom Penh vers Kampot, Siemreap, Kompong Cham, Battambang. Elle contrôle également la circulation routière à l'intérieur de la place de Saïgon Cholon en faisant des patrouilles de jour et de nuit. Elle participe à de nombreuses opérations de nuit en liaison avec les commandos à l'intérieur ou dans les environs de la ville de Cholon.
En , un peloton de la CCR est détaché au Cambodge sous l'autorité du commandement des forces de ce royaume. Il fournira toutes les escortes et piquets d'honneur lors du voyage du haut-commissaire et du général commandant supérieur du Cambodge à Phnom Penh, les patrouilles de nuit du assurent des missions de circulation et de sécurité sur ordre du colonel commandant les forces du Cambodge. Le peloton de circulation routière, chargé du contrôle aux points sensibles, est lui fractionné à Svay Rieng, Neak Luong, Kompong Luong et Kompong Cham ; deux postes en réserve assurent la police de circulation à Phnom Penh. Le , le convoi de Cantho est attaqué : un convoi de 13 véhicules militaires et 28 véhicules civils, dont 2 V.L. transportant le ministre de l'Éducation Nationale de Cochinchine et le sous-secrétaire d'État à l'information, tombe à 10H45, dans une grosse embuscade, dans le village de Tan Hiep, à l'ouest de Mỹ Tho. Plusieurs mines explosent au passage du camion de l'escorte et des deux V.L. dont tous les occupants sont tués. Aussitôt, les rebelles déclenchent le tir de leurs armes automatiques. Un conducteur de la 2/519 C.T. est tué à son volant. Les autres chauffeurs de cette compagnie, le poste de circulation de la CCR, ripostent et tiennent jusqu'à l'arrivée des A.M. de secours que le maréchal-des-logis Denis, de la 2/519°, après avoir réussi à faire demi-tour sous le feu adverse, est allé chercher à une dizaine de kilomètres en arrière. Le bilan est lourd : 42 tués et 4 disparus, parmi lesquels outre les deux ministres, le lieutenant Vignardou, 1 sous-officier et 5 conducteurs de la CCR, 1 conducteur de la 2/519 et le chef de convoi, 12 blessés, 8 véhicules militaires détruits et 4 civils tués.
Le , un nouvel accrochage léger se produit sur la route de Vinh Long. Durant les mois suivants, les nombreux convois sur Vinh Long sont réorganisés ; ils seront désormais sous la conduite d'un officier des blindés, un officier et un sous-officier du Train devenant son adjoint. L'espacement des véhicules sera de , des éléments mobiles de circulation assurant la police du convoi sont fournis par la C.C.R ; ces éléments sont en liaison radio avec les éléments mobiles de sécurité, d'intervention rapide. Des barrages (tranchées ou abattis) ralentissent souvent ces convois. En , la CCR reçoit un nouvel armement : les mitraillettes Sten en remplacement des mitraillettes Thompson.
Le sur la route de Ban Me Thuot, un convoi est attaqué. Un convoi de 80 véhicules (10 militaires et 70 civils) roule en direction de Ban Me Thuot. Il comporte outre une rame spéciale de 18 véhicules civils chargés d'essence et de munitions, 1 escorte d'infanterie et 2 A.M. aux ordres du lieutenant Petitfils de la Compagnie auto du Sud Annam, 1 poste de circulation de la CCR -5 hommes et 2 radio- et l'élément de dépannage fourni par le GT 511. A 11H40, l'escorte de tête atteint le village de Dong Xoai au P.K. 105, au moment où une mine saute devant le véhicule du P.C.R. au P.K. 101. Simultanément, la fusillade éclate. Le combat se poursuit jusqu'à 12H30, moment où l'intervention d'une patrouille d'avions provoque le décrochage des rebelles. Au total, le convoi compte 9 morts dont 2 agents de circulation, 15 blessés parmi lesquels le lieutenant Petitfils et 2 conducteurs de la CCR vingt véhicules sont détruits.