La rue de l'Arc-en-Ciel (en alsacien : Räjeböjegass) est une voie de Strasbourg.

Situation et accès Cette rue qui est rattachée administrativement au quartier Centre, va de la place Saint-Étienne à l'angle de la rue des Récollets et de la rue du ParcheminMaurice Moszberger (dir.), « Arc-en-Ciel (rue de l') », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), , d'où elle se prolonge par la rue Brûlée.

Origine du nom Elle porte ce nom en raison d'une enseigne Zum Regenbogen (« à l'Arc-en-Ciel ») qui se trouvait au de la place Saint-Étienne.

Historique C'est une rue très ancienne dont le tracé, lié à la présence de l'enceinte du camp romain (castrum) construit le long du canal des faux-remparts au , est très sinueux, probablement du fait de la multiplication d'immeubles s'appuyant sur le mur de défense (numéros pairsRoland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, Colmar, 1998 (nouvelle édition remaniée), ). Son nom fait d'abord référence à l'église Saint-André qui occupe presque toute la rue des Récollets, puis au couvent d'Antonites venus s'installer à Strasbourg en 1277. Avec leur disparition au moment de la Réforme, la rue prend son nom actuel, en écho à l'enseigne Zum Regenbogen (« à l'Arc-en-Ciel ») qui se trouvait au de la place Saint-Étienne.

vignette|upright|gauche|Plaque bilingue, en français et en alsacien. Elle porte ainsi successivement les dénominations suivantes, en allemand ou en français : Bei St. Andreas (), Antoniengasse (1367), St. Antoniengasse (1419), Thengengasse, Tengengasse, Thenger-GasseThenge = Antoine. (1580), Dintenhörnlingesselin (1580), Dinterhorngasse (1587), St Andreasgasse (1587), Regenbogengasse (1680), rue des Augustins (1740), rue de l'Arc-en-Ciel (1680), rue Saint-Antoine (1765), rue de l'Arc-en-Ciel (1792, 1794, 1817, 1849, 1918), Regenbogen-Gasse (1817, 1872, 1940), puis, à nouveau, rue de l'Arc-en-Ciel après 1945.

À partir de 1995, des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, sont mises en place par la municipalité lorsque les noms de rue traditionnels étaient encore en usage dans le parler strasbourgeois« L'alsacien a droit de rue à Strasbourg », Libération, 31 mars 1995, . Le nom de la rue est ainsi sous-titré Räjeböjegass.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Datant de 1730 environ, la maison se distingue par un portail dont la conception est alors peu répandue, même si on en observe un autre exemple au de la rue des Serruriers (ancien hôtel Janin) : la clé d'arcades repose sur deux pilastres aux cannelures interrompues par des pierres de taille dépourvues de décor. Elle est surmontée par une grosse agrafe sculptée. Les transformations réalisées vers 1781-1783 lui confèrent son aspect actuel<ref name="MAI">« 4, rue de l'Arc-en-Ciel », Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle''' </ref>, avec une façade associant l'assimilation et de la diffusion du style Régence à une touche rococo, comme en témoignent notamment les appuis galbés des fenêtres. Elle est divisée en trois étages séparés par des bandeaux de pierre. La porte cochère est encadrée d'une arrière-voussure à refends, surmontée d'un fronton curviligne. Le linteau des encadrements de fenêtre est orné d'une fausse clé. La façade de cette maison bourgeoise du , ajourée de quatre travées de baies, a été remaniée en 1765 et 1768. Elle présente quelques similitudes avec celle du . Deux mascarons représentant Bacchus et Mercure ornent les travées centrales du premier étage« Arc-en-Ciel (rue de l'). N° 6 », Les Mascarons de Strasbourg . La maison est reconstruite probablement en 1738, en tout cas avant 1743. La façade possède quatre niveaux et trois travées. Elle est ornée d'un seul mascaron qui représente une Aurore légèrement souriante, avec l'étoile du matin sur le front« Arc-en-Ciel (rue de l'). N° 9 », Les Mascarons de Strasbourg . (anciens ) Sur cet emplacement se trouvait l'église des Antonites construite en 1446. Son portail a été déposé en 1972. De l'ancien couvent des Récollets construit entre 1746 et 1749 par Gaspard-Théodore Rabaliatti et Charles Hisky, il ne subsiste que les trois ailes encadrant une cour rectangulaire entourée d'arcades. Cette maison Renaissance possède un oriel rectangulaire en pierre de 1587 Adolphe Seyboth, « Regenbogengasse. Rue de l'Arc-en-Ciel », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, .

Cet hôtel bourgeois est improprement connu comme l'« hôtel de Marabail », du nom de son deuxième propriétaire. Il a été construit vers 1742 pour Jean Georges Horrer, conseiller du Roi et trésorier de la Chancellerie au Conseil souverain d'Alsace à Colmar, sur des plans de Jacques Gallay. C'est en 1764 qu'il est vendu à Antoine (de) Marabail, commissaire de guerre« Arc-en-Ciel (rue de l'). N° 15 », Les Mascarons de Strasbourg . La façade, à quatre niveaux et quatre travées de fenêtres, est ornée de huit mascarons : au premier étage, les Quatre parties du monde ; au second étage, les Quatre saisons. Cette façade (vantaux de la porte et ferronnerie compris), l'escalier et les boiseries des deux pièces au rez-de-chaussée font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1929.

La maison, qui présente plusieurs façades, n'est pas dans l'alignement de ses voisines. Elle est dotée d'un petit jardin qui occupe l'angle« 17, rue de l'Arc-en-Ciel (Strasbourg) », ArchiWiki .

Côté pair, la rue se termine le long de l'ancien couvent des RécolletsCollectif, Strasbourg 1900. Naissance d'une capitale, Somogy, 2000, qui abrite depuis 1974 le siège de l'association dite Fondation européenne de la science (ESF). (anciens ) Au la maison appartenait à des horlogers. Elle est ensuite réunie au bâtiment voisin. En 1845, une porte unique est ajoutée dans un encadrement ancien, ainsi qu'un troisième étage« 23, rue de l'Arc-en-Ciel », Maisons de Strasbourg. Étude historique .

Côté impair, un restaurant forme l'angle avec la rue du Parchemin.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Maurice Moszberger (dir.), « Arc-en-Ciel (rue de l') », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, Colmar, 1998 (nouvelle édition remaniée), Adolphe Seyboth, « Regenbogengasse. Rue de l'Arc-en-Ciel », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, Adolphe Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque depuis son origine jusqu'en 1870, L'Imprimerie alsacienne, 1894,

Articles connexes Liste des voies de Strasbourg

Liens externes « Rue de l'Arc-en-Ciel (Strasbourg) » (ArchiWiki) « Arc-en-Ciel (rue de l') : Regenbogengass » (Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle'')

Arc-en-Ciel Catégorie:Odonyme se référant à l'arc-en-ciel