vignette|Débroussaillement d'un espace à Abidjan, en Côte d'Ivoire. vignette|Ici, des chèvres sont utilisées par l'US Army pour débroussailler la Base navale de Kitsap (Bangor), pour, notamment lutter contre des espèces invasives (elles apprécient par exemple la Renouée du Japon). vignette|Débroussaillage avec broyage le long d'une voie ferrée. vignette|Zone débroussaillée autour d'une maison entourée d'arbres (exemple fourni par le Natural resources conservation service, en Californie où la gravité des feux de forêts ne cesse de croître).
Le débroussaillement (ou débroussaillage) est l'action de réduire . Il vise généralement à faciliter certains accès, à favoriser certaines espèces (chêne-liège, fruitiers par exemple) et/ou à diminuer l'intensité, la gravité et la vitesse de propagation des incendies dans les régions concernées par des sécheresses. Dans le contexte de la prévention des incendies autour des habitations et infrastructures, .. Il s'agit notamment de créer des discontinuités entre les taches de végétation au sol pour que le feu ait moins de combustible à brûler (ce qui le rendra moins puissant) et pour qu'il se propage moins facilement au sol..
C'est une pratique courante en zone méditerranéennes pour prévenir le risque que des incendies de forêt se communiquent aux habitations ou zones urbanisées, mais avec des conséquences pour la biodiversité et la résilience forestière dans ces régions car, répété tous les 3 à 5 ans (voir annuellement dans certaines zones), il détruit plusieurs des strates naturelles des boisements, ce qui peut participer à la déshydratation des sols, et surtout entraver à long terme la régénération naturelle, car il élimine de manière récurrente les semis naturels. Dans le contexte émergent des mégafeux, le débroussaillage peut en outre ne pas avoir d'effet..
Avec des précautions particulières, il peut et doit être effectué le long des accotements d'infrastructures (routes, autoroutes, voies ferrées, aéroports, canaux, fossés, watringues). Des fauches ou pâturages extensifs répétés permettent d'éviter l'apparition du stade « broussaille ». En forêt, la gestion des résidus de débroussaillage peut être associée à celle des rémanents (broyage, compostage in situ… pour rendre la matière organique au sol et améliorer sa capacité de rétention d'eau).
Types de débroussaillements On distingue cinq grands types de débroussaillementsEspace Mont Blanc (2007) Méthodes de débroussaillage. Réalisation Edimontagne, Impression Musumeci, Italie, 20 p.Gomila H (1993) Incidences du débroussaillement sur la flore, la végétation et le sol, dans le sud-est de la France. Thèse, 195 p. :
débroussaillement manuel : privilégié dans les situations topo-édaphiques difficiles et les sites sensibles (aire naturelle protégée…). Il permet notamment de sélectionner et conserver les espèces les moins combustibles ou rares, protégées, menacées débroussaillement mécanique : il est devenu le moyen plus courant. Il peut avoir une forte incidence sur le sol et la biodiversité, plus ou moins selon le contexte écologique et selon la période de fauche ou de girobroyage, la hauteur de coupe, la surface traitée ; il peut favoriser certaines espèces pionnières invasives et/ou rejetant de souche, éventuellement très combustibles ; débroussaillements chimiques, via des pesticides phytocidesBarbero M, Loisel R & Quézel P (1988) Perturbations et incendies en région méditerranéenne française. Inst. Estud. Pyrenaicos Jaca y Huesca, 12, p. 409-419. ou des inhibiteurs de croissance (nanifiants)Delabraze P (1990) Phytocides et nanifiants pour l'entretien des coupures de combustibles et de pare-feu en région méditerranéenne. Revue Forestière Française, 42 n°spéciale "Espaces forestiers et incendies" : p. 135-139.. En raison de la toxicité des produits utilisés et de leurs impacts écologiques, il est de plus en plus réglementé, voire interdit ; sylvopastoralisme, écopastoralisme : le sylvopastoralisme se montre très efficace selon l'INRA (1990)NRA-Ecodéveloppement, CERPAM (1990) Espaces forestiers, élevage et incendies. Revue Forestière Française, 42 n°spéciale "Espaces forestiers et incendies" : voir p. 156-172., mais n'est économiquement rentable que dans les parcelles où la végétation a une valeur nutritive suffisante, sinon les troupeaux préféreront écorcer les arbres pour se nourrir ; brûlage dirigé : éventuellement associé au pâturage (Legrand, 1992)Legrand C. (1992) Régénération d'espèces arbustives méditerranéennes par rejet ou semis, après brûlage dirigé et pâturage. Conséquences sur la dynamique d'embroussaillement. Thèse en Sciences. Faculté des Sciences et Techniques de St-Jérôme, Aix-Marseille III. 92 p. + annexes, le brûlage dirigé doit être pratiqué avec précautionsTaïna Lemoine (2010). Étude prospective de l’impact des débroussaillements réglementaires sur la flore mellifère en Provence. Sciences de l’environnement. Université P. Cézanne - Aix-Marseille III / CEMAGREF ; Ehal-02593323. Pour les zones à risque de « mégafeux », Gavin M Jones et ses collègues ont, en 2016, suggéré d'en quelque sorte sacrifier par le feu des parcelles de forêts anciennes à enjeux moyens, pour sauver les zones écologiquement les plus importantes pour la conservation et reproduction des espèces clé et patrimoniales.. À noter que ce brûlage peut aussi être une source significative de gaz à effet de serre (et de pollution particulaire, notamment à partir des fumées de feux couvants au sol, bien plus polluées que celles du grand panache le plus visible..
Objectifs Il peut s'agir, par exemple, de simplement élaguer les arbres ou arbustes, de préparer des zones de plantation, de mettre en lumière des semis ou des arbres d'avenir, d'entretenir des passages ou d'éliminer des résidus de coupe (branchage, herbes) d'une parcelle de terrain, pour des raisons pratiques ou esthétiques.
De plus en plus souvent, il s'agit de débroussaillages de précaution, visant à préventivement diminuer la vitesse de propagation des feux de broussaille ou de forêt en cas d'incendies. Certains pays, dont la France depuis les incendies de 2003, imposent des débroussaillages préventifs autour des habitations à risque, généralement à renouveler tous les 3 ou 4 ans selon Colin (2001)Colin J., Jappiot M., Mariel A., 2001. Protection des forêts contre l'incendie. Fiche technique pour les pays du bassin méditerranéen. Cahier FAO conservation, Cemagerf, 36, 149 p., ou plus fréquents dans certaines zones, pour mieux pouvoir les protéger en cas d'incendies de forêts (outre le débroussaillage de couloirs pare-feux en forêt).
Efficacité Elle n'est pas facile à évaluer ou démontrer car d'une part, on ne peut éthiquement pas mettre le feu à des parcelles comparables, débroussaillée ou non, et d'autre part car d'autres facteurs de risques co-existent, et diffèrent selon le contexte biogéographique et d'anthropisation. Enfin, le réchauffement global de la planète aggrave les risques de feux de brousse, de landes, de garrigues et de forêt., et de mégafeux (définis. comme d'une superficie de plus de 10 000 ha ).
Les chercheurs et gestionnaires de risques utilisent donc des modèles mathématiques de propagation des flammes.. (notamment aux interfaces entre forêts et habitat humain).Fernandez F, Guillaume B, Porterie B, Ganteaume A, Guerra F (2018) Modélisation de la propagation et des dommages du feu dans les interfaces forêt-ville. In « VIIIe Conférence internationale sur la recherche sur les feux de forêt », 12-16 novembre 2018, Coimbra, Portugal. (Ed. DX Viegas) pp. 818-825. (Univ Coimbra), de dynamique de combustion des combustibles forestiers. et de comportement au feu, jugés être de plus en plus réalistes, avec pour certains des tentatives de modélisations à plus long terme.. Les modélisateurs travaillent notamment à mieux comprendre l'interface forêt-urbain (ou WUI pour les anglophones, pour Wildland–urban interface), c'est-à-dire la zones transition entre la nature sauvage (terres inexploitées) et les maisons isolées ou zones urbanisées, l'écotone semi-naturel séparant l'environnement bâti de l'environnement naturel, la zone de départ de la plupart des feux de forêt catastrophiques.
Certaines simulations (ex : Rodman & al. 2004) montrent que ..
Dans l'état récent (2023) des modèles, la modélisation du débroussaillage fait conclure qu'il contribue à une atténuation globale de l'intensité et la propagation des incendies (ainsi que les dommages causés à la végétation ornementale). Cependant, signale l'INRAE (2023), la modélisation montre aussi que pour certaines combinaisons de vent et de topographie, le débroussaillage peut au contraire aggraver le risque.
Effets négatifs Remarque préalable : Le changement climatique en cours fait que des observations faites en Espagne il y a 30 ans valent déjà parfois pour le centre de la France ; et que certaines conclusions faites 10 ou 20 ans plutôt peuvent avoir sous-estimé le risques à moyen ou long termes.
Selon SchaffersSchaffers A.P (2002) Soil , biomass, and management of semi-natural vegetation. Part II. Factors controlling species diversity. Plant Ecology. 158, p.247-268. en 2002, bien pratiqué et dans un contexte favorable, le débroussaillement peut être neutre, voire positif pour la diversité spécifique des plantes, par exemple pour les pollinisateurs avec une bonne gestion (fauches tardives) des bords de route selon Noordijk (2009)..
Mais de nombreuses études lui ont aussi démontré des effets négatifs par exemple avec :