Pierre Sergent, né le à Sèvres et mort en à Perpignan, est un résistant, un officier français de la Légion étrangère et l'un des chefs de l'Organisation de l'armée secrète (OAS) dont il a créé la branche métropolitaine en . Il est également un écrivain et un élu politique du Front national (FN).

Biographie Enfance

PierrePierre Marie Guy Charles Sergent naît le . Il est le troisième d'une famille de quatre enfantsIl a pour frères et sœur : Anne-Marie Fanny (née en 1923), Jacques (né en 1925) et André (né en 1929) de René Sergent, ingénieur à la ville de Paris, et de son épouse Anne-Marie, née Marion. Il grandit dans la maison familiale située sur les hauts de Sèvres2bis rue des Coutures, dans le département de Seine-et-Oise.

Il devient élève du lycée Henri IV, où il obtient son baccalauréat (Mathématiques) en 1944.

Carrière militaire

Il commence sa carrière militaire à l'âge de 18 ans, en rejoignant le maquis de Sologne avec le corps franc « Liberté », où il échappe de justesse à une rafle. Il prend part à ce titre à la libération de Paris.

Après la Libération, il entre à l'Ecole spéciale militaire interarmes (ESMIA) en 1947, d'où il sort en 1949 (promotion Rhin et Danube). Il est promu sous-lieutenant en 1950.

Il est affecté en 1950 au 1 régiment étranger, à Sidi-bel-Abbès en Algérie. Promu lieutenant en 1951, il combat au 1 bataillon étranger de parachutistes ( BEP) durant la guerre d'Indochine (1952-1953), où il est grièvement blessé le dans le centre Annam, et évacué sanitaire à Paris ; il reçoit le une citation à l'ordre de l'armée.

À la fin de sa convalescence en , il retourne en Algérie où il sert dans les compagnies sahariennes de la légion, au REI, puis est affecté au régiment étranger en 1956. Promu capitaine en 1957, il sert ensuite pendant la guerre d'Algérie au sein du REP de 1958 à 1961. Il participe notamment aux opérations « Étincelles », « Jumelles » et « Pierres Précieuses ».

Après l'affaire des « barricades » de 1960, il est muté disciplinairement le au groupe de subdivision de Chartres. Il quitte son commandement en pour rejoindre clandestinement l'Algérie et participe au putsch d'Alger sous les ordres du Général Challe, il prend notamment le corps d'armée d'Alger à la tête d'une compagnie du REP.

Engagement dans l'OAS

Après l'échec du coup d'état, il rejoint les rangs de l'OAS, et sur ordre du Général Salan, il regagne la métropole pour coordonner à la tête de la Mission II l'activité des réseaux clandestins, et la pénétration et la structuration des milieux militaires. Il devient chef d'état major de l'OAS-Métropole en , puis le à Rome du Conseil National de la Résistance (CNR) constitué avec Georges Bidault, Antoine Argoud et Jacques Soustelle. Après l'arrestation d'Argoud, l'exil de Bidault, il crée en le Conseil National de la Révolution dont l'objectif est d'organiser en Europe les mouvements anti-communistes.

Pendant sept ans, sous le pseudonyme d'Arthur, il échappe aux recherches policières en se réfugiant en Suisse et en Belgique tandis qu'il est condamné à mort par contumace par deux fois en 1962 et 1964, lors du procès par la Cour de Sureté de l'État des 8 principaux dirigeants de l'OAS : Godard, Jean Gardes, Susini, Lagaillarde, Lacheroy, Perez, Gardy, Sergent.

Il est finalement amnistié le , après les événements de mai 68.

Engagement politique au Front national

Lors de l'élection présidentielle de 1974, il soutient la candidature de Valéry Giscard d'Estaing.

Après avoir rejoint le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) en 1983, il adhère au Front national en 1985. Il reçoit pour « mission » d'implanter le Front national dans le département des Pyrénées-Orientales. Son premier succès intervient très rapidement. En effet, lors des élections législatives du 16 mars 1986, qui se déroulent au scrutin proportionnel, il est élu député des Pyrénées-Orientales. Dans le cadre des élections régionales qui se déroulent le même jour, il est élu conseiller régional de Languedoc-Roussillon et permet, avec les sept autres conseillers du FN, l'élection de Jacques Blanc (UDF) à la présidence de l'assemblée régionale.

À l'occasion des élections législatives de 1988, le « retour » du scrutin majoritaire uninominal à deux tours par circonscription lui fait perdre son siège de député. Sur la promesse « Je me donnerai un an pour faire de Perpignan la ville la plus sûre de France », il obtient respectivement 25% et 30% aux deux tours des élections municipales de 1989, mais n'est pas élu. Aux élections européennes du 15 juin 1989, sa quatorzième position sur la liste Europe et Patrie conduite par Jean-Marie Le Pen, qui obtient dix sièges, ne lui permet pas d'être élu.. Il soutient en 1990 la guerre contre l'Irak, ce qui le place à l'opposé de la ligne de son partiNicolas Lebourg, Le monde vu de la plus extrême droite, Presses universitaires de Perpignan, page 151. Enfin, il est réélu conseiller régional de Languedoc-Roussillon le . Au moment de son décès, il avait quitté le Front National en désaccord avec J-M Le Pen et était revenu au CNIP au printemps 1992.

Mort à Perpignan et enterré à Paris Pierre Sergent meurt le à Perpignan, à l'âge de 66 ans, des suites d'une longue maladie. Il repose au cimetière de Passy, à Paris, dans la division.

L'historien Nicolas Lebourg relève qu'..

Hommage et critiques Le , le conseil municipal de Perpignan, présidé par le vice-président de l'ex-FN (désormais Rassemblement national) Louis Aliot, baptise une esplanade de Perpignan au nom de Pierre Sergent, ce qui provoque des controverses et l'enlèvement de la plaque en . Le , le tribunal administratif de Montpellier annule la délibération du conseil municipal de et demande à la Ville de Perpignan de verser 800 euros à La Ligue des droits de l'homme et à SOS Racisme. Louis Aliot annonce qu'il fera appel de la décision.

Décorations () avec 1 palme et 2 étoiles avec 1 palme et 2 étoiles

Œuvre Pierre Sergent commence sa carrière d'écrivain alors qu'il est toujours dans la clandestinité. En 1967 et 1968, les éditions de La Table Ronde publient Ma peau au bout de mes idées puis La Bataille.

Sergent est également l'auteur de nombreux livres sur la Légion étrangère. Ma peau au bout de mes idées, La Table ronde, 1967 (réédition de 1984 : ) La Bataille, La Table ronde, 1968 Je ne regrette rien, Fayard, 1972 (réédition de 1983 : ) Le Malentendu algérien : 12 ans après, Fayard, 1974 (entretiens avec André-Louis Dubois) Lettre aux officiers, Fayard, 1975 Les Maréchaux de la Légion : L'Odyssée du Étranger, Fayard, 1977 La Légion saute sur Kolwezi, Presses de la Cité, 1979 (réédition de 1984 : ) Camerone, Fayard, 1980 Un étrange Monsieur Frey, Fayard, 1982 Paras-Légion : Le BEP en Indochine, Presses de la Cité, 1982 REP, Presses de la Cité, 1984 La Légion, Graphiques Lafayette, 1985 (en collaboration avec Bertrand de Castelbajac) Les Voies de l'honneur, tome 1, Presses de la Cité, 1987 (roman) Les Voies de l'honneur : La Revanche, tome 2, Presses de la Cité, 1989 (roman) Les Voies de l'honneur : Le Coup de grâce, tome 3, Presses de la Cité (roman)

Annexes Bibliographie Portrait (avec de nombreuses photographies) par Philippe Randa dans le magazine Hommes de Guerre , . Erwan Bergot, Les Marches vers la gloire, Presses de la Cité, 1993, 899 p. Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants, 10 juin 1944 en Sologne, Éd. Corsaire, 2014, 160 p. Bertrand Le Gendre, Confessions du de l'OAS, Les Arènes, 2012. Edmond Jouhaud, Ô mon pays perdu !, Paris, Fayard, 1969. Jacques Fauvet et Jean Planchais, La Fronde des généraux, Paris, Arthaud, 1961. Le procès de Raoul Salan, compte rendu sténographique, Albin Michel, 1962, 549 p. Plaidoirie de Maître Tixier-Vignancour. ( à 548) Maurice Vaïsse, Le putsch d'Alger, Paris, Éditions Odile Jacob, coll. « histoire », 2021, 336 p. . Paul Guérande, O. A. S. métro ou les enfants perdus, récit, éd. du Fuseau, 1964, 184 p. Georges Fleury, Histoire de l'OAS, Grasset, 30 oct. 2002, 1048 pages. Colonel Henri Le Mire, L'épopée moderne de la Légion, Société de production littéraire (SPL), 1977. Jean Brunon - Georges-R. Manu - Pierre Carles, Le livre d'or de la Légion étrangère (édition du cent cinquantième anniversaire (1831-1981)), Lavauzelle, 1981. Pierre Dufour, La Légion en Algérie, Lavauzelle, 2002. Rémi Kauffer, OAS - Histoire d'une guerre franco-française, éditions du Seuil, 2002.

Liens externes

Notes et références Notes

Références

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