La sculpture française, couvre les œuvres et mouvements ayant pour origine le territoire français.
La sculpture sur le territoire de la Gaule préhistorique thumb|left|Bisons en argile de la Grotte du Tuc d'Audoubert, Magdalénien. thumb|Réplique de la Vénus de Lespugue, Gravettien. L'art de la sculpture commence sur le territoire français, comme dans le reste du monde, à l'époque préhistorique. Elle reste exceptionnelle, le plus souvent utilisée sous la forme de petits objects. Les premières œuvres taillées représentent uniquement des figures féminines, les Vénus paléolithiques, ou des représentations d'animaux.
La ronde-bosse est présente dès l'Aurignacien (43 000 à 29 000), figures sculptées le plus souvent dans l'ivoire de mammouth. Moins spectaculaires, des plaques de roches dures gravées datant de cette période ont été également retrouvées.
Le Gravettien (31 000 à 22 000) est connu pour ses statuettes aux formes féminines particulièrement exacerbées, surnommées Vénus paléolithiques.
Les premières attestation de sculpture pariétales monumentales apparaissent au Solutréen (22 000 à 17 000, en France et en Espagne), bien que la plupart des témoignages date de la période suivante.
La culture du Magdalénien (17 000 à 14 000) est célèbre pour son art mobilier et son art pariétal, avec des œuvres telles que la Grotte du Tuc d'Audoubert, Celle de Font-de-Gaume ou l'abri sous roche du Roc-aux-Sorciers.
La sculpture dans la Gaule antique Période pré-romaine L'art de la sculpture était peu développé chez les Gaulois : il n'en reste essentiellement que quelques statuettes en terre cuite, recueillies dans les musées ou les collections particulières. Il existait probablement aussi quelques sculptures en bois qui n'ont pas résisté aux dommages du temps.
Les monuments de l'art grec dans la Gaule, dans les comptoirs qu'ils y avaient établis, sont également très rares. Un rare exemple de sculpture grec en Gaule est celui de la Diane qui se trouve aujourd'hui dans la Villa Albani, à Rome.
La sculpture à l'époque gallo-romaine thumb|left|Sequana sur son bateau-canard, . thumb|Dieu gaulois à l'oreille de cervidé, .
Une forme de sculpture gauloise ayant été trouvée en abondance est celle des ex-voto, tels les bois sculptés des sources de la Seine ou ceux de la source des Roches, des milliers d'ex-voto taillés dans le bois ayant ainsi été retrouvés. Les ex-voto de pierre sont généralement considérés comme plus tardifs que les bois sculptés, la statuaire de bois ayant été généralement, malgré des exceptions (comme à Montlay-en-Auxois), abandonnée en Gaule dès la fin du .
Avec l'arrivée des romains et l'intégration de la Gaule au sein de l'Empire, une forme de sculpture gallo-romaine émergea en Gaule, suivant en grande partie les codes de la sculpture romaine matinée de symbolique gauloise. Des sculptures de pierre furent créées pour les temples et, surtout, une importante production de statuettes de bronze se développa. Quelques particularités celtiques ressortent toutefois. Ainsi, si certaines des statuettes gauloises suivent fidèlement les représentations romaines contemporaines, les divinités celtes (souvent amalgamées avec les divinités romaines) étant alors représentées debout ou assises sur un trône à l'image des dieux romains, certains dieux gaulois, comme Cernunnos, sont représentés en tailleur.
Pendant la domination romaine, un sculpteur nommé Zénodore, réputé pour ses petites figures et vases d'une minutieuse délicatesse, éleva dans la ville des Arvernes un Mercure colossal. L'empereur Néron le fit venir à Rome pour lui commander sa propre statuePline l'Ancien, Histoire Naturelle, livre XXXIV, 18, 45.
La sculpture française au Moyen Âge thumb|right|Adam, vers 1260, provenant de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. La sculpture au Moyen Âge, que ce soit en France comme dans le reste de l'Europe et du monde chrétien, est intimement liée au monde religieux et plus précisément à l'architecture religieuse au sein de laquelle elle s'intègre le plus souvent. Les noms de la majorité des sculpteurs de cette période, en particulier pour les époques les plus anciennes, nous sont inconnus, une grande partie des œuvres ayant été créées de manière anonyme.
Les décors des églises servent à marquer l'importance de celles-ci et des villes où elles sont construites mais ont aussi une fonction éducative. À une époque où une bonne partie de la population est analphabète, ils retranscrivent sur leurs murs, par le biais des sculptures comme des vitraux, l'histoire et la nature du monde comme de l'église telles qu'elles étaient perçues à l'époque et servent à l'instruction des foules, véritables livres de pierre et de verre. Les scènes le plus fréquemment représentées, outre celles que fournit la vie de Jésus, sont la Pesée des âmes, les Vierges sages et les Vierges folles, les sept péchés capitaux, les Peines de l'Enfer, le Jugement dernier autant que la généalogie de la Vierge par la série des rois de Judée, les représentations de la vie des Saints, en particulier celle du saint patron de l'église concernée, considérés comme des faits historiques reconnus. C'est donc logiquement que s'inscrit également la présence de statues des rois, reines, nobles personnages, évêques, abbés et autres bienfaiteurs des églises, qui marquent ainsi leur pouvoir temporel mais s'inscrivent également, dans la logique du Moyen Âge, dans la continuité historique de la Bible.
Les statues et les bas-reliefs étaient généralement peints. II existe encore des exemples remarquables de cette sculpture polychrome, comme par exemple les bas-reliefs des chœurs dans les cathédrales de Paris et d'Amiens ou les statues de l'église d'Avioth, dans la Meuse.
La période couverte par le Moyen Âge est très importante, s'étendant sur un millénaire. Les historiens de l'art l'étudient traditionnellement en se fondant sur neuf mouvements ou périodes d'envergure, dont cinq concernent la France et donc, la sculpture française:
La sculpture paléochrétienne La sculpture préromane La sculpture romane La sculpture cistercienne La sculpture gothique
La sculpture paléochrétienne en France thumb|right|Chapiteau de la crypte mérovingienne de Notre-Dame de Jouarre thumb|left|Miracles du Christ - Sarcophage aux arbres, (c.375) - Musée de l'Arles et de la Provence antiques, Arles L'Art paléochrétien couvre la période de 200 (avant laquelle aucune œuvre chrétienne n'a survécu), jusqu'au tardif voir les prémices du , quand les conquêtes arabes et l'iconoclasme byzantin ont mis fin à la production d'art dans l'Est. Pendant cette période, les artistes chrétiens ont adopté les savoirs romains de la peinture, mosaïque, sculpture et travail du métal. En France, l'Art paléochrétien se confond souvent avec l'Art mérovingien
La sculpture à l'époque mérovingienne régresse au point de n'être plus qu'une simple technique d'ornementation des sarcophages, des tables d'autel ou du mobilier ecclésiastique. L'abandon progressif de l'incinération en faveur de l'inhumation (qui dans le courant du s'impose dans tout l'Empire), qui reste cependant l'apanage des familles fortunée du fait de son cout, entraine un développement particulièrement important de la sculpture funéraire, en particulier de la réalisation de nombreux sarcophages. Les trois types de sarcophages « païens » les plus courants sont utilisés aussi pour réaliser des sarcophages chrétiens : 1) à frise, 2) à colonnes; 3) à strigiles. Le clipeus, portant le portrait du défunt ou une épigraphe, apparaît très rapidement sur les sarcophages chrétiens. Mais ces types évolueront avec le temps. Celui à strigiles perd rapidement sa forme ovale, mais reste pour l'essentiel fidèle à la disposition originelle du décor. Le type à frise s'organisera en registres horizontaux avec un clipeus au centre. Dans le courant du , le type à colonnes se complexifie dans son ornement architectural et est parfois remplacé par des éléments végétaux.
La sculpture préromane en France
L'art préroman se développe pendant la période couvrant le couronnement de Charlemagne en 800 jusqu'au début de la période romane au . Pendant cette période, les influences de l'art romain classique sont activement absorbées et l'art carolingien devient la souche de laquelle émergeront plus tard les arts roman et gothique. De la sculpture carolingienne, seuls nous sont parvenus quelques rares reliefs architecturaux, des œuvres d’orfèvrerie et des plaques d’ivoire, la plupart des édifices anciens ayant été remplacés aux époques romanes et gothique.
Les sculpteurs carolingiens ont créé en particulier des couvertures de livres en ivoire pour orner des livres saints, comportant des variations christianisées de thèmes largement inspirés de peintures de l’Antiquité tardive. Leur nombre particulièrement élevé compense l’absence presque totale de sculpture carolingienne.
Charlemagne a grandement redonné vie à l’art du bronze en France quand il a créé les fonderies à Aix-la-Chapelle où furent notamment réalisées les portes de la chapelle du palais, à l’imitation encore une fois d’un modèle romain. Un des chefs-d’œuvre de cette époque est la célèbre statue équestre en bronze doré à incrustation de fils d'or de Charlemagne (ou de son petit-fils Charles le Chauve), faisant référence aux portraits équestres antiques. La fonte de cette statue, le seul bronze qui subsiste du , s'est faite en 3 parties : le cheval, la tête et le corps, assemblés par la suite.
La sculpture sur pierre reste une imitation habile des œuvres antiques, les grands centres de sculpture étant Lorsch et Aix-la-Chapelle. Un chef-d’œuvre de pierre encore existant de cette période est la clôture de chœur de Saint Pierre-aux-Nonnains, à Metz.
La sculpture romane en France thumb|right|Tympan sculpté de l'Abbatiale Sainte-Foy de Conques thumb|left|Saint Michel terrassant le dragon, Bourgogne, , musée du Louvre L'art roman couvre la période de l'Europe de l’Ouest allant du jusqu'à la fin du , s'exprimant principalement en France, Italie et Espagne, puis s'étendant avec l'expansion des grands mouvements monarchistes en Europe du Nord, Angleterre et Irlande. Cette période est une époque de fusion des styles l'ayant précédée, notamment carolingien, et dont les influences orientales, notamment sassanides, ont été fusionnées et appropriées dans des motifs christianisés.
La sculpture décore d'abord les chapiteaux dans les cryptes, les cloîtres et les églises avant de prendre place sur la façade des églises à la fin du , devenant alors « monumentale ». Elle a une vertu pédagogique, celle d'enseigner la vie des apôtres et des saints et d'illustrer des passages de l'Ancien Testament. Elle s'inspire des bas-reliefs et des chapiteaux romains, mais surtout des images placées dans les manuscrits enluminés et sur les objets d'orfèvrerie.
Parmi les sculpteurs français ou œuvrant en France dont on connait les noms pour cette période, se trouvent le Maître de Cabestany, Bernard Gilduin, Gislebert, Unbertus, Gofridus, Raymond de Bianya et Gilabertus de Toulouse.
La sculpture cistercienne en France thumb|right|Vierge à l'enfant du Cloître de l'abbaye de Sénanque (Vaucluse) L'art cistercien se développe en réaction aux excès de l'art roman développés par Cluny et se caractérise par un esthétisme épuré à l'extrême. En 1134, le Chapitre général, sous l'influence de Bernard de Clairvaux, prescrit d'ailleurs une série de mesures concernant l'art sacré, les lieux saints ne devant recevoir aucun décor sculpté ou orné. Le succès financier de l'ordre entraîne cependant une multiplication des chantiers et les bâtiments conventuels commencent à recevoir des ornements de plus en plus nombreux, en particulier après la mort de Bernard de Clairvaux en 1153. Ainsi, dès les années 1170, les principaux couvents reçoivent des parures.