Marc Lièvremont, né le à Dakar (Sénégal), est un joueur international français de rugby à XV et à sept, reconverti ensuite en tant qu'entraîneur.
Il a évolué en tant que troisième ligne aile dans les clubs de l'USA Perpignan, du Stade français CASG et du Biarritz olympique, mais aussi en équipe de France de 1995 à 1999, marquant 5 essais en 25 sélections, et participant notamment au Grand Chelem de 1998 et à la Coupe du monde 1999. Reconverti en tant qu'entraîneur, il est notamment sélectionneur de l'équipe de France entre 2007 et 2011, avant de devenir consultant à la télévision. Durant son mandat de sélectionneur national, le XV de France remporte son neuvième Grand Chelem durant l'édition 2010 du Tournoi des Six Nations et atteint la finale de la Coupe du monde 2011.
Biographie Jeunesse thumb|Marc Lièvremont passe sa jeunesse dans la ville d'Argelès. Fils d'Irène (originaire de Lorraine) et Roland Lièvremont (originaire du Jura), Marc naît le à Dakar au Sénégal où son père, militaire engagé dans la Marine, est basé depuis le printemps 1966. Marc a 6 mois lorsque ses parents quittent le pays. La famille Lièvremont, qui doit suivre leur père dans toutes ses missions militaires, s'installe ensuite définitivement à Argelès-sur-Mer en 1973. Roland Lièvremont quitte l'armée et devient éducateur pour handicapés mentaux. Irène, de confession catholique, s'investit dans la religion. Marc est l'aîné d'une fratrie de huit enfants (Marc, Vincent, François, Thomas, Matthieu, Claire et les jumeaux Pierre et Luc). Toute la famille habite dans une immense maison de campagne, surnommée « la Ribambelle ». C'est à l'âge de 5 ans et demi, en CP, que Marc Lièvremont découvre le rugby à XV ; ses premiers instituteurs sont éducateurs au club local d'Argelès : l'Étoile sportive argelésienne. Le jeune Lièvremont apprécie également la randonnée, la lecture, les jeux de société avec ses frères et sœur et les réunions familiales. Au pays Catalan, Marc baigne dans un milieu de rugby : il regarde le Tournoi des V Nations et supporte l'USAP de Perpignan.
En difficulté à l'école, Pierre Aylagas, alors conseiller régional du Roussillon, lui propose d'aller à Béziers en section sport-études. Parti à l'âge de 15 ans, il passe trois ans en terre biterroise sous l'égide de Raoul Barrière avant de décrocher un Bac B. Lièvremont part ensuite à Toulouse, en faculté de sciences sociales puis au CREPS de Lespinet où il apprend l'enseignement du « jeu à la Toulousaine », fondé par Robert Bru, et côtoie de grands joueurs comme Fabien Galthié.
En parallèle, il suit ses amis d'Argelès qu'il quitte pour jouer à l'USAP et dispute la Coupe Frantz-Reichel, le championnat junior (moins de 21 ans). Il délaisse le poste de trois-quart centre pour celui de troisième ligne aile. En 1987, alors qu'il joue en Nationale B (championnat destiné aux équipes réserves) avec Perpignan, il est convoqué par Pierre Aylagas en sélections régionales du Roussillon et dispute le Trophée Maaf. Alors que la plupart des joueurs convoqués sont déjà titulaires à Perpignan, Lièvremont dispute quelques matchs puis est contacté par Roland Génis, l'entraîneur de l'USAP.
Perpignan et débuts en équipe de France (1988-1997) Arrivé au cours de la saison 1988-1989, Marc Lièvremont dispute son premier match en équipe première contre Nîmes (défaite 16-12) le . Malgré le limogeage de Roland Génis, Lièvremont garde la confiance du nouveau duo Dominique Bacave - Jean-François Imbernon. Réaligné contre l'équipe de Blagnac de Christophe Deylaud, Lièvremont et ses coéquipiers sont corrigés 7-23 à domicile. L'USAP ne se qualifie pas pour la phase finale en fin de saison. À l'intersaison, une nouvelle équipe dirigeante, menée par Paul Goze (président) et Georges Coste (entraîneur), propose un contrat fixe avec un salaire mensuel de à Marc Lièvremont qu'il accepte.
Parallèlement, Lièvremont doit accomplir ses obligations militaires au Bataillon de Joinville à Fontainebleau et continue ses études. Alors qu'il opte pour devenir éducateur sportif, il passe alors deux années en STAPS à Montpellier aux côtés de Philippe Boher puis entame une formation aux examens d'éducateur au CREPS de Toulouse. Sur les terrains, Lièvremont se fixe définitivement au poste de troisième-ligne aile, plus particulièrement à gauche (numéro 6), comme son père et la majorité de ses frères plus tard. Il devient un redoutable plaqueur malgré son petit gabarit pour un troisième-ligne ( pour 84 kilos) et, petit à petit, le chouchou du stade Aimé-Giral bien qu'il n’ait aucune origine catalane. Alors que le rugby n'est pas encore devenu professionnel, Lièvremont travaille à la mairie de Perpignan, en parallèle de sa carrière de joueur, où il est détaché auprès des écoles primaires. Il entame également une formation de sapeur-pompier professionnel. thumb|left|C'est au stade Aimé-Giral que Lièvremont débute sous les couleurs de l'USAP. Régulièrement sélectionné en équipe régionale, Marc Lièvremont fait notamment partie de la sélection du Languedoc-Roussillon qui s'incline 35-18 face à l'Australie, champions du monde en titre, le , marquant un essai à la . L'année suivante, il fait partie de la tournée d'été des Barbarians français, menés par Serge Blanco et Jean-Pierre Rives, en Australie ponctuée par deux victoires. Le , il joue avec les Barbarians français contre l'Université de Sydney en Australie. Les Baa-Baas s'imposent 36 à 62. Ses bonnes prestations lui ouvrent les portes du XV de France. Au lendemain de la Coupe du monde 1995, une nouvelle génération (dirigée par Jean-Claude Skrela auquel s’adjoindra Pierre Villepreux) est mise en place. Lièvremont effectue ses grands débuts sous le maillot Bleu le contre l’Italie (victoire 34-22) à l'occasion de la Coupe Latine remportée par la France. Le , il est invité avec les Barbarians français pour jouer contre la Nouvelle-Zélande à Toulon. Les Baa-Baas s'inclinent 19 à 34. Lièvremont poursuit sa progression chez les Bleus et participe à la tournée estivale en Argentine, en compagnie de son frère, Thomas. Il ne dispute pas les deux tests officiels contre les Pumas mais est aligné dans l'« équipe des toasts »Surnom donné à l'équipe des remplaçants ou A' qui jouait le match en semaine de la tournée contre une équipe locale contre une sélection de province.
Le , il joue de nouveau avec les Barbarians français contre Cambridge en Angleterre. Les Baa-Baas s'imposent 76 à 41. Le , il est capitaine des Barbarians français contre l'Afrique du Sud à Brive. Les Baa-Baas s'imposent 30 à 22.
Entre 1989 et 1997, l'USAP, irrégulière en championnat, n’atteint les quarts de finale que deux fois : en 1993 (défaite à nouveau 10-9 contre Toulon) et 1995 (défaite 12-12 ; 5-4 aux t.a.b contre Castres) sans jamais aller plus loin. L'USAP remporte cependant le Challenge Yves du Manoir 1994 sous la houlette de Paul Toussat (qui a remplacé Georges Coste) qui récompense la génération de Lièvremont avec Boher, Dispagne et Gérard Majoral (son pendant en troisième ligne). Il porte le brassard de capitaine pendant sa dernière saison au club, en 1996-1997. Mais alors que le club a changé d'encadrement et que Marc Lièvremont continue de concilier rugby et activité de sapeur-pompier, la lassitude s'installe. Le troisième ligne décide de quitter l'USAP en 1997 pour un nouveau projet.
Stade français, Grand Chelem et Coupe du monde (1997-2000) thumb|L'entraîneur Bernard Laporte recrute Lièvremont au Stade français en 1997. Contacté par Max Guazzini et Bernard Laporte (président et entraîneur du Stade français) au printemps 1997, Lièvremont est séduit par le projet d'envergure du duo francilien. Pour son retour dans l'élite en tant que promu, Guazzini fait signer pas moins de 23 nouveaux joueurs, dont plusieurs internationaux comme Simon, Moscato, Gimbert, Juillet, Roumat, Dominguez, Dominici, etc. au Stade français. De son côté, Lièvremont voit son salaire multiplié par trois, découvre la vie parisienne et joue dans une équipe taillée pour le titre. Le , il est invité une nouvelle fois avec les Barbarians français pour jouer contre le Lansdowne RFC à Dublin. Les Baa-Baas s'imposent 31 à 24. Le , il rejoue avec les Baa-Baas, aux côtés de son frère Thomas, contre l'Afrique du Sud à Biarritz. Les Baa-Baas s'imposent 40 à 22. En club, les hommes de Laporte réalisent une saison exceptionnelle : Demi-finaliste du Challenge européen, les franciliens terminent premier de leur poule en phase régulière et retrouve Perpignan en finale du championnat au stade de France. Opposé à son frère Thomas, le Stade français de Marc Lièvremont s'impose nettement 34-7 et soulève le Bouclier de Brennus.
Peu avant, en début d'année 1998, Marc Lièvremont dispute le Tournoi des V nations. Remplaçant lors du premier match contre l’Angleterre, il profite de la blessure de Philippe Benetton pour former la troisième-ligne titulaire avec son frère et Olivier Magne. Le XV de France réalise le Grand Chelem en surclassant notamment le Pays de Galles (0-51) lors du dernier match. Durant cette année presque parfaite (une seule défaite contre l'Australie), Lièvremont participe à toutes les rencontres et devient un cadre de l'équipe de France. La saison 1998-1999 est tronquée pour le joueur parisien qui se blesse de nouveau au genou droit. Il se fait opérer début 1999 et doit manquer le Tournoi, qui s'avère calamiteux pour le XV de France : dernier avec 1 victoire et 3 défaites. Une facture de la clavicule contrarie la fin de saison de Lièvremont. Alors que la presse évoque des conflits internes et que le duo Skrela-Villepreux est de plus en plus critiqué, l'équipe de France achève sa tournée de juin avec deux défaites face aux Tonga et à la Nouvelle-Zélande. Rétabli à temps, Marc Lièvremont fait partie de la liste des joueurs retenus pour la Coupe du monde 1999. thumb|left|Les All Blacks de Jonah Lomu sont terrassés en demi-finale du Mondial 99 par les coéquipiers de Lièvremont. Après une préparation très compliquée, les Bleus peinent à battre le Canada (33-20) en ouverture à Béziers puis s'imposent de façon poussive contre la Namibie (47-13) et les Fidji (28-19). Premier de leur groupe, le XV de France se qualifie pour les quarts-de-finale malgré les prestations en demi-teinte et les blessures de nombreux joueurs. Opposés à l'Argentine en quart, les Bleus réalisent un très bon début de match et l'emportent (47-26) malgré l'efficacité du buteur argentin Gonzalo Quesada. En demi-finale, la France retrouve les All Blacks, grands favoris de la compétition emmenés par leur ailier Jonah Lomu. Mené 10-24 à la , Marc Lièvremont et ses coéquipiers parviennent finalement à s'imposer 43-31 à Twickenham. Il s'agit d'un des plus grands exploits du rugby et du sport français, encore à ce jour. Blessé à la cuisse en demi, Lièvremont tient tout de même sa place en finale le contre l’Australie. Encore en course à la pause (menés 12-6), les Bleus, vraisemblablement fatigués de leur exploit contre la Nouvelle-Zélande, craquent en seconde période et s'inclinent 35-12 au Millenium de Cardiff. L’Australie est championne du monde tandis que Marc Lièvremont met un terme à sa carrière internationale sur cette finale perdue, une décision qu'il avait prise avant la compétition.