vignette|200px|droite|Méduse, Le Caravage (1592-1600). Dans la mythologie grecque, le regard de Méduse pétrifiait d'effroi quiconque le croisait. (métaphore utilisée pour évoquer l'effroi du psychotrauma).
Le traumatisme psychique, traumatisme psychologique, psychotraumatisme, parfois abrégé trauma, désigne l'ensemble des mécanismes de sauvegarde d'ordre psychique ou psychologique, neurobiologique et physiologiquehttp://www.sos-medecins.ch/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Physiologie-de-la-M%C3%A9moire-Traumatique-Gen%C3%A8ve-SOS-m%C3%A9decins-20-janvier-2015.pdf Physiologie de la mémoire traumatique] par Muriel Salmona qui peuvent se mettre en place à la suite d'un évènement générant une charge émotionnelle non contrôlée et dépassant les ressources du sujet concerné. En médecine, psychiatrie et psychologie, les causes possibles du psychotraumatisme, revêtent une grande diversité apparente mais peuvent être réduites à un élément commun : « Un événement qui implique menace de mort ou altération de l’intégrité physique ou psychique » (Louis Crocq).
À la fin du , la notion de traumatisme prend beaucoup d'importance avec la psychanalyse, quand Sigmund Freud vient en France et prend contact avec Jean-Martin Charcot : l’hypothèse de l’inconscient est posée par Freud à partir d’une conception traumatique de la sexualité, que révèle la clinique de l'hystérie. Sigmund Freud construit sa théorie des névroses sur le modèle de la névrose traumatique (Laplanche et Pontalis).
Le psychotrauma peut laisser des séquelles durables, généralement désignées comme syndrome ou trouble de stress post-traumatique. On peut y retrouver des symptômes divers parmi lesquels les maladies liées aux stress chronique, les troubles de l'humeur, troubles de la personnalité, troubles de l'alimentation, troubles anxieux généralisés, conduite à risque, pensées suicidaires, dépression, symptômes dissociatifs, souffrance morale, douleurs chroniques et même dans certains cas, déclencher des troubles psychotiquesDéfinition du psychotraumatisme, mécanismes Site "Mémoire traumatique et victimologie". Les effets du psychotrauma sur le cerveau peuvent être observés l'IRM dès le troisième mois de développement de l'embryon..
Le psychotrauma et ses mécanismes seraient à la base des reproductions traumatiques, partie intégrante des causes et conséquences des comportements violents.
Étymologie Les mots « pscho » et « psychique » dérivent du grec psykhē, qui signifie l'âme, l'esprit, la compréhension et la raison ou le principe invisible qui anime le corps physique ; le mot « trauma » aussi dérivé du grec signifie blessure, atteinte ou une défaite. La psychologue clinicienne Hélène Thomas rapporte que dès lors, . En ce qui concerne le .
Histoire « Trauma » et « traumatisme » sont . La psychanalyse .
, historien canadien de la médecine et de la psychiatrie, auquel réfère le philosophe Mikkel Borch-Jacobsen dans son ouvrage Folies à plusieurs, de l'hystérie à la dépression (2002), évoque Mikkel Borch-Jacobsen, Folies à plusieurs, de l'hystérie à la dépression, édition Les Empêcheurs de penser en rond, Paris, 2002, page 47|date=décembre 2025.
Fin du dix-neuvième siècle : Charcot, Janet en France, Freud…
Dans les leçons 18 à 22 des Leçons sur les maladies du système nerveux (1885-1887), portant sur sept cas d'hystérie masculine, Jean-Martin Charcot déclare que les symptômes hystériques (théorie hystéro-traumatisme ) sont dus à un « choc » traumatique provoquant une dissociation de la conscience. De ce fait, le souvenir reste subconscient. Il pose ainsi des bases de la théorie « traumatico-dissociative » comme causalité des névroses, psychologisationLa psychiatre Suisse et historienne de la médecine, Esther Fischer-Homberger parlait à propos de l'histoire de la notion de traumatisme psychologique, en 1975, de « lent processus de psychologisation et de dissolution du choc mécanique » d'incidents ou chocs mécaniques, biologiques, sociaux-historiques ou organiques, qui sera développée par Pierre Janet.
La névrose traumatique Selon Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, la névrose traumatique (traumatische Neurose) est .
Le terme de « névrose traumatique », , a été introduit dans la nomenclature psychiatrique en 1889 par Hermann Oppenheim. Il est toujours utilisé en psychiatrie, mais . C'est sur le modèle de la névrose traumatique que Sigmund Freud .
« Conception traumatique de la sexualité » en psychanalyse
D'après le psychiatre et psychanalyste Dominique Vallet, . À propos des , Freud pose .
Études sur l'hystérie (1895), Lettres à Fliess, théorie de la séduction
Josef Breuer et Sigmund Freud, entre 1888 et 1889, entreprennent de « retrouver », sous hypnose, les souvenirs traumatiques de leurs patientes.
En 1892, Freud est en train de renoncer à l'hypnose et décide d'utiliser la . Au chapitre intitulé « Psychothérapie de l’hystérie » des Études sur l'hystérie paru en 1895, Freud , .
Terme de chirurgie, rappelle Baldine Saint Girons, le « traumatisme » , de sorte qu'il reste Baldine Saint Girons, « Traumatisme », in Encyclopaedia Universalis, Dictionnaire de la psychanalyse, Préface de Philippe Sollers, Paris, Encyclopaedia Universalis et Albin Michel, 1997, . Le 15 octobre 1895, Sigmund Freud écrit à Wilhelm Fliess : . Dès lors, dès 1896, Freud étudie le traumatisme .
Sigmund Freud construit ainsi . La personne traumatisée . La méthode cathartique . Hélène Thomas conclut : .
C'est une patiente de Breuer, Anna O. (Bertha Pappenheim), qui suggère à son thérapeute le principe de la talking cure (cure par la parole)Dominique Bourgeon, « Anna O. : de la cure psychanalytique au don de soi », Revue du MAUSS, 31(1), 2008, .
Le « cas Emma » (exposé dans L'Esquisse, écrit en 1895) est illustratif du où apparaît la notion freudienne d' « après-coup ».
Abandon de la théorie de la séduction
C'est dans sa lettre à Wilhelm Fliess du 21 septembre 1897Lettre 69 du 21 septembre 1897 que Freud remet en question sa première théorie jugée invérifiable dans la réalité. D'après Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, il est habituel de considérer que cet abandon représente l'un des moments fondateurs de la construction de la théorie psychanalytique et de l'abandon du modèle neurologique, .
Cependant, après l'abandon de ses neurotica, . Il centre son attention par la suite sur la « scène primitive », c'est-à-dire sur l'observation réelle ou fantasmée par l'enfant des rapports sexuels entre les parents. Selon Roger Perron, continuera chez Freud de faire l'objet d'une interrogation constante.
Depuis les années 1950-1960 : du traumatisme au stress post-traumatique Dans la seconde moitié du vingtième siècle, le traumatisme va connaître un Dominique Vallet, « Actualités cliniques du traumatisme psychique », L'information psychiatrique, 2009/2 (Volume 85), . DOI : 10.3917/inpsy.8502.0161. , le stress.
Nouvelle nomenclature (DSM) Selon Dominique Vallet, les classifications nosographiques internationales évoluent en fonction du regard porté sur la clinique, . Dans la nomenclature américaine (APA) du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de la seconde moitié du , la clinique du traumatisme psychique, (troisième révision du DSM, 1980).
La clinique , qui marquent en effet dans le repérage d'une telle clinique une (découverte des neuroleptiques, ) : se trouvent remis en cause.
La clinique du traumatisme psychique n’échappe pas non plus aux évolutions de la culture : , voire , très souvent ainsi que et .
En revenant aux événements du 11 septembre 2001 à New York, dans l'impact du traumatisme sur , Dominique Vallet considère que le traumatisme, , recouvre , ce qui l'amène , et le ramène dans sa propre clinique à... Freud, à la naissance de la psychanalyse, à l'hystérie, à la névrose traumatique, à Lacan, au « réel » comme .
Manifestations et évolution du psychotraumatisme
Typologie Pour avoir un effet traumatique, le ou les événements doivent représenter une menace réelle, effective, immédiate, pour la vie ou l'intégrité physique, psychique ou émotionnelle de la personne, dépasser ses possibilités d'interprétation. La menace epur survenir de manière soudaine et imprévue ou être annoncée et répétée et s'accompagner d'un sentiment d'impuissance, de terreur, de détresse, d'effroi, de solitude, de rage ou d'abandon Lors de cet évènement, la personne fait l'expérience, brève ou prolongée, d'un ressenti où la mort et la violence font partie du domaine du possible (sa propre mort ou celle d'un tiers).
Selon Khadija Chahraoui, les syndromes psychotraumatiques présentent des dimensions cliniques et psychopathologiques bien spécifiques qui sont au nombre de trois : 1) l'étiologie traumatique, 2) les symptômes de répétition et 3) l'altération de la personnalité.
Selon Lenore Terr, il y a deux catégories de traumatismesLenore C. Terr, « Childhood Traumas : An Outline and Overview », Am J. Psychiatry, 148 : 1, January 1991 : le traumatisme de type I se rapporte à un événement unique, isolé, limité dans le temps, induit par un agent stressant aigu et non abusif (accident, catastrophe naturelle, agression physique, incendie). On l'appelle également « traumatisme simple » ; le traumatisme de type II correspond à une situation qui se répète, lorsqu'il a été présent constamment ou qu'il a menacé de se reproduire à tout instant durant une longue période de temps. Il est induit par un agent stressant chronique ou abusif (violences intrafamiliales, violences politiques, faits de guerre, traumatismes secondaires des professionnels de l'aide).
Au départ un traumatisme est toujours de type I. Les réactions présentées par les victimes sont identiques à celles faisant suite à un agent stressant de type I mais avec le temps, des mécanismes d'adaptation de plus en plus pathologiques vont apparaître (développement du traumatisme de type II).
Il est important de ne pas confondre une personne dont la vie est émaillée de nombreux traumatismes de type I avec celle qui souffre de traumatisme de type II. Les traumatismes induits par un abus sexuel ou par la torture doivent être assimilés aux traumatismes de type II, voire aux traumatismes de type III (voir infra), même si l'agent stressant ne s'est présenté qu'une seule fois dans la vie de la personne.
Eldra P. Solomon et Kathleen M. Heide. ont différencié une troisième catégorie de traumatismesEldra P. Solomon & Kathleen M. Heide, « Type III Trauma: Toward a More Effective Conceptualization of Psychological Trauma », International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 43 : 202-210, 1999 : le traumatisme de type III désigne des événements multiples, envahissants et violents présents durant une longue période de temps. Ils sont induits par un agent stressant chronique ou abusif (les camps de prisonniers de guerre et de concentration, la torture, l'exploitation sexuelle, la violence et les violences sexuelles intrafamiliales). Lara et Stephen Sheehi proposent de situer le trauma, notamment dans le cadre de la condition coloniale en Palestine, comme structure et non comme événement.