(Dunfermline, – Édimbourg, ) est roi des Écossais de 1329 à sa mort.

Il est le fils du roi et de sa deuxième épouse, Élisabeth de Bourg, fille de Richard le Jeune, Bruce Webster, « (1324-1371), king of Scots », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004..

Enfance et jeunesse

David est né au palais de Dunfermline le , apparemment l'aîné de jumeaux. Son jeune frère, John, meurt sans doute en enfance et est inhumé au prieuré de Restennet.

David a deux sœurs aînées survivantes, elles aussi issues du second mariage de : dont on sait peu de chose, qui épouse probablement en 1342 un simple noble nommé Thomas Isaac et qui meurt en 1353, et Margaret, qui épouse William Sutherland, , vers 1345 et qui meurt vers 1360.

Sa demi-sœur aînée issue du premier mariage de , Marjorie, avait épousé Walter, , et meurt probablement en 1317 ou 1318, laissant un fils, Robert, qui succède à son père comme grand steward d'Écosse en 1327. Il est le neveu de David bien qu'âgé de huit ans de plus que lui et il sera finalement son successeur comme le roi en 1371 G.W.S. Barrow, Robert Bruce and the Community of the Realm of Scotland, E.U.P , Édimbourg, 2005 , « . Some of the family relationships of King », 495..

Au moment de sa naissance, David est reconnu héritier de son père, . Robert Stuart est considéré comme son héritier en 1326 sans doute à la suite de la mort de son jumeau John.

David succède à son père à l'âge de cinq ans le . Il est le premier roi d'Écosse à être oint, en vertu de la bulle du pape promulguée le et qui fait suite au traité d’Édimbourg-Northampton de 1328, par lequel l'indépendance et le statut des rois d'Écosse sont reconnus. Dans le cadre de ce traité, David épouse le Jeanne d’Angleterre, la seconde fille d' et d’Isabelle de France. Il a quatre ans et elle sept. Le jeune roi est couronné à Scone le .

Régence et exil Pendant la minorité et l'exil du roi, la régence d'Écosse est exercée par les Gardiens de l'Écosse suivants : 1329-1332 : Thomas Randolph, de Moray, mort le à Musselburgh ; 2 au : , comte de Mar, tué le à la bataille de Dupplin Moor ; au : Archibald Douglas, tué le à la bataille de Halidon Hill ; - 1335 : John Randolph, de Moray, tué le à la bataille de Neville's Cross ; - 1335 : Robert Stuart, , futur roi d'Écosse ; 1335-1338 : Andrew Murray de Bothwell ; 1338-1341 : Robert Stuart, , futur roi d'Écosse. Édouard Balliol, fils de Jean de Balliol, et le parti des « Disinherited »Héritiers des seigneurs écossais déposés par Robert Bruce pour leur soumission au roi d'Angleterre., soutenu par , profite de la mort du régent Thomas Randolph et débarque à Kinghorn dans le Fife le . Le suivant, ils remportent la bataille de Dupplin Moor sur le parti de Bruce. Édouard Balliol est couronné roi à Scone le .

Repoussé par les Écossais pendant l'-1333 après le combat d'Annan, il doit solliciter l'aide d' qui intervient alors personnellement à la tête de à partir de Carlisle et défait les Écossais du parti de Bruce à la bataille de Halidon Hill en . L'un des régents, Archibald Douglas y trouve la mort.

et son épouse réfugiés dans le château de Dumbarton sont envoyés en France avec une petite suite pour leur sécurité. Ils arrivent à Boulogne-sur-Mer en , où ils sont reçus très amicalement par le roi de France, . On sait que Château-Gaillard lui est donné en résidence. En 1335-1336, alors qu'il avait onze ans, il a presque certainement été impliqué dans les négociations avortées entre et , qui ont tenté de concilier les revendications respectives de et d'Édouard Balliol au trône d'Écosse et en 1339, pendant le siège de Perth par Robert Stuart, il est prouvé que Sir William Douglas lui a rendu visite l'année précédente à Château-Gaillard et obtenu le service de quelques chevaliers français et de marins qui ont contribué au siège. Ces opérations ont été financées par ou . Le chroniqueur Jean Froissart indique que participe avec le roi de France à une rencontre entre les armées françaises et anglaises en à Buironfosse, en Picardie, et au siège de Tournai en 1340.

De son côté, Édouard Balliol, qui s'est empressé de reconnaître la suzeraineté du roi d'Angleterre, est menacé par des actions de guérilla menées par Andrew Murray de Bothwell et ne peut se maintenir qu'avec l'aide des Anglais. Les Gardiens de l’Écosse — Andrew Murray de Bothwell, John Randolph, de Moray, et Robert Stuart, — réussissent à reprendre progressivement le contrôle du pays, et il doit se résoudre à quitter l'Écosse définitivement en 1340Michel Duchein, Histoire de l'Écosse, Fayard, Paris, 1998..

Début de règne (1341-1346)

Après la prise d'Édimbourg par William Douglas le , peut retourner dans son royaume et, avec la reine, il débarque à Inverbervie, au nord de Montrose, le et prend les rênes du gouvernement.

Le retour de est accueilli avec joie« Tous les Écossais étaient ravis au-delà de la croyance à son arrivée, et ont tenu des fêtes dans la joie et la danse » selon Walter Bower, 7.151.. Pourtant, les problèmes qu'il rencontre sont graves, et il est seul et dans sa dix-huitième année. En son absence, son pays a été envahi à plusieurs reprises et déstabilisé. La plupart des nobles à un moment ou à un autre ont pactisé avec Édouard Balliol, même si ce n'est que brièvement. Une partie du royaume a été cédée à l'Angleterre et la guerre de guérilla récurrente a provoqué des destructions massives. L'administration a été perturbée : parfois dans les comtés du Sud il y a eu une administration anglaise, ce qui exclut toute autorité écossaise, tandis qu'ailleurs il y avait deux administrations rivales. C'était une situation pour décourager quelqu'un de beaucoup plus expérimenté que le jeune roi.

Néanmoins, les mécanismes du gouvernement sont remis en place. Le chambellan, William Bullock, qui curieusement, occupait la même fonction sous Édouard Balliol, rétablit les finances, recouvre les recettes et traite les problèmes de façon efficace. Un certain nombre de chartes sont immédiatement émises, confirmant les droits qui avaient été détenus par les prédécesseurs de , des parlements et les conseils royaux sont convoqués régulièrement.

Les relations de avec la noblesse qui avait géré de facto le royaume de manière indépendante depuis son avènement s'avèrent plus difficiles, en particulier avec Sir William Douglas, fils et homonyme de l'ancien régent, un membre de la puissante famille Douglas et qui était à cette époque son représentant le plus actif. William Douglas avait été l'un des chefs les plus remarquables de la résistance écossaise contre et Édouard Balliol, et avait acquis une position forte dans les régions frontières, en particulier les terres de Liddesdale, dont il porte désormais le nom : William Douglas de Liddesdale. Dans les régions centrales, voulait s'appuyer sur un autre chef de guerre aussi remarquable, Sir , qui venait tout juste récupérer en 1342 le château de Roxburgh. David le fait shérif de Teviotdale, une charge qui avait déjà été octroyée à Douglas qui réagit en capturant Ramsay, en l'emprisonnant dans son château d'Hermitage à Liddesdale, et en le laissant mourir de faim. Face à la pression nobiliaire, ne peut qu'accepter la situation, ce qui permet à Douglas de garder la fonction dont il s'était emparé par le meurtre.

Il était naturel aussi que veuille combattre , qu'il considère comme son ennemi. Il y est encouragé par les jeunes chevaliers qui l'entourent et il envahit l'Angleterre à trois reprises, apparemment avec un succès mitigé. Sa première incursion, en 1341, quand il dévaste la ville de Penrith, provoque des représailles de la part d', qui célèbre Noël à Melrose. Toutefois, l'attention d' est désormais concentrée sur la France.

est conscient de sa dette envers ; devant faire face à la grande invasion d' en 1346, il demande aux Écossais, selon les termes de l’Auld Alliance, de lancer une contre-offensive de diversion dans le Nord de l'Angleterre. Il entre dans les marches anglaises de l'Ouest au début octobre et prend immédiatement au Cumberland et exécute le capitaine de la ville, Sir Walter Selbyll. Mais l'expédition est marquée par les divisions entre les Écossais. Lorsque leur armée s'est rassemblée à Perth, , comte de Ross, en profite pour faire assassiner au prieuré d'Elcho son ennemi dans le Nord, Ranald MacRuairi, le chef d'un contingent en provenance des îles, puis il rentre dans ses domaines. Après la prise de Liddel, William Douglas a déclaré que la guerre ne faisait que commencer et que compte tenu de l'assassinat de Ranald, il serait prudent de retourner en Écosse et de revoir les plans d'invasion. De nombreux capitaines de l'armée de s'opposent à cet avis, estimant que le Nord de l'Angleterre est mûr pour le pillage pendant que l'attention d' est fixée en France.

Les Écossais ravagent donc le pays en particulier les terres des établissements religieux mais une armée rassemblée par William de la Zouche, archevêque d'York, rencontre , près de Bearpark aux portes de Durham, et le , dans ce que l'on nomme aujourd'hui la bataille de Neville's Cross, les Écossais sont mis en déroute. Beaucoup de leurs chefs sont tués, et lui-même est capturé après avoir été blessé à la tête par deux flèches anglaises. L'une d'entre elles est extraite avec de grandes difficultés après la bataille, l'autre reste incluse dans sa tête jusqu'à ce qu'elle soit expulsée naturellement alors que le roi était en prière lors d'un pèlerinage à l'église de St Monance de Fife, peu après 1365. Parmi les autres prisonniers écossais, on trouve Sir William Douglas, , comte de Fife, et , comte de Wigtown. Robert Stuart, le grand sénéchal d'Écosse, et , comte de Dunbar, réussissent à fuir avant la catastrophe. Le grand sénéchal d'Écosse devient le lieutenant du royaume une seconde fois pendant l'absence du roi.

Captivité (1346-1357) vignette|, roi d'Écosse, reconnaît , roi d'Angleterre, comme son suzerain féodal.

La captivité de dure onze années dont plusieurs passées à la tour de Londres, bien qu'il soit au château de Windsor pour les festivités de la Saint-Georges en 1348. Il se déplace également dans le Nord lors de négociations avec les Écossais en 1351/1352, et peut-être aussi en 1353. Pendant ces tractations, il reçoit l'autorisation de retourner en Écosse pour quelques mois en 1352. À partir de , il bénéficie d'un régime de semi-liberté au château d'Odiham dans le Hampshire, où il demeure jusqu'à sa libération. Il semble avoir entretenu des relations relativement bonnes avec . Pendant cette période, il n'a plus de contact avec son épouse Jeanne, qui reste apparemment en Écosse bien qu'elle ait obtenu un sauf-conduit pour le rejoindre en 1348. commence à cette époque sa relation avec Catherine Mortimer (d. 1360), dont l'origine est inconnue. Elle est décrite comme une « Galloise » par Walter Bower dans le Scotichronicon, ce qui n'exclut pas la possibilité qu'elle soit liée à la puissante famille Mortimer dont les domaines se trouvent dans les « marches de pays de Galles ». Elle accompagne David quand il rentre en Écosse et elle est ouvertement traitée comme sa maîtresse.

Des négociations pour sa libération s'ouvrent rapidement. Pendant longtemps, le principal problème est la détermination d' à établir la souveraineté anglaise permanente sur l'Écosse. En 1350, présente une requête au pape pour lui demander d'user de son influence auprès de pour s'assurer que sa libération soit incluse dans les termes d'une paix entre (roi de France) et . Pour renforcer sa demande, il détaille les conditions exigées par qui datent probablement des négociations en 1348. Le point principal est que le roi d'Écosse devra tenir son royaume en fief du roi d'Angleterre, avec tous les devoirs féodaux et que, si meurt sans héritier, son successeur sera le roi d'Angleterre ou son fils et héritier.