Le patinage de vitesse sur piste courte (ou patinage de vitesse courte piste au Canada, ou en France, en Belgique et en Vallée d'AosteActivités sportives sur glace) est un sport similaire au patinage de vitesse sur piste longue. Il naît au début du pour permettre aux patineurs de vitesse de s'entraîner en intérieur ; les spécificités de la piste mènent à la création d'un sport à part entière, dont la première compétition internationale est organisée en 1921.

En patinage de vitesse sur piste courte, ou 2 à 6 équipes font la course en même temps sur une piste en forme d'anneau, de de circonférence et délimitée par des plots en caoutchouc. Chaque concurrent a comme objectif d'être le premier à franchir la ligne d'arrivée. Les trois distances principales sont le (), (9 tours) et (). La Corée du Sud, la Chine et le Canada sont les trois pays historiquement en tête des classements mondiaux.

L' reconnaît le en 1967 et organise les premiers championnats du monde de patinage de vitesse sur piste courte en 1981 à Meudon-la-Forêt. Le sport devient olympique aux Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville.

Le calendrier des compétitions est rythmé par les coupes du monde, réparties sur toute la saison sauf pendant les années olympiques où elles servent de qualifications et s'arrêtent en fin d'année civile. Les deux compétitions principales sont les championnats du monde, organisés chaque année en fin de saison (mars ou avril) et les Jeux olympiques.

Historique

Origines vignette|Championnats néerlandais de patinage de vitesse sur piste courte, 1978.|alt=Une vidéo en noir et blanc, commentée en néerlandais, montrant une course de patinage de vitesse sur piste courte en 1978. Les patineurs de vitesse organisent des courses en sur une piste ovale dès 1905. Manquant de pistes en extérieur, les Américains commencent à s'entraîner en intérieur, sur des pistes plus courtes. Les problématiques qui se posent sont différentes : les virages sont plus serrés, les lignes droites plus courtes et les tactiques pour gagner une course diffèrent..

Les États-Unis et le Canada organisent des courses en patinoire couverte chaque année, avec la première compétition internationale organisée en 1921..

Dans les années 1920 et 1930, le patinage de vitesse sur piste courte devient populaire en Grande-Bretagne, au Japon, en France, en Belgique et en Australie.

En 1932, aux Jeux olympiques de Lake Placid, les courses de patinage de vitesse peuvent se faire avec jusqu'à six patineurs en même temps, bien que toujours sur une piste de .. Le format dit des est très controversé, surtout par les Finnois et les Norvégiens. Les épreuves reprennent leur format à deux personnes par course dès les Jeux olympiques suivants.

L' reconnaît le en 1967. Le premier championnat international reconnu se déroule à Solihull en 1978, et il est remporté par Alan Rattray et Celeste Chlapaty..

Histoire olympique Les premiers championnats du monde de patinage de vitesse sur piste courte sont organisés en 1981 à Meudon-la-Forêt, en France.

En 1991, l'ISU organise les premiers championnats du monde par équipe de patinage de vitesse sur piste courte à Séoul, en Corée du Sud : ils sont remportés par l'équipe du Japon chez les hommes., tandis que le Canada remporte l'édition féminine..

Le est sport de démonstration olympique à Calgary, et parvient à convaincre le président du Comité international olympique Juan Antonio Samaranch et le président de l' Olaf Poulsen. Il devient ainsi sport olympique à part entière aux Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville sur le hommes, femmes, relais hommes et relais femmes. Le premier médaillé olympique de l'histoire du est le Coréen Kim Ki-hoon qui remporte le en à Albertville. Chez les femmes, la première médaillée est l'Américaine Cathy Turner.

Aux Jeux olympiques de 1994, à Lillehammer, le programme de est complété par le hommes et le femmes. Kim Ki-hoon et Cathy Turner réitèrent leur médaille d'or des Jeux précédents. L'Américain Eric Flaim est le premier athlète à remporter des médailles olympiques à la fois en patinage de vitesse et en patinage de vitesse sur piste courte, avec l'argent au longue piste en 1988 et au relais du patinage de vitesse sur piste courte en 1994. L'équipe de relais masculine australienne est la première équipe d'Australie médaillée à des Jeux olympiques d'hiver. Kim Yun-mi, , devient la plus jeune médaillée d'or de l'histoire des Jeux olympiques d'hiver après le relais féminin du .

Les premiers championnats du monde junior de patinage de vitesse sur piste courte sont organisés à Lillehammer plus tard la même année, et quatre des six médailles d'or y sont remportées par des patineurs sud-coréens.

En 1997, le circuit de Coupe du monde de patinage de vitesse sur piste courte est créé, ainsi que les Championnats d'Europe de patinage de vitesse sur piste courte dont la première édition est organisée à Malmö.

Les Jeux olympiques de Nagano en 1998 sont les premiers où le temps des patineurs est mesuré au millième de seconde près.

Le , masculin et féminin, est ajouté au programme des Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002. En finale du , dans le dernier virage, Li Jiajun tente de dépasser Apolo Anton Ohno, en première place du peloton. Les quatre premiers de la course tombent tous ensemble. L'Australien Steven Bradbury, en retard sur le peloton, est le seul à rester debout et gagne la course.

Aux Jeux olympiques de Turin, la Corée du Sud remporte six médailles d'or (sur 8 événements) et dix médailles au total.Ahn Hyun-soo remporte l'or au , au et au relais, ainsi que le bronze au .

Après les Jeux de Turin, Ahn Hyun-Soo se blesse gravement et est exclu de l'équipe des Jeux de 2010 par sa fédération, n'ayant pas pu participer aux compétitions internationales de la saison précédente. Il déménage en Russie et prend le nom de Viktor Ahn. De son côté, aux Jeux olympiques d'hiver de 2010, Apolo Anton Ohno gagne l'argent au et le bronze au et au relais, ce qui fait de lui le premier patineur de vitesse sur piste courte à gagner huit médailles olympiques. L'image de Charles Hamelin remportant le , puis se jetant sur la rambarde pour embrasser sa fiancée et coéquipière Marianne St-Gelais, est considérée par le grand public canadien comme une des images les plus marquantes des Jeux de Vancouver.. Wang Meng obtient sa sixième médaille olympique à Vancouver, ce qui fait d'elle la patineuse de vitesse sur courte piste la plus médaillée aux Jeux olympiques ainsi que l'olympienne chinoise la plus médaillée aux Jeux d'hiver.

Aux Jeux olympiques de 2014 à Sotchi, le retour de Viktor Ahn est marqué par trois médailles d'or (, et relais masculin) et une médaille de bronze au . Avec huit médailles au total, il est à égalité avec Apolo Anton Ohno qui a pris sa retraite, en tant que patineur de vitesse sur piste courte avec le plus de médailles olympiques. Chez les femmes, la Coréenne Park Seung-hi remporte le . Toutes les autres médailles d'or féminines sont remportées par les Chinoises.

Aux Jeux olympiques de 2018 à Pyeongchang, Arianna Fontana remporte trois médailles olympiques dont sa première médaille d'or.. Elle devient donc la patineuse la plus médaillée de l'histoire olympique, aux côtés d'Ohno et de Ahn.. Elle les dépasse avec trois médailles de plus aux Jeux olympiques de 2022.

Épreuves

Distances Le patinage de vitesse sur piste courte comprend trois distances masculines et féminines : le (), le () et le ()..

Le est une épreuve de sprint où le premier demi-tour est déterminant. Le allie le sprint et la stratégie. Le , quant à lui, est une épreuve considérée comme discipline d'endurance : quatre manches sont disputées dans la journée. Les patineurs préfèrent généralement privilégier la stratégie, quitte à démarrer la course plus lentement.

Le () est parfois parcouru sous forme de et disputé seulement par les huit premiers athlètes du classement d'une compétition. alt=Quatre équipes en train de passer le relais.|vignette|Passages de relais en finale A des Jeux olympiques de la jeunesse d'hiver de 2020. Enfin, le relais ( pour le féminin, pour le masculin) se joue avec quatre patineurs par équipe. Chaque patineur patine généralement pendant un tour et demi ou deux tours, tandis que les trois autres suivent son parcours à l'intérieur de l'ovale pour récupérer le relais en cas de chute ou de passation. Un contact physique permet de passer le relais : en général, l'athlète en fin de passage pousse l'arrivant pour lui donner de l'élan.

Sur la ligne de départ, les patineurs s'alignent dans un ordre défini par tirage au sort ou par le meilleur temps réalisé à la course précédente. L'athlète au rang 1 est la plus proche du centre de la piste. Au et au , on considère qu'un athlète est légèrement avantagé s'il démarre en 1 ou 2. L'ordre arrivée se mesure à partir de l'extrémité avant de la lame plutôt qu'à la position du corps : à la fin d'une course, les patineurs étendent donc leur jambe avant le plus possible pour gagner quelques centimètres..

Déroulement des compétitions Au et au aux Jeux Olympiques, la compétition débute avec au premier tour, soit huit courses de quatre patineurs chacune. Les deux premiers de chaque course accèdent en quarts de finale. En quarts de finale, les sont divisés en quatre courses de quatre concurrents. Les deux premiers accèdent en demi-finales. Ces huit athlètes sont répartis en deux courses de quatre. Les deux premiers passent en finale A, les deux suivants en finale B. La finale A définit les quatre premières concurrents de la distance, la finale B les concurrents suivants dans le classement. En cas de pénalités multiples, il arrive néanmoins que des participants de la finale B soient médaillés.

Au , les qualifications () comptent 36 concurrents au lieu de 32 aux Jeux Olympiques. Le premier tour est constitué de six groupes de six patineurs. Les trois premiers passent en demi-finales, où l'on compte trois fois six patineurs. Les trois premiers passent en finale A, les trois suivants en finale B. Un compétiteur ne doit jamais participer à deux courses espacées de moins de quinze minutes.

Règlement Piste alt=Photo de 4 personnes en train de démarrer.|vignette|Départ d'une course. La ligne intérieure de l'anneau ovale fait , dans une patinoire intérieure de par au minimum. Les courbes doivent être symétriques et les lignes droites font de largeur. La piste n'est pas divisée en couloirs, le patineur situé à l'intérieur a donc un léger avantage sur ses concurrents. Les tours de piste s'effectuent toujours dans le sens antihoraire.

L'intérieur de la piste est marqué avec sept plots en plastique noir dans chaque virage, facilement retirables pour ne pas occasionner de blessures si quelqu'un pose le pied dessus. Un patineur mettant le pied à l'intérieur de la piste est disqualifié à moins de passer à l'intérieur de la piste pour recommencer le virage. Les plots peuvent être placés sur cinq lignes différentes éloignées d'un mètre chacune afin de maintenir la piste en bon état et d'éviter de creuser la glace. Pour chaque dessin de pistes, on utilise la même ligne d'arrivée sauf pour la ligne de départ : sur une course à nombre entier de tours (, , ) on a une ligne unique et sur une course à demi-tours ( et ), cinq lignes sont utilisées, chacune correspondant à une ligne de virages afin de garder la même distance parcourue. En demi-finales et finales en compétition, seules les trois lignes du milieu sont utilisées.

Les limites extérieures de l'anneau sont couverts d'épais matelas visant à amortir les chutes, très fréquentes. Les matelas sont imperméables mais ne résistent pas toujours aux coupures. Ils sont attachés à la fois entre eux et à la rambarde. Il y a au minimum entre la ligne intérieure de la piste et les matelas de protection.