Olympe Félicité de Jouval, née le à Marseille et morte le à NiceD'après la notice de personne du catalogue général de la BnF., est une journaliste, écrivaine voyageuse. féministe française. Elle écrit sous le pseudonyme de Feo de Jouval ou de Olympe Audouard. Elle fonde cinq revues.

Elle est l'une des représentantes les plus importantes du mouvement féministe français de la seconde moitié du .

Biographie Débuts Elle est élevée par son père, Camille Jouval, un homme aisé ayant beaucoup voyagé.

Olympe Félicité de Jouval se marie, à vingt ans, au notaire marseillais Henri-Alexis Audouard. Au bout de quelques années, elle demande. la séparation de corps en raison du libertinage de son époux. De cette union sont nés deux enfants : Louis-Marie et Camille, dont elle a la garde..

Alexandre Dumas, passant à Marseille, loue ses essais manuscrits.

À Paris Arrivée à Paris, elle fréquente, outre Dumas, des célébrités telles que Théophile Gautier, Lamartine, Jules Janin, rencontres qu'elle raconte dans ses mémoires..

Très patriote, elle reste à Paris pendant la guerre de 1870 et, durant le siège de Paris, elle est une des plus dévouées infirmières, prodiguant sans compter ses soins aux blessés..

Voyages Après sa séparation en 1858 de son mari (son divorce ne sera prononcé qu'en 1885.). Elle profite aussitôt de sa liberté retrouvée pour faire, comme écrivaine professionnelle, un long voyage à travers l’Égypte, la Syrie, la Palestine, la TurquieElle publie, peu après ces voyages, trois relations de voyages intitulées Les Mystères du Sérail et des Harems turcs (1863), Les Mystères de l’Égypte dévoilés (1865) et L’Orient et ses peuplades (1867).. De là, elle passe en Russie, parcourant l’Allemagne, la Pologne.

Elle revient ensuite à Paris. Elle se lance dans le commerce des modes, mais les affaires conviennent peu à sa nature. Elle écrit un premier roman intitulé Comment aiment les hommes.

Carrière dans la presse Elle fonde cinq revues : Le Papillon paraît en , Le Fantaisiste en 1862, Littérature, Arts, Causeries de salons, Chronique du Palais, Histoire, Revue bibliographique et Revue Cosmopolite en , et la Revue des Deux Mondes illustrés qui publie des récits de voyages en 1879. Après le dernier numéro de la Revue des Deux Mondes, elle lance une revue qui reprend le nom Le Papillon en ..

Deux ans après, elle se lance également en politique. Elle demande au ministre de l’Intérieur une autorisation de transformer la Revue cosmopolite en feuille de politique courante ; celui-ci la lui refuse, sous prétexte qu’elle ne pouvait être accordée qu’à un « Français » jouissant de ses droits civils et politiques.

Conférencière Après avoir vivement protesté dans les journaux contre ce nouvel acte de tyrannie masculine, elle part pour l’Amérique, où elle fait, dans les villes des États-Unis, dont Salt Lake City., une série de conférences qui ont un très vif succès.

Elle revendique dans une infinité d’exposés et de publications, à côté de réformes générales dans la législation civile, le divorce, l’égalité politique et sociale pour les femmes, dont le droit de voter et de se présenter aux élections. Le divorce notamment prend une place majeure dans son engagement, elle qui rapporte dans ses mémoires une union avec un cousin adultère de laquelle naissent deux fils, morts à quelques années d'écart.

Réception En 1866, elle gagne un procès qu'elle a elle-même intenté envers La Patrie qui a diffamé Guerre aux hommes, ouvrage qu'elle a écrit cette année-là.

Après avoir provoqué en duel le directeur du Figaro Hippolyte de Villemessant en 1869, elle est très attaquée par Jules Barbey d'Aurevilly, qui professe une grande haine pour le bas-bleuisme. Elle réagit en donnant une conférence publique, qui est publiée. Barbey pense que les femmes de lettres n’ont dans la tête qu’un seul roman, le leur, et qu’elles ne se lassent pas de le raconter au public, qui d’ordinaire n’en avait cure, déploie contre elle un tel acharnement, qu’un beau matin, perdant patience, elle lui adresse un cartel. Barbey ne croit pas devoir accepter ce duel, mais cet incident est une bonne fortune pour la presse, surtout les journaux à caricatures, qui imaginent pendant quinze jours le combat manqué de Barbey et d’Olympe. Olympe fait rire d’elle, mais Barbey n'est pas épargné non plus.

Possédant un sentiment très vif de la dignité littéraire, un jour vint où, séparée de son mari, elle réclame judiciairement, pour vivre, quelques subsides. Elle présente elle-même au magistrat compétent sa requête qu’elle signe « femme de lettres ».

Fin de vie Elle meurt des suites d'une congestion pulmonaire à Nice, où elle était venue tenter de soigner sa maladie au soleil, assistée, à ses derniers moments, par la princesse Waronsoff et son fils, le duc de Montelfi..

Publications Le Papillon arts, lettres, industrie, Paris, [s.n.], 1861-1863 Comment aiment les hommes, Paris, É. Dentu, 1862 Histoire d'un mendiant, Paris, É. Dentu, 1862 Un mari mystifié, Paris, É. Dentu, 1863 Il n'y a pas d'amour sans jalousie et de jalousie sans amour, comédie en un acte et en prose, Paris, É. Dentu, 1863 Les Mystères du sérail et des harems turcs ; lois, mœurs, usages, anecdotes, Paris, É. Dentu, 1863 Le Canal de Suez, chapitre détaché d'un livre sur l'Égypte, qui paraîtra prochainement, Paris, É. Dentu, 1864 Le Luxe des femmes : réponse d'une femme à M. le procureur général Dupin, Paris, É. Dentu, 1865 Le Luxe effréné des hommes. Discours tenu dans un comité de femmes, Paris, É. Dentu, 1865 Les Mystères de l'Égypte dévoilés, Paris, É. Dentu, 1865 Guerre aux hommes, Paris, É. Dentu, 1866 L'Orient et ses peuplades, Paris, É. Dentu, 1867 À travers l'Amérique… États-Unis, constitution, mœurs, usages, lois, institutions, sectes religieuses, Paris, É. Dentu, 1866 ; rééd. 1871 Lettre aux députés, Paris, É. Dentu, 1867 L'Homme de quarante ans, Paris, É. Dentu, 1868 Lettre à M. Haussmann, préfet de la Seine, Paris, imp. Balitout, Questroy et Cie, 1868 À travers l'Amérique ; le Far-West, Paris, É. Dentu, 1869 La Femme dans le mariage, la séparation et le divorce : conférence faite le , Paris, É. Dentu, 1870 M. Barbey-d'Aurevilly ; réponse à ses réquisitoires contre les bas-bleus. Conférence du , Paris, É. Dentu, 1870 La Femme-Homme. Mariage adultère divorce. Réponse d'une femme à M. Alexandre Dumas Fils, Paris, É. Dentu, 1872 Gynécologie ; la femme depuis six mille ans, Paris, É. Dentu, 1873 L'Amie intime, Paris, 1873 La Morale officielle S. V. P., lettre à M. de Goulard, ministre de l'Intérieur, Paris, É. Dentu, 1873 Les Mondes des esprits, ou la Vie après la mort, Paris, É. Dentu, 1874 Les Nuits russes, Paris, É. Dentu, 1876 Le Secret de la belle-mère, Paris, É. Dentu, 1876 L'Amour, le matérialisme, le spiritualiste, le complet et divin..., Paris, É. Dentu, 1880 Les Roses sanglantes, Paris, É. Dentu, 1880 Les Soupers de la Princesse Louba d'Askoff : drame d'amour et de nihilisme, Paris, É. Dentu, 1880 Voyage au pays des boyards ; étude sur la Russie actuelle, Paris, É. Dentu, 1881 Les Escompteuses, études parisiennes, Paris, É. Dentu, 1883 Silhouettes parisiennes, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1883 Pour rire à deux : contes, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1884 Voyage à travers mes souvenirs : ceux que j'ai connus ce que j'ai vu, Paris, É. Dentu, 1884 Singulière nuit de noce, drame de la vie parisienne, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1886

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . .

Liens externes

Voyage au pays des Boyards, en ligne sur la Bibliothèque russe et slave

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