La Maison de Montmorency est une famille de la noblesse française. Entrée en possession à la fin du de la ville de Montmorency, dans l'actuel département du Val-d'Oise en Île-de-France, elle en a pris le nom. Dès ce siècle elle est apparentée aux grands lignages féodaux et par eux aux carolingiens et aux premiers rois capétiens. La maison de Montmorency a donné à la France six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux, un cardinal de l’Église catholique, un vice-roi de Nouvelle-France, des pairs de France, des gouverneurs et d'autres personnalités du . Albéric de Montmorency, connétable de France vers 1060, est le premier des Montmorency à exercer cette charge qui était la plus haute dans le domaine militaire.

Cette famille est éteinte depuis 1878 en ligne masculine et en 1922 en ligne féminine.

Histoire

vignette|redresse|Donjon du vieux château de Montmorency en 1708 vignette|redresse|Histoire généalogique de la maison de Montmorency et de Laval par André Du Chesne (1624) vignette|redresse|Anne de Montmorency, de Montmorency vignette|redresse|François de Montmorency, de Montmorency vignette|redresse|Henri de Montmorency, de Montmorency vignette|redresse|Henri II de Montmorency, de Montmorency vignette|redresse|François-Henri de Montmorency-Bouteville, duc de Piney-Luxembourg, dit le maréchal de Luxembourg

Charondas qualifie cette famille comme la plus illustre maison de la noblesse française après les roisCharondas, Le cahier noir, 2015, Philippe du Puy éditeur, sans pagination (voir la notice consacrée à la famille Michel de Pierredon)..

Les ancêtres des Montmorency sont connus dès le . Il s'agit alors d'une famille châtelaine du nord de la province de Sens installée à Bray-sur-Seine avec Bouchard de Bray.

, mort après 960, seigneur de Bray, est un chevalier (miles) du .

Ce premier membre attesté des Burchards de Bray est un ancêtre de la maison de Montlhéry et de la maison de Montmorency.

Il est issu de la famille des Aubry(Albéric)-Gautier-Burchard qui fut notamment à la tête du diocèse de Sens dans le premier tiers du .

Bray-sur-Seine, île fortifiée à la frontière de la province de Sens sous suzeraineté de l'archevêque de Sens, fut alors confiée à des proches. Au milieu de ce siècle, Bouchard (Burchard) en est investi. Cette investiture fut vraisemblablement contestée par les Bosonides, acteurs politiques principaux à Troyes et à Sens quelques décennies plus tôt.

Fidèles des Robertiens, ses descendants s'installent à Montlhéry (au sud proche de Paris en allant vers Orléans), et pour la future maison de Montmorency au nord de Paris, tout d'abord sur l'Isle-Saint-Denis et à l'ouest de Saint-Denis.

Leurs ressources sont tirées de leur localisation géographique leur permettant la maîtrise des routes terrestres et fluviales menant à la puissante abbaye de Saint-Denis et au nord de Paris.

Autour de l'An Mil, le site fortifiable de Montmorency, situé sur une butte, fut confié par le roi à Bouchard le Barbu, seigneur installé à l'origine sur l’île-Saint-Denis, mais dont il devra démanteler le château. Celui-ci était accusé par les moines de Saint-Denis d'abuser des revenus des droits de péage qu’il faisait acquitter aux bateliers naviguant sur la Seine et aux marchands qui approvisionnaient les foires de l’abbaye de Saint-Denis.

La légende rapporte que son premier ancêtre, compagnon de Clovis, fut le premier guerrier franc à se faire baptiser par saint Remi. En référence à cette légende, la maison de Montmorency adopta la devise « Dieu aide au premier baron chrétien » et revendiqua le titre de « premier baron chrétien » ou « premier baron de France » (c'est-à-dire d'Île-de-France). Ce titre, jamais reconnu par le pouvoir royal, mais toléré, symbolisait les valeurs et l'ambition des Montmorency.

De nombreux membres de cette maison, divisée en plusieurs branches, jouèrent un grand rôle dans l'histoire de France.

La légende rapporte qu'en souvenir de la bataille de Bouvines en 1214 où , connétable de France, enleva douze enseignes à l'armée impériale conduite par l'empereur , il ajouta douze alérions aux quatre qui composaient ses armes. Ce haut fait d'armes explique les armes des Montmorency, qui portent « d'or, à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d'azur ».

La branche aînée est déshéritée par Jean II de Montmorency et voit son destin français lui échapper à partir de Jean de Nivelle : elle est appelée Fosseux ou Nivelle. De la branche aînée installée en Flandre par Jean de Montmorency-Nevele, est issu le comte de Hornes, initiateur de l'indépendance des Pays-Bas, décapité en 1568 à Bruxelles avec le comte d'Egmont.

La branche cadette, ducale, est titrée duc de Montmorency en 1551, et comprend de grands militaires : Anne de Montmorency (1493-1567), maréchal puis connétable de France (1537), gouverneur du Languedoc, s'illustra dans les guerres d'Italie, et eut un rôle dirigeant au début du , naviguant entre faveur royale et rébellion ouverte. En 1551 il est fait duc de Montmorency et pair de France. Il est également grand maître de France. Il fut mortellement blessé à la bataille de Saint-Denis (1567).

François de Montmorency (1530-1579), fils du précédent. Grand maître et maréchal de France, gouverneur de Paris et d'Ile-de-France. Il se rendit vite impopulaire à cause de sa fermeté à vouloir appliquer les édits royaux et à interdire les armes à feux. En conflit avec les Guise, il rejoignit les Malcontents et fut embastillé. Après un an d'emprisonnement, il fut libéré et mourut trois ans plus tard sans laisser de descendance.

(1534-1614), frère du précédent, connétable de France, gouverneur du Languedoc. Sa fille Charlotte-Marguerite, épouse d'un prince du sang, , fut à le dernier amour (non partagé) d'un vieillissant.

(1595-1632), fils du précédent. Amiral et maréchal de France, gouverneur du Languedoc et vice-roi de Nouvelle-France, fut exécuté en 1632 pour conspiration contre , sur l'ordre de Richelieu. La mort du duc de Montmorency, l'un des seigneurs les plus considérables de son temps, est arrachée au roi par Richelieu, et fut un signe de l'affirmation du pouvoir royal sur la grande noblesse. Les terres (et le titre de Duc) de la seigneurie de Montmorency passèrent alors à la Maison de Condé par Charlotte-Marguerite de Montmorency, sœur d' de Montmorency et épouse d'.

Son cousin de la branche aînée, François-Henri de Montmorency-Luxembourg (1628-1695), dit le maréchal de Luxembourg, fut l'un des plus fameux chefs d'armée du . Son rameau, issu des Montmorency-Fosseux, est depuis longtemps avant connu sous les noms de Hallot puis de Bouteville. Proche fidèle du Grand Condé, il reçut le surnom de « tapissier de Notre-Dame » car il accrocha les drapeaux ennemis rapportés par ses troupes des combats aux Pays-Bas, en décorant la nef de la cathédrale de Paris. Il rend son lustre à la branche aînée, qui accède à son tour à un titre ducal (Piney-Luxembourg, puis Montmorency-Beaufort, enfin Beaumont).

Parmi les autres personnalités illustres de cette maison, on trouve, dans la branche puînée de Montmorency-Laval : Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, maréchal de France qui sera dit plus tard Barbe-Bleue, , premier évêque de la Nouvelle-France, béatifié par et canonisé par le pape François, ou encore Mathieu, vicomte de Montmorency, puis duc de Montmorency-Laval, qui fut l'un de ceux qui firent voter l'abolition des privilèges au cours de la nuit du . Par la suite, passé du côté de la contre-Révolution, il devint ministre des Affaires Étrangères et membre de l'Académie française. Sa fille unique, Élisabeth de Montmorency-Laval, épousa Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville. Tandis qu'un cousin, Louis-Joseph de Montmorency-Laval, était cardinal évêque de Metz et grand aumônier de France.

En 1789, la maison de Montmorency compte vingt représentants mâles pour six grandes branches (ducs de Montmorency, ducs de Piney-Luxembourg, ducs de Beaumont, princes de Robecq, ducs de Laval et comtes de Montmorency-Laval : Lezay et Tartigny). À la Première Restauration en 1814, elle compte dix-huit représentants mâles, la ligne des princes de Robecq s'étant éteinte. Malgré ces effectifs six princes de Montmorency ont moins de trente ans en 1814 la maison de Montmorency s'éteint en à peine plus d'un demi-siècle.

Le dernier représentant mâle de la maison de Montmorency fut Anne-Édouard-Louis-Joseph de Montmorency-Beaumont-Luxembourg (1802-1878), de Beaumont et pair de France, de Luxembourg et de Tingry (1802-1878).

Variations du domaine de Montmorency Après l'exécution de , duc de Montmorency, en 1632, le domaine (et le titre) de Montmorency passe (en 1633) à sa sœur Charlotte-Marguerite de Montmorency mariée dans la maison de Condé.

En 1688, Henri-Jules de Bourbon-Condé fait renommer le duché de Montmorency en duché d'Enghien, pour donner plus de légitimité au titre de duc d'Enghien, porté par la maison de Condé depuis le (deux fiefs des Condés, Enghien-le-Français puis Enghien-les-Bains, reprennent en fait le nom d'Enghien en Hainaut).

Puisque le titre de duc de Montmorency n'est plus porté ceci le libère pour une possible relève par une branche de la famille.

Peu de temps après, en 1689, c'est le duché de Beaufort, revendu par Louis Joseph de Vendôme, un Bourbon descendant direct d', à , un cousin issu d'une illustre branche des Montmorency passée un temps par des possessions hors de France au service d'une maison étrangère à la France, qui fut rebaptisé duché de Montmorency (deuxième titre de duc et pairie de Montmorency) avec l'autorisation du roi .

Hôtels de Montmorency, à Paris

Généalogie

Branches

Armes & devise

Devise : Dieu aide au premier baron chrétien.

Notes et références

Bibliographie

Nicolas Viton de Saint-Allais : Nobiliaire universel de France, t. III, réimprimé en 1872-1873 : de Montmorency, Étienne Pattou : Racines & Histoire, 2005 et 2022 : Maison de Montmorency. Michel Rival, Les Montmorency, Seigneurs De Montmorency (Xe Siecle-1632), Paru en 1995 chez J. d'Orcival https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2907526081/les-montmorency-seigneurs-de-montmorency-xe-siecle-1632-michel-rival Daniel Dessert, Les Montmorency, mille ans au service de France, Flammarion, 2015,.

Articles connexes Armorial des familles d'Île-de-France Armorial des Montmorency Liste des seigneurs puis ducs de Montmorency Liste de familles éteintes notoires de la noblesse française Liste de devises de familles françaises notoires Courtoisie héraldique : voir Les Montmorency et leurs alérions

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