Le prieuré Saint-Jean de l’Habit est un prieuré de l'abbaye Notre-Dame de Fontevraud. Intégralement détruit, il était situé à l’emplacement actuel du cimetière du bourg et dominait assez nettement l’enceinte abbatiale. Le prieuré, à l’imitation des dispositions initialement prévues pour l’ensemble des implantations fontevristes, constituait le prieuré masculin de l’abbaye royale de Fontevraud.

Le prieuré au sein de l'ensemble abbatial vignette|Une vue de l'abbaye et du bourg de Fontevraud, en 1699. Louis Boudan a réalisé plusieurs vues du site. Le prieuré de Saint-Jean de l'Habit s'inscrit dans l'ensemble abbatial de Fontevraud-l'Abbaye, lequel s'étend sur près de 14 hectares. Situé au nord-est de l’enceinte abbatiale proprement dite, il était relié à celle-ci par une allée d’ormeaux. Il était implanté un peu en hauteur, dominant l’abbaye et hors clôture, clôture qui englobait le Grand-Moutier , le quartier Saint-Benoît, le prieuré Saint-Lazare et le prieuré de la Madeleine.

Il regroupait les hommes sous l'autorité d'un prieur, lui-même soumis à l'abbesse de Fontevraud. Les prêtres célèbrent la messe et l’administration des sacrements pour les moniales, tandis que les frères lais ont en charge les travaux manuelsDifférenciation des moines prêtres et des fréres lais.. Même si le projet initial de Robert d’Arbrissel a pu être d’implanter des structures monastiques doubles en un même lieu, accueillant à la fois moines et moniales, peu fréquents sont les endroits où un tel projet a pu être mené à bien et assez peu nombreux aussi sont les édifices qui ont pu subsister.

Son nom renvoie expressément à la dernière scène de la vie terrestre du Christ, lorsque le disciple de celui-ci part « habiter » avec sa mère Marie.

Les bâtiments monastiques L’église Cette église, deux fois plus grande que celle servant au culte dans le prieuré de la Madeleine du même ensemble monastique, était orientée classiquement à l’est. En revanche, elle était située au sud du cloître, se différenciant ainsi de la disposition adoptée pour les autres monastères de FontevraudDaniel Prigent. Le cadre de vie à Fontevraud dans la seconde moitié du XII éme siècle. Fontevraud. Histoire-Archéologie. n° 5. Comité histoire fontevriste 1997-1998 p.50 -51. Quant à son clocher, il a abrité jusqu’en cinq cloches, époque à laquelle un charroi leur fit prendre la route de Saumur pour y être fonduesLe départ des religieuses et religieux Revue 303. Arts, Recherches et Créations. La revue des Pays de Loire. 2000.P 44.

La bibliothèque Elle était répartie entre deux salles, qui contiennent l’une quatre mille volumes, et l’autre mille cinq cents.

Les cellules Les trente neufs modestes cellules qui servaient de logements tant aux pères qu'aux frères ont été en grande partie (20 sur 39) désertées par leurs occupants puisque le les vœux solennels prêtés par ceux qui voulaient entrer dans les Ordres et Congrégations ont été supprimés par la Constituante. Les envoyés de la municipalité n’y trouvent qu'« un mauvais lit, avec une paillasse, deux matelas, deux draps, une couverture de laine, quelques-uns avec des rideaux, d’autres sans rideaux, une mauvaise table, deux chaisesLe départ des religieuses et religieux Revue 303. Arts, Recherches et Créations. La revue des Pays de Loire. 2000.P 591 ».

Prieurs de Saint-Jean de l’Habit Jean Lardier Jean Lardier né à Château-Gontier le est probablement le prieur, nommé en 1640, puis Visiteur de l'Ordre en 1643Dom Jean Lardier, l'homme à tout faire de l'Ordre de Fontevraud, le plus connu du prieuré Saint-Jean de l’Habit grâce à ses travaux de médiatisation de l’Ordre de Fontevraud. Il est d'ailleurs représenté sur le frontispice gravé par F. Poitty de la Règle de l'Ordre, imprimée en 1642 chez A. Vitray, à la demande de la abbesse Jeanne-Baptiste de Bourbon, après qu'elle a mis fin au conflit avec les religieuxJean Lardier, historiographe de l' Ordre de Fontevraud.. Au-delà des événements liés à la Révolution française et aux pertes qui s’ensuivirent demeure aujourd’hui conservé le célèbre « Inventaire des titres » en sept grands volumes manuscrits rédigés de 1646 à 1658Un "trésor" fontevriste aux Archives d'Angers.

Liste des Prieurs Parfois aidé d’un Sous-prieur également nommé par l’Abbesse ; ils sont nommés en moyenne pour trois ou quatre ans mais ne reçoivent aucune lettre de nomination, ce qui permet de les révoquer Ad nutum (sans formalité). 1166-1174. Pierre de Raonnes puis 1737-1741. Charles Daubigeon, 1742-1747. René-Louis Cherbonnel, 1748-1753. Antoine Fleury-Cosnard, 1754-1756. Henri David, 1756-1760. Philippe Halbert, 1760-1761. Philippe Cherbonnel, 1761-1765. Jean-Charles Bodeau (Visiteur de la Province d’Auvergne en 1773), 1765-1771. Nicolas Duclos, 1771-1774. Claude-Louis Hénin, 1774-1777. Jean Saulais, 1777-1780. Nicolas Duclos, 1780-1783. Jean-Baptiste Marais, 1783-1786. Cyprien Curieux, 1786-1789. Alexandre Guerrier, 1789-1791. Hilaire-François Guillon du Plessisn° 5. Patricia Lusseau. Moniales et frères au XVII émes et XVIII éme siècle n° 5 des publications du Comité d’histoire fontevriste 1997-1998 p. 90..

Œuvre de fiction Un moine de Saint-Jean de l’Habit, Adso de Melk est l'un des héros du roman Le Nom de la rose d'Umberto Eco. Il s’est réfugié à Melk, en Autriche..

Notes et références Notes

Références

Articles connexes Abbaye Notre-Dame de Fontevraud Liste des abbesses de Fontevraud Ordre de Fontevraud Robert d'Arbrissel

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