Le château de Montaupin est un château du situé au sud du village d’Oizé, dans la région historique du Maine (actuel département de la Sarthe) à une trentaine de kilomètres au sud du Mans, en France.
Le château a été reconstitué à la fin du à l'emplacement d'un ancien château féodal datant des . La partie la plus ancienne encore visible aujourd'hui est une tourelle du . Le reste de l'édifice se compose de constructions réalisées aux .
Quelques éléments de la construction d'origine subsistent : la tourelle, les deux caves et la crypte de l'ancienne chapelle Sainte-Marie-Madeleine, tous datés du . Une tourelle jumelle est détruite au début du ; l'édifice a subi plusieurs altérations et modifications architecturales.
Le domaine est aujourd'hui inscrit sur la liste des patrimoines bâtis à protéger, au titre de l'article L.151-19 du code de l'urbanisme.
Le château de Montaupin à travers les âges (479-2021)
Au Moyen Âge (479-1492) Deux châteaux de Montaupin existaient : Montaupin-Jacquette et Montaupin-la-Cour, l’actuelle propriété. Les deux se situaient au sud du bourg d'Oizé, une possession seigneuriale. Jean et Girard de Montaupin sont mentionnés dans le Cartulaire de Château-du-Loir comme vassaux, vers 1239, de la châtellenie d’Oizé.
Le château de Montaupin a été construit au par la famille De Montaupin, pour défendre la région contre les invasions. Une légende raconte qu’un chevalier De Montaupin aurait protégé le village d’une attaque ennemie.
Le château de Montaupin est mentionné comme une possession seigneuriale vers 1342. Le , Guillaume Chastain possède le fief de Montaupin-Jacquette et en fait aveu à Guyon du Bouchet, seigneur du Bouchet aux Corneilles.
Montaupin-la-Cour, tenu par la châtellenie de Foulletourte à titre de foi et hommage simple, appartenait dès le aux du Bouchet, seigneur du Bouchet-aux-Corneilles. Ce dernier était une ancienne forteresse datant des , aujourd'hui détruite, située à Oizé, à la limite de Requeil. Au début du , la région est tourmentée par la guerre de Cent Ans. Le château du Bouchet-aux-Corneilles tombe aux mains des Anglais en 1425, sous Henri VI, avant d’être repris.
Il sera agrandi et restauré pour être transformé en résidence noble.
La famille du Bouschet Les « du Bouschet » appartenaient à l’une des branches de la famille Du Bouchet De Sourches. Ces derniers étaient d’importants seigneurs et propriétaires terriens de la zone. Simon du Bouchet semble avoir hérité du château ou des terres de Montaupin avant de s'y établir en tant que premier seigneur.vignette|292x292px|Arbre généalogique de la famille Du Bouschet de Montaupin ; crédits aux créatrices de cette pageEn 1407, Simon du Bouchet, chambellan (noble de la cour responsable du service de la chambre du souverain) du roi Charles VII, devient le premier seigneur du château de Montaupin. Son fils, Geoffroy du Bouschet, écuyer (noble qui accompagnait un chevalier et portait son écusson) du seigneur du Bouchet, est peu connu. En 1457, il fait don d'une rente de 2 sols 6 deniers tournois à l’église de Requeil. Il épouse Ysabeau de Thévalles et eut cinq enfants.
Le premier, Jean du Bouchet (1340-1404), écuyer, est devenu seigneur du Bouchet. Il épouse Jeanne de Buffe en 1365 et hérite des seigneuries de Montaupin-la-Cour, de Buffe et des Mortiers. Par la suite, il échange Montaupin-la-Cour, ainsi que ses bois et vignes, contre la « Dreuserie », un domaine situé non loin de Montaupin, avant de mourir en 1475.
Son frère Briand du Bouchet meurt avant le .
Leur sœur Guyonne du Bouchet, veuve de Bremond des Bordes, écuyer, était encore en vie en 1484. Aliette du Bouchet, s’unit par contrat le à Jacques de La Chevrière, écuyer et seigneur de la Roche de Vaux. Elle meurt en 1484.
Enfin, leur sœur Marguerite du Bouchet, née en 1480 et morte en 1486.
Guyonne du Bouchet est la seule héritière. Elle dénonce les tractations concernant les terres du Bouchet et engage un procès après la mort de son frère Jean. Elle gagne à la Cour du Mans, rembourse 610 écus aux acheteurs et rentre en possession des biens aliénés par ce dernier. Elle vend la propriété le , pour la somme de 2211 livres, à son beau-frère Jacques de La Chevrière, écuyer, seigneur de la Roche de Vaux, situé à Requeil, et marié à sa sœur Aliette.centré|vignette|562x562px|Le château de Montaupin aux ; crédits aux créatrices de cette page
La famille d'Aubigné Jacques et Aliette de La Chevrière ont eu une fille, Perrine de La Chevrière, la « Dame de Montaupin ». Lors de son mariage, le , elle apporte en dot la propriété à Jacques d’Aubigné, quatrième fils de Jean II d’Aubigné, seigneur de la Perrière, et d’Yolande du Cloître. Jacques d’Aubigné en fait aveu au seigneur de Foulletourte. Avec Aliette, ils ont trois enfants : Jean III, Marie et René, ainsi que deux enfants « naturels », Guyon et Catherine.
La ferme actuelle de Montaupin-Jacquette pourrait avoir été le manoir originel, et Jacques d’Aubigné aurait transféré cette seigneurie à Montaupin-la-Cour. Des travaux ont probablement été réalisés dans le cadre de ce changement, notamment la construction de la tourelle, dernier vestige visible de l'époque féodale, qui date de cette période.
Après la mort de Jacques d'Aubigné en 1531, ses fils prennent le titre de seigneurs d'Aubigné et de Montaupin. À la Renaissance (1450-1600)
La famille d'Aubigné vignette|275x275px|Arbre généalogique de la famille D'Aubigné de Montaupin ; crédits aux créatrices de cette page
Le fils de Jacques d’Aubigné, René d’Aubigné, chevalier, seigneur de Montaupin, épouse Jeanne de Cochefillet de Vauvineux sans avoir de descendance. Sa sœur Marie d’Aubigné, mariée à Hélie du Doët, n'aura pas d'enfants1. Archives de l’église de Requeil, compte de 1514..
Jean III d’Aubigné de Montaupin, premier héritier et seigneur de Montaupin, se maria avec Olive Bousseron ; ils ont trois filles : Guyone, Jacqueline et Françoise.
Les deux premières meurent sans alliance ; Françoise d'Aubigné devient la Dame de Montaupin en épousant Jean de La Carrière Le Roy en 1565. Ce dernier fait aveu de vassalité à André de Beauvau, seigneur de Foulletourte, le .
La famille Le Roy De son mariage avec Jean de La Carrière Le Roy, Françoise d’Aubigné a quatre enfants.
Pierre, écuyer et sieur de Montaupin et de la Carrière ;
Jean, écuyer et sieur de la Carrière, de la Houssaye, de Monfoulon et des Rochettes, qui épouse en 1605 Esther Gaultier, fille de François Gaultier, écuyer et sieur d’Aubigné. Jean fait hommage à son frère aîné pour le lieu de la Foucherie, où il résidait le , puis habitera successivement la Marionnière, près du bourg de Saint-Sauveur-de-Flée, de 1610 à 1614, et les Rochettes, paroisse d’Aviré, de 1621 à 1633. Tuteur et garde noble de ses enfants de 1617 à 1630, il devient également tuteur de son neveu Pierre en 1633.
Renée, autre fille du couple, se marie en 1611 à François de Hodon, écuyer et sieur des Buchetières.
Enfin, Julien Le Roy, sieur de la Foucherie, épouse Suzanne de Guerguebec et meurt à Oizé le . Sa veuve est « garde noble de son fils » Charles Le Roy, écuyer et seigneur d’Assé, en 1611.
C’est Pierre Le Roy qui prend la suite de son père à la tête de la seigneurie de Montaupin. Le , Pierre Le Roy avoue Montaupin, avant de se marier le à Barbe de Mondragon. Il meurt en 1618.
Au
La famille Le Roy vignette|405x405px|Arbre généalogique de la famille Le Roy ; crédits aux créatrices de cette page
Pierre Le Roy de Montaupin et Barbe de Mondragon ont trois enfants : Pierre II, qui meurt sans postérité entre 1633 et 1644, Louis René et Charles Le Roy.
Sa femme Barbe de Mondragon, dame du Bignon et du Verger, déjà veuve en 1618, convole en secondes noces avec Cyprien Le Vayer, écuyer, sieur de Bourgjolly.
Louis René Le Roy, écuyer, seigneur de Montaupin, hérite de ce fief et prend pour femme Marie de Bellanger. Ils ont plusieurs enfants pour lesquels leur tuteur fait foi et hommage le .
Louise Le Roy épouse Robert Bellivier en 1672 et meurt en 1696. Son frère, René Jean Le Roy, écuyer et seigneur de Montaupin, épouse le Louise de Broc, dans l’église de Broc. Elle était la fille de Jacques de Broc, chevalier, baron de Saint-Mars-la-Pile, seigneur de Broc, et de Marguerite de Bourdeille. René Jean Le Roy reçoit le , au nom de sa femme, « des enfants de défunt Armand de Broc, Sceau de René Le Roy et de Louise de Broc, seigneur d’Echemiré, en attendant le règlement définitif de la succession de Sébastien de Broc, seigneur de Foulletourte et des Perrais, « la maison », domaine et appartenances et dépendances de Beaumont, à Oizé, et le moulin de Mocque Souris », échus audit Armand de Broc dans un partage précédent. Il était lieutenant au régiment Lyonnais en 1689. Au
La famille Le Roy vignette|419x419px|Arbre généalogique de la famille Le Roy ; crédits aux créatrices de cette pageLouise de Broc meurt le et est inhumée dans l’église d’Oizé le . Son mari meurt le .
Sept enfants sont nés de leur union. Louise meurt en 1738 sans alliance ni postérité. Renée, née le , se marie le à Magdelon Thimoléon de Savonnières, chevalier et seigneur d’Entre-Deux-Bois et de Courdenet à Vaas, fils de Jean-Guillaume de Savonnières et de Marie de La Haye. Marie meurt en 1782 sans postérité, et Catherine-Ambroise, meurt en 1715, sans alliance ni héritier. René-Pierre, ainsi que Louis-Auguste, baptisé le , héritent de la seigneurie de Montaupin. Louis-Auguste épouse en premières noces Marie-Madeleine Aubert de Boisguiet en 1731, puis Marie-Thérèse de Moloré en secondes noces en 1752. Trois ont survécu à leur père : Renée, Louise et Louis, chevalier, seigneur de Montaupin et de Beaumont.
En 1731, Louis Auguste Le Roy de Montaupin s’unit à Marie-Madeleine Aubert de Boisguiet (fille de René Aubert, sieur de Boisguiet, avocat au Parlement, seigneur d’Yvré-le-Pôlin, et de Marie Le Peletier de Feumusson), et entre dans l'armée. Entre 1725 et 1732, il est commandant d’artillerie à La Rochelle, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, et lieutenant commandant de la même arme au département de Valenciennes.
De Marie-Madeleine Aubert de Boisguiet, il a deux enfants : Louise-Armande, baptisée à Oizé le , qui hérite de Montaupin par l’ordre de succession. Elle se marie une première fois le avec le comte Pierre-Étienne de L'Hermitte, seigneur du Mesnil-Guyon, La Mazure, La Cheverie, Champhays, chevalier de Saint-Louis et capitaine au régiment de La Fère. Elle se remariera ensuite, aux alentours de 1800, avec Henri-François Le Moine. Leur fille, Augustine-Louise-Madeleine, naît au Mans à la paroisse de Saint-Nicolas, le . Elle épouse Jean-François-Marie d’Alexandre le , officier au régiment de Chartres-Infanterie, fils d’Antoine d’Alexandre, chevalier, et d’Amable Philibé). Un accident la rend veuve le .
Le , Louis-Auguste Le Roy, chevalier de Saint-Louis, seigneur de Montaupin, Beaumont, la Place, Yvré-le-Pôlin, commissaire extraordinaire d’artillerie au Port-Louis, s’unit, en deuxième noces et à l’âge de 27 ans et demi, à Marie-Thérèse de Moloré, fille de Gabriel-René de Moloré, seigneur de Villaines, président de l’élection du Mans, et d’Anne-Renée de Belleriant, dans l’église de Savigné-l’Evêque. vignette|Sceau des seigneurs de Montaupin, du
Il perd sa première épouse de bonne heure, puis sa seconde épouse, Anne-Louise-Thérèse Le Roy, unique enfant issue de sa relation avec Marie-Thérèse de Moloré, née au Mans le ; il se remarie le . Il est alors chef de brigade du corps d'artillerie au régiment de Strasbourg. Il épouse la marquise Louise-Marguerite de Montesson, veuve de Jean-Armand, chevalier, marquis de Raffetanges. Elle est la fille de Louis-Pierre Joseph de Montesson, chevalier et seigneur de Douillet, et de Marguerite-Renée Le Silleur.
Sa femme meurt le , il meurt le .