L’université de Rennes est une université française sous le statut d'établissement public expérimental depuis le .. L'université trouve son origine dans l'ancienne université de Rennes, issue du rapprochement institutionnel des facultés de Rennes en 1896 à la scission de l'université en 1969 entre les universités Rennes-I et Rennes-II, mais également dans l'ancienne université ducale de Bretagne fondée en 1460 à Nantes, puis déménagée à Rennes en 1735.

La nouvelle université de Rennes a remplacé l'université Rennes-I le et a intégré en tant que membre associé l'université Rennes II. Elle dispose de neufs campus, dont trois à Rennes ( étudiants pour l'année universitaire 2018-2019.). Celui du centre héberge les domaines du droit et de l'économie ( étudiants), celui de Beaulieu les sciences de la nature et la philosophie (8 794 étudiants), et celui de Villejean la médecine, la pharmacie et l'odontologie ( étudiants). L'Université possède également plusieurs sites d'enseignements délocalisés à Lannion ( étudiants) Saint-Brieuc ( étudiants) et Saint-Malo ()..

L'université possède également des sites d'expérimentations, notamment à Monterfil mais également des stations biologiques, à Paimpont ou sur l'île Bailleron.

L'université est spécialisée dans des disciplines de sciences dures (mathématiques, sciences physiques, chimie, biologie, écologie, informatique, géologie), les « sciences médicales » (médecine, pharmacie, odontologie) et les sciences humaines et sociales (droit, science politique, philosophie, économie, gestion).

Elle est membre de plusieurs pôles de recherche comme la Coordination des universités de recherche intensive françaises qui regroupe les 17 plus grandes universités de recherche françaises, Le Monde, 28 janvier 2009, consulté le 14 novembre 2009..

L'ancienne université de Rennes comptait lors de sa dissolution, en 1969, quatre facultés : droit, lettres, médecine et sciences, ainsi que plusieurs annexes dans d'autres villes de Bretagne et des Pays de la Loire. Ces dernières ont servi de socle pour la création de plusieurs universités au cours des années 1960, notamment pour les universités de Nantes, d'Angers et de Brest.

Le , le décret portant création de l'université de Rennes et intégration de l'École des hautes études en santé publique, l'École nationale supérieure de chimie de Rennes, l'École normale supérieure de Rennes, l'Institut d'études politiques de Rennes et l'Institut national des sciences appliquées de Rennes en tant qu'établissements-composantes est publié au Journal officiel pour une entrée en vigueur le . Ce nouvel établissement public expérimental (EPE) est la conclusion du « projet Université de Rennes » lancé en 2017 dont le but était « la création d'une grande université de recherche et de formation reconnue internationalement »...

Histoire L'université en Bretagne (1460-1793) L'université ducale de Nantes (1460-1532) thumb|upright=0.8|François II, duc de Bretagne.

Préparées par et la volonté des ducs (r. 1399-1442) et (1442-1450), trois bulles pontificales sont publiées par les papes , et , respectivement en 1414, 1424 et 1449, mais ne sont pas appliquéesLes raisons sont multiples et mal connues, il y a probablement le Grand Schisme d'Occident et l’absence de permission d’enseigner la théologie...

À cette époque, les étudiants bretons sont en nombre le deuxième groupe dans les universités françaises, après les étudiants normands. Ils sont structurés en nation bretonne dans chacune des universités qu'ils fréquentent.. Ce sont notamment les universités. de Paris (fondée au XIII), d'Orléans (1304), d'Angers (1364) et de Poitiers (1431), de Caen (fondée en 1432 par les Anglais qui occupent la Normandie jusqu'en 1450) voire de Bordeaux (fondée en 1441 dans le duché d'Aquitaine aux mains du roi d'Angleterre () jusqu'en 1453).

L’université du duché de Bretagne est fondée le à Nantes, ville dont le château est la principale résidence ducale à cette époque, par Bertrand Milon, à l'initiative du duc , sur le fondement d'une bulle pontificale de , publiée à Sienne, Univ-Rennes 1.fr... Cette institution est pour le duc un moyen d'affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France«La Lente Mise en Place des Universités Bretonnes», Science Ouest ., jusqu'en 1461, puis (1461-1483). Créée sous la forme d'un , cette université peut enseigner les disciplines des quatre facultés traditionnelles : arts, théologie, droit et médecine.

De cette date à la fin du , la population estudiantine augmente, atteignant le millier voire , selon les estimations les plus élevées.

vignette|upright=0.6|Blason de l'université ducale de Bretagne (-).

Les ducs de Bretagne perdent leur indépendance à la fin du du fait du mariage (contraint) de la duchesse Anne, successeur de François II en 1488, avec (1491), puis (1499). Le duché féodal disparait formellement par l'acte d'union du duché de Bretagne à la couronne de France promulgué par François en 1532.

Politique d'Henri IV concernant l'université de Nantes (1589-1598) Henri III de Navarre, chef des armées protestantes au cours de la huitième guerre de Religion (1585-1598), devient le roi de France le . Mais la guerre civile continue de plus belle entre un roi calviniste (jusqu'en 1593) et des ligueurs alliés au roi d'Espagne .

Henri IV veut pourtant punir Nantes, ville ligueuse, pour son soutien à Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, gouverneur de Bretagne en résidence au château de Nantes, proche de la famille des Guise qui dirige la Ligue catholique.

Une première tentative de déplacement de l'université de Nantes à Rennes a lieu au tout début du règne : le , l'université reçoit par lettre patente un ordre de transfert à Rennes, ville restée fidèle à la monarchie. Le déplacement n'a pas lieu, faute de financement.. Une nouvelle lettre patente du réitère cet ordre de transfert, de nouveau sans application.

La situation évolue après la soumission du duc de Mercœur, dernier ligueur important à reconnaître Henri IV. Une lettre patente d' annule les précédentes, maintenant l'université à Nantes.. Le même mois est promulgué l'édit de Nantes, qui marque la fin des guerres de Religion (1562-1598).

Transfert de la faculté de droit à Rennes (1735) thumb|upright=0.8|Diplôme de droit délivré par l'université en 1753.

Au début du , l'université de Nantes entre dans une phase de déclin. La ville est tout entière tournée vers le commerce (notamment le commerce des esclaves) et ses élites s'intéressent peu à cette institution. En 1728, le maire, Gérard Mellier, écrit que l'université serait mieux placée « à Rennes, pays de lettres, qu'à Nantes où l'on ne respire que le commerce ». Rennes en revanche est le siège du Parlement de Bretagne, cour de justice souveraine de la province.

La faculté de droit est transférée à Rennes en 1735 par décision du roi .. L'ouverture officielle de la nouvelle faculté a lieu le .. Les facultés de lettres, de théologie et de médecine restent à Nantes, mais celle de médecine est déclinante et celle de théologie est minée par l'influence du jansénisme.

L'enseignement du droit à Rennes a dans un premier temps lieu dans l'hôtel de ville avant d'être transféré en 1753 dans le couvent des cordeliers, puis à partir de 1762 et jusqu'à la dissolution des universités en 1793 dans la chapelle des jésuites, après leur expulsion en 1764..

De 1735 à 1789 Par la suite, il est à plusieurs reprises question de transférer les autres facultés de Nantes à Rennes, notamment en 1778. Cependant, les trois facultés nantaises s'opposent avec vigueur à ce projet, mettant en avant le mauvais traitement de la faculté de droit après son transfert à Rennes, et la situation en reste là..

Les institutions des deux villes continuent à être liées entre elles. L'université reverse à la faculté de Rennes une partie des rentes qu'elle perçoit. En 1789, ce transfert concerne les deux cinquièmes des de rente perçues..

Une école de chirurgie est ouverte à Rennes en 1738, hébergée dans la tour Le Bât, tour désaffectée des remparts de la villeJos Pennec, Nathalie Blanc, « Une médecine nomade », Science-Ouest , mai 2009, consulté sur www.espace-sciences.org le 25 octobre 2011.

Les élites rennaises et l'université à la fin du La question de l'université apparaît dans les réflexions des institutions rennaises. Le Parlement de Bretagne produit un plan de réforme des enseignements de la faculté après l'éviction des jésuites en 1762, sans que celui-ci se concrétise..

La question de l'université est aussi présente dans les cahiers de doléances que soumettent les Rennais avant la réunion des états généraux de 1789. Le tiers état demande que le nombre d'universités en France soit revu à la baisse., que le nombre de facultés de médecine soit abaissé à trois ou quatre, dont une à Rennes., et que les chaires de latin de la faculté de droit soient réduites de moitié, au profit de l'ouverture de chaires de droit français et de droit naturel..

Les universités du royaume de France vont être emportées par la révolution au début de la Première République. En 1793, la Convention nationale ordonne la suppression de toutes les universités et facultés.

L'université au Essor et unification des facultés à Rennes thumb|upright=0.8|La mairie de Rennes, qui accueille dans un premier temps les facultés de droit et de sciences. En 1806, réorganise l'ensemble du système d'enseignement français en instituant l'université impériale. Rennes prend alors la tête d'une académie et se voit doté à ce titre d'une faculté de droit et d'une faculté de lettres.. Nantes est oublié par ce décret, et ne verra rouvrir une université sur son territoire qu'à la suite d'un décret du Décret du 29 décembre 1961 instituant l'Université de Nantes, Journal Officiel du 31-12-1961 , consulté sur www.legifrance.gouv.fr le 12 octobre 2009..

L'école de droit est rouverte en 1802 et accède au rang de faculté en 1808. Les cours se tiennent dans l'actuelle salle des assises du palais de justice.. Une société libre d'instruction médicale est créée le , qui devient en 1803 une école départementale. De 1803 à 1810, les enseignements cliniques sont dispensés dans un bâtiment dépendant de l'ancien couvent Saint-Yves, alors que les cours d'anatomie sont regroupés dans les anciens bâtiments de l'école de droit, dans l'actuelle rue Toullier, avant de migrer dans la tour sud de l'ancienne cathédrale Saint-Pierre.

Une éphémère faculté de lettres est également créée en 1810. Celle-ci est cependant fermée par la Restauration.. par un décret du ., et l'on y substitue en 1817 une commission d'examen pour le baccalauréatM. Le Guyader, « L'ancienne Faculté des lettres de Rennes », Annales de Bretagne, 1919, Volume 34, Numéro 24-1, , consulté sur www.persee.fr le 19 février 2011.. Deux autres facultés, l'une de sciences et l'autre de théologie sont aussi prévues mais les décrets de création ne sont pas appliqués. La faculté de lettres ne rouvre qu'à partir de 1839 avec la monarchie de Juillet, et compte alors cinq chaires (littérature française, littérature ancienne, littérature étrangère, histoire et philosophie).

Une faculté des sciences est créée un an après celle de lettres en 1840 et compte elle aussi cinq chaires (mathématiques, physique, chimie, zoologie et botanique, géologie et minéralogie)« La faculté des sciences dans le bureau de monsieur le maire », Science-Ouest , consulté sur www.espace-sciences.org le 6 janvier 2010.. L'école de médecine, créée sous l'Empire, passe au statut d'école secondaire en 1820 puis au statut d'école de plein exercice en 1895.