La prochaine élection présidentielle haïtienne, déjà repoussée aux et , afin d'élire pour cinq ans le président de la République d'Haïti, est de nouveau reportée aux 13 décembre 2026 et 21 février 2027. Elle se tiendra en même temps que les élections générales.
Initialement prévu pour 2021, le scrutin est reporté à de nombreuses reprises du fait de la crise haïtienne de 2017-2025, qui a culminé avec l'assassinat de Jovenel Moïse en 2021, puis avec la guerre des gangs en Haïti.
Contexte Instabilité politique vignette|gauche|130px|Jovenel Moïse L'élection présidentielle se tient en même temps qu'un référendum sur un changement controversé de constitution porté par le président sortant Jovenel Moïse, qui vise notamment à la suppression du Sénat et du poste de Premier ministre, ainsi qu'à autoriser le président à effectuer deux mandats consécutifs. L'élection présidentielle passerait également d'un système à deux tours à un système à un seul tour.. Faute d'organisation dans les temps des élections parlementaires, Jovenel Moïse gouverne par décret à partir de , une situation lui ayant permis de convoquer unilatéralement ce référendum..
Le projet est cependant rejeté par l’opposition et de nombreuses organisations de la société civile qui s'appuient sur la constitution en vigueur, cette dernière interdisant formellement
Le , le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire déclare la fin du mandat présidentiel. Le jour même, le gouvernement annonce avoir déjoué une tentative de putsch.. Le lendemain, l'opposition annonce nommer le juge Joseph Mécène Jean-Louis comme président par intérim pour une période de transition de deux ans, et la rédaction durant la période d'une nouvelle Constitution consensuelle dans le cadre d'une conférence nationale.. Les institutions, paralysées faute d'élections, sont incapables d'ébaucher un plan de sortie de crise. Le Conseil constitutionnel n’existe qu’en théorie. Le Sénat, autorisé par la loi pour dénouer ce genre de situation, se trouve dans l’incapacité de réagir. Du fait de l'absence d’élections pour renouveler sa composition, seul un tiers des sénateurs y siège encore. De même, l'Assemblée nationale ne siège plus depuis faute de législatives.
Assassinat de Jovenel Moïse
Le , le Premier ministre par intérim Claude Joseph annonce l'assassinat de Jovenel Moïse, dans la nuit du 6 au vers du matin, par un commando qui a attaqué sa résidence privée. Sa femme aurait été blessée dans l'attaque.
La succession présidentielle est contestée. Alors que la version initiale de la Constitution de 1987 prévoit une succession par le président de la Cour de cassation, ce dernier, René Sylvestre, est mort le du Covid-19 sans avoir été remplacé. La version de 2012 prévoit un intérim par le Conseil des ministres puis l'élection d'un président par l'Assemblée nationale pour terminer le mandat présidentiel.. Enfin, le poste de Premier ministre est disputé entre Claude Joseph et Ariel Henry, nommé le ..
Joseph Lambert, président du Sénat de la République, est désigné le par une résolution du SénatRulers pour assumer la présidence de la République à titre intérimaire. Sa désignation est cependant contestée par le Premier ministre par intérim Claude Joseph. Cette décision est soutenue par de nombreux partis parlementaires, dont le PTHK du défunt président. Ariel Henry est par ailleurs confirmé comme Premier ministre.. Son investiture, prévue pour le , est finalement reportée. à la demande des États-Unis.
Le , Claude Joseph accepte de démissionner en faveur d'Ariel Henry, demeurant ministre des Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement qui prend ses fonctions le lendemain..
Report du scrutin Le , le scrutin est reporté avec un premier tour le et un second tour le ..
La dissolution le du Conseil électoral provisoire par le Premier ministre Ariel Henry reporte de facto sine die le scrutin.. En , il annonce la tenue d'élections une fois la situation sécuritaire rétablie..
Le 26 juillet 2026, le Conseil électoral provisoire (CEP) publie le calendrier électoral 2026-2027 : le premier tour est prévu le 13 décembre 2026 et le second tour le 21 février 2027, sous réserve que la situation sécuritaire soit suffisamment rétablie.
Tentative de transition par l'opposition
Une partie de l'opposition civile et politique au gouvernement du Premier ministre Ariel Henry, qui exerce de facto les pouvoirs présidentiels, se réunit pour signer l'Accord de Montana le afin de mettre en place un nouveau gouvernement provisoire.
L'accord aboutit notamment à l’organisation le d'un scrutin non officiel par les parlementaires membres de l'accord afin de choisir au suffrage indirect un président provisoire devant mener une période de transition. L'élection de Fritz Jean n'est cependant pas reconnue par le gouvernement d'Ariel Henry, qui conserve le pouvoir...
Ariel Henry refuse de quitter le pouvoir, estimant que son mandat est d'organiser de nouvelles élections. Le président du Sénat Joseph Lambert estime que le mandat du gouvernement prend fin le , et qu'au delà de cette date, il ne devrait qu'expédier les affaires courantes jusqu'à la tenue d'une concertation nationale.. Les journées du 7 et sont finalement calmes et se déroulent sans incident..
Accord politique de décembre 2022 Le , un nouvel accord politique prévoit la tenue de nouvelles élections en 2023, l'investiture d'un nouveau président pour le , et l'instauration d'un Haut Conseil de la transition de trois membres et d'un organe de contrôle de l'action gouvernementale.
Crise de 2024 et démission d'Ariel Henry Aucun point de celui-ci n'entre en vigueur, à l'exception de la mise en place du HCT et le scrutin n'a pas lieu.. Ariel Henry se maintient au-delà de la fin de son mandat le , ce qui provoque des manifestations massives..
Le , Henry annonce des élections d'ici le ..
Bloqué à Porto Rico en raison des violences des gangs armés dans Port-au-Prince, après un voyage diplomatique au Kenya avec qui il signe un accord sur le déploiement d'une force de maintien de l'ordre, il tente sans succès de rentrer via les États-Unis, la République dominicaine puis la Jamaïque.. Alors qu'il a exclu dans un premier temps de quitter le pouvoir, alors que l'opposant Moïse Jean-Charles propose la mise en place d'un Conseil présidentiel après l'appui d'autres partis.., il démissionne ensuite le après avoir mis en place l’état d’urgence. La décision a été prise lors d'une réunion de la Communauté caribéenne au cours de laquelle les signataires de l'accord de Montana, En avant, le Collectif des signataires de la déclaration du , ont soumis des propositions en vue d'organiser une transition. Les États-Unis ont proposé le remplacement d'Ariel Henry par un Conseil présidentiel..
Conseil présidentiel de transition Il est remplacé par un Conseil présidentiel de sept membres et deux observateurs, qui exerce une gouvernance collégiale avec un nouveau chef de gouvernement supervisé par le Conseil. Les membres sont choisis par des partis politiques, Montana, et le secteur privé..
En , le nouveau Premier ministre Garry Conille annonce la tenue du référendum constitutionnel en et des élections en .. En , alors que le président du Conseil présidentiel Leslie Voltaire souhaite organiser le scrutin le dans huit département, Smith Augustin souhaite qu'elles soient organisées sur l'ensemble du territoire, tandis que le nouveau Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé conditionne leur tenue au rétablissement de la sécurité..
En , l'International Crisis Group estime que la tenue des scrutins en 2025 serait , la capitale Port-au-Prince étant contrôlée à 80 % par des gangs, ainsi que des pans de l'Artibonite. Alors qu'environ la moitié des électeurs du scrutin précédent sont originaires de ces régions, les gangs, qui ont à leur tête notamment Jimmy Chérizier, pourraient truquer le scrutin en faveur de candidats qui leur sont proches, voire en faveur de Chérisier lui-même, qui envisage de se présenter aux élections.. Par ailleurs, la guerre des gangs en Haïti ayant provoqué le déplacement de millions de personnes, ceux-ci ont perdu leur carte électorale, qui leur sert aussi de carte d'identité.. Le , le Conseil électoral provisoire annonce ne pas pouvoir confirmer la tenue du référendum constitutionnel et des scrutins parlementaire et présidentiel en 2025..
Le , le Conseil électoral provisoire (CEP) annonce l'impossibilité d'organiser le scrutin avant le .. Le , celui-ci propose la tenue du premier tour pour le et du second tour le suivant.. Le décret est signé le . Le président du CEP indique cependant que le scrutin se tiendra à condition que la situation sécuritaire soit rétablie..En prévision de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, prévue le , sans organiser d'élections, la Caricom invite la classe politique à définir la suite..
Smith Augustin affirme qu'en vue de la fin de son mandat, plusieurs propositions sont discutées. Est ainsi proposé de prolonger le mandat du CPT, son remaniement, ou de confier le pouvoir exécutif au Premier ministre, à un juge de la Cour de cassation ou à un nouvel organe transitoire.. Un dialogue national est lancé le par trois membres du Conseil présidentiel de transition, Edgard Leblanc Fils, Leslie Voltaire et Louis Gérald Gilles...
Le , cinq membres du Conseil présidentiel de transition votent une résolution pour limoger Fils-Aimé. Devant l'opposition du président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, des États-Unis, de Fanmi Lavalas et de Compromis historique, dont deux membres ayant voté la résolution siègent au Conseil., Fils-Aimé reste en poste.
Le , les Assises du dialogue nationale aboutissent à la désignation d'un nouveau Conseil présidentiel composé de Leslie Voltaire, de Charles Tardieu, représentant la société civile, et de Marie Joceline Casimir, juge à la Cour de cassation. Les candidatures de Simon Dieuseul Desras, de Jean Palème Mathurin et de Raymond Pierre sont proposées pour le poste de Premier ministre..
Le suivant, le mandat du Conseil présidentiel arrive à son terme et celui-ci transmet ses pouvoirs au Conseil des ministres et au Premier ministre...
Accord politique de 2026 Dans la nuit du 21 au , un nouvel accord politique, dénommé « pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections », est signé entre le Premier ministre et la classe politique et la société civile. Il prévoit que le pouvoir exécutif soit exercé par le Conseil des ministres jusqu'à la tenue des élections, et qu'un référendum constitutionnel soit organisé le jour des élections, pour valider une série d'amendements..
Le suivant, Alix Didier Fils-Aimé déclare qu'en raison de l'instabilité et de l'insécurité persistantes dans le pays, les scrutins prévus en août devront être reportés à une date ultérieure.. Le projet de décret électoral, soumis par le CEP le 24 avril au gouvernement, n'est cependant toujours pas approuvé par le conseil des ministres..
Le 27 juillet, le CEP fixe les dates du scrutin aux 13 décembre 2026 et 21 février 2027..
Système électoral Le président de la République d'Haïti est élu pour un mandat de 5 ans par le biais d'une forme modifiée du scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Est élu au premier tour le candidat qui remporte la majorité absolue des suffrages exprimés, ou plus de 25 % d'avance sur celui arrivé en deuxième position. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête. Est alors élu celui qui reçoit le plus grand nombre de suffrages..
Un président ne peut exercer qu'un maximum de deux mandats, espacés au minimum d'un intervalle de cinq ans, soit la durée d'un mandat entier. Le mandat du président élu débute le suivant la date de son élection.
Calendrier électoral