vignette|Assemblée plénière du Congrès juif mondial à Montreux en 1948. vignette|Assemblée plénière du CJM à Genève, en 1953. vignette|Délégués à la conférence du du Congrès juif mondial, à Genève, en Suisse, en 1961.

Le Congrès juif mondial (CJM ; en hébreu : ; , WJC) est une fédération internationale de communautés et d'organisations juives, fondée en 1936 à Genève en Suisse, et dont le siège mondial est à New York aux États-Unis. D'après sa charteWorld Jewish Congress - About Us, le Congrès juif mondial a pour but premier d'être le « bras diplomatique du peuple juif ». Toutes les communautés et tous les groupes représentatifs juifs peuvent être membres du CJM, indépendamment de l'idéologie sociale, politique ou économique de leur pays hôte. L'organisation possède également des bureaux internationaux à Jérusalem, à Bruxelles en Belgique, à Paris en France, à Moscou en Russie, à Buenos Aires en Argentine et à Genève en Suisse.

L'organisation et ses organes Le CJM se compose de cinq branches régionales : le CJM Amérique du Nord, le Congrès juif latino-américain, le Congrès juif européen, le Congrès juif euro-asiatique et le CJM d'Israël. Par ailleurs, les communautés juives de près de 100 pays sont directement affiliées au Congrès juif mondial. Son principal organe de décision est l'assemblée plénière, qui se réunit tous les quatre ans et élit la direction du CJM (comité exécutif). Entre les assemblées plénières, le conseil d'administration du CJM se réunit généralement une fois par an. Les organisations juives affiliées envoient des délégués à ces deux organes du CJM ; leur nombre dépend de la taille des communautés juives qu'elles représentent.

left|thumb| Le président israélien Shimon Peres s'adresse au conseil d'administration du CJM réuni à Jérusalem, en août 2010. La dernière réunion de l'assemblée plénière s'est tenue à Jérusalem en . Plus de 400 délégués de 62 pays y ont participé. Cette assemblée a adopté de nouveaux statuts, qui ont remplacé la constitution du CJM datant de 1975Constitution of the World Jewish Congress (as adopted by the Thirteenth Plenary Assembly, 26 janvier 2009) .

Le CJM possède aussi un Institut de recherche basé à Jérusalem, IsraëlInstitute of the World Jewish Congress. Il est chargé de recherches et d'analyses concernant une série de questions importantes pour la communauté juive contemporaine ; ses conclusions sont publiées sous la forme de dépêches politiques. Sous les auspices du Congrès juif mondial en Israël, le Conseil israélien des Affaires étrangères a, depuis sa création en 1989, accueilli des chefs d'État, des premiers ministres, des ministres des Affaires étrangères et autres visiteurs distingués d'Israël. Il a également publié de nombreux documents sur la politique étrangère israélienne et les affaires internationales, dont son journal de politique étrangère l'Israel Journal of Foreign AffairsIsrael Council on Foreign Relations About Page.

Les priorités politiques actuelles du CJM consistent à aider Israël, à combattre l'antisémitisme et la « menace iranienne », ainsi qu'à gérer l'héritage de la Shoah. Ce dernier point porte notamment sur la restitution des propriétés, les réparations et les compensations aux survivants de la Shoah, ainsi que sur la mémoire de la Shoah. L'un des principaux programmes du CJM concerne la situation critique des réfugiés juifs des pays arabes. Le CJM s'implique également dans le dialogue interconfessionnel avec des groupes chrétiens et musulmans.

La direction actuelle du Congrès juif mondial Lors de la assemblée plénière à Jérusalem en , Ronald Lauder a été officiellement élu - à l'unanimité - au poste de président du CJM, après avoir occupé le poste de président par intérimRonald S. Lauder confirmed as president of World Jewish Congress - European Jewish Press, 27 janvier 2009. upright=1.5|thumb|Ronald Lauder, président du CJM (à gauche), et Eduardo Elsztain, président du conseil d'administration, en janvier 2009. L'homme d'affaires argentin Eduardo Elsztain a été élu président du Conseil d'administration du CJM. Cobi Benatoff, d'origine italienne, a été élu au poste de trésorier du CJM en remplacement d'Elsztain. Les 400 délégués de l'assemblée plénière ont également élu les membres suivants au poste de vice-présidents du Congrès juif mondial : le grand-rabbin Yaakov Bleich (Ukraine), Helena Glaser (Israël), Robert Goot (Australie), Flo Kaufmann (Grande-Bretagne), Charlotte Knobloch (Allemagne), Tomas Kraus (République tchèque), Tamar Shchory (Israël), Marc Schneier (États-Unis) et Mervyn Smith (Afrique du Sud).

Les filiales régionales nomment également d'autres vice-présidents du CJM : Roger Cukierman, France (pour le Congrès juif européen), Moshe Ronen, Canada (pour le Congrès juif nord-américain), Eduard Shifrin, Russie (pour le Congrès juif euro-asiatique) et Sara Winkowski, Uruguay (pour le Congrès juif latino-américain). Les responsables des cinq filiales régionales sont membres de droit de l'exécutif du CJM : Vadim Shulman d'Ukraine (Congrès juif euro-asiatique), Viatcheslav Moshe Kantor de Russie (Congrès juif européen), Evelyn Sommer des États-Unis (CJM nord-américain), Jack Terpins du Brésil (Congrès juif latino-américain) et Shai Hermesh d'Israël (CJM Israël).

Le Comité exécutif du CJM compte également parmi ses membres Menachem Z. Rosensaft (États-Unis), l'avocat général du CJM ; Lior Herman (Israël), Amichai Magen (Israël) ; Mark Shabad (Russie) ; et l'ancien secrétaire général du CJM Michael Schneider (E.U)World Jewish Congress - Our Leadership. Un Comité directeur plus restreint gère les activités quotidiennes du Congrès juif mondial. Il se compose du président, du président du conseil d'administration, du trésorier et des présidents des cinq filiales régionales.

En , l'analyste politique israélien Daniel Diker, né à New York, a été nommé secrétaire général du Congrès juif mondialDaniel Diker to succeed Michael Schneider as WJC Secretary General - European Jewish PressDiker Appointment Continues Positive WJC Trend - Arutz Sheva, 21 juin 2011. Le , le CJM a annoncé dans un communiqué de presse publié sur son site web que Diker quitterait ses fonctions en Dan Diker to leave position of WJC secretary general - Communiqué de presse du Congrès juif mondial, 13 décembre 2012. Selon la presse, Diker sera remplacé par le directeur-général de l'organisation juive World ORT, Robert SingerRobert Singer, nouveau secrétaire général du Congrès juif mondial - La Croix, 31 janvier 2013World Jewish Congress names fourth secretary general in six years - Jewish Chronicle, 28 janvier 2013.

Histoire Le Congrès juif mondial a été créé en à Genève, en Suisse, en réaction à la montée du nazisme et à la vague d'antisémitisme déferlant sur l'Europe. Depuis sa création, il est devenu un organe permanent qui a des bureaux dans le monde entier. Les principaux objectifs de l'organisation étaient de « mobiliser le peuple juif et les forces démocratiques contre l'offensive nazie », de « lutter pour des droits politiques et économiques égaux partout et en particulier pour les minorités juives d'Europe centrale et orientale », d'encourager l'établissement d'un « Foyer national juif en Palestine » et de créer « un organe représentatif des Juifs dans le monde entier, basé sur le concept de l'unité du peuple juif, démocratiquement organisé et en mesure d'intervenir dans des questions d'intérêt commun »George Garai (ed.), World Jewish Congress, 40 Years in Action 1936-1976, Genève, 1976.

Organismes précurseurs (1917-1936) Les organismes précurseurs du CJM sont le Congrès juif américain et le Comité des Délégations juives. Ce dernier a été créé en afin de représenter les communautés juives à la conférence de la paix de Paris. Il a défendu les droits des minorités juives dans différents pays, et a notamment négocié des droits pour les Juifs de Turquie dans le traité de Sèvres (1920) et des accords spéciaux avec de petits états d'Europe de l'Est. Dirigé par le sioniste russe Leo Motzkin, le Comité des Délégations juives se composait de délégations de Palestine, des États-Unis, du Canada, de Russie, d'Ukraine, de Pologne, Galicie orientale, Roumanie, Transylvanie, Bucovine, Tchécoslovaquie, Italie, Yougoslavie et Grèce. Il était principalement financé par l'Organisation sioniste mondialeUnity in Dispersion: A History of the World Jewish Congress, Congrès juif mondial, New York, 1948, .Blackwell Reference Online, Comité des Délégations JuivesA Collection Overview to the World Jewish Congress Records. 1918-1982.

C'est cependant le Congrès juif américain qui a donné la première impulsion à la création du CJM. En , le CJA a adopté une résolution appelant à « réunir un Congrès juif mondial » « dès que la paix serait déclarée parmi les nations en guerre » en EuropeCongrès juif mondial, Unity in Dispersion - A History of the World Jewish Congress, New York 1948, . En 1923, Motzkin s'est rendu aux États-Unis et s'est adressé au Comité directeur du CJA, « plaidant pour une Conférence mondiale des Juifs afin de discuter de la situation des Juifs dans différents pays et imaginer des moyens de protéger efficacement leurs droits. »World Jewish Congress, Unity in Dispersion - A History of the World Jewish Congress, New York 1948, p.28 Les conférences organisées conjointement par Motzkin et les dirigeants du CJA Julian Mack et Stephen Wise ont eu lieu en 1926 à Londres et en 1927 à Zurich, en Suisse. Alors que 65 Juifs de 13 pays représentant 43 organisations juives ont assisté à cette dernière conférence, les principaux groupes juifs de Belgique, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie et des Pays-Bas, ainsi que le Comité Juif américain, ont décliné l'invitationWorld Jewish Congress, Unity in Dispersion - A History of the World Jewish Congress, New York 1948, p.29.

La première Conférence juive mondiale a eu lieu à Genève en . Le sioniste Nahum Goldmann dirigeait une commission préparatoire. C'était l'un des principaux défenseurs de la création d'un organe international représentant les JuifsGarai, pg. 10 and 20. Goldmann a défini comme suit l'objectif du Congrès juif mondial : « Il doit constituer une adresse permanente pour le peuple juif ; parmi la fragmentation et l'atomisation de la vie juive et de la communauté juive ; il doit instaurer une véritable représentation, légitime et collective, de la communauté juive qui sera habilitée à parler, au nom des 16 millions de Juifs, aux nations et gouvernements du monde, ainsi qu'aux Juifs eux-mêmes. »Congrès juif mondial, Unity in Dispersion - A History of the World Jewish Congress, New York 1948,

En 1934, la conférence a approuvé les plans d'établissement de la nouvelle organisation, qui prévoyait un siège à New York et des bureaux européens à Berlin, en AllemagneGeneva Conference Approves Call for World Jewish Congress in Summer of 1934, JTA, 18 août 1932. Dans un manifeste, des délégués ont appelé le peuple juif à s'unir, selon eux le seul moyen efficace de prévenir le danger. Les Juifs, disait la déclaration, devaient se fier à leurs propres forces, avec l'aide des parties éclairées du monde qui n'étaient pas encore contaminées par le poison de l'antisémitisme. Il ajouta : Le but du Congrès juif mondial n'est pas d'affaiblir les organisations existantes, mais plutôt de les soutenir et de les encourager. » Geneva Conference Approves Call for World Jewish Congress in Summer of 1934 - JTA, 18 août 1932 La nouvelle organisation se baserait sur le « concept du peuple juif en tant qu'entité nationale. Elle serait autorisée à traiter tous les problèmes affectant la vie des Juifs et en aurait même l'obligation. »World Jewish Congress, Unity in Dispersion - A History of the World Jewish Congress, New York 1948,