Vera Kovarsky, née Vera Rebeka Emila Kovarsky à Daugavpils (alors Dvinsk) en Lettonie le Passeport consultable sur le site FamilySearch, Passport records (Rīgas Prefektūras pasu lietu kolekcija), 2996-10-38542, 1919-1940 et morte à Montpellier (Hérault) le Archives d'état-civil, archives municipales de Montpellier, cote 3E201, vue 30 sur 116, acte , est une psychologue française, spécialiste de l'orientation scolaire et des enfants gauchers.
Biographie thumb|Photographie de Vera Kovarsky publiée dans Le Petit Méridional le 17 juin 1928 Fille d'Émile Kovarsky et de Dina Schlepianoff, des intellectuels juifs de Lettonie, elle s'installe à Montpellier dans les années 1920 pour y étudier la psychologie infantile à l'Université de Montpellier, auprès de , professeur de linguistique et de phonétique.
Elle soutient le sa thèse de doctorat, intitulée Profil psychologique de M. le professeur Rossolimo : méthode de mesure des capacités psychiques chez les enfants et les adultes, normaux et anormaux. Le principe est de dépister les enfants ayant des difficultés scolaires pour pouvoir les orienter vers des parcours plus adaptés, grâce à une série de tests qui sont présentés de façon détaillée. Dans l'année qui suit, elle la publie chez Alcan ; le Journal des débats politiques et littéraires s'en fait l'écho le dans sa rubrique Revue des sciences, en critiquant toutefois la complexité de la méthode.
Elle encourage ensuite la ville de Montpellier à instaurer un service d'inspection psychologique, ce qui était alors une nouveauté absolue. Elle assume le rôle d'inspectrice psychologique, qui deviendra par la suite celui de psychologue scolaire.
Les articles sur son sujet parus dans Le Petit Méridional dans les années 1920 et 1930 la décrivent comme vivant dans le dénuement :
Les archives des délibérations du conseil municipal permettent de retracer les indemnités mensuelles qu'elle percevait pour ses fonctions : en 1930 par exemple son emploi de psychologue scolaire, à titre temporaire, est maintenu pour une indemnité de , jusqu'au . En 1930 son indemnité de , considérée comme peu élevée, est portée à à partir du puis en 1935 au montant de , « devant l'importance chaque jour plus grande que prend le rôle des psychologues pour le dépistage des enfants anormaux et pour l'orientation professionnelle des enfants terminant leurs études ».
En 1941, elle est priée de cesser toute activité dans les écoles communales, en application de la loi du 30 octobre 1940 portant statut des juifs. Elle n'est réintégrée qu'après la Libération : le Conseil municipal du note que la somme qui lui était payée mensuellement (en 1940 ) avant la guerre constituait non un salaire mais une indemnité, et propose le de la monter à (ce qui ne compense pas l'inflation de cette époque).
Elle devient par la suite chef du laboratoire de phoniatrie dans le service d'otorhinolaryngologie du professeur Terracol à Montpellier.
Elle est décédée, célibataire, à l'âge de , à Montpellier, sa ville d'adoption.
La réhabilitation des gauchers Dès 1937, Vera Kovarsky propose au premier Congrès international de psychiatrie infantile une communication intitulée Quelques troubles de l'intelligence et du caractère chez les gauchers où elle soutient la thèse selon laquelle « la gaucherie ne se corrige pas plus que la droiterie ». En 1938 à l'Académie des sciences, elle estime que « l'interdiction faite à un enfant gaucher de se servir de la main gauche provoque toujours chez lui des troubles fonctionnels qui en font un inadapté scolaire ». Elle fait le lien en particulier avec le bégaiement dans certains articles comme Gauchers contrariés et phonopathies en 1948. Elle multiplie les interventions que ce soit auprès de l'opinion publique ou des instances scientifiques de son temps. En 1949, elle dépose même à l'Académie de médecine un projet de « Charte des droits fondamentaux du gaucher » puis publie un « Plaidoyer en faveur des gauchers » en 1953. Mais la sensibilisation que Vera Kovarsky avait entreprise pendant plus de vingt ans n'a été suivie que de peu d'effets, en tout cas pas avant les années 1960 en France.
Selon Sylvain Wagnon, professeur en sciences de l'éducation à l' Université de Montpellier écrit en 2019 :
Activité littéraire
Conférences Elle donne une conférence sur Fiodor Dostoïevski en , une sur le mysticisme anglais en .
Thèse, ouvrages et articles Psychologie Ouvrages
Articles
Littérature Elle est l'auteure d'un recueil de poèmes en proses: À Montpellier, soleil du Languedoc, 1953. À Montpellier, soleil du Languedoc. Vibrer à l'unisson, poèmes en prose. À Palavas-les-Flots, poème symphonique de la mer démontée, notes. .
Traductions Elle a traduit du russe le neurologue (1860-1928), dont la méthode était le sujet de sa thèse de doctorat ès lettres à la Faculté de Montpellier.
Notes
Bibliographie (ouvrage réédité en 2008 sous le titre Histoire des gauchers aux éd. Imago)
Liens externes
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