Étienne-Hubert de Cambacérès (-) est archevêque de Rouen en , cardinal en et sénateur en .
Famille Étienne-Hubert de Cambacérès naît le à Montpellier. Il est le fils de Jean Antoine de Cambacérès, conseiller de la Cour des Comptes et de sa première femme Marie Rose Vassal. Son frère ainé est Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, prince archichancelier de l'Empire françaisThe Cardinals of the Holy Roman Church: Consistory of January 17, 1803 (V) tandis que son autre frère Jean-Pierre-Hugues de Cambacérès est un général baron de l'Empire.
Biographie Début de carrière Il embrasse une carrière ecclésiastique par vocation. Il fut reçu Pénitent blanc de Montpellier en , et devint même prieur de cette confrérie en . Il suit des études au séminaire d'Avignon puis à l'université de Montpellier où il obtient une licence en . Son oncle, grand-vicaire de Bourges et sermonaire distingué, lui procura un canonicat à Montpellier. En , il était chanoine et vicaire général à Alais. Il est ordonné prêtre en à Montpellier.
Cultivant les lettres avec quelque succès, il ne prit aucune part à la Révolution française et la traversa sans encombre. Il refuse le serment de haine à la royauté et ne souscrit pas à la Constitution civile du clergé en car il n'occupe aucune fonction ecclésiastique. En , il accepte de prendre le serment de liberté et d'égalité. Il se soumet aux lois de la république du et en de loyauté à la constitution. L'influence de son frère, député de la Convention nationale, et depuis prince archichancelier de l'Empire, le préserva de la persécution qui contraignit tant d'ecclésiastiques à quitter la France et vit retiré de la vie active à Montpellier.
L'élévation de son frère comme second consul, et, vers la même époque, la conclusion du Concordat, appelèrent l'abbé de Cambacérès aux plus hautes dignités ecclésiastiques. Il rejoint son frère à Paris en .
Archevêque de Rouen et cardinal Le , il est nommé archevêque de Rouen et consacré deux jours plus tard à la cathédrale de Paris par Giovanni Caprara Montecuccoli, cardinal légat du pape, assisté de Michel-François de Couët du Vivier de Lorry, évêque de La Rochelle et Jean-Baptiste-Marie de Maillé de La Tour-Landry, archevêque de Reims. Il cherche à restaurer l'administration du diocèse dont il redessine les paroisses. Il conserve le découpage en treize paroisses, réalisé au début de la Révolution. Il rouvre en un séminaire et un petit séminaireRouen, primatiale de Normandie, .
Cambacérès est créé cardinal-prêtre lors du consistoire du tenu par le pape . Il reçoit la barrette rouge par bref papal du . Bonaparte l'impose le à la chapelle des Tuileries. Le , il reçoit le chapeau rouge et le titre de S. Stefano al Monte Celio. En , il est demandé d'accompagner le pape sur son voyage en France pour couronner empereur .
Membre de la Légion d'honneur depuis le , il fut successivement décoré du cordon de grand officier (), puis du grand aigle de la Légion d'honneur le .
Élu candidat au Sénat conservateur par le collège électoral du département de l'Hérault, le nouveau prélat y fut appelé par l'Empereur le . Il est nommé comte de l'Empire le .
Après la bataille d'Austerlitz, il publia un mandement où il exprimait avec effusion sa reconnaissance et son amour pour l'heureux chef à qui lui et les siens devaient tant.
Son enthousiasme napoléonien parut se refroidir lorsqu'éclatèrent les dissentiments entre l'Empereur et le pape : le cardinal-comte refusa d'assister au mariage de son souverain avec l'impératrice Marie-Louise, s'appuyant sur ce motif que, prêtre d'une Église qui repousse le divorce, il ne pouvait par sa présence sanctionner cette union.
Le , il adressa au gouvernement provisoire son adhésion aux actes du sénat qui prononçaient la déchéance de Bonaparte et le retour de la maison de Bourbon. Cependant, le , il fut nommé pair de France par ce l’Empereur. Le cardinal s'abstint de siéger comme il s'était abstenu de paraître à la cérémonie du Champ-de-Mai.
Après le second retour du Roi, il ne fut pas maintenu à la chambre des pairs, mais fut conservé à la tête de son archidiocèse jusqu'à sa mort.
La somptuosité de la table du cardinal-comte de Cambacérès était légendaire.
Il meurt à Rouen le et est enterré dans la cathédrale. Sa dalle funéraire se trouve au pied du mausolée des cardinaux d'Amboise.
Lignée épiscopale Étienne-Hubert de Cambacérès () ; Giovanni Battista Caprara Montecuccoli () ; Carlo della Torre di Rezzonico (pape sous le nom de ) () ; Prospero Lorenzo Lambertini (pape sous le nom de ) () ; Pietro Francesco Orsini de Gravina, en religion Vicenzo Maria Orsini (pape sous le nom de ), O.P. () ; Paluzzo Paluzzi Altieri degli Albertoni () ; Ulderico Carpegna () ; Luigi Caetani () ; Ludovico Ludovisi () ; l'archevêque Galeazzo Sanvitale () ; Girolamo Bernerio, O.P. () ; Giulio Antonio Santorio () ; Scipione Rebiba.
Étienne-Hubert de Cambacérès fut le principal consécrateur de : Jean-Baptiste Bourlier (évêque d'Évreux) ; Claude-Louis Rousseau (évêque de Coutances) ; Claude André (évêque de Quimper) ; Pierre-François Bienaymé (évêque de Metz) ;
Titres Comte Cambacérès et de l'Empire (lettres patentes du , Saint-Cloud) ;
Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire (), puis, Grand officier (), puis, Grand aigle de la Légion d'honneur (Almanach impérial (1810).).
Armoiries Figure Blasonnement Armes du cardinal de Cambacérès
D'or au chevron de gueules accompagné de trois roses de même, deux en chef, une en pointe. Armes du comte de Cambacérès et de l'Empire
D'or ; au chevron de gueules accompagné de trois roses de même, une en chef, deux en pointe ; quartier des comtes-sénateurs. Ou D'or au chevron de gueules accompagné de trois roses de même, deux en chef, une en pointe ; franc-quartier de comte-sénateur. Livrées : jaune, rouge et bleu.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des archevêques de Rouen ; Liste des grands-croix de la Légion d'honneur ; Liste des cardinaux créés par Pie VII ; Liste des membres du Sénat conservateur ; Séminaire Saint-Nicaise ; Concile de Paris (1811) ; Confrerie des Pénitents blancs de Montpellier ; Armorial des comtes sénateurs de l'Empire
Liens externes
Notice biographique Courte biographie sur le site consacré à son frère Jean-Jacques Régis de Cambacérès. Archives de la confrérie des Pénitents blancs de Montpellier, conservées au siège de la confrérie à Montpellier
Bibliographie
Charles Ledré, Le Cardinal Cambacérès archevêque de Rouen. La réorganisation d'un diocèse français au lendemain de la Révolution, Plon, Paris, 1943 ;
Etienne Catégorie:Clergé français du XVIIIe siècle Catégorie:Clergé français du XIXe siècle Catégorie:Personnalité religieuse du Premier Empire Catégorie:Archevêque de Rouen Catégorie:Évêque catholique français du XIXe siècle Catégorie:Cardinal français créé au XIXe siècle Catégorie:Cardinal créé par Pie VII Catégorie:Membre du Sénat conservateur Catégorie:Participant au concile de Paris (1811) Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Pair de France (Cent-Jours) Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Naissance à Montpellier Catégorie:Naissance en septembre 1756 Catégorie:Décès à Rouen Catégorie:Décès en octobre 1818 Catégorie:Décès à 62 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans la cathédrale Notre-Dame de Rouen Catégorie:Décès dans la Seine-Inférieure Catégorie:Naissance dans la province du Languedoc