LObservatoire de Genève (parfois abrégé en ObsGe ou ObsGE, voire OGHARPS DRS User Manual, Observatoire de Genève, 30 septembre 2003. ou OGE), en forme longue Observatoire astronomique de l'Université de Genève (OAUGCinquante nouvelles exoplanètes découvertes, communiqué de presse du CNRS, 12 septembre 2011.Harps découvre 50 nouvelles exoplanètes, communiqué de presse de l'ESO, 12 septembre 2011.), est un observatoire astronomique professionnel situé sur le hameau de SauvernyPlaquette d'information de l'Observatoire de Genève disponible à l'accueil de l'observatoire, juin 2013. dans la commune de Versoix, dans le canton de Genève en Suisse.
Créé en 1772 par Jacques-André Mallet dans la ville de Genève, l'observatoire est situé depuis 1966 à Sauverny, dans la commune de Versoix. L'ISDC Data Centre for Astrophysics (anciennement l'INTEGRAL Science Data Centre ; en abrégé ISDC), implanté à Écogia depuis sa création en 1995, est rattaché à l’Observatoire de Genève. L'observatoire et l'ISDC constituent le Département d'astronomie de l'Université de Genève, partie de la Faculté des Sciences. En 2016, un nouveau bâtiment baptisé Astrotech vient agrandir l'observatoire à Sauverny.
Les locaux de Sauverny (l'« observatoire de Sauverny ») abritent également le Laboratoire d'astrophysique (LASTRO) de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Après avoir longtemps été la chronométrie, le principal domaine d'activité actuel de l'observatoire est la recherche d'exoplanètes., mais divers groupes travaillent également sur d'autres thèmes.
Histoire Avant 1772 : l'astronomie à Genève avant l'observatoire Fondée en 1559 par Jean Calvin, l'académie de Genève, future Université de Genève, est alors un séminaire théologique et humaniste qui se consacre à la rhétorique, la dialectique, l'hébreu et le grec ancien. L'astronomie n'y arrivera que deux siècles plus tard, ce qui n'empêche pas les astronomes locaux d'exercer leur activité.
Lors de l', des observations sont réalisées par Jean-Antoine Gautier, Jean-Christophe Fatio et Pierre Violier. Ces observations permettent alors de déterminer la longitude de Genève par rapport à Paris. Le transit de Vénus du est également suivi à Genève, par Jean-André et Guillaume-Antoine Deluc. Le transit de Vénus du est quant à lui observé depuis la Laponie par Jacques-André Mallet, le futur fondateur de l'observatoire, et Jean-Louis Pictet, astronome amateur compatriote et futur beau-frère du précédent, dans le cadre d'une expédition de dix-huit mois organisée par l'Académie des sciences de Saint-PétersbourgBiographies, Fondation des Archives de la Famille Pictet.. Ces observations permettent alors de déterminer la parallaxe moyenne du Soleil et donc la distance Terre-Soleil.
En 1770, Jacques-André Mallet, alors professeur de mathématiques, ancien élève de Daniel et Jean II Bernoulli ainsi que de Lalande, demande au Magnifique Conseil un emplacement pour établir un observatoire, Marcel Golay, L'Astronomie, Vol. 82, .. La chaire d'astronomie à l'Académie de Genève est fondée en 1771 et la demande de Mallet est approuvée : l'observatoire sera construit en 1772 près du bastion Saint-Antoine.
1772 - 1967 : l'observatoire à Genève 1772 - 1830 : les premiers temps de l'observatoire
L'Observatoire de Genève est créé en 1772 par l'astronome Jacques-André Mallet, alors professeur honoraire (bénévole), qui en devient le premier directeur. Il est alors situé au bastion Saint-Antoine, au centre de la ville de Genève. L'observatoire possède alors une lunette méridienne, une lunette achromatique, une lunette de nuit, une pendule, deux quarts de cercle et un micromètrePlusieurs de ces instruments, ainsi que d'autres plus récents retraçant l'histoire de l'observatoire, sont exposés au sein-même de l'actuel Observatoire à Sauverny.. Une grande partie des activités est initialement liée à la détermination et à l'amélioration de l'heure pour l'horlogerie genevoise, mais également aux observations astronomiques (éclipses, suivis des planètes et des satellites de Jupiter, occultations, comètes, taches solaires). Étant donné que la navigation maritime avait adopté l'utilisation des horloges mécaniques pour faciliter la navigation, l'exactitude de ces garde-temps devenait de plus en plus critique. Cette nécessité fait alors s'instaurer un régime de tests de précision impliquant différents observatoires astronomiques. En Europe, les observatoires de Neuchâtel et de Genève, tous deux en Suisse, celui de Besançon en France ainsi que celui de Kew au Royaume-Uni sont des exemples d'observatoires de premier plan qui ont testé les mouvements d'horlogerie de précision. Les processus de test durent plusieurs jours, habituellement . Chaque appareil est testé dans et à différentes, en de chacune. Les erreurs tolérées sont beaucoup plus faibles que celles de toutes les autres normes, y compris celle actuellement en vigueur au sein du COSC. Les horloges qui réussissent à passer ces tests rigoureux obtiennent une certification de l'observatoire appelé signée par le directeur de l'observatoire. Le Bulletin de Marche indique les critères de tests ainsi que les performances effectives de l'instrument testé. Ce dernier est alors connu comme et reçoit un numéro de référence par l'observatoire.
En 1790, Marc-Auguste Pictet, alors le nouveau directeur, organise les premiers concours de chronomètres de l’Observatoire. Une station météorologique est ensuite établie au Grand Saint-Bernard en 1817. Quatre ans plus tard, une révolution a lieu à Genève concernant la mesure du temps : en 1821, la ville passe en effet pour la vie civile du temps solaire vrai, qui varie et nécessitait donc de les horloges chaque jour pour s'y adapter, au temps solaire moyen, par construction fixe.
1830-1966 : un premier nouvel observatoire En 1830, Jean-Alfred Gautier, alors directeur de l'observatoire depuis onze ans, fait construire sous la direction de Guillaume Henri Dufour, alors ingénieur cantonal chargé de l'urbanisme et des fortifications, un nouvel observatoire à de l’ancien, sur un sol plus stable, à proximité de l'Académie. La construction de ce bâtiment fut terminée en sur le bastion de St-AntoineJournal de Genève, le 27 octobre 1831. L'observatoire acquiert pour l'occasion de nouveaux instruments : un méridien et un équatorial. L'Observatoire poursuit alors sa tâche de fixer précisément la mesure du temps, en particulier pour la haute horlogerie, mais de nouveaux travaux sont entrepris concernant le suivi du climat de Genève et des taches solaires.
Dans les années qui suivent, Émile Plantamour, directeur entre 1839 et 1882, fait construire de nouveaux bâtiments, coupoles et instruments. Les travaux portent alors sur l'astronomie, la météorologie, la climatologie, la chronométrie, la géodésie et le magnétisme terrestre. L'observatoire est ensuite plusieurs fois agrandi entre 1850 et 1880, pendant qu'en 1873 l'académie de Genève devenait l'Université de Genève que l'on connaît aujourd'hui.
Émile Gautier, qui dirigea l'observatoire de 1883 à 1889, développe à son tour des travaux chronométriques et astronomiques, tels que l'observation du transit de Vénus de 1882 depuis l’Observatoire, la spectroscopie solaire, une contribution à la découverte de Neptune, etc.
En 1911, un accord est trouvé entre Raoul Gautier et le Conseil d'État et la Ville pour que l'observatoire reste à son emplacement (astronomie, service du méridien, chronométrie, météorologie) tout en établissant une succursale en campagne. La prospection du site est alors confiée à Émile Schaer (1862-1931), qui se rend à différents endroits du canton (Bossy, Satigny, Carre, Bernex) avec un télescope de et une cabane. L'emplacement de Bernex, ou un autre à Sézenove, est choisi. Cependant, en raison de la maladie de Raoul Gautier et de la guerre, les études sont abandonnées.
L'observatoire est entière relié à l'éclairage électrique en 1913. En 1922, les premières observations astronomiques ont lieu à la station astronomique du Jungfraujochhttps://doc.rero.ch/record/23617/files/BCV_N_112_046_1928_097.pdf, Raoul Gautier, Paul Rossier, Alfred Kœlliker et Émile Schaer, Archives des Sciences physiques et naturelles (Genève). Éditeur : Genève : Administration des Archives des Sciences physiques et naturelles, 1925..
Marcel Golay, directeur de 1956 à 1992, recentre pour sa part les travaux de l'Observatoire sur l'astronomie et l'astrophysique. Dès la création de l'Agence spatiale européenne (ESA), la Suisse rejoint l'organisation. La même année, une coupole astronomique est installée au Jungfraujoch, sous l’égide d’une fondation internationale.
En 1962, Marcel Golay et Fredy Rufener établissent le système photométrique de Genève.. Deux ans plus tard, en 1964, une coupole genevoise est installée à l'Observatoire de Haute-Provence (OHP).
L'évaluation de la précision des montres mécaniques par les observatoires a eu un rôle important dans l'augmentation toujours plus importante de la précision obtenue par l'industrie horlogère mécanique. Ceci explique le très haut degré de précision des montres mécaniques de haute qualité d'aujourd'hui. Toutefois, aucun mouvement mécanique ne peut finalement se comparer à la précision des mouvements à quartz alors en cours de développement. En 1936, les irrégularités de la vitesse de rotation de la Terre dues à des déplacements de masses d'air et d'eau imprévisibles sont découvertes grâce à l'utilisation d'horloges à quartz. Elles impliquent que la rotation de la Terre est un moyen peu précis pour déterminer le temps. En conséquence, la certification de chronomètre a cessé à la fin des années 1960 et au début des années 1970 avec l'avènement d'une nouvelle définition de la seconde.
À la suite des rapides progrès de l'astronomie au cours des années 1960, le personnel de l'observatoire faire plus que décupler en dix ans. Durant les 36 années de direction de Marcel Golay, le nombre de personnes employées à l'Observatoire passe ainsi de 5 à environ 65. L'observatoire ne pouvait alors plus être adapté face à ce fait et encore moins subvenir aux besoins futurs. Ceci ainsi que la volonté du petit observatoire de l'université de Lausanne, alors situé aux Grandes Roches depuis 1951, de déménager (pour cause de pollution lumineuse grandissante et de locaux devenus trop petits face à l'augmentation importante du nombre d'étudiants), appuyés par le fait que la recherche scientifique actuelle, qui nécessite des équipements et des moyens importants, doit se faire en équipe, mène le Conseil d'État de Genève à la décision de déplacer les observatoires. Les deux nouveaux observatoires, celui de Genève et la de Lausanne, devaient alors être construits sur des terrains attenants.
Depuis 1967 : l'observatoire à Sauverny vignette|L'Observatoire de Genève en août 2013. Une des coupoles est visible sur la droite ; la seconde est quelques mètres plus loin, au bout du chemin allant tout à droite.|alt=Vue panoramique du bâtiment principal de l'Observatoire depuis le fond du parking situé à l'avant dudit bâtiment. En 1967, sous l'impulsion du Marcel Golay alors directeur de l'observatoire depuis onze ans, l'observatoire déménage une dizaine de kilomètres plus au nord à Sauverny, dans la commune de Versoix, à la frontière entre les cantons de Genève et de Vaud et à trois kilomètres seulement du territoire français. Toujours sous l'impulsion du professeur Golay, les premiers travaux sont consacrés à la chronométrie, à la météorologie ainsi qu'à des études sur les éclipses, les comètes, les planètes puis, au début de ce siècle, les étoiles variables.
De 2014 à 2016, sous la direction de Stéphane Udry, un nouveau bâtiment appelé l'Astrotech est construit..
Francesco Pepe prend la tête du département d'astronomie le .
Effectifs, centres liés et structure vignette|Diagramme d'Euler des centres d'astronomie situés sur la commune de Versoix (canton de Genève, Suisse).