Catherine Trautmann, née le à Strasbourg (Bas-Rhin), est une femme politique française.
Membre du Parti socialiste (PS) depuis 1977, elle est élue députée du Bas-Rhin en 1986, avant d'être nommée deux ans plus tard secrétaire d'État aux Personnes âgées et aux Handicapés.
Elle est une première fois maire de Strasbourg de 1989 à son entrée dans le gouvernement Jospin en 1997, lorsqu'elle devient porte-parole du gouvernement et ministre de la Culture et de la Communication. Elle est également députée européenne à plusieurs reprises entre 1989 et 2014.
En 2000, elle retrouve la mairie de sa ville natale, avant de s'incliner l'année suivante face à Fabienne Keller. Après un échec aux élections de 2020, elle brigue une nouvelle fois la mairie de Strasbourg en 2026 et s’impose face à la maire sortante écologiste, Jeanne Barseghian ; elle devient aussi présidente de l'Eurométropole de Strasbourg.
Études et formation Catherine Argence fait ses études à la faculté de théologie protestante de Strasbourg, où elle obtient une maîtrise. Elle étudie particulièrement la langue et la littérature coptes anciennes.
Débuts en politique
Députée du Bas-Rhin Catherine Trautmann est députée du Bas-Rhin de 1986 à 1988, après avoir été élue au scrutin proportionnel. Elle est membre de la délégation française au Conseil de l'Europe.
vignette|gauche|Catherine Trautmann avec le président François Mitterrand en 1989. Aux élections législatives de 1988, elle s'incline de justesse au second tour dans la deuxième circonscription du Bas-Rhin (49,6 %) face au sortant Marc Reymann (UDF).
Lors des élections législatives de 1997, marquées par la victoire de la gauche plurielle au niveau national, elle est élue députée de la première circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg centre), réputée bourgeoise, avec 99 voix d'avance au second tour face au député sortant Harry Lapp ; cette circonscription était tenue par la droite ou le centre droit depuis la Libération, avec un duel à droite en 1993https://www.liberation.fr/france-archive/1997/05/20/legislatives-97-trois-femmes-de-gauche-en-campagne-trautmann-sur-le-terreau-de-sa-ville-le-maire-de-_205124/?poppConnect=true&redirected=7482https://www.liberation.fr/evenement/2002/05/21/a-strasbourg-trautmann-en-rempart_404186/.. Durant la campagne, elle était l'une des oratrices les plus demandées avec Martine Aubry, notamment pour son opposition au Front nationalhttps://www.liberation.fr/france-archive/1997/05/20/legislatives-97-trois-femmes-de-gauche-en-campagne-trautmann-sur-le-terreau-de-sa-ville-le-maire-de-_205124. Nommée au gouvernement, elle doit abandonner son mandat de députée, son suppléant Armand Jung lui succédant.
Elle décide de ne pas se représenter dans la circonscription du centre-ville aux élections législatives de 2002. Candidate dans la troisième circonscription du Bas-Rhin, où la gauche avait été éliminée au premier tour en 1997, elle obtient 41,7 % face au député UMP sortant, André Schneider..
Membre de gouvernements Catherine Trautmann est à plusieurs reprises membre du gouvernement, d'abord brièvement, en tant que secrétaire d'État chargée des Personnes âgées et des handicapés auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi dans le premier gouvernement Rocard du au .
Elle est ensuite ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement Jospin du au et parallèlement porte-parole du gouvernement jusqu'au .
vignette|gauche|Portrait officiel de Catherine Trautmann en tant que parlementaire.|224x224px En 1999, elle fait rouvrir l’aile ouest du palais de Tokyo à Paris, pour la consacrer à la diffusion de l’art contemporain.
Critiquée au sujet de ses projets de réforme concernant les chaînes de télévision, elle quitte son ministère à l'occasion d'un remaniement, Catherine Tasca lui succédant.
Elle participe à la création de la Commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits (CPCSPRD), une structure de la Cour des comptes chargée de surveiller les sociétés de perception et de répartition des droits d'auteurs. Elle commence la présentation de la loi créant cette commission à l'Assemblée et au Sénat, avant que Catherine Tasca ne fasse aboutir le projet.
Responsabilités européennes Catherine Trautmann est élue députée européenne lors des élections européennes de 1989 en France. Elle siège au sein du groupe du Parti socialiste européen. Elle est réélue lors des élections européennes de 1994 et siège jusqu'en 1997, lorsqu'elle démissionne après avoir été nommée ministre de la Culture et de la Communication au sein du gouvernement Jospin en France.
vignette|gauche|Catherine Trautmann à l'ouverture de la quatrième législature du Parlement européen en 1994. Elle est réélue lors des élections européennes de 2004, succédant à une autre élue strasbourgeoise, Marie-Hélène Gillig.
Elle conduit la liste socialiste aux élections européennes de 2009 dans la circonscription Est. Ayant obtenu quatre élus en 2004, le PS perd alors deux sièges, talonnée par Les Verts et largement distancée par la liste de Joseph Daul (UMP) ; cependant, avec 17,2 % des voix, le PS fait mieux sa moyenne nationale (16,5 %)..
Au Parlement européen, elle est vice-présidente de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, ainsi que membre de la commission spéciale sur les défis politiques et les ressources budgétaires pour une Union européenne durable après 2013. Elle est notamment l'un des rapporteurs du Paquet Télécom.
En , elle est candidate à la présidence du groupe parlementaire Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D), considérée comme « » par rapport au favori Hannes Swoboda..
Catherine Trautmann se trouve mise devant le fait accompli en vue des élections européennes de 2014, quand elle apprend qu'elle est deuxième sur la liste PS-PRG de la circonscription Est, ayant dû céder sa place au syndicaliste Édouard Martin.. Plusieurs élus socialistes locaux s'en indignent, à l'instar de Mathieu Cahn, premier secrétaire fédéral du Bas-Rhin, qui se dit « estomaqué par le dédain et le mépris » dont aurait fait preuve la direction nationale du parti à l'égard de Catherine Trautmann et des militants de la région alors qu'Édouard Martin n'est même pas membre du PS.. La liste ne remporte finalement qu'un seul siège, contre quatre au Front national, trois à l'UMP et un à l’UDI-Modem.. Par conséquent, Catherine Trautmann perd son mandat.
Après ces élections, Catherine Trautmann remet en cause la « stratégie de la direction nationale » incarnée par l’ex-premier secrétaire Harlem Désir et son conseiller politique Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, pour ce qui a été, a-t-elle dit aux militants, « la campagne la plus dure de [s]a carrière.. »
Mandats municipaux à Strasbourg
Entrée au conseil municipal (1983) En 1983, Catherine Trautmann entre au conseil municipal de Strasbourg, dans l'opposition dans une ville traditionnellement de centre droit.
Premiers mandats de maire (1989-1997) Devenue secrétaire d'État dans le gouvernement Rocard en 1988, elle est désignée pour diriger la liste PS aux élections municipales de 1989. Elle a notamment pour programme la mise en place d'un tramway alors que le maire sortant, Marcel Rudloff, considérant que le projet de son adversaire est passéiste, met en avant un projet de métro de type VAL.
Face à Marcel Rudloff, également président du conseil régional d'Alsace et sénateur, elle parvient, à la faveur de dissensions à droite, à conquérir le siège de maire. Sa victoire lui permet de devenir la première femme maire d'une ville française de plus de ..
vignette|redresse|Catherine Trautmann signant le contrat de location du nouvel hémicycle européen à Strasbourg (1994). Sous son impulsion, son équipe municipale réalise le tramway annoncé durant la campagne, ce qui ouvre la voie à l'essor des transports publics et de l'intermodalité (zones piétonnes, recul de la place de la voiture en hyper-centre).
Réélue après les élections de 1995, sa liste l'ayant emporté au premier tour, elle est contrainte d'accueillir dans sa ville un rassemblement du Front national (FN), mais organise en parallèle une importante contre-manifestation dont la réussite (entre manifestent contre le racisme) la propulse au premier plan parmi les personnalités du PS. En , Jean-Marie Le Pen présente à son auditoire, lors d'une réunion publique, une tête en carton à l'effigie de Catherine Trautmann qu'il fait huer. Estimant que « l'agressivité de cette mise en scène est de nature à susciter envers Catherine Trautmann un climat d'hostilité excédant les limites admissibles d'un débat d'opinion dans une société démocratique », le tribunal condamne le leader frontiste au franc symbolique pour cette « mise en scène macabre et choquante évoquant l'image de la mise à mort par décapitation visant d'une manière certes symbolique mais intolérable à l'élimination de l'intéressée »..
Retour post-gouvernemental et défaite (2000-2001) Lors de la victoire de la gauche plurielle aux élections législatives anticipées de 1997, elle fait son retour au gouvernement : pour se conformer au principe de non-cumul des mandats, elle démissionne de ses mandats locaux et laisse ses fonctions de maire et de président de la communauté urbaine de Strasbourg à Roland Ries, son « bras droit », après avoir décidé ensemble qu'elle recouvrera la mairie lorsqu’elle quittera le gouvernement.
Son retour à Strasbourg, en 2000, est difficile en raison notamment de sa décision de cumuler la mairie et la présidence de la CUS (contrairement à l'accord initialement conclu avec Roland Ries) et d'un important conflit avec son adjoint aux finances, Jean-Claude Petitdemange, premier secrétaire de la fédération socialiste du Bas-Rhin. Cependant, ce dernier échoue à entraîner Roland Ries avec lui, qui choisit finalement de rester fidèle à ses engagements antérieurs.
Les tensions qui suivent le difficile retour de Catherine Trautmann sont mal perçues par l'électorat strasbourgeois, tandis que le relatif succès de la liste indépendante de Jean-Claude Petitdemange divise les voix de la gauche aux élections municipales de 2001, ce qui profite à la liste d'union UDF-RPR menée par le « tandem » Fabienne Keller et Robert Grossmann (qui intègreront l'UMP en 2002).
Catherine Trautmann perd les élections municipales de 2001 dans une triangulaire l'opposant à Fabienne Keller et Jean-Claude Petitdemange. Elle intègre l'opposition municipale, où elle préside le groupe socialiste.
Tentatives de retour (2007-2020) En 2007, à la suite d'un accord avec Roland Ries, elle s'efface et le laisse mener la liste socialiste à Strasbourg. La large victoire de cette liste fait entrer Catherine Trautmann dans la majorité ; le , elle est élue deuxième vice-présidente de la communauté urbaine de Strasbourg (dirigée par Jacques Bigot), chargée de l'université et du développement économique.Elle est également présidente du port autonome de Strasbourg..
thumb|redresse|Catherine Trautmann en 2014. En 2014, Catherine Trautmann n'est pas réélue députée européenne ; Souad El Maysour devient adjoint à la ville de Strasbourg et laisse son poste de vice-président de la communauté urbaine à Catherine Trautmann..
En , Catherine Trautmann annonce qu'elle sera présente aux élections municipales de 2020 à Strasbourg sur la liste conduite par Mathieu Cahn.. En novembre, Mathieu Cahn charge Catherine Trautmann de coordonner la conception du projet municipal pour les socialistes.