Aussi désignée sous le terme de « révolution informatique », elle démarre avec les années 1970 avec l'invention du microprocesseur (Intel, 1971), de l'ordinateur de bureau (IBM 1975, Apple, 1977), des logiciels grand public (VisiCalc, 1979), des imprimantes, des réseaux puis d'internet. Ces inventions vont progressivement se diffuser à l'ensemble de l'économie provoquant une rupture paradigmatique du processus de production. Avec l'automatisation de la production industrielle, le nombre d'ouvriers diminue au profit des professions tertiaires. La sous-traitance se développe et les entreprises se spécialisent alors que les employés deviennent polyvalents. C'est aussi une révolution de l'information et de l'intermédiation, avec un essor considérable des télécommunications et de la finance. Dans le domaine social, elle s'accompagne souvent d'une hausse des inégalités.

vignette|Un ordinateur Apple Macintosh II.

vignette|Français : Schéma d'une maison passive, aération centralisée, triple-vitrage. Une maison passive n'a pas, ou presque pas, besoin de sources artificielles de chaleur. Il y est plus facile de produire un surplus d'énergie, qui peut être stocké pour un besoin futur ou exporté vers un usager qui en a besoin à proximité par un réseau de type 'Smart grid', fonctionnant sur le modèle distribué de l'Internet selon les principes de la Troisième Révolution Industrielle.

Approche de Jeremy Rifkin La troisième révolution industrielle (TRI) est une nouvelle révolution industrielle et économique qui se distinguerait des secteurs d'activité classiques de la production et aurait démarré à la fin du avec le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (comme l'ordinateur Apple Macintosh II ou le projecteur Texas Instruments de cinéma numérique DLP Cinema). L'expression a été popularisée par Jeremy Rifkin. Selon certains, comme l'historien des révolutions industrielles François Caron, elle rend compte d'un fait historique en cours.. Selon d'autres, comme le prospectiviste Jeremy Rifkin, elle désigne une vision et un projet à réaliser.

Dans son analyse prospective, Rifkin la juge nécessaire et urgente, notamment pour répondre à la diminution de la production de pétrole et pour une transition vers un développement plus durable nécessitant une « économie décarbonée » (produisant moins de gaz à effet de serre). En effet, cette révolution serait fondée sur une production d'électricité non plus centralisée, mais distribuée, l'énergie circulant dans un réseau dit « intelligent », comme l'information circule sur Internet.

Depuis 2006, Rifkin propose cette révolution comme vision stratégique aux entreprises, aux États et à l'Union européenne. Elle permettrait de respecter, puis dépasser, les engagements mondiaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique (Protocole de Kyoto). Elle permettrait aussi, selon lui, une gestion plus durable des ressources et une survie de l'économie sous une forme différente, après une phase de transition. Elle éviterait à court terme la prolongation des crises pétrolières et l'aggravation ou le retour de la crise de 2008. À moyen et long terme, cette réorientation serait pour Rifkin l'ultime et seule solution pour éviter un effondrement global et durable de l'économie, mais aussi un collapsus global incluant un collapsus écologique ; c'est une réponse à ce qu'il appelle .

L'enjeu est aussi la survie des écosystèmes et donc de l'humanité qui en dépend, et Rifkin ne voit pas de « plan B », .. Elle a été récemment rendue possible par les progrès des Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) mais reste à mettre en œuvre.

En 2007, le Parlement européen a officiellement adopté cette vision.

Justifications Pour Rifkin, le pétrole va manquer de plus en plus du fait de l'épuisement des réserves pétrolières et de la moindre accessibilité du pétrole non conventionnel. Sans alternative au pétrole, toute reprise de l'économie se traduira par une crise mondiale.

De plus, le nucléaire est trop centralisé, inutilement coûteux et dangereux, nécessitant des lignes à haute tension sources d'importantes pertes en ligne, alors que les technologies modernes de stockage d'énergie et de commutation intelligente permettent déjà une production distribuée d'énergies renouvelables, même avec des sources intermittentes telles que le vent, le soleil ou les vagues, qui ne sont pas permanentes, mais souvent complémentaires.

Histoire thumb|upright=1.5|Face au pic pétrolier (Peak Oïl), préparer une économie dépendant moins du pétrole, grâce à des énergies renouvelables, propres et sûres, est l'un des objectifs de la troisième révolution industrielle. Le recul inévitable de la production pétrolière le rendra de plus en plus rare et coûteux, au profit de sources renouvelables et propres (Graphique : Courbes cumulées de production de pétrole ; schéma datant de 2005).

En tant que modèle industriel global, cette vision ou solution émerge dans la première décennie des années 2000. Elle a cependant des racines plus anciennes, car rendue possible par les innovations qui se sont préparées dans les années 1970 et suivantes, suivies de l'apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication qui ont rapidement gagné une grande partie de l’économie, de la recherche puis des loisirs (ordinateurs personnels). Cette Troisième Révolution ne pourrait exister sans les microprocesseurs qui ont préparé l'avènement des ordinateurs, ni sans leur mise en réseau par l’Internet, la domotique ou, plus récemment, la diffusion de centaines de millions d'objets nomades interconnectés par des technologies sans fil.

Les souvenirs de crises pétrolières ou d'accidents nucléaires graves (Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima) et la perspective du pic pétrolier ont aussi guidé les principes d'indépendance énergétique et ressources « distribuées » plutôt que centralisées.

Le réseau Ville en transition est l'un de ceux qui se montre les plus rapides pour appliquer tout ou partie de cette approche, et l'Europe en a fait une de ses priorités.

Contexte socioéconomique et culturel La technologie informatique naît alors que le modèle fordiste de production s’essouffle et après Mai 68 qui marque, en France notamment, le rejet d’une société très hiérarchisée.

Elle produit des changements fondamentaux de paradigmes productif et social : la chaîne de production se désagrège verticalement (délocalisations, sous-traitance, etc.), la mondialisation, avec le retour de la Chine, de l'Inde, de l'ex-URSS et de l'Amérique latine dans le commerce mondial, en accélère les changements. Cette révolution technique pourrait aussi accompagner une relocalisation de certaines activités (énergétique notamment) et permettre une révolution financière en redéployant le pouvoir actionnarial.

Filiations et différences avec les Première et Seconde Révolutions industrielles C’est l'introduction des technologies mécaniques utilisant la vapeur d’eau qui permet, via l'imprimerie et les transports (train, courrier), un bond de l’information et de la communication ainsi que l’émergence d’outils et de principes qui permettent la Première Révolution industrielle. La machine d'impression à rouleaux animés par la vapeur, puis la presse rotative et linotype augmentent considérablement la vitesse d'impression et réduit les coûts alors que le prix du papier diminue également pour une production fortement accrue. Les journaux, magazines et livres facilitent l'alphabétisation de masse pour la première fois dans l'histoire. L'avènement de l'enseignement public en Europe et Amérique du Nord de 1830 à 1890 fait émerger une main-d'œuvre plus qualifiée, capable de mettre en œuvre les opérations complexes nécessaires au développement des industries et réseaux ferroviaires fonctionnant grâce aux machines à vapeur.

Dans la première décennie du , se dessine une convergence entre moteur à combustion interne et réseaux électrique permettant la commutation et la communication électriques, dont la téléphonie. Cette convergence de deux innovations techniques donne lieu à la Seconde Révolution industrielle.

L'électrification des usines et des foyers ouvre une ère de production de masse. L’automobile prolifère grâce à des prix accessibles des véhicules et des carburants et grâce au développement du réseau routier. Les dynamiques spatiotemporelles et sociétales en sont bouleversées ; en quelques décennies, l’auto remplace les chevaux, fiacres et diligences, alors que les tracteurs remplacent les bœufs et les chevaux dans les champs. Les matières synthétiques s'imposent, de même que les engrais et pesticides, en grande partie fabriqués avec du pétrole. Pour répondre à une demande toujours croissante de carburant et de pétrole pour la carbochimie, l'industrie pétrolière s'emballe et explore toujours plus loin et plus profondément. Les États-Unis deviennent alors le premier producteur de pétrole. Dans les pays riches, en vingt ans, des routes nouvelles (béton, asphalte) sillonnent le paysage américain et européen et les familles déménagent vers de nouvelles banlieues et lotissements construits sur des champs ou milieux naturels, alors que les lignes téléphoniques s’étendent, puis la radio et la télévision refondent la vie sociale sur d’autres modèles de communication et d’échanges.

Ces changements permettent à leur tour une nouvelle évolution industrielle et la création d'une grille de communication apte à gérer et commercialiser des activités éloignées de l'économie pétrolière, nucléaire et de l'âge de l'automobile.

Émergence d'une Troisième Révolution industrielle La Troisième Révolution industrielle naît d’une convergence des technologies de la communication (internet/satellitales notamment) et des énergies renouvelables, propres et sûres. Cette convergence en permet une autre entre la communication distribuée, dont celle sans-fil, et des formes d’énergies distribuées. Cela peut ouvrir la porte à une ère nouvelle, post-énergies fossiles, où le nucléaire sera inutile et trop coûteux, remplacé par une constellation de microcentrales mises en réseau fonctionnant grâce aux Smart grid et à de nouveaux protocoles de communication permettant d'utiliser le réseau électrique lui-même (via un courant porteur en ligne) pour faire circuler l'information en haut débit et de manière bidirectionnelle, en basse et moyenne tension, tout en s'affranchissant des obstacles qu'étaient les transformateurs électriques....

La Troisième révolution industrielle repose pour Rifkin sur la création conjointe : d'un système distribué de production et distribution d’énergies renouvelables. Cette énergie (petit éolien, photovoltaïque, géothermie…) serait produite non plus dans de grandes centrales toujours source de dépendance, de risque et associées à d’importantes pertes en ligne, mais un peu partout et de manière décentralisée, directement sur les constructions (toitures, terrasses, murs, vitrages photovoltaïques, murs anti-bruit…) ou grâce aux fondations (géothermie, puits canadien) ; d’une capacité à stocker une partie de cette énergie sous la forme d’hydrogène notamment, et à redistribuer une partie de l'énergie ainsi produite de manière « décentralisée », par l'intermédiaire d’un réseau intelligent de type Smart grid, sans émissions de gaz à effet de serre.

Le système sera de plus en plus interactif, intégré et homogène. Le partage et l’interdépendance seront sources de nouvelles opportunités de développement économique, moins basées sur la concurrence que sur la coopération.