La censure d'Internet en république populaire de Chine est conduite par le biais de plusieurs lois et réglementations. En accord avec ces lois, plus de soixante réglementations pour Internet ont été menées par le gouvernement de la république populaire de Chine (RPC). Elles sont mises en application par les fournisseurs d'accès à Internet, entreprises et organisations contrôlés par les gouvernements provinciaux.. L'appareil de contrôle d'Internet en Chine est considéré comme plus étendu et plus avancé que dans n'importe quel autre pays du monde. Les autorités gouvernementales ne bloquent pas uniquement le contenu de certains sites, mais elles sont capables de surveiller l'accès à Internet de chaque personne.
Amnesty International déclare que la RPC . L'association Reporters sans frontières basée à Paris affirme en 2010 et 2012 que la RPC .. L'escalade de moyens mis en œuvre par le gouvernement pour neutraliser les opinions critiques en ligne fait suite à d'importantes manifestations anti-pollution et anti-corruption, ainsi que des émeutes ethniques, dont la plupart ont été organisées au moyen de services de messagerie instantanée, de forums de discussion et de textos.
En 2013, la taille de la force de police responsable d'Internet en RPC est estimée à deux millions de personnes..
Les entreprises chinoises Baidu, Tencent et Alibaba, qui font partie des plus grandes entreprises du domaine dans le monde, profitent du blocage des rivaux internationaux sur le marché chinois, ce qui empêche le recours à des solutions technologiques alternatives sans lien direct avec l'appareil gouvernemental national..
Contexte Le contexte politique et idéologique de la censure d'Internet trouve son origine dans une des citations favorites de Deng Xiaoping au début des années 1980 : . Cette phrase est en relation avec une période de réformes économiques en Chine pour créer une économie de marché socialiste. Remplaçant les idéologies politiques de la Révolution culturelle, les réformes menées par le pays ont pour but de bâtir une économie de marché et d'ouvrir le marché aux investisseurs étrangers. Toutefois, le Parti communiste chinois souhaite protéger ses valeurs et idées politiques de l'influence d'autres idéologies.
Internet arrive en Chine en 1994, conséquence et outil indispensable à l'économie de marché socialiste. Depuis lors, avec un accès grandissant, Internet est devenu une plateforme de communication commune et un outil important de partage d'informations. En 1998, le Parti communiste chinois craint que le Parti démocrate chinois (PDC) n'alimente ce nouveau et puissant réseau d'information que les élites du parti ne pourraient pas contrôler.. Le PDC est alors immédiatement interdit et de nombreux arrestations et emprisonnements sont effectués.. Cette même année, le « Projet Bouclier doré » est lancé. Sa première partie dure huit ans pour s'achever en 2006. La seconde partie se déroule entre 2006 et 2008.
Le , les 300 personnes responsables du Projet Bouclier doré dans 32 provinces et villes à travers toute la Chine participent à l'inauguration de 4 jours intitulée .. Au cours de cet évènement de nombreuses solutions occidentales sont achetées en matière de sécurité Internet, surveillance vidéo et reconnaissance faciale. Il est estimé que sont employés dans ce projet gigantesque..
Le Printemps arabe de 2011, lors duquel plusieurs régimes du Moyen Orient furent contestés voire renversés notamment grâce à l'appui logistique des réseaux sociaux, a par ailleurs participé à une meilleure prise en compte de l'importance d'Internet par les autorités chinoises et la nécessité pour elles de le contrôler davantage..
Base légale vignette|Topologie simplifiée du pare-feu chinois. Le gouvernement central de la RPC débute sa censure d'Internet avec trois réglementations. La première est intitulée Réglementation temporaire pour la gestion de la connexion au réseau international d'information. Elle est adoptée au cours de la autonome du Conseil d'État, le . Elle est formellement présentée le et mise à jour le . Cette réglementation oblige une certification des fournisseurs d'accès à Internet et le passage du trafic Internet via ChinaNet, GBNet, CERNET ou CSTNET.
La seconde réglementation est l'Ordonnance pour la protection de la sécurité des systèmes d'information informatiques. Elle est publiée le par le Conseil d'État afin de donner la responsabilité de la protection de la sécurité d'Internet au Ministère public de la sécurité. Cette réglementation est ensuite à l'origine des procédures de gestion de la sécurité pour l'accès à Internet, publiées par le ministère de la Sécurité publique en . La réglementation définit des et des concernant l'usage d'Internet.
La section 5 des Réglementations sur la sécurité, la protection et la gestion du réseau d'information informatique, approuvée par le Conseil d'État le , affirme : Aucun groupe ou individu ne peut utiliser Internet pour créer, répliquer, récupérer ou transmettre les types d'informations suivantes : Incitation à s'opposer ou violation de la Constitution ou les lois ou l'exécution des réglementations administratives ; Incitation au renversement du gouvernement ou du système socialiste ; Incitation à la division du pays, nuisance à l'unification nationale ; Incitation à la haine ou la discrimination envers les ethnies ou nuisance à l'unité des ethnies ; Fabrication de mensonges ou déformation de la vérité, propagation de rumeurs, destruction de l'ordre de la société ; Promotion de superstitions féodales, de matériel sexuellement suggestif, de paris, de la violence, du meurtre ; Terrorisme ou incitation de tiers à mener des activités criminelles ; insultes ouvertes envers d'autres personnes ou distorsion de la vérité pour calomnier une personne ; Attaque de la réputation des organisations d'État ; Toute activité contraire à la Constitution, aux lois ou réglementations administratives.
En , l'ordonnance du Conseil d'État fixe les premières restrictions de contenu à destination des fournisseurs d'accès Internet. Les sites Internet chinois ne peuvent pas être liés ou reprendre des informations de sites d'informations étrangers sans une approbation particulière. Seuls les éditeurs papier sous licence sont autorisés à diffuser des informations en ligne. Les sites Internet sans licence qui souhaitent diffuser des informations ne peuvent reprendre que des informations déjà diffusées publiquement par d'autres sites autorisés. Ces derniers doivent obtenir une approbation des bureaux d'État de l'information et de l'agence de l'information du Conseil d'État. L'article 11 de cette ordonnance indique que .. L'article 14 donne aux officiels de l'État un accès total à toute information sensible qu'ils souhaiteraient obtenir des fournisseurs de services Internet.
Fin 2009, la Chine compte 384 millions d'utilisateurs d'Internet. Dans un livre blanc publié en , le gouvernement chinois considère le réseau comme , mais explique pourquoi ses citoyens ne peuvent pas accéder à l'ensemble de cette sagesse, évoquant des informations illégales à effets nocifs pour la nation chinoise. Le document réaffirme la volonté du gouvernement de contrôler Internet à l'intérieur de ses frontières selon ses propres règles : Le document ajoute que les individus et entreprises étrangères peuvent utiliser Internet en Chine, mais doivent se soumettre aux lois du pays..
Mise en vigueur En , le ministre de la Sécurité publique Zhu Entao publie de nouvelles réglementations qui infligent des amendes pour , et divulgation de . Les contrevenants s'exposent à une amende de ( environ).. L'interdiction apparaît surtout non coordonnée et ad hoc, certains sites étant bloqués, alors que d'autres sites similaires sont autorisés ou bloqués dans une ville mais disponibles dans le reste du pays. Les blocages sont souvent levés pour certaines occasions. Par exemple, le New York Times n'est plus bloqué lorsque les reporters interrogent le secrétaire général du PCC Jiang Zemin sur ce blocage et que ce dernier répond qu'il va se pencher sur la question. Au cours du sommet de l'APEC à Shanghai en 2001, les sources d'information habituellement bloquées, telles que CNN, NBC et le Washington Post, redeviennent accessibles. Depuis 2001, les contrôles du contenu ont été davantage relâchés et ces trois sites sont accessibles en Chine continentale. Toutefois, l'accès au New York Times est à nouveau bloqué en ..
À l'été 2005, la RPC achète plus de 200 routeurs à l'entreprise américaine Cisco Systems, ce qui permet au gouvernement chinois d'améliorer sa capacité technologique pour la censure.. En , Google fait une concession significative en faveur du grand Firewall de Chine, en échange d'installations d'équipements sur le sol chinois. L'entreprise américaine bloque alors les sites que le gouvernement chinois considère comme illégaux.. Cette politique est ensuite annulée par Google en 2010, qui refuse de continuer à censurer les résultats de recherches.
En , le Bureau d'information du Conseil d'État annonce le transfert de ses services qui régulent Internet vers une nouvelle agence, le Bureau d'État sur l'information d'Internet, qui est responsable de la régulation d'Internet en Chine. La relation entre ce nouvel organisme et les autres agences en Chine qui régulent le réseau restent toutefois peu claires lors de leur annonce..
Auto-régulation Des tests sur les contenus censurés en Chine ont été menés par des chercheurs des universités UC Davis et du Nouveau-Mexique et ont démontré que la censure sur internet en Chine n'est pas globale, mais la peur d'être puni pour avoir consulté des contenus illégaux contribue à rendre cette censure globale. La mise en application (ou la menace de la mise en application) de la censure crée un effet dissuasif grâce auquel les personnes et les entreprises censurent volontairement leurs propres communications pour éviter des répercussions légales ou financières. Les fournisseurs d'accès à Internet sont légalement responsables de la conduite de leurs clients. Ils ont assumé un rôle d'éditeur vis-à-vis du contenu de leurs clients avant de devenir responsables des calomnies et torts occasionnés par leurs clients. Certains hôtels en RPC conseillent aux utilisateurs de respecter les règles chinoises d'accès à Internet en affichant des règles de conduite à côté des ordinateurs. Ces règles, entre autres choses, interdisent de consulter des messages politiquement non acceptables et informent les utilisateurs que s'ils le font, ils devront faire face à des conséquences judiciaires..
Le , la société d'Internet en Chine, un organisme de l'industrie de l'internet gouvernemental chinois., lance la Charte publique sur l'autodiscipline de l'industrie de l'Internet chinois, un accord entre le régulateur de l'industrie de l'Internet chinois et les entreprises qui exploitent des sites en RPC. En signant l'accord, les entreprises d'Internet promettent d'identifier et d'empêcher la transmission d'informations que les autorités chinoises jugent inacceptables, dont les informations qui ou qui .. En 2006, l'engagement est signé par plus de exploitant des sites Internet en RPC.. Ainsi, les sites remplacent souvent les contenus censurés par des blancs, permettant au lecteur de s'en rendre compte et souvent de deviner ce qu'ils étaient. D'autres techniques permettent de censurer très rapidement les messages sur les réseaux sociaux chinois..
Usage des fournisseurs d'accès Bien que le gouvernement n'ait pas les capacités physiques et matérielles pour surveiller toutes les discussions instantanées et les forums, la simple peur d'être fermés pousse les FAI à employer à leur compte des opérateurs, surnommés , qui mettent fin aux commentaires politiquement sensibles et les suppriment.