Chaillé-les-Marais est une commune française située dans le département de la Vendée, dans la région Pays de la Loire.
Commune de la région naturelle du Marais poitevin, elle est incluse dans le parc naturel régional du marais poitevin.
Hydrographie vignette|gauche|Chaillé-les-Marais : le canal du Clain. Creusé en 1217, afin d'assécher le marais entre Chaillé-les-Marais et Marans, le canal des Cinq Abbés, long de neuf kilomètres, est le plus célèbre du Marais poitevin.
Le canal du Clain, qui se déverse lui aussi dans la sèvre Niortaise, reçoit par un système de bondes le trop-plein des fossés intermédiaires, lors des crues..
Géographie Chaillé-les-Marais est une ancienne île du à l'origine du marais Poitevin. Cette butte calcaire est le centre du .
Le territoire municipal de Chaillé-les-Marais s'étend sur . L'altitude moyenne de la commune est de , avec des niveaux fluctuant entre 0 et « Commune 24470 », Géofla, version 2.2, base de données de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) sur les communes de la France métropolitaine, 2016 .« Chaillé-les-Marais », Répertoire géographique des communes, fichier de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) sur les communes de la Métropole, 2015..
Communes limitrophes
Lieux-dits de Chaillé-les-Marais
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique altéré, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Littoral charentais et aquitain, caractérisée par une pluviométrie élevée en automne et en hiver, un bon ensoleillement, des hivers doux (), soumis à la brise de mer..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Marans à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme
Typologie Au , Chaillé-les-Marais est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de La Rochelle, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (96,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,3 %), prairies (17 %), zones agricoles hétérogènes (13,5 %), zones urbanisées (5,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie L'origine du nom Chaillé découle de l'ancien français du Bas-Poitou, où "Chaill" ou "chail" désigne un caillou ou un rocher. Ce terme fait directement référence à la topographie du terrain, étant donné que l'îlot calcaire de Chaillé domine le marais.
Au siècle, le village était désigné sous les noms de "Challec" ou "Chaillec", puis au siècle sous celui de "Challeium", pour finalement adopter le nom de "Chaillé" au siècle. Cette évolution linguistique reflète l'évolution de la désignation de la localité, tout en faisant allusion à son environnement géographique spécifique. En poitevin, la commune est appelée Challàe..
Histoire
Origines Chaillé-les-Marais, autrefois connu sous le nom d'« île Carriot », était à l'origine un îlot calcaire situé au sein d'un vaste golfe marin nommé le Golfe des Pictons, comme certaines communes avoisinantes. Ce territoire, balayé par les flots de l'océan, comprenait également deux autres îlots plus petits, Aisne et Le Sableau. La configuration topographique de cette île laisse supposer qu'elle abritait un port dès l'époque romaine.
Au cours des siècles qui ont suivi, les retraits progressifs de la mer ont laissé place à d'immenses marais insalubres ainsi qu'à de hautes falaises, caractéristiques qui perdurent encore de nos jours.
Moyen-âge et assèchement du Marais Des vestiges de l'époque médiévale subsistent sous la forme d'une ancienne motte féodale, témoignant du passé féodal de la région. Sous l'impulsion des abbayes influentes de la zone, ces territoires ont été transformés en terres fertiles après la réalisation d'importants travaux de drainage. En 1217, Pierre de Volvire, seigneur de Chaillé, a accordé l'autorisation aux abbés de cinq abbayes locales - Saint-Michel, l'Absie, Saint-Maixent, Maillezais et Nieul - d'entreprendre la construction d'un canal, connu sous le nom de canal des cinq abbés.
En 1283, pour résoudre les conflits d'intérêts entre les habitants de Fontenay et ceux des villages environnants, les commissaires du roi Philippe le Hardi ont décidé de faire creuser un canal périphérique, appelé l'achenal le Roy (actuellement la ceinture des hollandais). Il conviendrait d'étudier la transition de l'achenal le Roy au canal des Hollandais, un sujet sur lequel Bradley a travaillé.
Au siècle, une nouvelle dynamique a été donnée au drainage des marais, favorisée par une conjoncture économique propice et une forte croissance démographique. L'initiative revient à Pierre Siette, ingénieur et géographe du roi à La Rochelle. Ces travaux ont été supervisés et entretenus par des sociétés de marais, la plus ancienne d'entre elles étant créée en 1646 sous le nom de syndicat des Marais du Petit Poitou, dont le siège est toujours situé à Chaillé, à la "Maison du Maître de Digues".
Révolution française À Chaillé-les-Marais, la période révolutionnaire débute le . À la suite de la convocation des États généraux, les officiers municipaux rassemblent les citoyens après la messe paroissiale pour rédiger et signer leurs « cahiers de doléances » et pour élire quatre députés chargés de les représenter à la Sénéchaussée de Fontenay, le suivant. Les députés désignés sont M. Merland de Chaillé, conseiller du roi au siège de Fontenay, Michel Philippe Tillier, Hilaire Martineau et Pierre Mingaud. Le cahier de doléances de Chaillé-les-Marais est préservé et consultable aux archives départementales de La Roche-sur-Yon. La paroisse de Chaillé-les-Marais exprime un soutien aux idées nouvelles, telles que l'abolition des privilèges. Le directeur, M. Arrivé de Boineuf, ainsi que certains propriétaires du « Marais du Petit Poitou », initialement réticents, finissent par consentir à les abandonner, bien que certains privilèges subsisteront jusqu'à la moitié du siècle.
Le , les 1559 résidents de la paroisse de Chaillé-les-Marais se sont réunis dans leur église afin d'élire leur premier maire, M. Martineau, ainsi que cinq membres municipaux, douze notables et un procureur. Le de la même année, ils ont exprimé leur gratitude envers l'Assemblée nationale pour avoir désigné leur municipalité comme chef-lieu de canton.
À plusieurs occasions, les habitants de Chaillé-les-Marais, y compris le curé Bontems et son vicaire Clément, ont prêté serment de fidélité à la nation. En 1795, le vicaire Clément, réfugié à Saint-Pompain, a demandé à être exempté de son serment pour des raisons de conscience. Cependant, ce document, conservé dans les archives municipales pendant deux siècles, est introuvable depuis une dizaine d'années. Le curé Bontems, pour sa part, est demeuré auprès de ses paroissiens, célébrant les messes jusqu'à ce qu'il soit empêché de le faire sur dénonciation pendant l'interdiction des cultes religieux. Finalement, il s'est porté volontaire pour faciliter le rétablissement du culte catholique.
En , la paroisse fut subdivisée en 5 sections, jetant ainsi les bases du futur cadastre qui ne serait tracé qu'en 1834. La conscription ne sembla pas poser de difficulté apparente. La garde nationale, qui englobait les gardes côtière, municipale, puis cantonale, fut formée ; Champagné comptait 229 citoyens actifs, Chaillé 157, Puyravault 87, Sainte-Radégonde 122 et Vouillé 120.
À plusieurs occasions, notamment en 1793 et 1794, elle fut sollicitée pour la défense de Luçon, Saint-Hermant et Fontenay-le-Peuple lorsqu'elles furent attaquées par les contre-révolutionnaires. Pendant ces périodes de menace, afin d'empêcher les "brigands" de pénétrer dans le marais, des travailleurs furent dépêchés pour couper le pont de Moreilles, et la municipalité demanda même du renfort à la ville de Marans.
En , en tant que réfugiés, les administrateurs citoyens du district de Fontenay le Peuple tinrent des séances extraordinaires à Chaillé, érigeant ainsi cette commune en chef-lieu du département pour quelques jours.
siècle Le souci du bien-être des citoyens a toujours revêtu une importance primordiale pour les dirigeants de Chaillé-les-Marais, qui ont cherché à mettre en place diverses mesures en ce sens. Dans cette optique, ils ont envisagé la nomination d'un régent chargé de l'éducation de la jeunesse locale, ainsi que l'organisation de foires et de marchés, dont les dates ont été coordonnées avec les principaux villages environnants.
Dans le dessein de permettre à certains administrés d'accéder à la propriété, des terrains communaux ont été aménagés en lots, donnant ainsi naissance aux villages de « L’An VI » et de « L’An VI I ».
Comme il est de coutume dans de nombreux villages français, les habitants de Chaillé-les-Marais ont symbolisé leur attachement aux idéaux républicains en plantant un arbre de la liberté. À diverses occasions, notamment en et en , de nouveaux arbres ont été plantés pour remplacer ceux qui étaient tombés en décrépitude. En outre, en 1848, un nouvel arbre a été érigé, bien que sa symbolique ait été éclipsée après le coup d'État du .
Conformément à la loi du , une gendarmerie a été mise en place dans le canton, initialement établie à Moreilles avant de trouver sa résidence permanente dans le chef-lieu. Au fil des années, des améliorations ont été apportées à ses installations, culminant avec son déménagement dans une nouvelle caserne en 1983.
L'essor de la commune de Chaillé-les-Marais a été largement favorisé par l'élevage et l'agriculture, en particulier la culture de la fève, dont une partie était vendue à l'arsenal de Rochefort-sur-Mer. Les échanges commerciaux ont été 'stimulés par l'organisation de foires et de marchés, tandis que les routes telles que la route 137 ont joué un rôle essentiel dans la connectivité de la région.